‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 32 sur 186 · C. CAMPING H I · texte numérisé non relu

C. CAMPING H I

Député sortant.

Circonscription de CORTE.

M. FnAxgois PIÉTRi

(Groupe de l'alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants.)

Elu pour la première fois le 11 mai 1924,

Réélu les 22 avril 928 , mai 1932 et 26 avril 1936,

Citoyens,

Voici douze ans que j'ai l’honneur de vous représenter au Parlement.

Je crois m'être montré digne de votre suffrage.

Dans Tordre de la politique intérieure, je suis toujours resté fidèle à mes amis et à mes idées.

Je n'ai point passé, suivant les nécessités du moment, delà réaction à l'extrême gauche.

Eloigné de Tune comme de l'autre, attaché au sage programme de ces républicains du centre qui ont créé le régime et qui Font constamment défendu, je me suis prononcé, dès 1924, pour l’union de tons ceu$ qu’une même conception de la démocratie devrait grouper pour le bien public.

Je nesuis d'ailleurs Tonnerai d'aucune évolution raisonnable, mais seulement du désordre et des surenchères.

En nie prononçant pour la laïcité ou pour le syndicalisme, je n'entends abdiquer ni nia foi religieuse, ni mon respect de l'Etat,

Ce n’est point seulement la vraie conception républicaine telle que les hommes de la Révolution Tout définie. C'est aussi la vieille tradition française, fixée par dix siècles d’histoire.

Mais notre effort vers le mieux ne doit pas se borner au raffermissement de ces principes ou de ces tendances.

Des réformes profondes s’imposent : elles doivent viser la structure même de l’Etat, le jeu du suffrage universel et du parlementarisme, l'aménagement des forces économiques, la collaboration du capital et du travail, enfin et surtout, la priorité de l’intérêt de tous sur les appétits de chacun.

Ge sera, je l'espère, l’œuvre de la législature qui vient.

Celle qui se termine, non contente d’avoir été la proie des passions et de la discorde, a continué à subir l’assaut d'un déficit qui ne devait point survivre, nous affirmait-on, au verdict populaire de 1 932 !...

Il a fallu, pour eo avoir raison, un grande! cruel sacrifice dont toutes les catégories de citoyens ont pris leur part. Peut-être Tœuvre si courageusement entreprise ap pelle- l-elle des retouches, elles seront rendues plus faciles par 3a confiance générale et l'apaisement nécessaire des esprits.

Un autre sujet de trouble nous vient de la politique extérieure.

Avec tous les anciens combattants, je me déclare pour le maintien honorable de la paix pour l'organisation de la sécurité collective en Europe.

Mais je veux une France puissante et respectée, et prête, suivant le mot d'un des nôtres, à répondre aux agressions par des victoires.

Aussi bien notre diplomatie doit- elle s'appuyer sur une force militaire dont la solidité soit égale à sa sagesse.

C'est la tâche b laquelle je me suis voué depuis quelques années, et l'orgueil de ma vie publique sera d avoir utilement servi la marine française, en reconstituant son corps de combat et en se libérant de certaines entraves internationales.

Chers amis*

Sur mes douze ans de mandat, j’en ai passé plus de cinq dans les Conseils du gouvernement.

Au cours de la législature écoulée, et après avoir été Ministre des Colonies, en i 933r dans le premier cabinet Sarraut, j'ai été appelé par M, Daladier, au début de 1934, à reprendre le portefeuille des Finances. Vous savez dans quelles conditions je fus amené St me démettre de ma charge : pas un Corse ne me le reprochera ! Choisi, aussitôt après, par M, Doumergue comme Ministre de la Marine, j'ai occupé ce poste sans interruption depuis février 1934, dans les cabinets Flandin, Bouisson, Laval et Sarraut, L'œuvre que j’y achève m'empêche de regretter l'insuccès de mes efforts, lorsqu'en juin 1935, le Chef de l’Etat me fît le très grand honneur de me désigner comme Président du Conseil,

Si je ressens quelque orgueil de la confiance que le pays m'a faite, ce n’est pas sans penser à la Corse que la carrière du plus dévoué de ses enfants ne peut laisser indifférente.

Mais aurai-je déserté ses intérêts en servant ceux de la France ?

A l'imprécision de ceux qui m'en font le reproche, je veux répondre par des faits.

Président du Conseil général depuis 1931, assidu à toutes ses réunions, je ne crois avoir négligé aucune des affaires locales qui s'y débattent et dont je poursuis moi-meme, à Paris, la réalisation souvent difficile.

Les adductions d’eau, les constructions scolaires, l'entretien des routes et des chemins, les d ésencl a vemen ta de communes ou de hameaux, le développement du reseau téléphonique, l'électrification des villages, la réparation des calamités, la lutte contre le paludisme et la tuberculose, les travaux de défense militaire ; c’est par centaines de dossiers que je m'occupe de ces questions et que j'y consacre, non sans résultats, vos maires le savent, mon activité ou ma modeste influence.

Peut être suf fit-il de jeter un coup d'œil sur Corte pour mesurer l'étendue d'un effort personnel qui est ma fierté et ma joie.

Certes, je n'ai pas achevé ma tâche. * .

La crise continue de sévir sur certaines régions de l'arrondissement. Le chômage, dont le fléau nous avait été épargné jusqu'ici vient d'y apparaître, avec son triste cortège d'angoisses et de misère. Sur d'autres points, des redressements légitimés se font attendre et appellent de plus promptes solutions*

J’ai la satisfaction d'avoir pu, tout dernièrement encore, régler certaines d'entre elles, en dépit des difficultés budgétaires qui s’y opposèrent trop longtemps.

Electeurs de l'arrondissement de Corte,

Vous êtes les seuls juges de mon action et je ne relève que de votre verdict.

Je méprise les insultes qui me viennent d'ailleurs.

Vous direz, pour la quatrième fois, si je suis resté digne de voire confiance et de la fidélité que vous montrez aux miens depuis près d'un siècle.

Quant à mon dévouement, il fait partie de leur héritage : je ne pourrais le laisser prescrire qu’en trahissant leur mémoire.

Vive Corte I

Vive la République ! Fhançois PIÉTRI

Dépin é Sortait,

Ministre de la Marine.

Président du Conseil général de la Corse.

Républicain de gauche.

Circonscription de SARTENE

M. Camille de ROCCA-SERRA

(Groupe de l’Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants,)

Elu pour la 1™ fois le 22 avril 1928. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Mes chers concitoyens,

Je viens solliciter de vos libres suffrages le renouvellement de mon mandat législatif, avec la conviction profonde d’avoir fait œuvre utile et durable*

La ligne de chemin de fer de Solenzara à Porto-Vecchio est ouverte à l'exploitation depuis le 25 septembre dernier, et nul ne peut me contester le mérite d'avoir obtenu le dépôt par le Président Poincaré et le vote par les deux Assemblées d*un projet de loi qui se heurtait à de sérieux obstacles d’ordre technique ou financier*

La lutte anti-paludique, dont les bienfaits s’étendent dans toute la Corse, fut inaugurée à Port o- Vecchio, développée et maintenue en dépit d’une imprudente suppression de crédits, grâce à un accord que j'ai pu réaliser avec le concours de mon éminent ami François Piétri entre les trois Ministères intéressés.

L électrification de 1 extrême-sud de la Corse est en voie d’achèvement et un raccordement entre Carbini et Porto-Vecchio assurera bientôt une distribution parfaite du courant électrique, alors que chacun sait que cette région de Plie avait été systématiquement écartée du programme initial*

La route des Croies constitue une voie de communication directe, utilisable en toute saison pour les hauts cantons et la côte orientale, tandis que le tracé prévu et dont j’ai pu obtenir la modification, ne lui donnait qu’une utilité strictement stratégique.

De nombreux projets d’intérêt local ; groupes scolaires, adduction d’eau potable, canaux d’irrigation, chemins ruraux, abattoirs, réseaux d’égouts, sont actuellement en voie de construction ou subventionnés.

Tel est Je bilan, encore inégale dans notre arrondissement, de mon activité parlementaire, le résultat d un effort accompli simplement, sans la tapageuse orchestration d’un grand programme à fallacieux battage électoral*

Toute une vie d âpre labeur, que le dévouement et la considération des braves gens qui me connaissent protègent contre certaines vilenies, m’avait donné la notion exacte de vos besoins, de l’ordre d’urgence des problèmes qu’ils posaient.

Les résultats acquis vous découvrent le vaste champ de réalisations qui peut être atteint par une franche collaboration des collectivités locales avec leur représentant au Parlement et la saine utilisation des subventions et des facilités de crédits que nous procure l’Etat,

Je connais par ailleurs :

^ La détresse de notre agriculture paralysée, menacée par la mévente des produits

L inquiétude de tous nos ouvriers que menace un affreux chômage*

Les privations de tous ceux, si nombreux parmi vous, qui ont subi le dur contre-coup ^inéluctables compressions budgétaires.

Je partage enfin les angoisses de toutes les consciences républicaines qui redoutent l’ effondrement de leur idéal de paix, de justice et de liberté dans le désordre intérieur ou snus la violence de l’étranger.

Vos besoins, vos aspirations, vos convictions imposent à votre représentant une politique de confiance envers tout Gouvernement républicain qui, dans un programme d’ordre intérieur, de sécurité internationale, de progrès social et de justice fiscale, accordera à notre île l’aide tutélaire toujours indispensable à son essor économique.

Je n'y faillirai pas.

Vive là République I

Vive F arrondissement de Sartène I

Dr Camille de RÛGCâ-SERRÂ

Chevalier de La Légion d’honneur.

Maire et conseiller général de Porto-Vecchio, Député sortant-

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