‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 25 sur 186 · V. — Pour la paix · texte numérisé non relu

V. — Pour la paix

I, — Pour l'agriculture :

Je vous redis ce que je déclarais il y a quatre ans : l'agriculture est devenue plus que

jamais le levier tout puissant du relèvement national. Eu quatre ans, de 1932 à 1936, les députés sortants ont conduit pourtant cette agriculture à sa ruine, car leur politique

désastreuse a avili les cours à des taux de misère»

Blé. — Je réclamerai à la Chambre, d'une façon très ferme :

1° La suppression de la taxe sur les blés d’échange, qui constitue une iniquité pour les cultivateurs;

2d La non-limitation du blé d’échange, car il est juste que le cultivateur, qui a peiné pour faire venir son blé, puisse manger sans contrainte le pain de son blé, résultat de son labeur ;

3° La suppression de Padmïssion temporaire, porte ouverte à la fraude, tout à i'avan

tage des gros trusteurs de la meunerie, qui établissent des fortunes scandaleuses, comme le député radical L.-L. Dreyfus, sur la ruine des agriculteurs (M, Louis- Louis Dreyfus , ne l'oublions pas, est un des souscripteurs-fondateurs des journaux l'Humanité et la République) ;

4° Une protection douanière efficace permettant de défendre l’agriculture française contre l’envahissement des produits étrangers;

5* Je m'opposerai à l’institution de l'Office du blé, qui implique l’inquisition à domicile et préparerait la mainmise du fisc sur nos récoltes par la réquisition forcée et la taxation à des cours de misère;

Je combattrai la mesure préconisée par le Front populaire et déjà envisagée par les Pouvoirs publics pour la récolte prochaine, à savoir la création d'un titre de mouvement pour la circulation du blé ; cette mesure placerait le blé sur le même pied que le vin, qui ne peut circuler sans un congé ou un acquit-à-caution, de sorte que le producteur ne pourrait plus envoyer son blé au boulanger sans autorisation et sans payer.

Produits laitiers et production de la viande* — Je réclamerai un contingent sévère de ceux-ci, une production efficace des produits français contre les entrées étrangères qui écrasent le marché.

Cognac et vins. — J'interviendrai en toutes circonstance pour la défense de notre viticulture charentaise — dont 3e représentant officiel à la Chambre s'est désintéressé jusqu'à ce jour — de façon à éviter Pinfiuence écrasante des gros intérêts viticoles du Midi et de 3’Algérie.

Déplus, je m'efforcerai d'obtenir une réduction sensible des droits 'exorbitants qui grèvent nos eauxtde-vie, de façon à mettre fin à ce scandale véritable de nos cognacs, frappés de quatre fois plus d’impôts que ne vaut ce produit de nos terroirs.

Enfin si, lorsque je serai votre élu, le traité de commerce franco-américain n'est pas encore signé, j'userai de toute mon influence pour qu'il le soit au plus tôt, afin que notre cognac paye, aux Etats-Unis, exactement les mêmes droits que le whisky qui, présentement, jouissant de droits de douane de faveur, fait une concurrence mortelle au noble produit de notre sol charentais.

Mais, à l'heure actuelle, ce qu'il importe surtout d'assurer, c'est une aids efficace à l'agriculture.

Pourquoi ne pas lancer un grand emprunt national dont le produit serait afïecté inté-* gralement aux cultivateurs obérés, de façon à les libérer du poids lourd des hypothèques qui grèvent leurs propriétés? Des centaines de millions ont été engloutis en faveur de travaux peu ou pas du tout utiles, et l'Agriculture, dont des élus se sont désintéressés, risque de mourir faute d'avoir été secourue à temps.

Agriculteurs et viticulteurs charentais, il faut que cela change.

Si vous me faites l'honneur de m'envoyer au Parlement, vous pouvez compter sur ma résolution tenace pour défendre toutes les questions agricoles qui vous préoccupent ajuste titre, en agissant toujours en accord avec vos organismes professionnels, dont la collaboration me sera très précieuse.

Pour défendre vos intérêts et vos situations, menacés par la coalition des intérêts opposés, vous me trouverez toujours dévoué à vos côtés.

Vous pouvez compter sur ma fermeté.

IL — Pour le commerce et l'industrie ;

Le commerce et l'industrie concourent, avec l’agriculture, à 1 « ear et à la pros¬

périté du pays.

Les commerçants et les industriels demandent à être défendu^ ■< h s subir les vexa¬

tions inutiles des inquisitions fiscales et à ne pa* être é- ra-ës par <b pô * sans cesse multipliés, sous des noms clivera.

J II, — Pour les contribuables :

.'Nous sommes écrasés par une fiscalité infiniment trop oppressive. C’est là qu’il faut porter la hache.

La place me manque po-ur énumérea' toutes ^les réformes qui s’imposent. Je riJen citerai que quelques-unes :

Suppression du gaspillage dans tous les domaines lutte contre les .sinécures, Lucratives ; révision et modernisation des rouages de l'administration par la réforme administrative,; opposition très nette à la création de nouveaux monopoles ; .cession de monopoles pour U Trésor, sauf ceux dont ^aliénation compromettrait la vie .économique ou la sécurité du pays*

Sans économie, pas de budget en équilibre

Sans économie, pas de dégrèvement d'impôts,;

Sans économie, pas de redressement économique possible.

Voulant donner l’exemple, J'ai voté, â deux reprises différentes, pendant les législatures de 19 1 9 à’ 19*28, contre toute augmentation de rindemnîlé des députe^, et je réclamerai, si vous m'envoyez au Parlement, en même temps que îa diminution du nombre dej députés, le vote personnel, supprimant le scandale du vote par procuration., et l'institution de jetons de présence, permettant.de rémunérer équitablement l’assiduité et le travail parlementaire.

Je suis en outre partisan :

W 0 : De ta s i mpl ific a ti on/ e L de la i m ard i n a l i on de notre ay sl*èm e fi sca I , de te U e sorte > q us chacun puisse comprendre; aisément ^sa feuille. d'impôt^;

2° De ^réforme demas finances départementales et communales^ a fin de permettre aux collectivités locales de vivre ;

,3° De la . réduction' des droits de? succession en ligne directe rôt eoHatéiîàk*

Par-dessus tout, je m’opposerai à toute entreprise de dévaluation xle ,1a monnaie nationale,. dont la finance ,et. ta spéculation internationales .onijuné ,1a .parte*

IV* —Pour la .France :

L'amour de la France est inséparable d’un sentiment de large fraternité entre Je* Français.

Plus de barrières sociales entre les 'citoyens d'un même pays. Pas de politique 'Front populaire du poing fermé, signe de haine, mais, au contraire, pdlîfiqueFront national de U main tendue, signe de bonté*

Mais comment réaliser pleinement ce beau sentiment de fraternité, fondement du régime, au même titre que la liberté et que l’égalité?

Elu, je lutterai pour l’amélioration du sort des travailleurs de f usine et de k terre. 'Je demanderai une réforme de la loi des assurances sociales dans le sens facultatif et mutuel.

Il importe aussi de renforcer l’organisation de îa lutte contre les fléaux sociaux : tuberculose, syphilis et cancer* Lutte également contre le taudis, par ïe développement des habitations à bon marché, lutte contre la mortalité infantile ; aide, protection et avantage» spéciaux aux familles nombreuses. Je réclamerai énergiquement l’égalité des allocations familiales pour les fonctionnaires et les non-fonctionnaires (fermiers, -métayers, ouvriers, employés,. etc,).

Quant aux anciens combattants et aux victimes de la guerre, ai-je besoin de leur dire qu’ils trouveront tnujours an moi le défenseur fraternel, dont le dévouement leur est acquis pour le présent etpour l’avenir,, comme ilJe fut dans le passé.

En un mot, pour que la Patrie soit aimée de tous ses enfants, il faut qu'elle joit pénétrée de son devoir social envers les humbles, les déshérités et les travailleur». Et, pour

ma pari, je suis convaincu que c'est en s'intéressant au sort de tous les malheureux qu'on peut lutter le plus efficacement contre l’esprit de haine et de révolte qui inspire le communisme.

Appel aux jeunes 1

C’est aux jeunes, qui montent en ce moment à la vie publique, que je tiens à adresser spécialement un pressant appel.

Ils représentent la vie, l'espoir du pays. Comment pourrions-nous nous désintéresser de leur sort ? Car la France ne sera grande que si cette jeunesse ardente, mais inqulète3 terriblement pressée par les difficultés de Fheure présente, peut prendre librement son essor. Comme il est difficile pour les jeunes de trouver aujourd'hui leur voie : carrières ^encombrées, débouchés Fermés, horizon barré, voilà ce qui s’offre aux jeunes gens avides diction et de réalisation.

Bien souvent, les jeunes, vous vous êtes demandé quand on se déciderait à s'occuper de vous, à vous faire la place au soleil, que vous êtes en droit d’attendre. Je connais votre franchise, votre courage, votre allant. Je ne veux pas que vous soyez les premières victimes du désordre en France ou d'une guerre étrangère,

A ces jeunes hommes, je dis : vous trouverez toujours en moi en aine, capable de vous comprendre, désireux de vous venir en aide. Au Parlement, j’appuierai toute action susceptible de vous donner les réalisations auxquelles vous aspirez. C’est par une politique jeune et hardie que nous sortirons le pays des routines administratives qui le paralysent . 11 faut que les hommes jeunes prennent résolument dans tous les domaines k place qui leur revient.

D’abord, et avant tout : préparons l'avènement de la jeunesse française,

V, — Pour la paix.

Au premier rang des plus nobles préoccupations humaines, c’est la paix quil faut placer. La paix, inestimable bien! #

Sans elle, aucun problème n’est possible; mais l’expérience vient de nous montrer que ceux qui ont sans cesse le mot « paix d à la bouche sont bien loin de vouloir la mettre en pratique. Ceux qui nous ont conduits à la boucherie de 1914 sont-ils qualifiés pour nous protéger de la guerre ?

Pour ma part, si je suis élu, je ne dévierai pas de la ferme ligne de conduite que voici :

Paix à l'extérieur :

Par le rapprochement et la collaboration des peuples au moyen de négociations directes : règlement pacifique de tous les confits entre peuples par la S, D. N., à condition de doter cet organisme d’une force internationale, comme le demandait M, André Tardieu à Genève, en janvier 1932, lors de la Conférence du désarmement. Sécurité de nos frontières par une organisation solide de la défense nationale, utilisant toutes les ressources de la science pour épargner les vies humaines et basée sur la diminution du service militaire dans le plus bref délai, qui sera facilitée par la préparation militaire de la jeunesse et le développe-* ment des sports.

Paix à l1 intérieur :

Par la fermeté de l'Etat en face des tentatives de désorganisation sociale, de communisme, de guerre civile et de dictature.

Paix sociale :

Par îa collaboration fraternelle des classes et par le respect des droits de chacun.

Dans cette atmosphère de paix, bien des réformes pourront être envisagées.

Mes chers concitoyens,

Le nombre même et 3a difficulté des problèmes à résoudre et des réformes à accomplir suffit à faire comprendre combien sera lourde la tâche de la Chambre prochaine.

L’heure est venue de faire, entre deux politiques, un choix dont dépendront les destinées du pays.

D'un côté, la politique de lutte entre les partis, politique néfaste dont on a vu les tristes résultats. C est la politique du Cartel, du Front populaire* la politique qui tue.

De l'autre, la politique de réconciliation nationale, qui arrêtera d abord le pays dans sa chute, puis, en le relevant, ramènera la confiance des Français en eux-mêmes et la confiance de l’étranger envers la France. CJest la politique qui sauve.

C est à cette politique que je resterai fidèle. Faisant passer au second plan tout ce qui pourrait nuire à l'accord entre Français, c’est cette politique d’union que je soutiendrai de tout mon effort si vous m’envoyez au Parlement.

Sincèrement républicain, adversaire de toute intolérance, pénétré des responsabilités qui incombent à un représentant du peuple à l'égard de tous ceux, agriculteurs, commerçants ettravailleurs, qui lui confient leurs intérêts, je me donnerai, comme par Je passé, tout entier à ma tâche.

Electeurs,

Le 2fi avril, vous direz, en mettant mon nom dans Turne, si vous voulez que triomphe cette politique de réconciliation, de paix, de travail, dont la France a tant besoin et dont dépendent ses destinées.

Vive la France l

Vive la République !

Vive la circonscription de RufFec t

J. POITOU-DUPLESSY

Chevalier de la Légion d'honneur.

Ancien Député,

Candidat d* union républicaine.

Elu pour la lre fois le 1 1 mai 1924» — Réélu les 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936,

Chers Concitoyens ,

Par devoir, par gratitude envers tous ceux qui depuis si longtemps m’ont témoigné une fidèle et flatteuse confiance, et pour ne pas me dérober aux pressantes insistances des élus constituant le cadre du parti républicain de l'arrondissement, je viens une fois de plus solliciter vos suffrages*

Nous venons de vivre des années d’angoisse, où tous les efforts des Gouvernements et du Parlement ont dû tendre à poursuivre ces trois buts principaux :

Défendre la République. Défendre la Paix* Equilibrer le budget en vue du redressement économique.

Pour aider à atteindre ces buts, il n’est pas de sacrifices auxquels je n’ai consenti par mes votes.

Dans le souci constant de sauver les finances publiques, il importait d’endiguer le flot montant des dépenses, de travailler patiemment, résolument, à l’équivalence entre les ressources et les charges de la Nation, de se pénétrer de cette vérité, élémentaire qu’il ne pouvait y avoir de redressement financier et économique, ni de consolidation durable du crédit public en dehors d’un assainissement budgétaire profond.

Sans l’effort opiniâtre accompli à travers combien de difficultés diverses dans les années 1932, 1933, 1934 et 1935, le Trésor n’aurait certainement pas fait face aux besoins de l’Etat, Depuis longtemps la monnaie aurait fléchi.

Les résultats budgétaires, jusqu’ici obtenus avec tant de peine et au prix de si durs sacrifices demandés au pays sont forcément précaires. Ils exigent une défense, une vigilance de tous les instants,

La France doit demeurer attachée à sa monnaie, sauver aussi la substance de son épargne et de son travail, préserver d’un nouveau péril les classes moyennes et la masse des petites gens, vraie structure nationale déjà si ébranlée par la crise.

Le programme d’action financière de demain ne saurait avoir cependant pour directives exclusives la rigueur et la restriction.

Une politique constructive, capable d’imprimer un élan salutaire au pays, de revigorer I agriculture, aura à se préoccuper d^ alléger les charges des producteurs et des commerçants.

C’est une large révision des conditions de vie de la Nation qu’il Importe d envisager, dans le cadre d’une monnaie saine et d’un budget parfaitement équilibré.

Electeurs de l’arrondissement de Jonzac,

Tout mon temps, pendant ces quatre ans^ a été, sans le moindre repos* consacré à l’exercice du mandat que vous m’aviez confié.

Ma tâche a été considérablement grossie par les présidences des grandes commissions parlementaires, auxquelles m'a porté la confiance de mes collègues.

Mais ce surcroît de travail ne m'a en aucun cas empêché de servir et de défendre les Intérêts de notre région ; je dirai meme que l’influence et l'autorité tirées*"de ces présidences m’ont beaucoup aidé sur le terrain régional.

Qu'il se soit agi de la viticulture* charentaise, des eaux de vie de Cognac, du pineau des Chare rites, des transferts de blocage, des échanges de pain, du blé, du lait, du beurre du bétail, du crédit agricole, des aides dé TEtat et du département aux résiniers, de nos ports et de nos marais, des améliorations ferroviaires pour les voyageurs, les commerçants et les transports de bestiaux, des transporteurs routiers, de l'artisanat, des réseaux ruraux d'électrification, des reformés de guerre et des anciens combattants, des mutilés du travail, de l'installation du téléphone dans plus de cinquante communes, de la mise en état des routes et chemins, des allocations de solidarité aux agriculteurs sinistrés, des subventions pour construction de groupes scolaires, des arrêts d’autobus et de trains et notamment pour les foires et marchés, de l'exonération de l'essence pour les usages agricoles, de la protection du droit de pêche pour les propriétaires riverains, de la baisse du prix des nitrates importés, des subventions pour les services d’incendie, de l'augmentation des primes aux éleveurs j de la diminution des dépenses occasionnées aux familles par le trop fréquent changement de livres dans les écoles, mon action continue n'a jamais connu de trêve.

Chers Concitoyens^

Dans le défilé où s'engage actuellement l’Europe, et au moment où la France joue son destin, tous les Français doivent prendre conscience de leurs responsabilités.

L'heure n’est pas aux grandes réformes d’avenir, ni aux divisions.

Défendre la République et les libertés démocratiques ;

Libérer l'Etat d’oligarchies financières et économiques (réforme de la Banque de France*, et aussi de l'influence de trop puissants syndicats;

Toujours veiller à l’équilibre budgétaire et à la stabilité monétaire;

Sauvegarder la Paix ;

Alléger les charges pour aider à la reprise économique ;

Chercher à donner du travail à tout le monde ;

Répondre à l’appel du Gouvernement pour faire triompher aux élections du 26 avril la Patrie, la République, les institutions parlementaires, la paix intérieure et extérieure.

C’est sur ce programme que je vous demande de vous compter, et je le fais en mettant à votre service et à celui de notre cher arrondissement de Jonzac, dans une période si grave pour notre Pays, mon expérience, ma probité et mon dévouement.

Vive la République 1

James SCLAFER

Docteur en droit.

Propriétaire,

Croix de guerre.

Maire et Conseiller général de Jonzac,

Député sortant.

Président de la Commission des postes, télégraphes, téléphones et de la ^radiodiffusion*

Premier Vice-Président de la Commission des travaux publics et des moyens de communication,

Vice-Président de la Commission des boissons, du Groupe viticole,

du Groupe de défense des bouilleurs de cm, du Groupe de la mutualité, du Groupe de réduction physique et des sports, du Groupe de défense dés sapeurs-pompiers, du Groupe- du tourisme et des syndicats d'initiative, de la Commission centrale des automobiles et de la circulation du Groupe franco -portugais, du Groupe du lait,

du Comité national de prop&gagande pour le vin et les eaux de vie* Candidat, des républicains.

Circonscription de MARENNES.

M* William BERTRAND {Groupe républicain radical et radical “Socialisiez

Élu pour la lrc fois le 10 mai

1914. Réélu les 11 mai 1924, 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Chers concitoyens I

Avec des majorités constamment accrues, dont la dernière me donnait une avance de R 727 voix sur le plus favorisé de mes concurrents, vous m’avez, pendant quatre législatures fait l’honneur de me choisir pour vous représenter à la Chambre des Députés.

Infiniment touché de votre confiance et de votre constance, je viens une to.s de plus v faire appel, dans mon intime et profonde conviction de n’avoir pas démente.

Aujourd’hui, comme il y a vingt-deux ans, je suis inscrit au parti radical et radica socialiste. Aujourd’hui, comme il y a vingt-deux ans, son programme est le mien

Avec lui et comme lui, je demeure inébranlablement partisan de la liberté du citoyen de son émancipation sociale par l’instruction, mise à la portée de tous, de sa souveraineté politique protégée contre toutes les dictatures, par une constitution invio ee.

Je me déclare pour la propriété individuelle, à laquelle tout travailleur doit avoir la possibilité d’accéder, et, l'ayant conquise, la certitude de n’en etre pas injustement depos-

Sede’je désire l’émancipation des travailleurs par la transformation du salariat, survivance moderne du servage, par la participation obligatoire aux bénéfices et a la gestion des en reprises, amenant au lieu de la funeste lutte des classes, leur fusion pacifique dans la justice

Ne veux continuer à défendre le franc et le garantir contre l’inflation qui serait un désastre pour l’épargne et qui ne profiterait qu’aux spéculateurs qui s ac lanJc” ™ notre monnaie. Je suis en conséquence, partisan des budgets votés en temps utile ^ ngoureusement en équilibre, ce qui ne peut être assuré que par une stabilité ministerielle q

n'a pas su réaliser la dernière législature. , , - i

Je demeure le défenseur des anciens combattants. Que ce soit à mon banc de P au sein du Gouvernement, j’ai toujours soutenu leurs droits pied h pie ’ ... à le proclamer spontanément mon ancien collègue Rivoli et, au cours des con ei • q

fit, il y a peu de temps, à Royan et à Marennes, .... ^

Je professe une invincible horreur de la guerre. Qu’elle soit civile ou étrangère ceRe barbarie est aussi injurieuse pour notre civilisation, qu’elle est incompatible avec es p cipes fondamentaux de notre démocratie. Rien ne me sera dur, ni pemble pour main

paix, entre les Français et entre les hommes. , lc.„o q*

Appelé à siéger aux Conseils du Gouvernement, u -v n°'rc™ r . rl’altrnîts ati'il vier 1936, à des heures particulièrement ingrates, où le pouvoir offrait moin 1

ne eomport.it d. risquas, les principes que je viens d'énoncer m ont servi de guides, dan. mon action quotidienne. J'ai conscience de n'avoir trompé n. a conB.nc. de chef. ,n m'appelèrent è travailler è leur, cétés, ni le parti radical-.ocl.hale qui m y autorisa, t as plus que je n’avais intrigué pour accéder au Ministère, je n intriguai pour y

suis entré sans orgueil. J’en suis sorti sans dépit et volontairement, avec îe seul souci, de stricte probité, de ne pas rompre l’accord qui me liait au parti qui m'y avait délégué.

L'influence qu’a pu me procurer ce passage ministériel, je l'ai mise sans marchander au service de mes concitoyens.

C’est peut être à elle que j’ai dû de pouvoir, en maintes circonstances, aider à redresser des injustices et défendre efficacement les intérêts que vous m’avez confiés.

C’est ainsi que j’ai pu obtenir la subvention importante de l'Etat, qui permit enfin au conseil général de voter le projet, depuis si longtemps attendu, de liaison entre file cTOiéron et le continent. Infiniment heureux d’apporter ce résultat aux vaillantes populations qui l'attendaient impatiemment, je ne considérerai mon effort comme achevé, que le jour où, avec l'aide de tous mes collègues du conseil général, on aura également donné une solution favorable, aux voeux exprimés par les populations riveraines de la Charente.

Persuadé plus que jamais, que la force vive de la France est étroitement solidaire de celle de notre agriculture, je n'ai laissé échapper aucune occasion de me pencher sur ses besoins, dans la crise si redoutable qu'elle vient de traverser. A mon banc de député, au seÿi du groupe de défense paysanne, au Conseil économique interministériel, à la Caisse régionale de crédit agricole de Saintes, à la Caisse cantonale de Marennes, j'ai collaboré de toutes mes forces, aux mesures de protection qui tendaient à la revalorisation des produits de la terre, vin, blé, bétail et lait.

J'ai été heureux de contresigner comme Ministre, le projet d’avance, de 800 millions, affectée au crédit agricole et d'aider, comme vice-président de la Caisse régionale de la Charente -Inférieure, raa mouvement coopératif du stockage, qui a permis au producteur, d’attendre l'heure, qui apparaît fmfiu, de la hausse des denrées agricoles.

Si vous me renouvelez votre confiance, je vous donnerai, comme par le passé, le meilleur de moi-même. Ce que fai déjà fait contient la promesse de ce que je pourrai faire encore.

Ayez confiance en moi, comme j'ai confiance en vous, et travaillons ensemble, comme nous le faisons depuis vingt-deux ans, au salut de la patrie, à la sauvegarde de la République, à la prospérité de noire arrondissement.

Vive la République ! ■

Vive l'arrondissement de Marennes !

William BERTRAND

Avocat,

Conseiller général de la. Trembl&de, — Maire de Maretmei,

1 Président de la Caisse d'épargne de JVrroudi&ser&ent*

Président dm Crédit agricole.

Ancien ministre.

Député sortant.

Circonscription de ROCHEFQRT.

M. Roger LEFEVRE

(Groupe sociaUsta,)

Elu. pour la Ve fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti socialiste S, F. I. O. p. 3.)

Le peuple de France va voter :

IL condamnera le fascisme et sa politique de violence ;

Il condamnera Funion nationale et sa politique de réaction ;

Il exigera une politique nouvelle, hardiment constructive et démocratique ;

Il exigera des hommes d' action fidèles à sa volonté profonde*

Agriculteurs, ouvriers, commerçants, retraités-, agents de FÉlat, anciens combattants vous tous que la crise a frappés ; vous qui voulez la paix dans le bien-être et la liberté : rassemblez-vous autour du programme socialiste, et luttez avec nous pour une démocratie meilleure.

Programmé général.

La crise n'épargne personne : des stocks énormes anéantis devant 30 millions d'êtres malheureux ; l’industrie paralysée ; le commerce anémié, F agriculture en détresse, le travailleur le plus modeste pressuré, les carrières fermées à la jeunesse, lés budgets en déficit ; «voilà le triste bilan d une politique de réaction* Ceux qui n avaient pas su empêcher la crise ont été encore plus incapables dTy remédier.

Pour rendre à l'économie asphyxiée sa vitalité normale, h chacun le bien-être légitime, il faut accroître le pouvoir d’achat des masses, diminuer les impôts qui écrasent le commerce, organiser la production selon 1 interet collectif, défendre contre une spéculation insensée l'agriculture, la petite propriété, l'artisanat, l'épargne; poursuivre sans pitié la fraude, simplifier une administration vieillie; réformer les méthodes stériles du parlementarisme.

Le socialisme vous apporte un programme clair dL'orde intérieur et de paix internationale :

Lutte contre le fascisme, contre la crise, contre la guerre.

Ce qu'il faut faire *

Pour la liberté :

Il faut défendre les libertés démocratique contre le fascisme et rétablir la souveraineté, populaire.

Le parti socialiste réclame donc :

Le désarmement et la dissolution des ligues paramilitaires du fascisme, conformément h la loi ;

L'application stricte des lois de défense républicaine volées par le Parlement, en cas de provocation au meurtre ou d attentat contre la sûreté de 1 Etat ,

La représentation proportionnelle et le suffrage des femmes ; la reconnaissance du droit de la femme au travail;

La suppression du Sénat, et, immédiatement, la limitation de ses pouvoirs;

Assainissement de la vie publique, notamment par les incompatibilités parlementaires ;

L'abrogation des lois scélérates et des décrets-lois restreignant la liberté d’opinion;

L'application et le respect du droit syndical pour tous, y compris les indigènes des colonies ;

Le contrôle de la presse par 1 adoption des mesures législatives ;

j . — . Qui permettent la répression de la diffamation et du chantage ;

IL „ Qui puissent assurer aux journaux des moyens normaux d'existence, qui les obligent à rendre publique l'origine de leurs ressources, qui mettent fin aux monopoles privés de la publicité commerciale et aux scandales de la publicité financière et qui empêchent la constitution de trusts de presse*

Organisation des émissions radiophoniques d'Etat pour assurer l'exactitude des informations et Légalité des organisations politiques et sociales devant le micro.

Pour les territoires coloniaux : constitution d’une Commission d’enquête parlementaire sur la situation politique, économique et morale dans les territoires français d’outre-mer, notamment l’Afrique du Nord et l’Indochine*

L'amnistie générale en matière politique*

La laïcité de l’Etat étant une des conditions de la souveraineté populaire, le parti socialiste réclame :

La création d’un service public national d’éducation, fondé a tous les degrés, sur la laïcité intégrale et la gratuité, pour :

a) Assurer la vie de l'école publique, non seulement par les crédits nécessaires, mais par des réformes telles que la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans et, dans renseignement secondaire et supérieur, une sélection indispensable comme complément de la gratuité ;

h) Garantir à tous, élèves et maîtres, la pleine liberté de conscience par le respect de la neutralité scolaire et des droits civiques du corps enseignant*

L'abrogation du décret-loi sur les écoles normales primaires*

L’introduction des lois laïques en Alsace -Lorraine*

Pour préserver la souveraineté de l'Etat contre les usurpations politiques du grand capital et pour ramener l'ordre dans la production.

Nationalisation de la Banque de France, des assurances, des établissements de crédit et des grandes industries monopolisées.

Pour le pain :

Rénovation de l’économie nationale parle relèvement de la capacité d'achat réduite par la crise.

Il faut réparer les injustices commises au détriment des anciens combattants, des cheminots, des retraités, des travailleurs de l'Etat et de leurs familles.

Le parti socialiste réclame donc :

L'abrogation des décrets-lois iniques qui ont réduit salaires, pensions, allocations d'assistance, qui ne frappent pas seulement les travailleurs de l'Etat, mais aussi, par une répercussion inévitable, la niasse des salariés et des producteurs, et, par conséquent, portent atteinte à l'ensemble de l'économie nationale.

Il faut soulager sans délai les misères les plus cruelles causées par la crise.

Le parti socialiste réclame donc :

La création immédiate d'un fonds national de chômage sous forme d'un service national de secours à tous les chômeurs, quelle que soit leur résidence ;

Le moratoire des loyers des chômeurs avec indemnisation des petits propriétaires grâce à une caisse de compensation ;

L'amélioration des lois protégeant les locataires;

L’institution d'un système d’assurance-chômage compris dans un système général d'assurances publiques contre tous les risques sociaux à la ville et à la campagne, et gagé par la nationalisation du monopole privé des assurances ;

L'organisation de la lutte contre tous les fléaux sociaux (tuberculose, cancer, ■syphilis, etc.).

Ml

Il faut assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur travail pour vivre ; il faut accroître le revénu consommable en augmentant la masse des salaires.

Le parti socialiste réclame donc :

La diminution deh heures de travail sans diminution des salaires :

Les contrats collectifs et les congés payés;

La mise sous séquestre des entreprises en déconfiture, afin d’éviter le renvoi de leurs salariés ;

La construction d'écoles, d’hôpitaux, de sanas, d'habitations à bon marché;

Une refonte de la législation des assurances sociales qui garantisse réellement aux travailleurs le droit au repos à 60 ans ou même à un âge moindre pour les industries dangereuses ou insalubres ;

L'appel des jeunes au travail par rétablissement d'un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs ;

La mise en train d'un vaste plan d’outillage public, dressé sur l'initiative des départements, des communes, des organismes professionnels, financé par l'appel à îa thésaurisation locale et conçu de telle sorte que son exécution rapide et coordonnée aboutisse à l'équipement rationnel de la nation et à la reprise solidaire des diverses branches de l'activité industrielle et commerciale ;

La prolongation de la scolarité et l'interdiction du travail pour les enfants dans l'industrie et le commerce jusqu'à l'âge de 15 ans.

Il faut assurer des débouchés aux cultivateurs.

ta production agricole souffre de l’insuffisance des revenus consommables. JSlie bénéficiera de toute reprise générale de l'activité et de tout accroissement de la masee des salaires. Mais le parti socialiste veut assurer la revalorisation des produits agricoles et apporter un remède immédiat à la détresse des populations rurales désolées par la crise et la spéculation.

Il réclame donc :

La lutte contre 3a spéculation et la vie chère de manière à réduire 1 écart entre les prix de gros et les prix: de détail ;

L’institution des offices publics du blé, du vin, de la viande, des produits laitiers, des engrais chimiques, des forêts gérés par les représentants des producteurs pour supprimer la spéculation ;

L'institution de coopératives de répartition ;

Le soutien aux coopératives agricoles, livraison des engrais aux prix de revient par les offices de l’azote et des potasses, contrôle et tarification de la vente des superphosphates et autres engrais, développement du crédit agricole, réduction des baux à terme;

Le moratoire des dettes et la suppression des saisies;

La révision de la loi sur les fermages ;

Un statut du métayage;

L’assurance contre les risques agricoles, comprise dans le service public des assurances nationalisées.

Il faut assurer des clients aux petits commerçants et aux artisans.

Le marasme du commerce procède des mêmes causes que la mevente et 1 avilissement des prix pour l'agriculture. 11 profitera, dans les mêmes conditions, des dispositions qui ranimeront la consommation et les échanges.

11 bénéficiera particulièrement de la détente fiscale dont Lobje tresse ntiel est de réduire la marge entre les prix.de revient et les prix de détail et d accroitre la vente*

Le parti socialiste réclame, par surcroît, comme mesures urgentes :

La réduction des frais généraux (électricité, crédit, assurances) ;

La révision des cessions de fonds ;

La re%ùsion des baux ;

La propriété commerciale lu té g raie ;

La protection du petit commerce et de l'artisanat contre les grosses entreprises,

Il faut libérer producteurs, commerçants et paysans de l'oppression fiscale qui pèse sur

eux.

Pour atteindre l'équilibre des budgets, le parti socialiste entend surmonter la crise en augmentant le pouvoir d'achat des masses, en ranimant la production et en allégeant la vie économique qui ploie sous la concentration dTune administration financière congestionnée d’un vieux système fiscal inique, fait d’impôts innombrables superposés et propices à la fraude.

Il réclame donc

La suppression des 150 impôts et taxes existants : taxes sur 3e chiffre d affaires, taxes à la production, contributions indirectes, centimes communaux et départementaux, etc.

Et leur remplacement par :

Le produit des nationalisations, et trois catégories de contributions ;

1° Un impôt sur le revenu global, sans forfait, progressif, à des taux différents pour les revenus du travail et les revenus du capital et, dans l'intérêt de la consommation, taux légers à la base, plus élevés pour les gros revenus consacrés au superflu ou à la capitalisation (au-dessus de 75.000 fr,);

2Ü Un impôt sur le capital des successions ci donations, léger pour les petites fortunes nées du travail ; progressif d'après l'importance des autres fortunes et compte tenu des degrés de parenté et de l'ancienneté de la fortune, le rendement de cet impôt étant assuré par la répression de l'anonymat des valeurs mobilières, par les titres à ordre et rétablissement des cadastres fiscaux. Mise en vigueur de la carie d'identité fiscale votée par les Chambres en raccompagnant d’une amnistie fiscale.

Contrôle des sorties de capitaux et repression de leur évasion allant jusqu’à la confiscation des biens dissimulés à ^étranger, ou de leur contre-valeur en France ;

3r] Quelques taxes générales non superposées et à perception unique remplaçant toutes les taxes directes ou indirectes sur la production et la consommation, et assises, à Y an des stades de la circulation des produits et des richesses, de telle sorte qu'elles aient la plus légère incidence économique, les denrées de première nécessité en étant exclues et des ristournes compensant les charges des familles nombreuses.

L ensemble de cette fiscalité claire et équitable serait atténuée non seulement par la répression de la fraude, maïs aussi par la diminution des charges résultant :

De la création des caisses des pensions destinées à maintenir les droits des anciens combattants et victimes de la gnems ;

De la suspension de l'amortissement et d'uu meilleur aménagement de la dette publique ;

De la répression des gaspillages dans les grandes administrations ;

De la révision des scandaleux marchés de guerre ;

De la diminution des charges de la Guerre, de la Marine et de Y Air par la nationalisation des 1 abri cations privées d armes et des grandes industries monopolisées et par une politique internationale de désarmement progressif, général et contrôlé,

vn

Il faut rétablir 1 ordre dans la production et restituer à la collectivité le profit des grands monopoles capitalistes.

Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes, et des pouvoirs des administrateurs ;

Interdiction aux fonctionnaires en disponibilité d’appartenir aux conseils d'administration des sociétés anonymes ;

Pour soustraire le crédit et î épargne à la domination de l’oligarchie économique, faire de la Banque de France, aujourd'hui banque privée* la Banque de la France *

Suppression du Conseil: des régents*

Le parti socialiste réclame aussi la nationalisation des grands monopoles pour en remettre la gestion aux travailleurs et. aux usagers sous le contrôle de T Etat :

Mines dont les ouvriers connaissent le chômage et la misère, au moment oii les besoins de la Errance 1 obligent à importer le tiers de sa consommation charbonnière ;

Assurances privées dont la gestion avec le concours des agents et des assures libérerait l’Etat de la souveraineté d’une oligarchie de financiers et permettrait sans frais ni impôts d’assurer le fonctionnement d’un système générai d’assurances couvrant tous les risques

y compris- lé chômage et les calamites agricoles, ... , . i , j

Grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, qui pillent Je budge l’Etat, exploitent les particuliers et les travailleurs, et soufflent sur les conflits mondiaux

dont elles profitent ; rir f

Transports, dont le fonctionnement anarchique conte quatre milliards par an a > a r

qui profitent aux administrateurs ,

Pétroles ;

Sucreries et raffineries ;

Crédit et banque pour :

Protéger la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs;

Assurer la répartition rationnelle du crédit aujourd'hui soumis à la capricieuse dicta-

ture des financiers ; r.

Préserver enfin du chantage et de la, souveraineté des puissances financières mciepe

dance de l’Etat républicain, de la presse et du suffrage universel.

Pour respecter les droits des petits porteurs aujourd’hui dupés et dépouillés; pour restituer à la nation la plus-value dont elle est frustrée et briser les puissances d’argent, les

actions des entreprises nationalisées reprises à leur valeur nominale, seront trans ormee^ soit en obligations amortissables, soit en rentes viagères suivant un tant inversement proportionnel à l'importance des titres.

Pour la paix :

11 faut organiser la paix, r

La guerre nous menace chaque jour. Elle serait une épouvantable catastrophe et laruine delà civilisation. Il faut que les peuples se groupent autour des véritables forces pacifistes. Notre politique socialiste tend vers ce but unique : la paix. Elle fait consister » sécurité dans la combinaison du désarmement général avec 1 organisation juri ique e a paix, c’est-à-dire avec l’arbitrage obligatoire et l’assistance mutuelle pour assurer le respect des sentences arbitrales de la Société des Nations*

En voici les grands principes :

lo Appel à la collaboration du peuple et des masses laborieuses pour le maintien et

l'organisation de la paix ; . r

2' Collaboration internationale dans le cadre de la Société des Nations, pour la sécurité collective, par la définition do l’agresseur et l’application automatique et solidaire des sanctions en cas d’agression ;

3& Effort incessant pour passer de la paix armée à la paix désarmée, par une convention générale, simultanée et contrôlée de désarmement, proposée ou imposée à tous par la communauté internationale, sous menace de sanctions économiques;

4° Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des

a fui es'

b» Répudiation delà diplomatie secrète; action internationale et négociations publiques pour ramener à Genève les Etats qui s’en sont écartés, sans porter atteinte aux principes constitutifs de la Société des Nations : sécurité collective et paix indivisible;

6’ Assouplissement de la procédure prévue par le Pacte de la Société des Nations, pour l'ajustement pacifique des traités dangereux pour la paix du monde ,

7° Extension, notamment à l’Europe orientale et centrale, du système des pactes ouverts' à tous, en connexion avec le pacte de la Société des Nations*

Celte solidarité politique internationale devra être complétée par une solidarité économique visant la stabilité monétaire, l'organisation rationnelle des échanges et l’examen pacifique des besoins de chaque population.

Nous réclamons le pouvoir.

Pour prendre au dehors les initiatives de paix et d’entente économique internationale.

Pour rénover la démocratie qui est trop souvent le privilège de l'argent.

Pour défendre les intérêts de tontes les classes laborieuses de ce pays.

A tous les travailleurs, que la déception risquerait de conduire à l'indifférence ou de livrer à la réaction*

Nous tendons notre drapeau, suivez-! e avec nous 1 nous voulons vaincre avec vous !

Pour un socialisme créateur.

Pour la paix, pour le pain, pour la liberté.

Notre programme agricole.

« Le socialisme ne menace pas la petite propriété exploitée par le paysan. II vient au contraire la défendre en lui permettant de produire clans des conditions meilleures, en lui assurant la vente de ses produits, en la libérant des charges fiscales et des lourdes hypothèques de la spéculation, du mercantilisme et de l1 usure.

t. Marx, Guesde, Jaurès, tous nos congrès, depuis plus de cinquante ans, Pont proclamé. î>

(Paul Fauve* Déclaration votée à l’unanimité par le Congrès agricole du parti socialiste à Limoges, 29 septembre 1935.)

La misère paysanne exige des soulagements immédiats.

Voici les grandes lignes d’une politique réaliste r

Diminution des frais de production :

1° Création d’un office des engrais* Organisation de la production et de la vente du sulfate de cuivre, des soufres, de Ta eide sulfurique, etc.

Contre la dictature do Saint-Gobain, Kublmami et Cie.

2Ù Transports. — Réorganisation des transports. Réduction des tarifs pour les engrais, semences, machines et produits agricoles :

3° Travaux publics* — Remise en état des chemins.

Travaux d’amélioration du sol (drainage, irrigation, assèchement). Adduction d’eau. Urbanisme*

Simplification des opérations de remembrement des parcelles agricoles.

Achèvement de l’électrification et baisse des tarifs d électricité \ suppression des primes fixes mensuelles ;

4° Outillage agricole. — Contrôle des trusts fournisseurs de machines agricoles pour obtenir un abaissement massif des prix de vente. Baisse des assurances ;

b1 fiscalité. — -Abolition des impôts indirects sur les denrées de première nécessité'. Transformation des impôts cédulaires en impôts progressifs sur le revenu. En attendant, suppression de l'impôt foncier pour les propriétaires cultivant eux-mêmes et non soumis à 1 impôt sur les bénéfices agricoles. Mises à la charge du propriétaire de l’impôt foncier payé par le fermier.

Suppression pour les propriétés agricoles des droits de imitation à litre onéreux audessous de 25,000 francs et à titre gratuit au-dessous de 40,000 francs.

Exemption des droits de succession pour la petite proprié té , instrument de travail ;

0° Crédit agricole. — Abaissement du taux d’intérêt. Simplification des formalités.

Institution d’une caisse centrale de garantie pour dispenser les petits et moyens exploitants des formalités d’aval et de warrant et permettre l’accès de la propriété aux salariés agricoles, aux pctils fermiers et aux métayers.

Que le crédit agricole devienne la grande banque de dépôt du monde agricole.

Revalorisation des produits agricoles et organisation des marchés :

* Création d’offices professionnels gérés par les représentants des cultivateurs avec les délégués des consommateurs.

1° Leur rôle sera d’évaluer exactement l'importance des diverses productions et de fixer les prix de vente en fonction des prix de revient ;

2Û De garantir aux producteurs, à tout moment, Y écoulement de leur production au cours fixé ;

3û En cas de production déficitaire, les offices auront seuls l'importation des produits. Ils auront la charge, en cas de récolte excédentaire, d’assurer la résorption des excédents. Enfin, ils procéderont au développement de nos exploitations agricoles.

Ainsi se trouvera brisée la spéculation et réalisées ces vieilles aspirations du monde rural : fermeture des marchés à terme, réforme de la Villette et des Halles centrales, organisation des exportations agricoles, trop souvent sacrifiées par les traités de commerce*

Pour la propriété paysanne, instrument de travail :

Défense de la propriété paysanne, instrument de travail.

Arrêt des saisies. Moratoire des dettes des producteurs. Compensation des créances pour les petits créanciers. ,

Propriété culturale. Priorité, en cas de vente, .en faveur du fermier occupant la ferme* Indemnité de plus-value du fermier sortant. Révision des baux.

Réforme de la loi du 18 juillet 1889 sur le métayage.

Caisse d'assurance contre les calamités agricoles en liaison avec la nationalisation générale des assurances,

Pour les ouvriers agricoles :

Application de toutes les lois de prévoyance sociale*

Lutte contre le chômage par l'exécution rapide de travaux d'utilité publique.

Extension à l'agriculture de la loi sur la protection de la main-d'œuvre nationale.

Aménagement et application delà loi sur les allocations familiales; amélioration du logement.

Aménagement du temps de travail dans les exploitations industrialisées.

Protection du travail de la femme et de Ven lance.

Vote par le Sénat de la loi sur les accidents du travail en instance devant lui depuis 1927*

Accroissement de la consommation :

1° Par la diminution du prix de la vie ;

2° Par ïa reprise du travail dans les villes ;

Par la recherche de débouchés nouveaux.

Suppression de la misère. Extension. des débouchés aux colonies et à Fétrangëi\

Le parti socialiste appelle à lui, pour la défense de la terre, P ensemble du monde paysan* Il lui demande de s’organiser dans ses syndicats, ses coopératives, ses mutuelles trop souvent' abandonnées aux ambitions « des paysans aux mains blanches )> qui sont ses pires ennemis, et dé mener campagne pour la conquête dés chambres d'agriculture*

Groupés sur tous les terrains, les travailleurs de la terre feront triompher sur ce programme leur volonté dé trouver dans la liberté et la paix, l’équitable rémunération de leur travail.

Le socialisme sauvera le paysan,

Roger LEFÈVRE

Agrégé1 de Pt) diversité.

Cor s ei lier d*a jtg nd i ssemen t ,

Premier adjoint' au maire de Roche fort.

Circonscription de LA ROCHELLE,

M* Rêne CHATEAU

(Groupe du Parti GamilUe-Pelletan.)

Élu pour la trc fois le 3 mai 1036.

Citoyens !

Le parti radical-socialiste « Gamille-Pelletan » entend ressusciter les traditions républicaines qui se perdaient. Pendant deux années, sc souvenant que de vrais radicaux-socja- Hstes n'ont pas d’ennemis à gauche, il a lutté pied à pied, avec tous les antifascistes, pour sauver les conquêtes de trois Républiques,

Aujourd'hui, il se souvient encore qu’un Emile Combes et un Camille Pelletan acceptaient, au Parlement, d’associer leurs efforts aux efforts d’un Jaurès* pour vaincre les revenants de l'ancien régime et tous les assauts de la réaction* Fidèle è.ces1 grands exemples, il a son tour la* lutte, parallèlement avec les autres partis du Rassemblement populaire, pour abattre les féodaux de l’économie, chasser du pouvoir les fascistes avoués ou honteux et écarter du Parlement les hommes dont les. faiblesses et les fautes ont mis en danger tout ce que nous aimons.

Ayant 1 honneur de représenter le parti radical-socialiste « Camille- Pelle tan » dans cet arrondissement y je propose aux républicains, aux radicaux et aux radicaux-socialistes sincères le programme que voici :

Pour la liberté :

Tout d’abord, il faut en finir avec un désordre politique qui fait l'impuissance de notre démocratie *

Aucune réforme ne sera possible tant que des gouvernements réguliers pourront être abattus par les forces conjuguées des bandes armées, dTme presse mensongère et des quinze régents de la Banque de France,

Dissoudre et désarmer les ligues factieuses est donc une première tâche. Dans une démocratie, la souveraineté doit être à la volonté du peuple, et non plus à la violence des émeutes.

Contrôler la presse est une tâche aussi nécessaire, car le libi'e exercice de la souveraineté suppose la pleine connaissance de la vérité (obligation faite aux journaux de publier P origine de leurs ressources* contrôle des trusts de la presse, liberté du micro).

Réformer la Banque de France est enfin la tâche urgente et essentielle. 11 faut que la puissance illégitime de For et de Fargent fasse place au plus vite au pouvoir de la nation (suppression du Conseil pîouiocratique des régents; institution d’un Conseil démocratique composé de délégués du Gouvernement et du Parlement et de représentants des organisations ouvrières et paysannes),

ÎI va sans dire naturellement que l’école laïque devra être protégée et développée, car la lumière dans l’esprit des enfants est la condition de la liberté dans l’Etat (prolongation de la scolarité; développement de la gratuité et de la sélection scolaires; liberté de conscience garantie aux maîtres, et neutralité garantie aux élèves),

Enfin, il faudra rendre au Parlement le prestige que trop de faiblesses lui font perdre,.

Assez de ces parlementaires qui n'ont de zèle que dans leurs cabinets d’avocats ou dans les conseils d'administration ! Assez de ces scandales qui donnent des prétextes aux émeutes I Assez d'une corruption qui conduit à l’abdication î

Il faudra donc des incompatibilités strictement déterminées, qui forcent les parlementaires à se tenir à leur charge, et à ne plus la prendre pour une sinécure*

Assurons la liberté de notre peuple par F intégrité de ses représentants.

Car République, c’est propreté 1

Pour le pain :

Il faut ensuite réformer notre économie qui souffre d'une crise mortelle par la faute d’une féodalité rapace et d’une injuste fiscalité.

De grands spéculateurs détroussent les agriculteurs. Les gros armateurs intriguent contre les petits pêcheurs. Les maîtres de l’industrie jettent les ouvriers à la rue. Enfin, FEtat lui-même accable d’impôts les petits contribuables, et pardonne trop aisément à la fraude fiscale,

11 est temps de mettre fin à une gêne, une mévente et un chômage qui poussent notre peuple vers des solutions de violence et de désespoir.

Une féodalité de l'argent, plus oppressive que la féodalité du sang, règne sur notre pays. Il fauL la briser au plus lô t5 pour que la peine ait enfin son salaire et le travail ses droits.

Avant tout il importe donc d'engager contre les congrégations économiques une lutte sans merci (contrôle ou nationalisation des industries- clefs, des grandes banques, des grands trusts, etc.).

Une vie honorable devra ensuite être assurée aux petits agriculteurs, commerçants, ouvriers et salariés :

1* Par la revalorisation des produits de la terre et de la mer (fixation de prix rémunérateurs pour les denrées agricoles :

— Pour le lait et ses dérivés; défense de la coopération;

*— Protection de l'ostréiculture et de la mytiliculture (réduction des tarifs de transports, protection contre la concurrence étrangère, etc.) ;

— - Réduction des impôts, taxes et charges qui grèvent le marché aux poissons ; meilleur aménagement des contingentements et leur mise en rapport avec la production nationale ;

— Défense de la petite pêche côtière, des marins eL des inscrits maritimes ;

Création d'offices nationaux des céréales et engrais ; aménagement des dettes ;

— Révision urgente de la législation des baux à ferme et notamment des lois déplorables et confuses des 8 avril 1933 et 2 juillet 1935;

2° Par la protection du petit commerce (révision de la législation sur les billets de fonds de commerce, révision des patentes, réduction des impôts qui grèvent trop lourdement le petit commerce, taxe unique à la production remplaçant le chiffre d'affaires, etc*)-

3° Par la réorganisation du travail ouvrier (fonds national de chômage, grands travaux, réduction de la semaine de travail sans réduction de salaires, retraites pour les vieillards, fixation équitable de salaires minima) ;

— Défense des libertés et droits syndicaux pour toutes les catégories de citoyens.

L'injustice fiscale doit enfin prendre fin, car voici trop longtemps que les petits contribuables supportent des charges dont se dispensent impunément les gros contribuables*

Aggravée encore par la réforme fiscale de Gaston Doumergue et par les décrets-lois de Pierre Laval, la situation est devenue intolérable, et il faut la réformer profondément :

P Par l’abrogation d’injustes décrets-lois, qui frappent les catégories les plus pauvres et les plus travailleuses (création d'une Caisse des pensions de guerre);

2° Par la diminution des charges pesant sur les petits contribuables, et notamment des impôts indirects ;

3° Par l'augmentation des impôts sur les grosses fortunes et gros revenus, et par la répression sévère de la fraude fiscale (carie d identité fiscale, mesure contre l'évasion des capitaux, etc*).

Assurons la paix intérieure par le bonheur des citoyens.

Du travail à tous, et respect du travail !

Pour la paix :

Enfin il faut assurer contre la guerre la vie et la civilisation des hommes. Des promesses ont été faites en 1914, et elles doivent être tenues* Nous sommes maintenant à un

tournant décisif : s’entendre ou s’entre-tuer, faire la paix ou accepter la guerre, tel est le dilemme. Et il faut au plus vite faire un dernier effort pour sauver des millions de vies humaines.

11 faut d’abord assurer le respect de la loi internationale, car l’impudence de Hitler fut encouragée par Timpunité de Mussolini.

La sécurité collective devra donc être assurée par l’organisation de l’assistance mutuelle et l’application automatique des sanctions en cas d'agression.

11 faut ensuite soustraire le gouvernement à la pression des marchands de canons. Ceux qui fabriquent la mort agissent depuis trop longtemps contre ceux qui exigent la vie.

Nationalisons donc les industries de guerre et supprimons le commerce privé des armes*

II faut enfin organiser la paix :

1° Par la révision pacifique des traités qui troublent et enfièvrent l'Europe;

2° Par une redistribution des matières premières, qui partage un peu mieux les chances ;

3° El surtout par un désarmement générai, simultané et contrôlé, hors duquel il n’y aura pas de vraie paix.

Assurons la vie des hommes et la paix des nations,

La parole aux peuples et silence aux marchands de canons !

Citoyens 1

Issu d’une vieille famille de cultivateurs charentais, j’ai combattu jusqu’à ce jour contre 1 injustice et pour la liberté. Je ne veux aujourd’hui que continuer ce bon combat, avec mes amis du Rassemblement populaire. Certains écrivent sur leurs affiches que ma jeunesse ne me prédispose pas à des luttes qu’au moment du danger ils ont pourtant abandonnées. Je répondrai que je préfère mes 30 années à certaine vieillesse qui certes est dorée, mais un peu trop déshonorée*

Républicains, radicaux, radicaux-socialistes,

Je fais appel k vous pour reconstruire une démocratie digne de vous, dans la paix, dans la justice et dans la propreté.

Pour la liberté des citoyens I Pour le bonheur de noire peuple I Et pour la paix du monde I

RrxÉ CHATEAU

Ancien élève do tEcole normale supérieure.

Agrégé de l5 Université.

Candidat du parti radical-socialiste Camille-Pelletan.

Circonscription de SAINTES.

M. Maurice PALMADE

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la lre fois le It mai 1924, — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936,

Mes chers concitoyens,

En me représentant cette fois encore à vos suffrages, dans un moment dont l'ai profondément mesuré toutes les difficultés, j’ai obéi à un sentiment de devoir envers des amis qui pendant des années m’ont honoré de leur confiance. En cette heure où la France a subi la dure atteinte de la crise mondiale et connu des anxiétés sur le plan international, je soumets à votre libre examen les idées suivantes :

Dans Tordre économique, agricole et régional :

Placer au premier plan de l'effort économique T agriculture, parce qu’une agriculture prospère est une clientèle assurée pour le commerce, l’artisanat, et que des transactions accrues évitent le déficit, avec son cortège de difficultés pour le payement des traitements, des pensions, des rentes*

Pour l'agriculture :

Régulariser le marché du blé en perfectionnant le mécanisme des stockages et reports, de manière h réaliser un équilibre entre les années excédentaires et déficitaires, en évitant ainsi, meme en année déficitaire, tout prétexte d'importation.

Conjuguer cet effort avec les avances aux cultivateurs que je me suis inlassablement efforcé d’obtenir, parce que sans avances ils ne peuvent attendre et échelonner les ventes.

Appliquer les mêmes principes au marché des vins et eaux-de-vie, veiller à la défense rigoureuse de la région délimitée, lui chercher des débouchés nouveaux, à 1 extérieur, par la signature, notamment, d’un traité avec les Etats-Unis; a l’intérieur, en favorisant, l’emploi de nos cognacs en liquorerie, en assurant des débouchés parallèles, comme le Pineau charcutais, que j’ai fait introduire dans les appellations d’origine, la vente des raisins de table qui s’organise avec nos Saint-Emilion, les transferts de blocage que j ai pu faire admettre au profit de notre viticulture saintongëaise.

Assouplir pour nos laiteries le statut clés coopératives qui vient de leur être accordé;

Garder à notre agriculture la protection de ses contingents, sous la seule réserve de facilités à octroyer à un pays qui s’engagera à absorber une part importante de notre production agricole nationale.

Pour le commerce, l'artisanat, les pêcheurs :

Leur redonner tout d’abord cette clientèle rurale dont la crise les a privés ; c'est dans cet esprit que nous avons fait décider de tenir, en juillet, à Saintes, le Congrès national des associations mutuelles agricoles.

Favoriser en notre région de stations balnéaires et de sites touristiques, la venue de toutes réunions corporatives, artistiques, sportives, etc.

Dâj-iger le plus pnssible le commerçant dos complications administratives, fiscales, maintenir, au petit commerce la garantie du forfait facultatif, et celle de la Commission consultative.

Veiller à fa promulgation du statut des voyageurs de commerce^ dont j’ai contribué à assurer le vote à la -Chambre, et coopérer au statut des artisans pour lesquels j 'aï été heureux d'obtenir l'institution d une Chambre des métiers à Saintes*

Assurer aux pêcheurs une représentation directe à fO-fice des pêches pour leur permettre d y soutenir eux-mêmes leurs intérêts.

Pour les chemins de fer :

Soutenir le trafic ferroviaire en veillant au développement de l’activité agricole et commerciale de notre région par une coordination qui laisse à chacun sa zone légitime ;

Sauvegarder directement notre cause régionale, en veillant soigneusement demain comme hier, a ce que Saintes, en dépit de sa position géographique en flèche dans le réseau, ne soit jamais sacrifié*

Veiller à ce que, dans les traités avec certains pays étrangers figurent d’importantes commandes de matériel de chemin deJer, avec priorité pour les ateliers de l’Etat ;

Eu un mot, éviter aux familles des perspectives de déplacement pénibles; laisser aux enfants l’accès d’une carrière qui ne soit pas fermée;

^ Poursuivre pour les petits retraités Pâmé lioration, pour laquelle je me suis attaché, d’nne situation trop rigoureuse, et mlsocter aux mesures d équité telle que l'amnistie administrative, que j'ai eu la satisfaction de faire aboutir.

Dans l'ordre intérieur et social :

Assurer, dans l'intérêt supérieur du pays, pour le mettre à bah ri des tentatives d’agression étrangère, et lui permettre une reprise économique, l’ordre républicain ;

Défendre les grands principes républicains de liberté, de laïcité, de solidarité’ conLre toute entreprise de dictature, Pexpérienee récente prouvant au surplus que les difficultés économiques ne sont pas moindres dans les pays de dictature que dans les démocraties; donc, assurer le respect des textes sur le désarmement des ligues;

Instituer une organisation rationnelle de l’emploi, susceptible de faire sa place à la jeunesse; lutter contre le chômage par les grands travaux, au premier rang desquels devrait s'inscrire pour notre région le canal de défense contre les inondations de ^Charente, dans l'intérêt des populations riveraines et de l'agriculture ;

Remédier encore au chômage par des distributions en nature de vivres, susceptibles de réaliser un meilleur ajustement de la production et de la consommation, par une réduction de la journée de travail conjuguée avec l’organisation des loisirs, par l’enseignement postscolaire, les spectacles populaires, les réunions sportives pour la jeunesse, la sauvegarde de ces déclassements traditionnels que constituent en notre pays la chasse et la pêchc^

Dans l'ordre financier *

Recherche essentielle de l’équilibre dans une renaissance de l'activité éonomique lice au relèvement de l'agriculture ;

Refonte du système bancaire dans l'intérêt de la protection de l'épargne et d’une aide plus efficace à la production, au travail et à la consommation. Commencera cet effet par la réforme de la Banque de France ;

Simplification d’un système fiscal trop complexe ;

Institution d une discipline rigoureuse dans les discussions budgétaires par limitation du nombre des orateurs et du temps de parole, comme je l’avais préconisé pour éviter la procédure des décrets ;

Rectification de certains de ces decrets, dans le sens que j'avais indiqué moi-même naguère dans mes propres propositions : exonération de base et progression.

Remplacement des grands monopoles de fait détenus par certaines oligarchies, par des organismes à gestion triparti te, avec représentation des producteurs et ouvriers, des consommateurs et de l’Etat ; la première nationalisation à effectuer devra être, selon le vœu des anciens combattants, celle de la fabrication des armes. Dans une période qui ne permet pas, malheureusement, la réduction massive immédiate, cependant si souhaitable, des dépenses d'armements, il faut tout au moins que ces dépenses aient la limite de la nécessité, à l'exclusion de tout profit, étant entendu, d’autre part que toute négociation avec l'Allemagne doit comporter la réduction simultanée et contrôlée des armements.

Dans Tordre international :

Se consacrer à celui des problèmes qui domine de très haut tous les autres, avec le double souci de préserver du malheur la vie de notre jeunesse et de l'effondrement notre civilisation,

 cet effet, pour sauver la paix, s’attacher à ces trois formules ;

Etre défendus, c'est-à-dire assurer scrupuleusement les charges d’un effort matériel défensif, effort qui doit se conjuguer d'ailleurs avec un contrôle financier rigoureux ;

Etre unis, c'est-à-dire éviter à des divergences d’opinion de dévier en des querelles fratricides, susceptibles d’encourager nos adversaires à l'étranger et de décourager nos amis.

N 'être pas isolés, c’est-à-dire rester attachés aux principes d'arbitrage et de sécurité collective ouverte à tous les pays de bonne volonté, susceptibles par leur union de décourager un adversaire éventuel et d'assurer ainsi le maintien de la paix.

Telles sont les réalisations, les nécessités et les directives qui ont toujours présidé à mon action, et sur lesquels, j'en ai toute confiance, vous affirmerez à nouveau, le 26 avril prochain, votre accord avec moi.

Pour une reprise économique à base agricole,

Pour les libertés démocratiques,

Pour la sauvegarde de la paix,

Vive la Sainionge républicaine !

Maurice PA LM AD E Député sortant*

Conseiller général de la Charente-Inférifiure.

Propriétaire et Conseiller municipal à Sablonccmx.

Circonscription de SAINT-JËAN-D’ANGrÉLiY.

M. Théophile LONGUET (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Élu pour la lre fois le 11 mai 1924. — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936*

Chers concitoyens,

Mes amis m’ayant demandé de poser ma candidature devant le Congrès du 22 mars, j’ai été élu candidat unique de t'Union des républicains de gauche par 422 voix sur 435 votants.

Devant ce vote, presque unanime, j’ai accepté, une fois encore, le redoutable honneur de porter le drapeau républicain dans cette circonscription et c’est, sans crainte, que je demande à vos libres suffrages le renouvellement du mandat que vous m’avez confié.

Après la belle élection de 1932,'les républicains, en arrivant au pouvoir, recueillirent le triste héritage des Gouvernements Tardieu, Laval, c'est-à-dire :

Un déficit budgétaire de 15 milliards et l’encaisse du Trésor réduite à 70 millions.

Pour parer à cette situation, pour le moins délicate, il était urgent d’assainir les finances publiques et de redonner confiance au pays.

Disons tout de suite que ces buts furent atteints par les divers Gouvernements républicains qui se sont succédé jusqu’en janvier 1934, malgré une opposition de plus en plus violente qui n'acceptait pas sa défaite de 1932.

Des preuves ?

À la fin de 1933, le déficit de 15 milliards n’éiait plus que de 5 milliards; par contre, l’encaisse du Trésor, de 70 millions, était passée à 3 milliards.

On constatait, en même temps, une reprise très nette de l’activité économique du pays qui procurait des plus-values budgétaires utiles et une diminution du nombre des chômeurs.

Mais les droites, par tous les moyens, voulaient reprendre le pouvoir.

C’est l'époque de l’instabilité ministérielle et de la fameuse affaire Stavisky, exploitée par la grande presse, savamment orchestrée, contre le Parlement et contre le régime.

Et nous arrivons au coup de main du 6 février, qui donna à 3a politique française une orientation tout à fait contraire à celle voulue par les électeurs de J 932.

Les Gouvernements dits nationaux prennent le pouvoir, mais loin de sauver le pays comme l’annonçaient leurs partisans, le résultat en est catastrophique.

Les expériences Doumergue, Flandin, Laval voient :

A l’intérieur :

Le déficit passer de 5 à 11, à 16, puis à 18 milliards ;

La Banque de France perdre plus de 12 milliards d'or, parce que le Président Fl andin n’a pas voulu suivre les directives des privilégiés ;

L'application des décrets-lois qui frappent injustement les petits rentiers, les petits propriétaires, les anciens combattants, etc, ;

La baisse constante des produits agricoles ;

L’augmentation du nombre des chômeurs.

A l'extérieur :

La double politique du Président Laval risquer de nous faire perdre à la fois l'amitié de l'Angleterre et celle de l'Italie et permettre le coup de Force d'Hitler.

Voilà où nous en étions au commencement de 1936, à l’avènement du cabinet Sarraut,

Je tiens ici à déclarer que si j'ai toujours voté les lois indispensables à la vie de la nation ou offrant un intérêt certain pour l'ensemble des travailleurs de tous ordres, je m'honore d’avoir voté contre certaine politique de ces Gouvernements (pleins pouvoirs, décrets de misère) que je prévoyais néfaste, sachant, pourquoi et par qui elle était inspirée.

Et je ne crains pas d’affirmer, sans présomption aucune, que si tous les élus républicains avaient eu le courage de demeurer fidèles à leur programme et aux engagements qu’ils avaient pris devant les électeurs de 1932, nous n'aurions pas eu le 6 février et la France républicaine, ayant pu résorber en partie la crise, rayonnerait dans le monde d'un éclat incomparable.

Vous direz, le Sfi avril, si j'ai eu raison de respecter la parole donnée.

Mais cela, c’est déjà le passé, II faut, songer à l'avenir.

L'expérience de cette législature sera, je l'espère, salutaire aux différentes fractions du parti républicain j qui sauront s’entendre sur un programme constructif.

Les buts les plus urgents vers lesquels devront tendre tous nos efforts sont d'abord :

# La paix » :

Paix à l'extérieur :

— par la solidarité internationale dè-ns le cadre delà Société des Nations ;

■ — par la réduction générale simultanée et contrôlée des armements ;

— par l'organisation du contrôle et de la fabrication, du commerce privé des armes, etc ,

Paix à l'intérieur :

— par la défense delà liberté et de la dignité de l’homme ;

- — par le désarmement et la dissolution effectifs des formations paramilitaires conformément à la loi ;

— par l’assainissement de la vie politique, etc.

« L'assainissement financier » :

Par la lutte contre la crise : en défendant énergiquement les intérêts supérieurs de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, par une détente fiscale appropriée qui soulagera la production et réduira les charges qui pèsent sur le commerce, l’industrie et l'artisanat ;

Par la stabilité monétaire et parla réalisation déplus en plus étroite de la justice fiscale ;

Par la recherche de la reprise économique, en rétablissant la confiance par la probité de nos méthodes et de nos conceptions financières ;

En revalorisant les produits agricoles ;

En accordant la priorité aux produits français sur le marché national ;

En diffusant le crédit ;

Enfin, les républicains devront s'attacher à la défense des droits sacrés des anciens combattants par la création de la Caisse des pensions, ainsi qu'à la création de débouchés pour la jeunesse et à la lutte contre le chômage

Mes chers concitoyens,

Depuis douze ans que je suis votre représentant, je me suis toujours attaché, à la Commission de l'agriculture de la Chambre, à défendre les intérêts agricoles, les sachant inséparables de ceux du commerce et de l’industrie.

L'expérience acquise et les bons xapppofcs que j’entretiens avec tous les élus républicains du pays m'ont souvent permis de soutenir utilement vos interets collectifs ou particuliers, Soyez persuadés que, comme par le passé, je ndeiforcerai de servir votre cause et celle de la H épubli que en défendant la paix, le travail et la liberté.

Vive Saml-Jean-d’Angëly !

Vive la Répubüqus laïque, démocratique et sociale I

Théophile LONGUET

Maire de Torxë.

Conseiller général.

Député -sortant

Candidat de rUnion des républicains de gaucho.

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