VAUCLUSE
Circonscription cTAPT.
M, Charles LU SS Y (Groupe socialiste )
Elu pour la !re fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S, F* I, O., p. 3.)
Mes chers concitoyens,
Mes camarades ouvriers et paysans de L arrondissement ri’Àp t m’ont demandé, comme il y a quatre ans, d’être leur candidat dans la bataille électorale qui touche maintenant à sa
fin.
Depuis plus de trente ans que j'ai adhéré au socialisme à l’appel des grandes voix, aujourd’hui éteintes, des Jaurès, des Guesde, des Vaillant, depuis plus de vingt ans que je milite dans votre région, on m’a toujours vu sur la broche, m'efforçant de conquérir à nos idées et à nos formules les cœurs et les esprits. M’y voici une fois de plus.
Ceux qui me connaissent savent que je ne recherche, dans le mandat parlementaire, ni une satisfaction d'amour-propre, ni une situation. J'ai su, par mon seul travail, me faire, dans la presse parisienne et dans le monde politique, une place honorable. Ce que je demande à vos suffrage, c’est Le moyen de défendre de plus haut, et avec plus d’autorité, les intérêts généraux des travailleurs des villes et des campagnes en même temps que les intérêts particuliers de votre belle contrée, à laquelle m’attachent tant de souvenirs, où je compte, dans chaque commune, tant de bons et vieux amis.
Vous avez bien voulu, depuis de nombreuses années, me considérer comme un Vauclusien d’adoption C’est en Vaucluse que j’ai passé les belles années de ma jeunesse et que je suis revenu, chaque fois que j’en ai eu T occasion, mener avec mes camarades le bon combat socialiste et démocratique. J’ai assez vécu parmi vous pour bien connaître vos intérêts, vos sentiments, vos revendications. Je crois pouvoir en être demain le défenseur qualifié. Je suis certain que personne ne pourra apporter à cette tâche plus d’ardeur et plus de dévouement.
Ce que te monde du travail attend, vous disais- je, il y a quatre ans, dans ma profession de foi, que je pourrais reprendre aujourd’hui, sans y changer un mot, ce sont les solutions aux problèmes qui pèsent sur lui : crise économique, déficit budgétaire, situation internationale.
Ï1 n’y a, hélas, rien de modifié, sinon qu’à ces maux est venu s’en ajouter un autre ; le danger fasciste dont l’émeute du 6 février a révélé la gravité.
Un seul problème : une seule solution :
Au cours des réunions publiques et contradictoires que je viens de donner dans toutes les communes et dans tous les hameaux de l’ arrondissement, j’ai eu l'occasion de montrer
qu'il ne s'agissait pas là de problèmes séparés, mais en réalité des aspects différents d'un meme problème*
La crise est née du désordre engendré par l’organisation — ou plutôt J a désorganisation — du régime capitaliste, C'est la course irraisonnée au profit qui la suscitée, c'est l'égoïsme et c'est la rapacité des accapareurs, spéculateurs et profiteurs de tout acabit qui l’ont maintenue, développée, aggravée*
Le fascisme a été créé, soutenu, subventionné et armé par les puissances d 'argent prêtes à tout pour conserver leurs scandaleux privilège, La haute banque et V industrie lourde étaient aux côtés de Hitler et de Mussolini comme M. de Wendel, maître de forge» ei régent de la Banque de France est aux côtés de M, le colonel comte de la Ftocque.
La guerre n'a jamais été voulue que parla grande finance, les marchands de pétrole ot les marchands de canons qui, dans le malheur public, dans la mort, les ruines et les deuils, trouvent matière à bénéfices supplémentaires*
Le socialisme e*si eu lutte contre les profiteurs de crise et les profiteurs de guerre, en même temps que contre les entrepreneurs de guerre civile en mat de dictature*
S'il est vrai qu'il u y a qu’un seul problème, il n y a qu'une seule solution : le socialisme qui, en défendant et en élargissant les libertés démocratiques^ en protégeant le travail des producteurs et en leur assurant la juste rémunération qui leur est due, créera la vraie République : la République des travailleurs*
Ce que nous voulons ;
Les auditoires nombreux qui ont bien voulu nie prêter leur attention lorsque, devant eux, j'ait au cours de ces dernières semaines, développé notre programme, ne m'ont pas ménagé leur approbation. Ils ont compris qu'ils avaient en face d'eux un homme qui ne se grise pas — et qui n'essaie pas de griser les autres — de mots creux, mais qui parle, en connaissance de cause, des problèmes politiques et économiques, qu’il connaît bien et, de propositions mûrement réfléchies,
Faut-il vous rappeler notre programme d’action immédiate, celui que je m’efforcerai de faire triompher an Parlement si j'ai Lhonneur d'être votre élu*
Nous voulons donner :
Du travail aux chômeurs.
Des clients aux commerçants.
Un débouché aux produits de la terre
Pour y aboutir* nous entendons Substituer, à la stupide cl criminelle politique de déflation, qui n'a fait que restreindre encore la capacité d’achat des. consommateurs, une politique de réformes hardies ei efficaces ;
Lutte contre le chômage, par une meilleure répartition des heures de travail et par un programme de grands travaux.
Lutte contre l’insécurité du travail, en créant, avec les ressources (plusieurs milliards par an) que procurerait la nationalisation des assurances, le service national des assurances contre le risque-chômage pour les ouvriers, contre les calamités agricoles pour les paysans.
Lutte contre l'anarchie de la production par la création des offices publics qui stabiliseront les prix des engrais et des produits de la terre : blé, vin, sucre, etc*, au lieu de les livrer au jeu arbitraire de la spéculation.
Lutte contre les deux cents familles, qui prétendent régenter notre pays par le contrôle des banques et parla protection de l'épargne. Il est temps notamment que la Banque de France cesse d être le forteresse d’où partent les attaques les plus violentes dirigées contre le régime et qu elle soit enfin ce qu’elle aurait dû toujours être : la Banque de la France 3
Lutte contre la puissance des « Congrégations économiques » par la nationalisation des grands monopoles de fait : chemins de fer, mines, pétrole, électricité, etc.
Contre le fascisme et contre la guerre :
^ Pour mettre en déroute les factieux qui menacent la démocratie et la République ellemême, il ne suffira pas de désarmer et de dissoudre leurs ligues»
Il faudra montrer aux travailleurs de ce pays qu'ils n’ont pas besoin d'un ce chef » pour assurer leur bien-être et leur sécurité»
Le régime républicain peut et doit leur apporter, dans ïa justice et dans la liberté, le droi t au travail et le droit à la vie» Pour cela, il est indispensable que les ouvriers et paysans de France, qui disposent déjà de la liberté politique, et ne sont pas près d*y renoncer, conquièrent également la liberté économique.
Le socialisme la leur donnera. Du même coup, le fascisme aura perdu sa dernière chance et ses derniers moyens d'action.
Pour écarter les dangers de guerre, il faut chercher la garantie de la sécurité française — à laquelle nous sommes attachés autant et plus que quiconque — non pas dans la course aux armements ruineux, mais dans l’arbitrage et dans le désarmement total, simultané et contrôlé.
Avec Léon Blurn, je pense en effet que te plus le monde est dangereux, plus il est rempli de forces malfaisantes, pernicieuses ou suspectes, plus il faut retirer les armes des mains des méchants et des fous. »
Sans plus attendre, nous demanderons la nationalisation des industries de guerre. II ne suffit pas de maudire la guerre. Le meilleur moyen de l'écarter, c'est encore d’empêcher qu elle puisse être, pour certains, une source do profits !
Mes chers concitoyens.
Ces réformes, dont la plupart figurent dans le « programme du rassemblement populaire » sont autant d'étapes importantes et urgentes, qu'il importe de franchir au plus tôt»
Elles doivent constituer, à mon sens, le programma de la majorité de demain et du Gouvernement dans lequel les socialistes, d'ores et déjà, non seulement acceptent, mais revendiquent leur place*
Ces mesures figuraient, du reste, dans les fameux « cahiers de Huyghens dont l’acceptation eut sans doute orienté tout différemment la législature de 1932.
Nous ne voulons pas et vous ne voulez pas qu’on retombe dans les erreurs et dans les défaillances où le régime lui-même a failli sombrer. Ces réformes nous mèneronL à la transformation sociale, qui reste le but du socialisme. Elles nous conduiront, alors que l'édifice capitaliste croule sous toutes scs erreurs, vers un ordre nouveau où « le pain, la paix et la liberté » ne seront plus une formule, mais une réalité.
Nous sommes à un tournant décisif, à une étape peut-être définitive. Si l’on n'a pas recours, sans tarder, à des méthodes nouvelles, nul ne sait vers quels désordres et vers quelles aventures notre pays pourrait être- entraîné. C'est pour tenter, après vous avoir exposé ces méthodes, de les faire passer dans la pratique, que je suis candidat, et que j'espère être, le 20 avril, votre élu.
Vive l'arrondissement d’Àpiî
Vive la République des travailleurs !
Charles LUSSY
Candidat socialiste S, F. I. O.
Journaliste parlemeolaîre*
Ancien combattant.
Croix de guerre (3 citations).
Médaille militaire.
Le citoyen Charles Lussy, comme il l a souvent déclaré, prend l'engagement, s’il est élu, de venir au moins une fois par an, dans chaque commune, pour rendre compte de son mandat et se tenir en contact permanent avec ses électeurs et les collectivités.
Circonscription d’ AVIGNON.
M. Pierre VAlLLAfjDET (Groupe socialiste.)
Elu pour la t“e fois le 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S, F. ï. 0.? p« 3.)
Mes chers concitoyens,
Mes camarades de l’arrondissement d'Avignon, estimant que le siège devenu vacant par l’élection au Sénat de notre ami Gros doit rester au parti socialiste, vous demandent unaninement de reporter sur moi, le collaborateur le plus immédiat du citoyen Gros à la mairie d'Avignon, la confiance indéfectible que, depuis 1924, vous n’avez cessé de lui témoigner*
Ceux qui me connaissent savent dans quel esprit j'ai accepté cette désignation, dans quel esprit aussi j’envisage les tâches et les devoirs que peut comporter l’exercice du mandat législatif Au cours de la campagne électorale, j’ai dit, avec les causes profondes des maux qui nous assaillent, les remèdes que le socialisme préconise, la nécessité de juguler enfin ces puissances d’argent qui, contrôlant la production et la vie économique de notre pays, dominant par la Banque de France notre système financier, responsables de la crise et de ses tragiques conséquences, responsables de la menace qui, à celte heure même, pèse sui la paix, prétendent encore nous imposer un ne sait quel odieux régime de dictature.
La politique des décrets-lois, si étroitement liée à ces pleins pouvoirs, négation de la démocratie et du régime républicain, la déflation à outrance est leur œuvre. En restreignant les moyens déjà si limités pourtant de millions de consommateurs, petits rentiers, anciens combattants, fonctionnaires, retraités, employés des grands services concédés, et, par voie de conséquence, ceux de tous les travailleurs, une telle politique a entraîné, avec une aggravation redoutable du déficit budgétaire, une aggravation plus redoutable encore de la crise commerciale et industrielle ainsi qu’un accroissement du chômage.
Pour atténuer, puis résoudre ces maux ;
Pour réduire les menées factieuses des organisations de guerre civile ;
Pour défendre et sauvegarder la paix ;
il faut avant tout détruire l’oligarchie des deux cents familles, abattre le mur d argent.
Le programme que je soutiendrai au Parlement si j’ai l’honneur d’être votre élu tend essentiellement vers les bots suivants ;
Défense de la République et des libertés démocratiques : par le désarmement et la dissolution des ligues factieuses, l’abrogation des lois scélérates et des décrets-lois, le respect des libertés syndicales, la défense et le développement de 1 école laïque.
Défense de la paix : par la garantie de notre sécurité, non dans une course ruineuse et inutile aux armements, mais par la sécurité collective, le désarmement général, simultané et contrôlé, la suppression de la fabrication et du commerce privé des armes.
Lutte contre la crise économique et le chômage : par l'institution d un fonds naùona de chômage, la réduction de la semaine de travail sans diminution des salaires la mise en train d’un plan massif de grands travaux d'utilité publique intéressant egalement toutes les
parties do territoire* . . ,♦ cr
Aide à l’agriculture : par la revalorisation des produits du sol, 1 institution d offices
publics, tels que ceux du blé el des engrais chimiques, stabilisant les prix pour le plus grand bien des producteurs et des consommateurs.
Dans le domaine social : amélioration de toutes les lois d’assistance, lutte méthodique contre les fléaux sociaux, en particulier contre la tuberculose et le cancer, parla créalion de dispensaires, sanatoria et prévenions, lutte contre les taudis, mesures tendant à assurer aux jeunes du travail, aux vieux exclus la reconnaissance de leurs droits.
Itans le domaine financier : defense de 1 épargne et meilleure organisation du crédit par le contrôle de3 banques et la transformation de la Banque de France en banque de la nation.
Assainissement financier par une réforme fiscale claire, simple et juste, frappant les classes riches à proportion de leur avoir, par la nationalisation des grands monopoles capitalistes (mines, transports, grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques pétroles).
Pour appliquer ce programme, le parti socialiste se déclare prêt à prendre le pouvoir.
Dans le domaine régional : écoulement des produits du sol, lois réparatrices des calamités agricoles el des dommages causés par les inondations, action en vue de développer le tourisme et les sports.
Votre sorL est entre vos mains.
De votre vote dépendent le rétablissement de la vie économique, le salut de vos libertés et ia paix,
\ ous vous prononcerez pour la République démocratique* contre la guerre* contre la crise et contre le chômage,
hu votant, le 26 avril, pour îe candidat du parti socialiste,
Pierre VAILLAND ET Professeur ,
Premier adjoint au maire d'Avignon.
Circonscription de CARFENTKAS,
Mi Louis G ü tC i IA RD (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Elu pour la R* fois le 8 mai 1910, — Réélu les 10 mai 1914, 16 novembre 1919* H mai 1921* 29 avril 1928* mal 1932 et 3 tuai 1936.
; Mes chers Concitoyens,
Désigne pai mon F arti, je me mets à votre entière disposition pour vous représenter à nouveau si vous jugez que j ai accompli mon devoir suivant le mandat que vous m'aviez confié en 1932, Je ne vous ai jamais fait de promesses que je n aie tenues. Ce sont donc des actes que je voua apporte.
En voici le résumé ;
J’ai participé à la discussion d’un projet de loi relatif à la vente de la soie, et de tissus de soie ;
A ïa discussion d'un projet de loi tendant à l'approbation de raccord commercial entre la France et la Russie ;
À celle d'un projet de loi portant réforme fiscale ;
Au projet de loi tendant à autoriser la participation de l'Etat, et de grands réseaux d’intérêt général à l’exécution de grands travaux contre le chômage (Travaux de curage des fleuves et rivières);
d ai pris part a la discussion du projet de loi tendant à réaliser l'assainissement du marché des vins ;
J’ai soutenu un amendement sur le projet de loi relatif à l'amnistie ;
J'ai soutenu le projet de loi concernant les subventions à accorder aux victimes des calamités publiques;
J'ai participé à la discussion d'une interpellation sur les mesures que le Ministre de l’Agriculture compte prendre pour secourir les paysans victimes des calamités publiques ;
En ce qui concerne le deuxième projet de loi sur la viticulture et le commerce des vins, jaî pris part fi la discussion générale, ai soutenu un amendement tendant à l’arrachage des vignes avec une juste indemnité ;
Ai défendu un projet de loi établissant des droits de douane sur les fruits et légumes d'importation ;
J'ai déposé un projet de ldi tendant h augmenter les droits clé douane sur les conserves* cle tomates ; •
Un projet de loi tendant à augmenter les droits de douane sur les conserves d’asperges, qui a été voté par les deux Chambres;
J'ai fait plusieurs rapports entre autres celui tendant à assurer la liberté du commerce ;
Sur le projet de loi tendant a modifier la loi du 4 juillet Hï3i sur la viticulture; sur le projet de loi Guasiavino tendant à revaloriser le prix de l’essence de lavande et réprimer la fraude ;
Sur la proposition réglementant l’emploi des eaux d’irrigation ;
Sur la répression des fraudes dans la vente de la soie et tissus de sole ;
Sur la proposition de loi faisant obligation de mélanger 20 0/0 d’huile d’olive à fluide minérale pour les moteurs à explosion ;
J’ai défendu, soit dans les diverses Commissions, soit à la Chambre, les lois sociales concernant les accidents du travail, les lois en faveur des mutilés et victimes de la guerre, les lois de scolarité, les lois d’hygiène sociale dont beaucoup ne sont certes pas parfaites, mais, qui tout cle même ont apporté beaucoup d'amélioration dans le monde du travail.
À l'heure actuelle il y a crise dans fa gri cuit are, le commerce et l’industrie. À cela il n’y a qu'un remède, c'est de combattre le chômage, en créant de grands travaux, c’est le seul qui puisse amorcer ïe redressement de la situation, ce peut être le démarreur de fautomobile.
Car les industries qui se rattachent aux grands travaux constituent les professions de base* En efFet, f ingénieur, le maçon, le terrassier, le mécanicien, ayant acquis le pouvoir d'achat, feront vivre toutes les autres corporations agricoles, industrielles et commerciales, et le circuit des échanges fonctionnera normalement.
Maintenant au point de vue agricole, il faudra rechercher tous les moyens pour revaloriser les produits de la terre et leur donner en même temps des débouchés qui puissent les faire vendre à des prix rémunérateurs, car il ne s’agit pas de produire, il fauL parallèlement pouvoir retirer le fruit de son travail.
Il faut également maintenir nos droits en Durance, et à ce sujet j’ai protesté, à plusieurs reprises, contre certains projets qui avaient pour but de détourner les eaux de Fontainel’Evêque au profil d’autres départements, projets vastes qui probablement ne verront jamais le jour, car la dépense serait tellement énorme, que les auteurs ne pourraient pas retirer le bénéfice de leur initiative*
Il faut également que la baisse de prix des produits agricoles soit compensée par une-
diminution équivalente des prix industriels sans quoi le pouvoir d’achat des paysans se trouverait fortement réduit.
Il faut donc a tout prix revaloriser les produits agricoles, c’est là la clef de voûte de tout l'édifice social. Je m’y suis appliqué jusqu’ici et je continuerai
Il faudra que la nouvelle Chambre s’applique à réaliser le redressement monétaire et abandonne la politique des emprunts qui ruine ia Nation et qui ne peut résoudre ce grave problème.
Partisan acharné de la paix extérieure, j’estime que cette grave question doit être résolue par la Société des Nations, non pas par des discours pompeux, mais par des actes tangibles et je crois fermement qu’une entente avec FÀlIemagne serait la solution la plus pratique et la plus urgente, en ce moment où les rapports sont les plus, tendus entre les deux pays.
Au point de vue intérieur, il est nécessaire, indispensable même que les décrets-lois soient « humanisés », car la réduction des traitements, des salaires, et des pensions a amené 3e plus grand désordre dans notre activité économique, en réduisant le pouvoir d’achat des intéressés et par voie de conséquence ayant entraîné la baisse catastrophique des produits agricoles.
A ce sujet, la Chambre a voté la Caisse des pensions. Elle a réduit de six mois les délais d'avancement des fonctionnaires.
Elle a réduit l'impôt cédulaire, et l’impôt sur le revenu perçu sur la pension des anciens combattants, ce qui n’est pas suffisant, il faudra abroger les décrets lois qui les frappent injustement.
Elle a rétabli la pension des fonctionnaires aux 3/5 de leur traitement pour la pension au-dessous de 14.000 francs, etc., etc.
Les mutilés du travail auront toujours en moi un ardent défenseur.
En ce qui concerne les ligues factieuses, la Chambre a voté un texte permettant au Gouvernement de les dissoudre lorsqu’elles sont un danger pour îa République.
Toutes ces réformes ont reçu l’appui de tous les vrais démocrates soucieux de maintenir la paix intérieure, qui est la sauvegarde de nos institutions laïques et républicaines, et qui est seule capable de résoudre les graves problèmes de l’heure, dans l’ordre, et dans la liberté* Je m'y suis associé de tout mon cœur.
Partisan du maintien de la propriété individuelle, je ferai tous mes efforts pour faciliter l’accession des travailleurs à la petite propriété.
Enfin en ce qui concerne la jeunesse studieuse qui ne trouve plus de situation, à l’heure actuelle, je m'attacherai à lui faire ouvrir les possibilités d’avenir qu’elle est en droit d’attendre.
Les familles nombreuses auront toujours en moi un ardent défenseur.
Citoyens,
Vous me connaissez depuis que je milite pour îa République et, à ce point de vue, je crois que vous n’avez aucun reproche h m’adresser. Je me suis toujours dévoué pour mes concitoyens, j’ai toujours demandé la justice pour tous les citoyens français, car la justice doit être égale pour tous. Je n’ai jamais trafiqué de mon mandat, je suis resté Honnête dans toute l’acception du mot, et si je suis encore votre cln le 26 avril, je n’ai qu’une promesse à vous faire :
« Je continuerai ».
Y Le la République démocratique et sociale !
Vive la paix !
Vive l’arrondissement de Garpehtrasî
Louis GUICHARD
Député sortant*
Candidat radical-socialiste.
Circonscription d!OHANGE>
M. Edouard DALADIER
(Groupe républicain radical et radical-socialiste,)
Elu pour lu 1™ fois le 16 novembre 1919, — Réélu les 11 mai 1924, 29 avril 1928,
1er mai 1932 et 20 avril 1930.
Mes chers Concitoyens,
Je me présente de nouveau à vos libres suffrages avec J a conscience d’avoir accompli tout mon devoir envers notre pays et d’être demeuré fidèle à ce grand idéal républicain que j’ai toujours servi de tou les mes forces.
Dans toutes les communes de l'arrondissement, en plein accord avec les municipalités et leurs conseils, j’ai assuré la réalisation de tous les projets qui ont permis d améliorer la vie des populations laborieuses : Construction d'écoles, électrification des campagnes, adduction d'eau potable, modernisation ou création d'hôpitaux, construction de digues et ouvrages contre les inondations, pour lesquels j'ai Fait voler des crédits qui s'élèvent à dix-neuf millions. Il faudra veiller a leur utilisation rationnelle, en dépit de certaines routines.
De même, sans me préoccuper des divergences d’opinion et des questions de parti, je suis toujours intervenu de mon mieux en faveur de tous les citoyens qui onL bien voulu faire appel à ce que je peux avoir acquis d'influence et d'autorité.
Enfin, au Parlement, soit comme député, soit comme ministre, ou en qualité de Président du Conseil, j'ai protégé l'agriculture contre les importations massives, amélioré les lois sur la propriété commerciale, réduit Je déficit des finances publiques, assuré plus d'aisance à la Trésorerie*
Si je regrette d'avoir été renversé en octobre 1933 par un vote de coalition, c'est parce qu’il m’a été ainsi impossible de réaliser toutes les réformes que je proposais alors au Parlement, la garantie du salaire vital, un plan national do travaux destinés à l'ensemble du pays, et surtout aux communes, qui aurait ranimé T activité économique, le contrôle de la fabrication des armes et munitions de guerre, et l'abolition de leur libre trafic. J’ai défendu la République contre les prétendus hommes d ordre qui voulaient rénover la France par l'invasion de la Chambre des Députés, l'incendie du Ministère de la Marine, la marche sur l’Elysée, et par l'assaut des ligues fascistes contre les liber lés démocratiques.
Je vous demande aujourd’hui de me renouveler votre confiance^ et je fais appel à vos libres suffrages à l'heure même où les difficultés intérieures et extérieures rendent indispensable Fanion de tous les républicains sincères et loyaux. Ils doivent melLre fin à des polémiques stériles et consacrer leurs efforts à assurer la grandeur de la République dans une France rénovée et respectée.
Assurer une plus grande stabilité gouvernementale, protéger la propriété individuelle, l'épargne, les libres initiatives, associer les efforts individuels à l’action publique, libérer l'homme des servitudes et l'Etat de la pression des grands inlérfels coalises, telles sont les idées essentielles d'une politique d'action démocratique et de profondes réformes sociales. Elle n'est possible que par la suppression des privilèges que le grand capitalisme s est assurés au détriment des classes moyennes, des agriculteurs, et de tous les travailleurs intellectuels ou manuels, au détriment, aussi, d'une jeunesse trop souvent sacrifiée et privée d'emploi»
Réforme du crédit par la réorganisation de la Banque de France qui doit devenir la Banque de la France et non plus celle de douze régents. Lutte contre les trusts* Programme de grands travaux décentralisé destiné à ranimer la vie économique. Défense du petit commerce. Nationalisation de la fabrication et du commerce des armes et munitions de guerre Protection énergique de ^agriculture dont la prospérité est la condition du redressement économique de la France , telles sont les premières réformes qui commandent toutes les autres. Elles seront l'œuvre des républicains loyalement unis et prenant en commun toutes leurs responsabilités.
Hors de nos frontières, la course aux armements a repris, depuis deux ans surtout, avec une vitesse sans cesse accrue* Les accords librement négociés à Locarno ont été déchirés. Malgré les eftorts du Gouvernement français, malgré le loyal engagement de -T Angleterre d'être fidèle à ses obligations et de maintenir avec nous la paix, l'inquiétude subsiste parmi les peuples,
Pour nous, il est vain de rechercher la paix dans une politique d'isolement aveugle* Elle ne peut au contraire être assurée que par la sécurité collective, qui se fonde sur l'assistance mutuelle, la limitation d'abord, la réduction ensuite, simultanée et contrôlée, des armements de tous les pays d'Europe.
Et c est à l'Europe surtout que la Société des Nations devrait consacrer son effort. Nous désirons ardemment que la France prenne l'initia tive de celte politique de clarté et de loyauté. Elle seule peut garantir la paix dans la sécurité, soit que ces propositions rencontrent l’adhésion de tous* soit qu'elles aient au moins pour effet d'unir dans une action commune les nations qui veulent sincèrement la paix dans Légalité des droits et l'indépendance de toutes les pairies*
1 elles sont, mes chers concitoyens, les idées que je vous demande d approuver, et de consacrer par vos suffrages, billes animent le programme de revendications concrètes du Rassemblement populaire qui veut les réaliser dans Tordre républicain et dans la paix par 1 union de toutes les forces démocratiques. Dans notre arrondissement d ‘Grange, surtout, il importe que dédaigneux de toutes les manœuvres, les républicains affirment avec force leur volonté de défendre la liberté, de rénover l'activité économique du pays, et d'organiser la paix entre les nations* J'ai confiance dans la victoire de notre idéal.
Vive l'arrondissement d'Orange !
Vive la République démocratique et sociale !
Edouard DALADIER
Député sortant.
Àoden président du Conseil.
Candi dît J, républicain rrulbatLjs'ôeiôliste*