Partie viticole
Les lois viticoles du 8 juillet 1933 et du 24 décembre 1934, à l’élaboration desquelles j’ai pris une large part, le blocage des vins et la distillation obligatoire étant dus en bonne
partie à mon initiative, et les décrets du 30 juillet 1935, ont donné à la viticulture un statut^ incomplet certes, mais qui a empêché la débâcle des cours, avec des récoltes consécutives, de Î0'2 et 103 miUions: d'hectolitres de vin (stocks compris)*
11 nous reste à obtenir la revalorisât Loti des vins, ce qui doit être possible^ avec îa résorption des quantités excédentaires.
Toutes autres mesures ne font qu'aggraver le mal.
Seule la vente du vin à des prix comprenant à la fois des dépenses d’exploitation, la rémunération du capital foncier et une marge suffisante pour parer aux aléas des intempéries et aux déficits d'exploitation antérieurs, peut redonner à la région méridionale la prospérité à laquelle elle a droit.
Le consommateur ne saurait se plaindre de la réalisation de ces conditions salvatrices qui rejailliront indirectement sur lui, l'aisance du Midi, grand consommateur de tous produits, se répercutant sur toutes les autres régions françaises.
Il faut que l'économie dirigée mette fin à ce paradoxe qui dure depuis trop longtemps, en vertu duquel les années de récoltes abondantes sont, non des années de prospérité, mais de misère et de gêne pour la production agricole et viticole.
Quand la nature nous comble de ses bienfaits, quand les grappes sont luxuriantes et nombreuses, quand le vin coule à flots dans nos celliers, la recette doit être fructueuse, tout en laissant le vin à un prix abordable pour le consommateur.
Le vin à 10 francs le degré, l'alcool de la distillation obligatoire à 567 francs rheclo- Htre, doivent constituer les bases d'équilibre pour nos récoltes, ainsi que le réclame avec force mon ami Barlhe.
La fabrication des piquettes et des vins de sucre de deuxième cuvée doit être interdite. Il est inadmissible que l’on puisse faire du vin avec de l'eau ou du sucre, alors que Ton doit arracher 150.000 hectares de vignes en production.
Nous devons demander la réduction des droits de circulation, ainsi que la diminution des tarifs de transport, frais accessoires et retour du vide, pour laquelle fai déjà obtenu des résultats tangibles.
Les appellations d’origine, dont bénéficie notre région grâce à mon initiative, doivent être modifiées de façon à en éviter la profusion et la vulgarité.
La protection douanière des vins doit être assurée non seulement vis-à-vis de l'étranger, mais aussi à l’égard des protectorats : Tunisie et Maroc. Nous devons favoriser la propagande du vin en France, à l’étranger et clans nos colonies.
Quant à l’Algérie, toutes les mesures Imposées à la métropole doivent l’atteindre dans toute la mesure compatible avec son organisation ; les charges fiscales et sociales qui pèsent sur les viticulteurs français doivent lui être imposées progressivement.
Tel est, chers concitoyens, le résumé de mes idées et de mes principes. -
S'il correspond à vos vues, h vos sentiments, à vos intérêts bien compris ; si vous considérez que j’ai accompli mes précédents mandats dignement, vous m'accorderez vos suffrages le 26 avril 1936.
Si vous m honorez une fois de plus de votre confiance, je mettrai toute mon énergie, toute ma bonne volonté, toutes mes facultés, à remplir consciencieusement le mandat de représentant du peuple ainsi que je l'ai fait jusqu'ici.
Vive la viticulture !
Vive la République 1
Vive la France î
Leon CASTEL
Député sortant.
Vice- Président du Groupe viticole et de la Commission des boissons do la Gli&nibre *