‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 26 sur 186 · CHER · texte numérisé non relu

CHER

I10 circonscription de BOURGES*

M. Joseph MASSÉ

(Groupe des indépendants d’union républicaine et nationale ) Elu pour la Lre fois le 3 mai 1936.

Citoyens,

Jamais la France n*a traverse des heures plus angoissantes que celles au cours dese quelles tous êtes appelés à élire une Chambre nouvelle.

Electeurs, attention 3

Le 26 avril, vous prendrez une grande responsabilité et, de vous, dépend 1 avenir.

Que demandons-nous avant tout ?

La Paix,

Nous n’aurons la paix extérieure que si nous réalisons la paix intérieure par Fanion de tous les Français dignes de ce nom.

Les plus grands ennemis de la paix sont les meneurs du .« Front populaire à la solde de F étranger, qui nous ont désarmés matériellement et moralement et dont le seul but est de semer la haine dans les cœurs pour faire la révolution dont ils espèrent profiter*

Dans la Chambre de 1932 à 1936, malgré l'importante majorité dont il disposait, Le € Cartel des gauches » a été incapable de gouverner. Se rendant compte du mécontentement général, et pour mieux piper vos suffrages, il a changé de nom et est devenu le « Front populaire » (mais ce sont les memes hommes, seule Pétiquette est changée).

Le a Front populaire n n’est qu’une association d’intérêts électoraux. Ce n est pas une formation politique, car les partis qui le composent professent des doctrines diamétralement opposées: si les radicaux-socialistes se proclament les vdéfenseurs de la liberté, de la propriété et de la patrie, les socialistes-communistes onL pour programme l'institution de la dictature du prolétariat, le collectivisme et l'internationalisme.

0 faut iinpifoyablcment chasser du Parlement tous les mauvais bergers qui, après avoir saboté notre victoire, déshonorent la République en sacrifiant l’intérêt général à leurs intérêts particuliers et qui, pour conserver le pouvoir, n’hésitent pas à nous mener a la ruine, à la révolution et à la guerre.

Si nous voulons sauver le régime républicain, tous les Français doivent s unir pour accomplir au plus vite les réformes qui s’imposent.

Il faut changer le mode de scrutin en instituant la représentation proportionnelle intégrale, qui permet à tous les partis d’être représentés.

Pour avoir un gouvernement ayant de l'autorité, il faut :

1° Investir le Président du Conseil d'une autorité spéciale; 2° lui accorder le droit de dissol u E ion immédiate ; 3° réserver au seul gouvernement l’initiative en matière de dépenses ; 4° inscrire le statut des fonctionnaires dans une loi constitutionnelle ; 5(> organiser un Conseil national économique et des conseils économiques régionaux rattachés à la Présidence du Conseil et appelés à collaborer avec le Gouvernement,

Nous devons lutter contre la dévaluation*

Une monnaie stable est la condition essentielle d'une reprise des affaires.

L'épargne a été pillée sous toutes ses formes : il faut la restaurer et relever la classe moyenne.

Techniciens, employés professionnels de toutes catégories, n 'oubliez pas que vous êtes également menacés par le communisme*

Grâce à des économies et a la chasse impitoyable aux abus et aux cumuls, on trouvera les réserves nécessaires pour corriger certaines iniquités des décrets-lois qui frappent si durement: les anciens combattants, les épargnants, les retraités. les fonctionnaires et ouvriers de l’Etat,

La prospérité du commerce et de l'industrie réclame la réduction des charges fiscales qui sont souvent injustes et arbitraires, vcxatoines et inquisitoriales* lî faut aussi établir un statut équitable et définitif pour la propriété immobilière et la propriété commerciale dont la solidarité et indiscutable.

Protéger le petit commerce en prenant les mesures qui s’imposent à l'égard des bazars créés selon une formule germano-américaine pour écouler des marchandises allemandes.

Défendre les artisans contre le machinisme qui les livre au chômage en enlevant à tous les objets la personnalité du travail à la main qui faisait honneur au bon goût français.

Lutter contre le chômage en supprimant les cumuls et en chassant du pays les étrangers, ]a France ne devant pas rester Je refuge des indésirables du monde entier.

Défendre T agriculture :

Je suis persuadé (mon action au Conseil général en fait foi) que la prospérité de tous dépend en grande partie de celle de TagriduUure.

Les agriculteurs, les ouvriers agricoles, les commerçants et les artisans ruraux savent tous que, depuis de nombreuses années, je suis leur ardent défenseur*

Les politiciens professionnels ont l'habitude d'opposer le peuple laborieux des villes à celui des campagnes.

Pour moi, ^intérêt des uns est lié à celui des autres : quand l'agriculture est pauvre, le commerce et 1 industrie dépérissent* Les commerçants, écrasés par le fisc, n’ayant plus d acheteurs, sont acculés à la ruine, et l’industrie, n'ayant [plus de commandes, ferme ses portes aux ouvriers*

Il faut revaloriser les produits agricoles, améliorer le sort des ruraux, pour leur permettre de rester à la terre et leur donner les mêmes avantages qu'aux ouvriers des villes notamment en ce qui concerne les allocations de toutes sortes et en particulier les charges de famille*

faciliter les transports routiers, et Lerminer les travaux d’électricité et d'adduction d'eau*

Je continuerai à défendre les droits des anciens combattants, mutilés et victimes de la guerre, 1 Etat ayant vis-à-vis d'eux une dette sacrée à laquelle on n'a pas le droit de toucher*

Electeurs, pensez-y bien, la situation est grave, de vous dépend l'avenir, seule l’union de tous peut nous sauver.

C'est avec le désir de travailler à cette union que j'ai accepté de poser ma candidature.

Défenseur de tous les travailleurs intellectuels et manuels quels qu'ils soient, je me déclare l'ennemi juré des profiteurs et des spéculateurs qui vivent des luttes de partis et du pillage de l'épargne.

Voulant conserver avec mon entière liberté, une totale indépendance d'action et de parole, je me présente à vos libres suffrages, comme jfai toujours vécu, en républicain indépendant*

C'est avec confiance que je fais appel, sans distinction de partis, à tous les électeurs qui souhaitent 3a fin des stériles luttes politiques, pour que dans la loyauté et dans l'honneur vive une France prospère*

Joseph MASSÉ

Conseiller général du Cher.

Maire de Soye-en-Septame*

Délégué du Conseil général à la Commission permanente du Comité départemental des mutilés, combattants, et victimes de la guerre.

Républ icain indépendant*

2e circonscription de BOURGES.

M. Gaston CORNA VIN

(Groupe communiste.)

Elu pour la fois le U mai 1924. — Réélu le 3 mai 1936,

(Voir le programme du parti communiste, p* 16),

À la population laborieuse de la deuxième circonscription de Bourges!

La crise économique que les gouvernements n'ont pu résoudre ni voulu adoucir, aggrave de jour en jour votre situation#

Le fascisme, arrogant et provocateur, organise impunément la guerre civile et le proclame cyniquement*

II se fait ouvertement le complice d'Hitler, qui fait planer sur notre pays et sur l'Europe la menace d'une effroyable guerre.

Remplis d’inquiétude pour votre vie, celle de votre famille et l'avenir de vos enfants, vous cherchez la voie du salut. Notre parti communiste vous la montre dans l'union du peuple de France et vous appelle à la suivre en votant pour son programme et pour son candidat, le militant éprouvé qu'est notre camarade Gaston Corna vin.

Pour le paie, la paix, la liberté! Pour une France libre, forte, heureuse, votez commumunistçl

Aux masses laborieuses des villes et des champs î

Au cours de ces quatre dernières années, vous avez vu, dans la circonscription comme dans rensemhle du pays, la crise économique s’aggraver.

Les ouvriers de la métallurgie, de la céramique, de la verrerie à Vierzon, Foecy, Melmn, Saint- Florent, subissent les douloureuses conséquences du chômage.

Les ouvrières confectionneuses chôment également et ne peuvent plus apporter l'appoint d’un salaire qui était déjà insuffisant.

Les ouvriers agricoles sont aussi durement touchés par le manque de travail et, de par la loi actuelle, ne Louchent pas i allocation.

lis sont privés du bénéfice de bien des lois sociales et sont, astreints, pour des salaires réduits, à des conditions de vie qui doivent disparaître et qu’illustrent la couchage à décurie et, parfois, les mauvais traitements.

Les petits paysans ne peuvent écouler leurs produits qu’à des prix qui ne payent pas

leur travail.

Les petits vignerons voient leurs caves s’engorger de vin, dont le prix ne rémunère plus leur effort.

Les artisans et petits commerçants des villes et des villages ont vu leur clientèle se faire, par force, plus rare et plus économe.

La ieunesse ne trouve qu’un travail insuffisant et la crise a fermé bien des postes devant les jeunes sortant des écoles pédagogiques ou techniques, telle celle de Vierzon.

La baisse généralisée des salaires et les amputations dues aux funestes décrets-lois ont aggravé encore la situation des couches laborieuses de la population.

Après cette déflation, d’aucuns voudraient la dévaluation de la monnaie, prétendant rétablir ainsi l'équilibre financier. Mais ce serait une nouvelle faillite partielle qui creuserait encore le gouffre, en aggravant la situation matérielle des travailleurs, des pensionnés, des retraités, des petits épargnants ? qui seraient dépouilles par la chute du franc.

Seule une politique qui féru payer les riches, les gros industriels, les grands propriétaires fonciers, adoucira les effets de la crise en permettant l’exécution de grands travaux contre le chômage, l'abrogation des funestes décrets-lois, la suppression des impôts de consommation, et rendrait possible une importante reprise de l’activité économique.

En se faisant l’initiateur et l'animateur du Front populaire, le parti communiste a voulu unir fraternellement le peuple de notre pays contre les capitalistes qui le pillent et le rançonnent.

Le Front populaire répond si bien au désir des masses que certains se sont empressés de s’y rallier tout en demeurant les élus d*une réaction fasciste, dont ils ont sollicité les suffrages.

Déjouez la manœuvre des capitalistes industriels et fonciers de F Union sociale du Berry qui, en décidant de ne pas présenter de candidat de droite, veulent, dès le premier |our, faire ce qu'ils ont fait au second tour en 1928 et 1932 : bloquer sur leur élu.

Déjouez la manœuvre de celui qui, élu de la réaction et du fascime en 1928 et en 1932, n’a adhéré au Front populaire que pour duper les travailleurs, car il n’attaque jamais ni le fascisme, ni les riches, mais porte tous ses coups contre l'Union soviétique, qui lutte pour la paix, et contre le parti communiste, qui défend les masses laborieuses.

Le programme, ci-inclus, de notre parti, montre le soucis qui anime les communistes : défendre partout les travailleurs de toutes conditions. Dans la deuxième circonscription de Bourges, notre parti lutte pour ;

La défense des revendications des travailleurs et des chômeurs ei F abrogation des décrets-lois qui frappent les travailleurs, les anciens combattants, les retraités et les pensionnés ;

L’extension aux ouvriers agricoles des lois sociales existantes, la suppression du couchage à l’écurie, la limitation du temps de travail ;

L'allocation de chômage aux sans-travail des villes, des villages; la création de la Caisse

nationale de chômage ; .

Empêcher le retour au droit commun en matière locative ;

Que le permis de chasse ne soit pas augmente ,

La suppression de la taxe de circulation sur les bords du canal ;

La suppression du droit de circulation qui frappe le vin ,

Le moratoire des dettes paysannes, la diminution du prix des fermages, le partage aux deux tiers pour les métayers ; la diminution du prix des engrais ;

Le meilleur entretien du réseau routier;

L'aide financière de l’Etat aux communes pour l'exécution des travaux de voirie, «assainissement et d’hygiène ;

La réalisation du grand Vierzon, qui permettra de mieux résoudre les problèmes municipaux.

Travailleurs, réalisez votre union sur le programme du parti communiste !

Pour faire payer les riches I Pour le gouvernement des ouvriers et des paysans I Pour votre pain, vos libertés, la paixl Pour la République française des Soviets !

Votez communiste sur le nom du camarade Gaston Corna vin*

Gaston CORNAVIN.

Gir conscription do SAINT-AMAND-MONTRQND*

M. Robert LAZURICK.

(Groupe socialiste.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936*

(Voir le programme du parti socialiste S, b, R p*3*)

Il faut prendre le pouvoir .

La consultation électorale se fait sous' les plus tragiques auspices, La crise économique engendre, pour les classes laborieuses, les plus affreuses misères. Les mercenaires du grand capitalisme, groupés dans les ligues, menacent les libertés démocratiques. La paix du monde est en danger. Il faut que le peuple des travailleurs, des villes et des champs, manüesle sa volonté de sauver la paix, le pain et la liberté des hommes* ,

Le Front populaire remportera les 26 avril et 3 mai prochain une grande vie ton e* ne

faut pas que cette victoire soit sans lendemain, et pour cela il faut prendre le pouvoir* tant que la coalition électorale des partis de gauche devienne une coalition gouvernementale qui assurera pendant quatre ans la force et la stabilité d un gouvernement ce ro

Personne ne peut accuser le parti socialiste d’avoir tout sacrifie à 1 ambition de pr endre le pouvoir* Il a toujours affirmé quhl ne participerait qu'à un gouvernement décidé a briser les privilèges des oligarchies qui prélèvent sur le travail des hommes, chaque année, " 3

30 milliards* Aujourd'hui cette condition est remplie* Trois grands partis ; le parti radica

Je parti socialiste, le parti communiste, ont établi et signé: en collaboration avec de grandes organisations ouvrières, un programme qui brisera les puissances d’argent. 11 reste à le réaliser.

Or, on ne réalise qu’au pouvoir. Sans doute le Front populaire victorieux verra-t-il se dresser contre lui toutes les forces de conservation sociale. Les banques déclencheront la panique financière, les Croix de Feu tenteront peut-être un coup de force. Pour faire face au danger il faudra s’appuyer sur les masses travailleuses organisées dans leurs partis et leurs syndicats. Mais il importe aussi de saisir les leviers de commande pour réaliser la volonté du suffrage universel en utilisant les forces coercitives de l’Etat.

Le devoir d’aller au pouvoir est d'autant plus impérieux que le Front populaire n'a pas le 'droiL d’échouer. La démocratie joue cette année sa dernière carte.

Après 1 échec du cartel, en 1932, le capitalisme a cru trouver un sauveur en la personne de M. Poincaré. Nous l’avons combattu. Mais il faut bien reconnaître qu’il n’était pas un homme de coup d EtaL, 11 avait le respect de la légalité républicaine.

En 1934, quand les ligues eurent mis en échec le suffrage universel, elles confièrent le pouvoir à M. Doumergue. M. Doumergue, derrière qui se dissimulaient Tardieu et Laval, a esquisse une tentative de révision constitutionnelle qui mettait en danger la démocratie. 'il n’a pas osé la poursuivre.

Aujourd'hui la situation a changé. Le capitalisme acculé à la ruine et à la faillite n’hésitera pas à jeter bas son masque de démocratie. Si le Front populaire ne prend pas le pouvoir, le pire lascisme s’y installera. Et le fascisme ce n’est pas l’insuffisant colonel de La Rocque’ derrière lui se profile l’ombre sinistre de M. André Tardieu, l’homme des pires aventures qui, en quittant le Parlement, a écrit qu’il se réservait pour une autre tâche.

Il faut donc occuper le pouvoir pour le soustraire au fascisme et aussi pour réaliser l’œuvre de transformation sociale qui, en supprimant la crise, lui barrera définitivement la route.

Mais il est évident qne cette tâche réclamera des forces neuves capables d’exécuter sanfaîbl esses les volontés du suffrage universel. Et c’est pourquoi nous regrettons que nos camarades communistes aienL décidé de ne pas participer au gouvernement de Front populaire. Ils commettent une erreur grosse de conséquences. Si, comme eux, nous voulions fuir les responsabilités, les radicaux iraient seuls au pouvoir et nous pourrions tout redouter de leur isolement*

Le parti socialiste prend donc ses responsabilités. 11 réclame le pouvoir. Il réclame dans un gouvernement de Front populaire, sa part du pouvoir pour en Être l’animateur’

Son influence dépendra du nombre de ses députés et par conséquent du nombre de ses électeurs.

C'est pourquoi :

Si vous voulez la victoire électorale du Front populaire ;

Si vous voulez surtout que ne recommencent pas les tristes expériences de 1926 et de

Si vous vio u lez qu*un liberté ;

gouvernement de Front populaire sauve la paix, le pain et la

Si vous voulez que le fascisme qui apporte ’ ne passe pas en France ; ïi faut voter socialiste î

avec lui l,esclavage1 la misère et la guerre

Ce que fera le parti socialiste.

Pour défendre les libertés démocratiques :

Désarmement et dissolution des ligues fascistes.

Suppression du Sénat et, immédiatement, limitation- de ses pouvoirs.

Abrogation des lois scélérates.

Application et respect du droit syndical.

Contrôle des ressources de la presse.

Amnistie générale en matière politique.

Création d’un service public d’éducation fondé sur la laïcité, la gratuité et la sélection Abrogation du décret-loi sur les écoles normales primaires.

Introduction des lois laïques en Alsace.

Nationalisation de la Banque de France, des assurances, des établissements de crédit et des grandes industries monopolisées pour défendre la souveraineté de l’Etat démocratique contre les usurpations politiques du grand capital. *

IL — Pour réparenles injustices commises :

Abrogation des décrets-lois iniques qui ont frappé les anciens combattants, donnâmes, les cheminots, les retraités, les vieux travailleurs et leurs familles.

les fonc-

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