‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 50 sur 186 · E, B ER LIA · texte numérisé non relu

E, B ER LIA

Député.

Conseiller général de Haute- Garonne.

Adjoint m maire de Toulouse,

3e circonscription de TOULOUSE.

M. And rr DAVID

(Groupe socialiste.)

Elu pour la P3 fois le 3 mai 1936b

(Voie le^ programme du parti socialiste S. F. L O., p. 3,)

Citoyens,

Le parti socialiste se présente devant le peuple de France pour lui demander le pouvoir.

Sa propagande électorale est avant tout un acte de revendication du pouvoir.

Son programme électoral est F énoncé des mesures qu’il s’engage à appliquer si la souveraineté populaire l’appelle au pouvoir.

Parti et a Front populaire » :

Ce programme représente l’application de la doctrine générale du socialisme aux circonstances présentes* Il détermine la part de pensée socialiste que les conditions économiques et politiques permettraient d'incorporer immédiatement clans les faits et dans les lois.

Il ne doit pas être confondu avec le programme du « Rassemblement populaire » ou du « Front populaire »*

À son programme électoral, que j'ai en l'honneur de développer devant vous sans désavouer en rien la solidarité qui l’unit avec les autres éléments démocratiques groupés dans le Front populaire antifasciste, il s'adresse directement à tonte la classe ouvrière et paysanne, à tous les hommes de travail et de pensée, à tout le peuple de France.

11 leur dénonce les dangers que la crise du capitalisme et la défaillance des classes dirigeantes font courir aux libertés publiques et à la paix.

Il dresse sa doctrine éprouvée et glorieuse contre les manœuvres des consortiums de finance, de grand négoce et de haute industrie qui, par les mensonges quotidiens de la grande presse, dominée ou salariée par eux, s'efforcent de pervertir l'opinion en meme temps que par leur égoïsme de classe ils dépouillent le travail, avilissent les salaires, sabotent les lois sociales et, par la spéculation, la concurrence et l'impôt, acculent à la ruine la petite propriété commerciale, industrielle et agricole.

Le parti socialiste sans reproché :

II y a, dans le monde, trente millions de chômeurs. Dans les entrepôts et dans les magasins sont accumulés des stocks énormes de charbon, de blé, de coton, de sucre, de vêtements, de chaussures, de produits de première nécessité qui ne trouvent pas d’acheteurs, alors que des millions d’êtres humains souffrent de la misère, du froid et de la faim.

Le malaise pèse sur les producteurs ; l’hypothèque frappe à nouveau le monde rural ; les ateliers se ferment, les faillites se multiplient ; l'angoisse désole et désoriente la jeunesse ; le déficit ruine le Trésor et ébranle l’Etat ; la guerre menace le monde*

Quel e^t donc le coupable ?

Ce n'est pas Je socialisme ! Il n’a jamais été au pouvoir. Il n’a jamais, quoi que puissent prétendre des polémiques mensongères, ni dominé, ni inspiré le pouvoir.

Qui donc a gouverné la France depuis dix-sept ans?

De 1919 à 1924, le Bloc national.

De 1926 à 1932, F Union nationale.

Depuis 1933, les cabinets « de trêve » de M. Doumergue, de M. Fl andin, de M, Laval,

Vainement, en 1924, le parti socialiste avait donné son appui au gouvernement de M. Herriot pour établir la justice fiscale, éviter l’inflation, organiser la paix. Le Sénat radical renversa M, Herriot.

Vainement, eu 1932, le parti socialiste proposa au parti radical ses Cahiers de Huyghens, c'est-à-dire un plan immédiat d'action gouvernementale. Les chefs du parti radical refusèrent cette proposition.

Depuis lors, jamais une offre de collaboration des chefs du parti radical n’a été appuyée sur un programme positif. Jamais le pouvoir n’a été directement olfert au parti socialiste, malgré l'importance numérique de son groupe parlementaire et, par une sorte d’annulation, des deux millions de citoyens qu’il représente.

Il a toujours accordé son vote à toutes les mesures qui tendent à l'amélioration du sort du travail.

M a pris l'initiative de toutes les mesures d’équilibre et de progrès qui auraient pu soulager les victimes de la crise.

Ce n'est pas sur lui que pèse la moindre parcelle de responsabilité.

Une oligarchie de banquiers usuriers et d’industriels avides de profits contrôle la totalité de l’économie mondiale. Tout est dans leurs mains : transports, assurances, éleclrieitéj établissements de crédit, grands magasins, presse, bourses des finances et des grains,

La Banque de France est à la fois ! instrument et le symbole de leur toute puissance economique, de la souveraineté politique qu’ils ont usurpée sur le suffrage universel.

Seul Je socialisme peut abattre la dictature financière et capitaliste en nationalisant les industries ctés : grands moyens de production et d’échange, crédit, etc.

Seul il peut harmoniser la production selon l’intérêt de la communauté humaine et dans le sens de la satisfaction directe de ses besoins.

Seul il pourra détruire dans leurs causes les grandes crises cycliques qui bouleversent et ravagent le monde. Seul il peut, dès aujourd'hui, y appliquer des remèdes^et en atténuer

les méfaits.

Celte tâche du socialisme, le parti socialiste demande au peuple souverain le moyen de la poursuivre

Crise et fascisme :

La crise économique universelle qui a frappé la L rance après les autres nations, mais qui s’y prolonge et s’y aggrave alors qu’elle paraît s’amender dans le reste du monde, est la cause “déterminante de la crise politique qui agite le pays depuis plus de deux ans.

Voici plus de deux ans que le fascisme est apparu en France.

Il s’y est développé dans les mêmes conditions et sous La même force qu’en Italie et qu’en Allemagne. L’inquiétude et la gêne lui ont fourni le terrain de culture favorable.

Le grand capitalisme, atteint dans ses profits, menacé dans ses privilèges, craignant que le peuple, sous l’aiguillon de la souffrance, secouât sa domination, lui a lourni la commandite et la direction.

Les éléments de la bourgeoisie, que la ruine rejetait de leur propre classe et auxquels le chômage interdisait l’accès du prolétariat, sè sont joints aux aventuriers professionnels

pour lui fournir ses troupes de choc. .

La jeunesse, frappée d’une angoisse sans espoir, séparée de tous les accès de la vie, lui

a fourni ses mots d’ordre.

Comme en Italie et en Allemagne, et par la même duperie monstrueuse, les victimes de la crise capitaliste se sont ainsi enrôlées au service de la pire réaction capitaliste.

La duperie a même été poussée plus loin puisque, le 6 février 193-i, c’est à la faveur d’un de ces scandales financiers, dont le régime capitaliste est la cause directe, que l’assaut a été donné aux libertés démocratiques et aux institutions républicaines.

Depuis lors, grâce à l’inertie, à la complaisance ou à la complicité directe des gouvernants, la menace de la conjuration fasciste et de ses ligues para-militaires continue de peser

sur la France, , ,

Le parti socialiste a pris une part prépondérante au grand sursaut républicain qu a

spontanément suscité le danger fasciste.

Il a pris, dès le 12 février 1934, l’initiative des manifestations de masse par lesquelles le peuple de France a manifesté sa volonté de préserver par tous les moyens, contre les attentats fascistes, les libertés qui sont son bien et sou oeuvre.

Pour opposer au danger une barrière insurmontable, il a contribué à rassembler dans le « Front populaire » tous les groupements et tous les individus qu’anime comme lui l'ardente résolution de défendre les libertés de l’homme et du citoyen, de faire prévaloir la souveraineté du peuple.

Mais le parti socialiste n’a cessé de proclamer et reste pleinement persuadé que le fascisme, né de la crise, développé par la crise, ne sera pleinement vaincu que quand il aura été porté remède aux effets les plus iniques et les plus douloureux de la crise, que quand les souffrances de la crise auront été soulagées, que quand l’atmosphère matérielle et morale de la crise aura été assainie.

Conçue avec assez d'ampleur et avec assez de prévoyance, toute défense contre le fascisme se confond avec une offensive contre la crise.

Le capitalisme impuissant à réduire la crise :

Le progrès continu de la science et de la technique met sans cesse à la disposition des hommes une abondance croissante de richesses. Il réduit sans cesse la quantité de travail humain nécessaire pour les produire.

Mais c’est le système capitaliste qui s’atteste incapable de répartir entre les hommes les richesses créées, de distribuer entre les hommes le travail que la production comporte.

De là le contraste intolérable qui saisit aujourd’hui tous les esprits : gaspillage ou destruction des richesses ; misère ou chômage des hommes.

Le capitalisme s’épuise en efforts vains pour sortir du chaos engendré par ses propres Contradictions. '

Tous les remèdes proposés par lui tendent à restreindre la production, à la comprimer jusqu’au niveau décroissant de la consommation générale. Tel est son but. Son moyen est tantôt la sélection arbitraire, c’est-à-dire l’élimination des entreprises de production les moins puissantes et des travailleurs les moins armés pour la lu Lie, tantôt la déflation systématique, c’est-à-dire la réduction simultanée des crédits, des prix de revient et des salaires.

Le parti socialiste dénonce ces pratiques barbares et insensées qui ont trouvé leur expression dernière dans les décrets-lois Doumergue et Laval.

Il n a cessé dnlfirmer, et il affirme avec plus de force que jamais, que tout remède agissant doit être cherché dans la direction opposée, c’est-à-dire dans un relèvement de la capacité générale d achat, dans une stimulation de l’économie rehaussant peu à peu la consommation jusqu’au niveau de la production normale.

La déflation a échoué dans tous les pays d’Europe où elle a été essayée.

Son échec en France ne peut plus être nié par aucun esprit de bonne foi.

C'est sur le terrain où les pratiques de déflation ont été poursuivies avec le plus dé constance et de ténacité — à savoir sur le terrain financier — que l’échec est le plus éclatant.

Depuis quatre ans, les gouvernements successifs, obéissant aux directions de la Banque de France, s’acharnent à rechercher un équilibre budgétaire par la déflation des crédits de travaux et des crédits de personnel — quinze séries de lois ou de décrets-lois se sont succédé. Chaque fois, le rendement des impôts diminuait parce que la capacité générale de consommation était elle-ipême diminuée. Chaque fois reparaissaient les embarras de Trésorerie et les troubles monétaires. Chaque fois le déficit qu’on s’efforçait de combler se creusait plus profondément. Déficit au lendemain des décrets-lois Doumergue ; déficit au lendc- " main des décrets-lois LavaL

Ce quTi! faut faire :

Il faut défendre les libertés démocratiques contre le fascisme et rétablir la souveraineté populaire.

Le parti socialiste réclame donc :

L application stricte des lois de défense républicaine votées sous sa pression par le Parlement ;

La représentation proportionnelle et le suffrage des femmes.

II faut reparer les injustices commises au détriment des anciens combattants, des onctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leurs familles.

Le parti socialiste réclame donc ;

L’abrogation des décrets-lois- iniques qui ont réduit traitements, pensions, allocations assistance, qui ne happent pas seulement les travailleurs de l’Etat, mais aussi, par une repercussion inévitable, la masse des salariés et la masse des producteurs qui, par conséquent, portent atteinte à l’ensemble de l’économie nationale.

II faut soulager sans delai les misères les plus cruelles causées par la crise.

Le parti socialiste réclame donc :

La création immédiate d'un Fonds national de chômage sous Forme d’un service national de secours à tous les chômeurs, quelle que soit leur résidence ;

Le moratoire des loyers avec indemnisation des petits propriétaires grâce â une caisse de compensation ;

L’institution d’un système général d’assurances publiques contre Lous les risques sociaux à la ville et à la campagne et gagé par la nationalisation du monopole privé des assurances ;

L’organisation de la lutte contre tous les Héaux sociaux (tuberculose, cancer, syphilis, etc-),

H Faut assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur travail pour vivre ; il faut accroître le revenu consommable en augmentant la masse des salaires.

Le parti socialiste réclame donc :

La construction d’écoles, d'hôpitaux, de sanas, d’habitations à bon marché ;

Une refonte de la législation des assurances sociales qui garantisse réellement aux irarailleurs le droit au repos à 60 ans ou même à un âge moindre pour les industries dangereuses ou insalubres ;

La mise en train d’un vaste plan d'outillage public, dressé sur l’initiative des départements, des communes, des organismes professionnels, financé par l’appel à la thésaurisation locale et conçu de telle sorte que son exécution rapide et coordonnée aboutisse à l'équipement rationnel de la nation et à la reprise solidaire des diverses branches de l'activité industrielle et commerciale.

Il faut assurer des débouchés aux cultivateurs,

La production agricole souffre de l’ insuffisance des revenus consommables. Elle bénéficiera de toute reprise générale de l’activité et, en particulier, de tout accroissement de la masse des salaires et traitements. Mais le parti socialiste veut assurer une base stable à la revalorisation des produits agricoles on même temps qu i! veut apporter un remède immédiat à la détresse des populations rurales désolées tout à la fois par la crise et par la spéculation*

Il réclame donc :

L’institution des offices publics du blé, du vin, de la viande, des produits laitiers, des engrais chimiques ;

L'institution de coopératives de répartition ;

Le moratoire des dettes ;

La revision de la loi sur les fermages ;

Un statut do métayage ;

L'assurance contre les risques agricoles comprise dans le service public des assurance» nationalisées, etc,, etc.

Il faut assurer des clients aux petits commerçants et aux artisans.

Le marasme du commerce procède des mêmes causes que la mévente et l’avilissement des prix pour l’agriculture. Il profitera, dans les mêmes conditions, des dispositions qui ranimeront la consommation et les échanges. Le parti socialiste réclame, par surcroît comme mesures urgentes :

La révision des cessions de fonds :

La révision des baux ;

La propriété commerciale intégrale,

VIÏ

Il faut libérer producteurs, commerçants et agriculteurs de l’oppression fiscale qui pèse sur eux.

Il réclame donc ;

La suppression des 140 ou 150 impôts et taxes existants : taxes sur le chiffre d’affaires, taxes sur Ja production, contributions indirectes, taxes assimilées, centimes communaux et départementaux, etc,

Kt leur remplacement par trois taxes simples, claires et équitables d’où la fraude sera chassée,

11 faut rétablir l'ordre dans la production et restituer à la collectivite le profit des grands monopoles capitalistes.

Le parti socialiste réclame donc la nationalisation des grands monopoles capitalistes pour en remettre la gesLion aux travailleurs et aux usagers sous le contrôle de l’Etat :

Mines, dont les ouvriers connaissent le chômage et la misère, au moment où les besoins de la France l’obligent à importer le tiers de sa consommation charbonnière ;

Assurances privées, dont la gestion collective avec le concours des agents et des assurés libérerait 1 Etat de la souveraineté d’une oligarchie de financiers et permettrait, sans frais ni impôts, d’assurer le fonctionnement d’un système général d’assurances couvrant tous les risques — y compris le chômage et les calamités agricoles ;

Grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, qui pillent le budget de l’Etat et soufflent sur les conflits mondiaux dont elles profitent :

Transports, dont lé fonctionnement anarchique coûte quatre milliards par an à l’Etat;

Pétroles ;

Sucreries et raffineries ;

Crédit et banque, pour ;

Protéger la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs ;

Assurer la répartition rationnelle du crédit aujourd'hui soumise à la capricieuse dictaturc du capitalisme financier;

1 1 éserver enfin du chantage et de la souveraineté des puissances financières i’indépendance de l’Etat républicain, de la presse et du suffrage universel.

ConLre la guerre, pour l’organisation de la paix;

U faut préserver la paix.

Le parLi socialiste a développe largement dans son programme de 1932 les principes constants sur lesquels repose sa politique internationale. Elle tend vers ce but unique : la paix. Elle fait consister la sécurité dans la combinaison du désarmement général avec

l’organisation jaridique de la paix, c’est-à-dire avec l’arbitrage obligatoire, avec la solidarité

et 1 assistance mutuelle pour assurer le respect des sentences arbitrales et des décisions de la Société des Nations.

C’est parce qu’il reste constant avec ces principes que le parti socialiste s’est opposé à la prolongation do serv.ce mditaire. Il a combattu la loi do, deux an,, non .oulemj paroi!

J"**' ~ 1“ “ “ convient aujourd'hui offioiollement - pour parer à la

difficulté des « classe, creuses ,, non seulement paree qu'elle était inutile pour assurer

° II » T° 1 • '* n,tion' ™is P"« ?“’=“• enregistrait avec éclat feutrée Z. «elle de la France dans la course internationale aux armements

L'Allemagne hitlérienne a réarmé? Mais aurait-elle pris cette initiative si elle n’avait pu exciper de l’ecbec de la Conférence du désarmement ?

N’était-il pas possible de reprendre les travaux de la Conférence, fût-ce après son départ de la Société des Nations, avec elle, sans elle ou contre elle, et de lui imposer l’intégration dans un système général et égal de désarmement et de contrôle?

La guerre a éclaté entre l’Italie et l’Ethiopie. Mussolini se serait-il aventuré dans la guerre s il n avait pas cru 1 Italie suffisamment armée pour défier la justice internationale et pour la placer, par une victoire rapide, devant la force du fait accompli ?

«a Société des Nations, ranimée par le sentiment du péril mortel où la plaçait Vagrm- ZSr heHrTmCnt reSSaiSle‘ RUC " 'a -hésioo et l’éner ï En

...lL du la séeuriS" r C°T 'Ui P«dfi‘l”>. > P»é le première

la sécurité collective qui conditionne elle-même la sécurité propre dç chaque peuple.

Le parti socialiste réclame donc ;

L’application loyale du pacte de la Société des Nations ; tiou -:;::reSSir dVa fabricati0n et clu commerce privé des armes, par voie de conven-

nationalisation P' ^ ^ ^ CaUS°’ ^ ^ C°nCe™e U F™’ Par voie de

““ pèfe ” lo ■iéveioppemoni ds k s"piét< o»

Société de.rNatiopB ■’eXIOn PaCtBS partlcuIl0rs d’assislance et le pacte général de la

inique inkrnatlomd^^0111^116 lnternall0*la-e devra étre complétée par une solidarité écono-

des écl a mês ênt^ nV1Sf7 ^ ^ k stabiIisation monétaire, l’organisation rationnelle

n , ai1t,e entie peuples, la répression des spéculations sur les changes et des fraudes fiscales commises au préjudice des Etats respectifs. S

■Nous réclamons le pouvoir i Le parti socialiste réclame donc le pouvoir ;

au linM°dl prenPr° au aeanrs ies ’lft'atives de paix et d’entente économique internationale au l,e„ de .uivre lé. unüal.vo. de. autres, dont le. eif.rl. ne lendenl pas toujoür. a 1. p.U

de J ’ " 5$°“ *• r-fc— mois .ultout souoieux

le. liberté» pùbl'iqSêyt d” P"l“ et déddé à

Citoyens,

Pour rendre notre pays libre et prospère dans le travail,

ü aftr anchir des spéculateurs et des puissances financières,

e remettre en confiance avec les nations pacifiques, hostiles b ïa guerre,

Votez pour

Dr DAVID

Conseiller général de la Hatite-G&roaüe.

Circonscription de VILLEFRANGHE.

M. Ern/îst ESPARBËS

(Groupe socialiste )

Elu pour Ja lro fais le 3 mai 1936*

(Voir le programmé du Parti socialiste S* F* I, 0,, p* 3.)

Délégué par le Parti socialiste, à l'unanimité, comme candidat aux élections législatives, dans notre beau Lauraguais, j'ai l'honneur de solliciter vos suffrages*

Je vous demande d’affirmer sur mon nom votre volonté de défendre avec moi les libertés républicaines menacées par le fascisme, les principes de justice sociale et d’imposer avec force votre volonté pacifique et votre idéal de Paix*

L'horizon est chargé de menaces. A l'extérieur, menaces de conflits; à l'intérieur, crise économique et péril fasciste*

Avec vous et avec mon Parti, je veux lutter contre ces forces mauvaises, pour la paix du foyer dans la paix du Pays, contre la crise économique et pour la consolidation du régime républicain*

Politique extérieure :

Les dictatures fascistes menacent la paix. Hitler déchire les traités. La Société des Nations est bafouée* Le Pacte de Locarno est détruit, l'assistance collective des Nations affaiblie* Plus que jamais, l'impérialisme relève la tête. La paix du monde est menacée.

Je défends, avec mon Parti, la Société des Nations qui égale r confiance entre tous les travailleurs ; confiance réciproque, qui est la forme idéale de la fraternité humaine*

La sécurité par le renforcement du pacte de sécurité collective entre toutes les Nations* Arbitrage des conflits* Liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes* Création de forces coercitives au service de la Société des Nations*

Politique intérieure :

Lutte contre la crise économique agricole, commerciale, industrielle* Lutte contre les trusts et les féodalités capitalistes. Lutte contre la puissance bancaire, et par conséquent :

Préserver l'épargne et revigorer le crédit, faire de la Banque de France, aujourd'hui banque privée, la vraie « Banque de la France ». Nationalisation des chemins de fer, au déficit constant que paient les contribuables.

Nationalisation de J a fabrication et du commerce privé des armes* Suppression, en un mot, des bénéfices scandaleux des Schneider, des Ilotchkiss, des de Wendeî, traîtres à la Patrie, qui arment indifféremment toutes les nations, réalisent le réarmement de 1 Allemagne et poussent les peuples à la guerre.

Avec mon Parti, je veux la défense de la propriété de travail, qu elle soit paysanne, industrielle ou commerciale, qui reste le gage le plus sûr de la liberté individuelle*

Arrêt de la politique de déflation imposée par les banques et les deux cents familles.

Abrogation des décrets-lois et, en particulier, de ceux qui frappent les anciens combattants, les victimes de la guerre, les petits salariés et les droits d'assistance.

Abolition des impôts indirects qui frappent surtout les travailleurs.

Les socialistes ne sont pas des sectaires, ils reconnaissent à tous la liberté de conscience et affirment que les questions confessionnelles relèvent exclusivement de la conscience de chacun.

Politique agraire :

Revalorisation économique du Pay§ par le relèvement de l'agriculture.

Il faut supprimer les méfaits du capitalisme spéculatif et des trusts :

Sous la direction des paysans, par la création de l'Office national des blés et des céréales secondaires, qui fixera pour 19361e prix du blé, à la récolte, à 100 francs 1 hectolitre, et pour f avenir au coefficient du prix de la vie*

Revaloriser f élevage, la viande, en supprimant l'importation des viandes frigorifiées étrangères* La basse-cour, en élargissant nos marchés d'exportations et en augmentant le pouvoir d'achat des masses.

Abaissement des matières nécessaires à la ferme par :

Nationalisation de la fabrique des engrais vendus 40 0/0 plus cher en b rance qu à F étranger par les fabricants actuels.

Remettre Tu sine de f azote de Toulouse entre les mains des agriculteurs, tandis qu'elle dépend du trust international de l'azote.

Nationalisation des assurances, entreprises capitalistes dont les bénéfices sont de 4 milliards par an. Création d'une caisse d’assurances gratuites contre toutes les calamités agrb col es (mortalité de bétail, invalidité, grêle) dont les méfaits sont pour le paysan une sorte de chômage.

Nationalisation de l’énergie électrique (prix de revient du kilowatt: 0,40; prix de vente : 1,80 a 2,50); par suite, électrification rapide des campagnes (deux années au plus).

Institutions contre le chômage ouvrier et paysan. Un plan d'outillage national : amélioration du réseau routier; chemins empierrés bien entretenus.

Réalisation des projets d’adduction d’eau : donc, amélioration de l'hygiène et, par conséquent, amélioration du sort des travailleurs agricoles.

Lutte contre les taudis, politique d habitations saines, aérees, confortables.

Réalisation d'un plan d'urbanisme au village : écoles laïques prospères, locaux agréables; des foyers populaires doivent être créés pour permettre aux travailleurs de fraterniser et de mieux se connaître.

J’estime que le crédit agricole doit être plus largement conçu, mieux surveillé, les formalités réduites, et permettre à tous l'accès à la propriété*

Exonération des droits d'achat ainsi que des droits successoraux pour la propriété de travail familiale agricole, industrielle ou commerciale.

Je veux une adaptation nouvelle des lois d assistance ; égalité de droits pour tous les malheureux, secours efficaces aux familles nombreuses, égalité de droits.

Je veux réaliser une retraite pour les vieux travailleurs paysans qui ont toujours été ignorés par les lois.

Homme de votre race et de votre condition, je serai votre défenseur ardent et dévoué. Je recevrai avec simplicité, toujours avec sollicitude, vos demandes, vos désirs, et m'inspirerai de vos conseils. Je défendrai avec ardeur toutes les causes justes, voulant pour tous le droit au bonheur par le travail* Dans ce but, je suis et je resterai à la pointe du combat social.

Pour faciliter nos relations, je viendrai, à l’exemple de Vincent Auriol, qui, enfant de Revel, est allé habiter Muret, si je suis votre élu, résider dans notre beau Lauraguais.

Mon action sera toujours conforme aux traditions socialistes et républicaines. La défense des humbles sera pour moi un devoir, mon honneur et ma joie.

Intégré dans le front populaire, en étant le seul candidat, agriculteurs, commerçants, artisans, petits industriels, intellectuels, je vous fais confiance : vous voterez pour un homme qui n’a jamais failli, qui no connaît que les nobles traditions de notre race luttant pour l’honneur, le travail, la liberté, la justice sociale et la paix.

Ln votant pour moi, vous voterez : contre la crise économique qui aggrave les conditions de vie des travailleurs ; contre le fascisme ; contre les trusts et les oligarchies hnancieres ; contre toutes les guerres,

Kn vofanL pour moi, vous volerez pour le pain pour tous, pour le travail, pour la liberté, pour la paix.

Socialistes, républicains, radicaux-socialistes, agriculteurs, d'un même élan, tous aux urnes ! Pour le triomphe de 110s revendications, de la justice, de la liberté, de la paix.

Vive notre beau Lauraguais !

Vive la République sociale !

Ernest ESPARBÈS

Agriculteur exploitant.

Maire de Bragayra*.

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