‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 42 sur 186 · III. — Assainissement financier · texte numérisé non relu

III. — Assainissement financier

Révision des marchés de guerre en liaison avec la nationalisation des industries de guerre*

Répression du gaspillage dans les r administra fions civiles et militaires.

Institution de la caisse des pensions de guerre*

Réforme démocratique du système des impôts comportant une détente fiscale en vue de la reprise économique, et création de ressources par des mesures atteignant les grosses fortunes (progression rapide de la majoration du taux de 1 impôt général sur les revenus supérieurs à 75.000 francs — réorganisation de l’impôt successoral — taxation des profils des monopoles de fait, en évitant toute répercussion sur les prix de consommation).

Suppression de la fraude sur les valeurs mobilières, par la mise en vigueur de la carte d'identité fiscale votée par les Chambres, en raccompagnant d’une amnistie fiscale.

Contrôle des sorties de capitaux et répression de leur évasion par les mesures les plus sévères, allant jusqu’à la confiscation des biens dissimules à 1 étranger ou de leur contrevaleur en France.

Républicains,

Tèi1 est le programme que je vous soumets et que j’ai rintention de faire aboutir.

Vous1 savez que j’ai toujours défendu vos intérêts el ceux de vos communes, les droiLs des anciens combattants, 1 agriculture et plus particulièrement les produits de notre sol drômois, les petits commerçants, les familles nombreuses, les retraités. Je continuerai de toutes mes forces.

Mon passé est un sur garant de Fa venir. Ce que j’ai fait hier, je le 1er ai demain.

Républicain indéfectible je suis, républicain indéfectible je resterai.

Vous venez de me manifester voire approbation unanime dans cette belle tournée de conférences que j’ai faite dans toutes les communes de TarrondissemenL Je sais que je peux avoir confiance en vous et je vous dis : vous pouvez avoir confiance en moi.

Je vous appelle aux urnes pour la France, pour la République, contre la dictature, pour la liberté du monde et pour la paix universelle:

Pour le pain, la paix, la liberté.

A bas la guerre !

Vive la paix 1

Vive la France, vive l’arrondissement de Die !

Vive le Front populaire î

Vive la République républicaine 1

Léon ÀRCHIMBAID

Dépu lé sortant.

Ancien Sou a-Secré taire <1 Etat,

Président du Conseil général.

Vice-Président de la Commission des finances de la Chambre des Députes, Vice-Président du Parti radical et radical-socialiste.

Propriétaire rural à Poyolfî-ën-Diob.

Candidat radical-social U le Front populaire.

Circonscription de MONTÉLIM AR-NYONS.

M. René BRUNET (Groupe socialiste*)

Elu pour la lïe fois le '29 avril 1928, — Réélu les 1er mai 1932 et 3 mai 1936.

(Voir ie programme du Parti socialiste S* F* I. Q., p, 3*)

Mes chers Concitoyens,

Depuis huit ans j'ai l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés, et j’ai conscience d’avoir fidèlement rempli le mandat que, par deux fois, vous m'avez confié; le 26 avril prochain, vous direz si j’ai bien mérité votre confiance et si je suis digne de la conserver*

À la Chambre des Députés, j’ai été chargé par ïe groupe socialipe d’intervenir à la tribune contre les décrets-lois qui frappaient injustement les anciens combattants, les créanciers de FEtat, désorganisaient les services publics et qui, en réduisant le pouvoir d'achat de la masse des consommateurs ont porté le plus grave préjudice à V économie générale du pays et aggravé le déficit du budget*

J’ai été d’autre part manda Lé par tous les groupes de gauche pour protester contre le vote global des dépenses budgétaires, déplorable méthode qui, en écartant le contrôle du Parlement, favorise tous les abus*

Secrétaire de la Commission des affaires étrangères, j’ai pris part aux débats les plus importants de notre politique extérieure; de nombreux rapports, plus spécialement relatifs aux questions économiques et financières internationales, m’ont été confiés*

C’est aussi en cette qualité que, durant ces dernières semaines, j’ai eu pour mission de suivre les conversations avec le Gouvernement au sujet des événements provoqués par l’occupation de la Rhénanie par les troupes allemandes*

Désigné comme membre de l’importante Commission de la réforme de l’Etat, je crois avoir apporté un actif concours à l’œuvre de rénovation administrative, économique et sociale, dont notre pays a le plus pressant besoin.

L’Union interparlementaire, qui groupe les délégués de tous les parlements du monde, m’a confié le rapport général sur le projet d’arbitrage international en matière commerciale.

Au Conseil général, j'ai exercé mon activité dans tous les domaines, et, grâce à la confiance de mes collègues, j’ai pu utilement servir l’intérêt général du département.

Président et rapporteur de la commission d'électrification, j’ai défendu le projet qui, unanimement adopté par l’Assemblée départementale, est aujourd’hui, après quelques difficultés locales heureusement aplanies, en pleine voie d’exécution, et qui donnera la lumière et la force à 95 communes jusqu’ici déshéritées, et hélas! condamnées, sans ce projet général, a en être privées longtemps encore*

Pour les adductions d’eau, dont tant de communes sont dépourvues, j’ai obtenu du Conseil général le vote d’une subvention complémentaire de celle de I’ELûL

Malgré le resserrement des crédits, l’impossible a été fait pour entretenir, améliorer et développer le réseau routier de la circonscription*

Dans l’intérêt des communes, j’ai fait aboutir tous les projets en état et obtenu le

maximum de subvention dans le minimum de temps; les projets encours sont l'objet de ma vigilance auprès des services compétents en vue d’une prompte solution.

Agriculteurs, ouvriers, commerçants, artisans, industriels savent que grâce à un

contact permanent avec eux, j’ai pu connaître et défendre utilement leurs légitimes revendi calions.

Citoyen?,

A l’intérieur, pendant deux ans, le pays a été troublé par les ligues factieuses, qui voulaient importer en France le fascisme étranger; ce sont leurs assauts répétés contre le regmie républicain qui ont donné naissance au Front populaire.

Avec tous les sincères démocrates j’ai participé à ces grands rassemblements qui, en

montrant pacifiquement notre force, ont réduit les adversaires au silence.

Des textes de loi ont été enfin votés par le Parlement pour défendre l’ordre public et nos institutions ; la sauvage agression, dont a été victime le chef de mon parti a donné au nouveau Gouvernement l’occasion de faire une première application de ces lois; mais cela n est pas encore suffisant ; la dissolution devra s’appliquer sans retard et sans faiblesse à toutes les organisations de guerre civile, qui complotent dans l’ombre contre la République.

Ces ligues factieuses sont soutenues et entretenues par les grandes féodalités économiques et financières, les grands trusts (Comité des Forges, mines, assurances, engrais, gian s moulins transports, électricité, pétrole, etc.), qui constituent de véritables monopoles prives et doivent etre sans délai transformées en services publics.

La Banque de France, dont 200 actionnaires sur 40 000 ont seuls droit au vote et tiennent le conseil de régence, dispose du franc et, par conséquent, des gouvernements

Les mumlionna.res sont les principaux facteurs de la course aux armements ; ainsi la defense nationale est un sacrifice pour les uns et une affaire pourries autres.

H faut nationaliser la Banque de France et les fabriques privées d’armes et munitions,

néces^it7deermeUie * léc°n0mie nationaIe de reprendre son activité, il est de toute

1" Refondre les lois sur la viticulture qui, en ne tenant aucun compte de la différence cerendement ®ntr° 1 A1?erie’ les protectorats et les diverses régions de la France, aboutissent à d intolérables injustices;

2° Réaliser de toute urgence l’Office du blé, ce qui permettra, en lui réservant tout le commerce extérieur et en supprimant toutes spéculations, de fixer et garantir pour le blé un prix legal équitablement rémunérateur ;

3" Instituer 1 Office des engrais, afin de diminuer le prix de revient des produits de la erre et d assurer ainsi aux producteurs une marge plus grande de bénéfices -

4° Refondre notre vieux système fiscal, avec ses innombrables impôts superposés, qui rasent les contribuables, en particulier les commerçants et industriels, et favorisent la raude, ,1 faut les remplacer par ie produit des monopoles privés nationalisés et par un ^ ombre réduit d impôts faciles à établir et à recouvrer; l’ensemble de cette fiscalité claire, pie et équitable, donL la charge sera d’ailleurs d’autant plus réduite que le contrôle des dépenses de toute nature, et surtout militaires, sera plus rigoureux, est le meilleur garant de la reprise indispensable des affaires et le plus sûr remède à la dure crise du chômage.

A 1 extérieur, ia situation appelle la plus vigilante attention.

Nat. 3 ^T.r!(^1J°'éthi0pienne a P°rté ürle Srave alteillte à l’autorité de la SociéLé des . ’ et aUltude équivoque du Gouvernement Laval a créé entre la France et l’Amde-

de Locarmf e'ltendU' ^ ci*ctateur a!lemand a profité pour déchirer lui-même le pacte

L'allégation de Hitler, suivant laquelle le pacte franco- soviétique* serait une alliance, militaire dirigée contre l'Allemagne, n'est en effet qu une mauvaise querelle, car le texte de ce traité a été préalablement soumis à toutes les puissances de fEst européen, y compris l'Allemagne, et îe traité lui-même demeure ouvert à sa signature.

Nous sommes de ceux qui ont le plus énergiquement lutté pour le rapprochement franco- allemand, et qui avons demandé que fussent réparées les injustices des traités de 1919 ; à cette heure, où les événements nous démontrent que, destinés à apporter la paix à l’Europe, ces traités risquent de la conduire à la catastrophe, nous demandons instamment que Je Gouvernement français pï'Oime l'initiative de convoquer une grande conférence de la paLx qui aura mission d'établir un nouveau traité* basé sur : l’égalité des droits entre iqtites les nations, l'attribution à chacune d'elles de sa part de débouchés et de matières premières , la- sécurité collective par l'assistance mutuelle, et le plan de désarmement général, progressif et simultané.

Il est 'temps de mettre fin à la course aux armements et de consacrer aux œuvres de vie les milliards engloutis dans; les œuvres de mort.

Citoyens,

Ce n’est pas avec des illusions et des rêves lointains qu'on peut bâtir l'édifice nouveau et assurer le pain, la liberté et la paix.

Les réalités immédiates nous pressent.

Sur un programme minimumi précis^ dont je viens de vous es poser les grandes lignes, les partis démocratiques Se sont nris d’accord et, pour la première fois, les gauches pourront* au- lendemain de la victoire, faire face à toutes» les difficultés.

Dans son congrès de Mulhouse, et ces jours-ci encore par la voix de son chef, le Parti socialiste a décide de participer au pouvoir, ainsi; que je fai toujours préconisé.

Tous les sincères repii blicaiiis seront donc conviés y prendre leurs responsabilités- dans Tijeuvre de salut écondmiqUe^ de moralité, de flutle coritrê la tyrannie de l'argent* et de1 paix dans la justice,

La tâche sera rude ; à nouveau in vesth de votre confiance, chers concitoyens, je m’y consacrerai de toutes mes forces, en ayant toujours pour seul idéal de bien servir notre pays* le socialisme et la République !

René BRUNET

Député sortant.

Conseiller général de la Drôme,

Candidat du Parti socialiste S. F, 1, O.

Président de la Fédération radicale- et radicale-socialiste de la Drôme depuis 1931, soutenu constamment par la confiance, de mes amis et. le précieux appui du Président Edouard Herriot, j'ai été, par acclamation, désigné par la Fédération de la lre circonscription, comme candidat aux élections législatives. Ma candidature a reçu l'investiture unanime de la Fédération départementale, réunie le 15 mars à Valence, e( du comité exécutif du parti, réuni le 18 mars à Paris,

Respectueux de toutes les convictions, de quelque horizon politique ou philosophique qu elles viennent, j'ai tenu à m éloigner au cours de la campagne qui se termine, de toutes les questions de personnes, et à ne m'attarder qu'aux seuls arguments de ^doctrine et de programme.

Docteur vétérinaire à Valence depuis 1914, je vis au contact journalier des agriculteurs, dont je connais, parfaitement les besoins, et dont j ai pu apprécier les qualités qui assurent, dans le travail, la stabilité de notre, pay^ : je leur . suis profondément attaché* Si je suis l'élu de la lrc circonscription de Valence, je ne manquerai de consacrer à la défense de leurs intérêts le meilleur de mon temps et de mon activité*

^ Maire de Valence depuis le 3 février 1934, je sais combien le cadre municipal convient à la réalisation des œuvres sociales et à la défense de l'école laïque : je sais toute l’attention qu'un démocrate averti doit apporter au sort des familles nombreuses p^ar iVuificatipn des allocations familiales trop parcimonieusement distribuées aux populations laborieuses, àja protection de l'enfance, aux malades, aux» vieillards, aux chômeurs, à renseignement publie ; je m'engage, si vous me faites confiance, à leur apporter tout mon appui au. Parlement.

L'administration municipale est lourde; dans Je dédale des lois, et règlements actuels, je me ferai un scrupuleux devoir d’aider les municipalités daiis les réalisations qu'elles désirent entreprendre* Je leur apporterai mon concours le plus absolu dans les démarches auprès des ministères.

L’agriculture s d>it une crise redoutable; cette crise sera vaincue par la revalorisation des produits agricoles et l'abaissement des prix de revient (électricité, transports, engrais). L'aménagement judicieux de nos campagn s {adduction d’eau, électrification, habitation), une politique appropriée comportant des avantages certains pour les petits propriétaires, les fermiers et les métayers (vente par priorité des produits agricoles de première nécessité, indemnité de plus-value) seront de nature à ramener à la campagne tous ceux qui l'ont quittée pour la ville, où ils chôment actuellement. Un effort de coordination sérieusement accompli entre la métropole et les colonies fera circuler, chaque année, des milliards d'argent frais dont l'influence se fera bientôt sentir sur l'augmentation du pouvoir d'achat dés classes laborieuses.

L économique doit dominer le politique. Il faut mener à bien la création d'une chambre

économique, élue par les syndicats, les Chambres de commerce, les Chambres artisanales, les Chambres d'agriculture. Ses représentants, qualifiés pour étudier, en spécialistes, les problèmes de l'heure, soumettront leurs conclusions à la chambre”politique, en rétablissant la notion du bénéfice — sans laquelle il n'est aucune amélioration possible — par l'affirmation du prix social, pour les denrées de première nécessité, fis fixeront les principes du contrôle de l'économie intérieure de notre pays, et les règles de nos échanges avec l'extérieur*

Soutenir le commerce et l'industrie défaillants constituera Tune des préoccupations mai tresses de la Chambre prochaine. Des lois sont votées déjà, qui instituent le régime de l'économie contrôlée sur la production et la vente de la chaussure, sur l'interdiction, à temps, de l'agrandissement ou de l'installation de nouveaux magasins à prix unique. Le législateur s’est également préoccupé des baux et de la propriété commerciale ; de l'aménagement de la patente ; il faut réaliser la suppression du chiffre d'affaires et le remplacer par la taxe unique à la production.

Du point de vue financier, humaniser les décrets-lois qui ne respectent pas le minimum vital des petits fonctionnaires, des petits retraités, des petits rentiers; supprimer ceux qui frappent les anciens combattants, malgré la priorité de leur créance, et réaliser la caisse des pensions ; poursuivre la fraude fiscale par une juste répartition et la stricte application de l’impôt sur le revenu qui doit frapper les grosses fortunes; réaliser la déflation fiscale subies produits de première nécessité, afin d'augmenter la consommation par rabaissement des prix de vente; créer le conseil supérieur du crédit, émanation directe du pouvoir central, du pouvoir législatif et de la chambre économique, et îui confier l'administration de la Banque de France, en supprimant le Conseil des régents où dominent les représentants des deux cents familles qui détiennent la fortune publique et dirigent notre économie. Instituer le contrôle de l’épargne et des banques, et poursuivre l'équilibre budgétaire par la rénovation économique sans recourir si possible aux manipulations monétaires (dévaluation, inflation) ,

Dans le cadre international, rester fidèle à la politique de Briand; renforcer la Société des Nations par de nouvelles adhésions ; faire le bilan des armements mondiaux, en assurer la limitation; préparer le désarmement simultané, progressif et contrôlé ; fournir à la Société de Genève le moyen de faire respecter ses décisions par la création d'une force internationale^ et lui donner mission de re viser les traités conclus après la guerre de 1914, Nationaliser la Fabrication des armes de guerre.

Se souvenant enfin que la crise persistante et le mécontentement qu'elle crée sont de nature 5 favoriser les mouvements extrêmes, lutter énergiquement contre elle, par l'application de mesures judicieusement choisies dans les différents plans de rénovation économique : plan français, plan de la G, G, T,, plan des anciens combattants; lutter énergiquement contre le chômage par la création de grands travaux dans le cadre national, régional, départemental et communal ; prolonger la scolarité, accorder des retraites aux vieux travailleurs non bénéficiaires des assurances sociales : préparer hardiment le redressement de notre pays, dans le calme et la légalité ; combattre la guerre civile et lutter contre toutes les factions qui veulent attenter aux libertés républicaines et se substituer au pouvoir central , seul responsable de l'ordre public. Rejeter la dictature d'où qu’elle vienne, eo assurant le libre fonctionnement des institutions démocratiques.

Assurer la stabilité gouvernementale par l'application stricte des mesures préconisées dans le plan des anciens combattants, et permettre une plus équitable représentation auu Parlement par l'application de la proportionnelle,

Telles sont les réformes que je crois devoir proposer au libre examen de mes concitoyens, en leur rappelant, qu'au cours de la campagne électorale, j’ai dit très loyalement les raisons de l'attitude de la Fédération radicale-socialiste de la Drôme vis-à-vis du rassemblement populaire : mutisme du programme sur les questions de défense nationale dont le

parti radical* socialiste reconnaît l'absolue nécessité, insuffisance sur les questions financières, incertitude ou refus de la participation au pouvoir par les partis d'extrême gauche, formation d'un parti socialo communiste d'unité prolétarienne avec dans son programme la lutte de classe, la dictature du prolétariat et la révolution sociale/

Je ne permets cependant à personne de douter que les radicaux-socialistes de la Drôme accompliraient, sans hésiter, leur devoir, si les libertés républicaines étaient, menacées et non défendues par le Gouvernement.

Pour une œuvre de redressement de notre situation économique et financière, pour la défense de toutes les libertés, pour l'affermissement de la paix dans le cadre de la Société des Nations, vous pouvez compter sur ma vigilance, sur ma volonté de travail et sur îa sincérité de mes sentiment» démocratiques.

Vive la l*9 circonscription de Valence 1

Vive ïa République laïque, démocratique et sociale!

René PÉCHERÜT

Docteur vétérinaire.

Ancien combattant.

Maire de la ville de Val eues.

Candidat du parti républicain radical et radical socialiste.,

2* circonscription de VALENCE,

M, Mariîib MOUTET (Groupe socialiste ,}

Elu pour la F0 fois le 9 août 1914. — Réélu les 16 novembre 1919, ïl mai 1924, 13 janvier 1929, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

(Voirie programme do parti socialiste S. F. L O,, p. 3.)

Citoyens,

Au congrès de Saint-Vallier, mes amis du Parti socialiste m’ont demandé de soutenir une fois de plus, dans cette circonscription, la politique de défense de la démocratie, de la paix et des revendications des travailleurs.

J'ai accepté.

Soit comme militant, soit comme élu, depuis trente ans dans les assemblées publiques, dont vingt-deux au Parlement, toute ma vie a été consacrée à cette œuvre.

Je ne îa déserterai pas aujourd'hui.

C’est sur ce passé d'élu et de militant, que deux fois déjà, vous m'avez accordé votre confiance ; je pense l'avoir justifiée par la fermeté de mes convictions, par Faction menée dans le pays, par le travail accompli h la Chambre des Députés ou dans ma circonscription.

Je no suis pas ta de lutter, sachant ce ■ qu-.il reste à faire pour que les travailleurs aient conquis leur droit à la vie* au produit de leur travail, à-ladifaertéf à la paix.

Je sais qu0>dans les jours’ qui viennent; de» -difficultés, s'accumulent, en raison? de -la crise économique, de l’audace de la réaction, des.* dangers que .les gouvernements fascistes fout icoucir a la paix.

Les puissances d’argent se préparent, par l’organisation militaire des ligues armées, à une tenlalive de renversement du régime républicain par la violence, en même temps quelles skfforcent, par une presse corrompue, de le discréditer, en vous donnant comme modèle ces gouvernements. de. dictature qui, après avoir ravi au peuple ses libertés, n’ont pu que lui apporter la misère^ la ruine économique et financière,' la ^ guerre et le mépris de toutes les nations du monde.

C’est pour la défense des libertés démocratiques, en face de ces menaces audacieuses, qu'avec mes amis du Parti socialiste, j’ai adhéré au Front populaire, pour discipliner les partis de gauche, pour permettre la formation d’un gouvernement s’appuyant sur une ferme majorité républicaine, pour donner à celui-ci, dans l’intérêt seul du peuple, L'autorité et la durée.

C’est pour défendre la paix, qu’avec le Gouvernement de M, Albert Sarraul, je m’attache à la politique de la sécurité collective, de la paix indivisible, et du désarmement contrôlé.

En face de la violation des traités par les dictateurs, Allemand ou Italien, je m’étonne du soutien imprévu que ceux-ci rencontrent chez -certains de nos nationalistes et je repousse leurs conseils de mobiliser notre armée en quittant la Société des Nations et en nous réfugiant dans l’isolement, au lieu de chercher à grouper les puissances amies de la paix contre celles qui la menacent.

C’est pour défendre les travailleurs et les producteurs que j’ai refusé de m’associer à la néfaste politique des décrets-loîs qui, en privant les familles nombreuses, les anciens combattants, les travailleurs de l’Etat,, des départements et des communes, des chemins de fer, d’une partie de leurs ressources, a aggravé la crise économique, en réduisant leur pouvoir d’achat et leur capacité de consommation.

C’est pour lutter contre îa crise, que je demande une politique de revalorisation des produits agricoles par le stockage des excédents, soit dans les coopératives qu’il faut défendre, soit dans des organismes à créer, mais en obtenant d~s crédits suffisants pour payer la récoUe du paysan. ,si on l'oblige à ne pas la jeter sur le marché; pour éviter* l'effondrement, des prix.

A la politique de restrictions, des destructions criminelles des produits du sol ou de l'industrie* j’oppose celle qui tend à donner aux travailleurs dos revenus, pour acquérir ces produits ; la réduction de la journée de travail, le maintien des salaires, la revalorisation des prix, la restauration du pouvoir d’achat, voilà le but à atteindre.

M ais aussi, pour diminuer le coût de production, faut-il limiter et supprimer les prélèvements capitalistes des monopoles privés comme ceux des engrais, des transports, du crédil, pour les transformer en monopoles publics fonctionnant au profit de tous, au lieu de réserver des profits scandaleux à quelques privilégiés.

Il faut remanier notre système fiscal en remplaçant l’innombrable quantité d’impôts et de taxes par quelques grands impôts frappant les contribuables en-proportion de leurs moyens et surtout la richesse acquise, faciles a surveiller, pour éviter les fraudes qui font payer aux honnêtes gens, et surtout aux petits, la part des grands fraudeurs.

11 faut dresser un programme de travaux publics hardi pour donner des salaires à consommer au heu de secours de chômage ruineux et improductifs.

Voilà les grandes lignes d’une politique que les élus du rassemblement populaire doivent faire triompher.

Pour moi, fier de votre confiance, je continuerai à dépenser mes efforts à lutter pour vos intérêts. Je crois n’y avoir pas manqué, en ne ménageant ni mon temps ni ma peine* Je suis touché de la gratitude que me manifestent et les élus municipaux et les populations,

en rappelant la part que j’ai prise en les aidant à faire aboutir tant de projets d'adduction d eau, d’électrification, de construction ou de réparation d’éeoles, de chemins, d'extension des superficies concédées à la culture du tabac par le monopole, en défendant notre viticulture, en obtenant de la Chambre le maintien du droit de sucrage, en faisant suspendre l’application de la loi empêchant, aux dernières vendanges, la distillation de la récolte, en contribuant à obtenir l’achat au prix fort, par l'Etat, d’un contingent d’alcool pour favoriser nos planteurs de betteraves, en défendant nos producteurs de fruits contre la concurrence étrangère, en obtenant pour nos artisans la création d’une Chambre de métiers et en intervenant pour la défense de leurs intérêts à îa demande de leurs organisations, en faisant aboutir la loi sur la protection de l’industrie cle la chaussure qui eût été ruinée sans l'intervention énergique que nous avons obtenue du Parlement, en soutenant le petit commerce par la suppression des timbres-primes.

Qu’il s’agisse de la construction du pont rigide sur le Rhône entre Tain et Tournon , ou de la défense des usagers contre les compagnies d’électricité, spécialement par la protection contre les accidents, qu’il s’agisse des subventions pour les constructions d’écoles les bibliothèques populaires, la constitution des syndicats de défense contre les dégâts des eaux, comme celui de 1 Herbasse,*la libération de Bernizet, ou la défense des cheminots, on ni a toujours trouvé prêt à intervenir et le plus souvent avec succès.

Mes interventions parlementaires dans les questions de politique étrangère ou coloniale, dans la défense du droit d’asile pour les réfugiés politicfues, eh dans bien d’autres questions de politique générale, ne m’ont donc pas fait négliger les intérêts de ma circonscription.

Avec la conscience du devoir accompli, je puis donc, à nouveau, solliciter les suffrages de tous ceux qui, sachant qu’ils peuvent compter sur moi, n’hésitent pas à mettre leur espoir dans la transformation de la société capitaliste par l'effort pacifique des travailleurs, et veulent que notre République soit do plus en plus la République de la liberté, du, travail et de la paix.

Vive la République démocratique et sociale !

Marius MGUTET Député sortant.

Membre de la Commission des affaires étrangères cle la Chambre des Député*.

Vice* P résident de la Section française de F Un ion interparlementaire, Vice*Préfc!dent de la Fédération des planteurs do tabac du Sud-Est, etc- Candidat du Parti socialiste.

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