CORSE
Circonscription d’ AJACCIO .
M. Jean CHIAPPE {Groupe des in dépendant g républicains.)
Eiu pour la lrc fois le 26 avril 1936.
Citoyens,
Horace de Carbuccia — après quatre années d'activité et de dévouement exemplaires au service de la Corse — a estimé que sa politique générale ne lui permettait plus d’ètre, comme il l'estimait nécessaire, le trait d'union entre le pouvoir et les électeurs qui l'avaient investi de leur confiance.
Obéissant à ce noble scrupule, il a résolu — malgré nos instances et nos regrets — de se consacrer pour îe moment à la seule direction de Gringoire ,
Appelé par la grande majorité des élus de r arrondissement, à l’honneur de lui succéder, j'ai renoncé à choisir entre les nombreuses candidatures parisiennes qui m'étaient offertes.
Enfant d’Ajaccio, je suis venu vers vous en toute simplicité et en toute confiance.
J'ai visité chacune de vos communes ; j'ai retrouvé les émotions de mon enfance, de ma jeunesse et de mes retours annuels à la maison familiale et au pays natal.
Jusqu'ici j'avais surtout éprouvé la joie des Corses foulant la sol sacré delà petite pairie. Cette fois je ne me suis plus occupé que de notre situation politique et sociale.
J'ai étudié cette situation avec une compétence fondée sur trente-cinq années d’administration publique : comme secrétaire général et directeur au Ministère de l'Intérieur, comme préfet responsable de la santé physique et morale de Paris*
La situation de notre pays que j’ai étudiée aussi — je le proclame fièrement — ■ avec le souvenir vénéré des Chiappe qui, depuis des centaines d'années, ont participé — quelquesuns avec un éclat que l'histoire a noté — aux conseils élus de notre ile, et jusqu’aux grandes Assemblées nationales.
En me dévouant à vos intérêts, je ne fais que suivre une tradition familiale.
Je la suivrai avec la concience, l’énergie et la bonne volonté qui m’ont valu une élection triomphale et la présidence de la commune parisienne.
Je la suivrai avec la passion et l'enthousiasme que m'ont légués mes anciens pour tout ce qui porte un visage, un nom ou une âme corse.
Sur le plan national :
Je suis attaché par dessus tout à la grandeur de la patrie qui ne peut être assurée que dans la paix par une étroite cohésion de nos forces nationales et grâce à une armée puissante et honorée.
Je suis l'adversaire déclaré des démagogues, des faux prophètes et de tous ceux qui rêvent ou préparent F asservissement de notre pays à l'étranger.
Sur ie plan politique :
Je suis affranchi de la discipline et de la tutelle des partis : ni dictature de gauche, ni dictature de droite*
Je suis partisan résolu de Tordre — dont Paris fut le défenseur au soir tragique du 6 février — de Tordre dans tous les domaines et dans tous les esprits*
Sur le plan administratif et social :
J'ai demandé et continue à réclamer entre autres mesures urgentes :
L’amélioration en faveur des assujettis : employés et employeurs de la loi sur les assurances sociales ;
La réforme des décrets-lois qui atteignent actuellement les anciens combattants, retraités, fonctionnaires en exercice et auxquels je me suis, aussitôt qu'il en a été question, énergiquement opposé.
J’exigerai que TEtat porte un prompt et énergique secours à la jeunesse inquiète qui souffre dans une volontaire inaction et dont il importe de ne pas décourager plus longtemps le savoir et la volonté.
Tel est le programme que je présente à vos libres suffrages.
Selon les magnifiques principes que la Corse a appliqués avant tous autres pays, de liberté, d'égalité et de fraternité ; dans le respect scrupuleux des croyances sincères ; avec les prestigieux concours que j’ai su m'acquérir par ma fidélité inébranlable à l'amitié, je m'engage à travailler sans défaillance à l'heureux avenir de la noble ville immortalisée par le miraculeux souvenir de Napoléon, à la prospérité de notre arrondissement et au bonheur de mes compatriotes.
Je n'ai jamais failli à mes engagements.
Vive l'arrondissement d'Ajaccio !
Vive la République !
Jean CHIÀPFE*
Circonscription de BASTIA.
,M. CiSsaji CAMPINCHI
(Groupe républicain radical et radical socialiste.)
Elu pour la première fois le Ier mai 1932, — - Réélu le 26 avril Î936-
En 1932, j’étais inconnu de vous; vous m'avez cependant accordé votre confiance. Cette confia nce, j’ai le sentiment profond de la mériter davantage.
Pendant quatre ans, sans lassitude et, sans répit, dédaignant mes affaires personnelles, je me suis voué passionnément aux intérêts de la Corse, Il n’est pas un de vous que j’aie tenté d'abuser par de fallacieuses promesses et tous ceux, amis ou adversaires, qui ont fait appel à mon dévouement, m’ont trouvé désireux de les servir.
Pour la seconde fois, je sollicite vos suffrages, confiant dans votre décision.
C'est le même homme qui revient devant vous, mêmes sentiments, mêmes idées, meme passion du bien public, un homme dont la vie n'a connu qu’une règle, celle du travail, qu’une loi, celle du dévouement à l'intérêt général.
.Le parti que j'ai choisi met au-dessus de tout Famour de la République, de la liberté sous toutes ses formes, de l’ordre intérieur, de la paix internationalej et i\ entend ne pas laisser aux partis extrêmes le monopole de la générosité sociale : la France sera sauvée. Elle le sera par la bourgeoisie du travail, les classes moyennes et J es petites gens, dont les vertus traditionnelles sont l’orgueil de notre pays.
Il serait aussi aisé que dérisoire de v ou s présenter un programme, mais la France, dans l’angoisse du temps présent, est obligée de vivre au jour le jour. Elle a moins besoin de doctrines, de plans et de programmes trop vite déjoués par la mobilité des événements, que d’hommes sincères et probes,1 soucieux de lu grandeur de la patrie et désireux, de toute leur âme, d’accroître son rayonnement dans le monde.