M. GASTON- GÉRARD
(Groupe de Va gauche dâSMWraffique et radicale indépendante.)
Élu pour la lr3foîs le 22 avril 1928. — Réélu le 3 mal 1936.
Mes chers Concitoyens,
A l' unanimité, les partis républicains qui s’opposent au Front révolutionnaire m ont désigné au siège législatif laissé vacant par l’élection au Sénat de M. Emile Vincent qoi, pendant vingt-six ans, a représenté si dignement votre circonscription à la Chambre des
Députés. , T
Fort de cette décision, que je n’ai ni provoquée, ni inspirée, et d une union qu on me dit n’avoir jamais été réalisée aussi complètement dans le Chàtillonnaîs, je me présente à vos libres suffrages.
Conseiller général de la Côte-d’Or, et quinze fois vice-président de 1 Assembles départementale depuis vingt-neuf ans, maire pendant seize ans, cinq fois membre du Gouvernement, c’est sur mon long passé et sur mes actes que je vous demande de me juger.
Vous connaisse* la politique à laquelle je reste fidèle et que vous avez, à maintes reprises, approuvée; c’est la politique d’union républicaine et sociale que M. Poincaré, d’accord .avec l’esprit de la Gonsti lu) ion et les fondateurs de la République, n’a cessé de recommander depuis 1914 ; la politique du bon sens qui s'oppose à la duperie socialo- communiste.
Tous ceux que n’aveuglent pas les passions partisanes la jugent aujourd hui plus nécessaire que jamais.
Seule, en effet, l'entente loyale entre républicains et bons français peut permettre a notre pays si cruellement éprouvé :
De maintenir la paix, basée sur la sécurité, sur le respect de nos engagements, sur les
amitiés qui nous restent fidèLes ; , * r
De restaurer les finances publiques, mises en péril par la démagogie, restauration impliquant une monnaie saine par la défense du franc, l’obligation d’équilibrer les budgets, la lutte contre toute surenchère, le refus d’augmenter les impôts ou d’en créer de nouveaux, la suppression de l’initiative parlementaire en matière de dépenses ,
De provoquer la reprise de l’activité économique, actuellement jugulée par une fiscal) e outrancière et par une crise dont souffrent les producteurs et spécialement les agriculteurs cruellement atteints par la mévente, ou la vente à vil prix des blés, des vins, du lait, du bétail , des houblons, des laines et des bois.
Au cours de IM réunions publiques et contradictoires Je vous aï exposé les mesures précédemment appliquées par ce gouvernement dont fait j ai partie, et que je préconise nouveau :
Revalorisation des produits agricoles par la politique dite du « cadenas » frappant d
tendicLion toute entrée en France de produits étrangers concurrents et supprimant immédiatement r ad mission temporaire*
Organisation professionnelle des agriculteurs leur assurant l'équilibre dans la production et dans les prix; création de marchés régionaux et de centres d'abatage, avec frigorifiques annexes; mise en valeur du bois, carburant national ; lutte énergique contre les fraudeurs et les pilleurs de l'épargne ; réduction des impôts agricoles et refonte delà loi des assurances sociales avec amnistie générale pour les agriculteurs qui ne peuvent se mettre en règle avec des textes inapplicables; réorganisation du Crédit agricole et création du Crédit forestier ;
Révision des décrets-lois qui ont, à tort, frappé les petits rentiers, retraités, pensionnés, anciens combattants dont les droits, solennellement reconnus, doivent être intégralement maintenus ;
Législation commerciale, industrielle, artisanale, ouvrière et sociale nouvelle pour sauver des catégories de citoyens, au premier rang desquels il faut placer les petits commerçants, qu’une fiscalité sans mesure, une fausse application des lois, conduit a la ruine et à la misère ; lutte contre le chômage par la mise en œuvre immédiate de grands travaux: routes, ponts, curage de rivières, adduction d'eau, pour revaloriser nos campagnes ; guerre à la tuberculose, à l’alcoolisme et au taudis; encouragements à Y éducation physique et aux sports ;
Ai -je besoin de vous dire que je suis un partisan résolu de la réforme de T Etat qui s’impose inéluctablement si nous voulons sauver le régime, et qui implique la réforme électorale, le renforcement du pouvoir exécutif, la simplification de la paperasserie administrative, la réduction du nombre des députés, une meilleure méthode du travail parlementaire, i’inlerdiction aux députés absents de déléguer leur droit de vote, la stabilité gouvernementale par le renvoi des parlementaires devant les électeurs à chaque renversement de ministère, le referendum populaire pour toute réforme dont dépendent l'avenir ou la sécurité du pays.
Ce programme, qui n'est nullement limitatif fait, on n'en doute pas, une large part a la recherche du progrès social sous toutes ses formes, au soulagement de toutes les souffrances et de toutes les misères, h la protection de l’enfance et de la vieillesse, à une vigoureuse politique familiale, aune aide efficace aux familles nombreuses, à l'encouragement à la natatalité manifesté à tous dès le premier enfant.
On me croira sans peine si je prends l’engagement, qu il me sera doux ci facile de tenir, à" organiser Châüfllon et l'ensemble de la circonscription en région touristique afin d’y attirer en foule, pendant la belle saison, les personnes recherchant des paysages harmonieux* des sports tranquilles et la douceur de vivre.
Mer chers Concitoyens,
Les circonstances extérieures donnent è la consultation du 2b avril un caractère exceptionnel, Elle dépasse le cadre de tous les scrutins précédents.
Les élections françaises auront une répercussion profonde sur la situation internationale; elles décideront de Y accroissement ou du déclin du potentiel français.
Elles fi x e ro n l no tre des i in .
Il dépend de vous d’amener au pouvoir soit le parti des vacances de la légalité, négateur de la patrie, destructeur de la propriété individu elle et des finances, propagateur de révolution,. de misère et de servitude, soit une majorité républicaine respectueuse des principes sur lesquels repose le régi me y moins: soucieuse des étiquettes que des réalités,* et résolument décidée à opposer h l'emblème rouge le drapeau tricolore.
Pour ma part, passionnément dévoué aux intérêts de la grande et de la petite patrie, fort d’une vie de labeur et d’une honnêteté qui, meme par mes pires adversaires j ne sera
jamais mise e:i doute, rigoureusement indépendant de toute emprise et de toute empreinte je m'engage, si je suis l’élu de vôtre grande et belle circonscription, à me rendre digne de ceux qui m'ont choisi, à vous revoir souvent, à mériter votre confiance et votre fidélité, en consacrant toutes mes forces à vaincre les difficultés présentes et à guider le pays vers notre idéal commun de paix, de justice et de liberté,