H. DÛ COS
Agrégé do r Université.
Conseiller général de la Haute-Garonne,
Ancien Ministre.
Vice-Président de la Chambre dos Députés.
Ancien combattant. — Croix de guerre. — Officier de la Légion d'honneur.
lro circonscription de TOULOUSE.
M. Albert EDO U CE
(Groupe socialiste.)
Elu pour la ïre fois le 20 mai 1906. — Réélu les B mai 1910, 10 mai 1914, 11 mal]1924, 29 avril 1928, 8 mai 1932 et 26 avril 1936.
(Voirie programme du parti socialiste S, F, I. O., p- 3.)
Mes chers concitoyens,
Pour la septième fois, depuis 1906, je viens solliciter de votre confiance, au nom du parti socialiste, le renouvellement du mandat dont vous m'avez chargé.
Fidèle à l'idéal et au programme du parti, attentif aux intérêts du pays et de la cité, j'ai conscience d'avoir consacré à l'exercice de ce mandat le meilleur de ma vie.
Bien que la minorité dont je faisais partie au Parlement ait augmenté en nombre et en influence à chaque législature, je n'ai pu, malgré tous mes efforts, contribuer à faire passer dans la loi, que les réformes pour lesquelles notre parti réussit à obtenir le concours du parti républicain le plus rapproché de lui.
Mais les réformes profondes qui auraient favorisé l'émancipation économique des travailleurs, évité la ruine des petits propriétaires, artisans, commerçants, agriculteurs, assuré la sécurité et la paix, n'ont pu être accomplies à temps pour éviter la crise, par la faiblesse de ceux qui n’ont pas su choisir entre l'esprit de conservation et l'esprit de transformation.
Par deux fois, en 1924 et eu 1932, vous avez pu croire que la victoire démocratique allait permettre la formation d'une majorité résolue à réaliser les réformes essentielles ; mais, chaque fois, le parti radical a reculé devant les résistances de la ruse et de la violence, qu’opposaient les partis défenseurs des privilégiés.
Chaque fois, pour n’avoir pas osé réaliser les articles principaux de son programme,
pour lequel nous lui donnions notre soutien et voulions lui donner notre collaboration, il s’est vu contraint de remplacer les forces actives de démocratie que nous lui apportions, par les éléments passifs de réaction. Ceux-ci ne lui permirent de gouverner avec eux, que contre nous, contre ses propres aspirations démocratiques.
Ce fut l’union prétendue nationale. Elle n’a servi quâ réduire les radicaux à l'impuissance et aies entraîner dans toutes les entreprises rétrogrades.
C’est ainsi qu’ils furent empêchés de réparer à temps les^erreurs du traité de Versailles; c’est ainsi qu’ils ont subi : la première présidence de Laval ‘responsable de la faillite des réparations, la seconde présidence de Laval responsable de la faillite du désarmement et de la sécurité.
En politique intérieure, ils n’ont pas compris que la stupide politique de déflation n’était qu’une lourde manœuvre, destinée à leur faire perdre la confiance des fonctionnaires et des syndiqués; ils ont engagé leur responsabilité dans toutes les lois ou décrets-lois de restriction ou de violation des droits acquis qui, loin d’arrêter le déficit 1 ont aggravé, loin de limiter la dette publique l’ont augmentée de SO milliards de francs, loin de consolider la monnaie, ont rendu à peu près inévitable la dévaluation qui causerait, comme la déflation et après elle, de nouveaux désordres et de nouvelles ruines si nous ne réussissions pas
à Féc^rtci’i w
Je crois que nous pourrions encore réussir à l’écarter si, demain, une majorité d’élus radicaux ayant nettement adhéré au serment de rassemblement populaire, se montrait franchement résolue a collaborer avec le parti socialiste et décidée à imposer a tous le respect dans la légalité : des volontés exprimées par le suffrages universel, des droits acquis par les travailleurs et des engagements sacres de la charte des combattants.
Une telle majorité pourrait, par une active politique de crédit et de travail, rendre la prospérité à l’économie nationale, l'équilibre réel au budget, la stabilité aux monnaies, la
sérénité aux relations entre les peuples. ^ .
C’est à cette politique que j’ai toujours consacré mes efforts personnels et que j ai
entraîné les efforts du parti.
C'est par celte politique que j'ai tenté d'obtenir de 3a Banque de t rance un meiLeur emploi des ressources formidables que nous lui contions.
C’est pour cotte politique que j’ai, dès avant la guerre, appelé vers Toulouse toutes les ressources intellectuelles et matérielles de l’énergie électrique ; que j ai, pendant la guerre, obtenu le développement considérable de la poudrerie; que j’ai, après la guerre, suggéré et préparé la transformation de cette poudrerie en, usine d engrais.
C’est pour cette politique que, bornant mes ambitions au modeste rôle de rapporteur du budget des Travaux publics, j’ai dressé, dès 1918, le plan d’outillage national ; que je i’ai renouvelé en 1924 ; que je l’ai rappelé en 1928 en fournissant, chaque fois, les moyens appropriés à son financement.
Ce plan, que certains ont voulu s’attribuer, sans réussir à en faire autre chose que de pâles caricatures, et dont tout le monde parle comme du moyen le plus sûr de supprimer le chômage , il est encore à réaliser.
J'ai conservé la foi, la confiance entière dans ia possibilité de le réaliser complètement. Mes espoirs se changeraient en certitude si, demain, le Gouvernement de Front populaire qup vous désirez constituer voulait, en'dépit de toutes les difficultés possibles, se eonsacici coûte que coûte à ces deux grandes réalisations :
La rénovation du crédit national et international ;
La reprise des grands travaux sur un vaste plan d'ensemble* répondant à tous les
besoins de notre outillage national et social.
Un premier exemple, possible immédiatement, justifierait ma confiance : cest la conversion des dettes communales et départementales qui, sans aucune nouvelle charge pour les contribuables, permettrait à une ville comme Toulouse, d’engager 30 millions de
travaux, de rendre le salaire et la vie à plus de i ,500 chômeurs. Il suffirait que la Banque de France y mette un peu de bonne volonté sans courir aucun risque.
C'est pour travailler de toutes mes forces à la réalisation de ces espoirs, que je viens me mettre h votre disposition, heureux si je puis consacrer toutes mes volontés, toute mon énergie, au cours des ans qui me restent à vivre :
A la défense des libertés républicaines ;
A la renaissance de F activité économique ;
A la fondation de Tordre nouveau par le socialisme, pour le travail et la paix ;
A la prospérité de Toulouse*
A, BEDOUCE
2e Circonscription de TOULOUSE.
M, Emile BER LIA {Groupe social i s Le,)
Élu pour la 1* fois le 7 mai 1933, — Réélu le 26 avril 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S, F. f, 0,, p. 3,)
Citoyens ,
Le par ti socialiste se présente devant le peuple de France pour lui demander le pouvoir.
a propagande électorale est avant tout un acte de revendication du pouvoir.
Son programme électoral est l’énoncé des mesure qu’il s'engage à appliquer si la souveraine té populaire l'appelle au pouvoir.
Parti et « Front populaire » :
Ce programme représente l’application de la doctrine générale du socialisme aux circonstances présentes. Il détermine la part de pensée socialiste que les conditions économiques et politiques permettraient d’incorporer immédiatement dans les faits et dans les lois.
U ne doit pas être confondu avec le programme du « Rassemblement populaire » ou du « Front populaire »,
Le parti socialiste a participé de plpin cœur aux travaux du comité du Rassemblement populaire. Il a donné franchement son adhésion et sa signature. Il se réjouit qu’un accord
P“ ,nlerV*",r entre Jes dlvers PaHis et organisations qui le composent et il se félicite d avoir contribue à cet accord. Montrer que tous les défenseurs des liberLés démocratiques peuvent également se rencontrer sur un « minimum » de réformes positives, c’est porter un coup décisif à la -réaction et au fascisme.
Sans désavouer en rien la solidarité qui i’unit avec les autres éléments démocra- |ULs groupes cLms le Fiont populaire antifasciste, il s adresse directement à tonte la classe ouvrière et paysanne, à tous les hommes de travail et de pensée, à tout le peuple de France.
II leur dénonce les dangers que la crise du capitalisme et la défaillance des classes dirigeantes font courir aux liberLés publiques et à la paix.
Il dresse sa doctrine éprouvée et glorieuse contre les manœuvres des consortiums de finance, de grand négoce et de haute industrie qui, par les mensonges quotidiens de la grande presse, dominée ou salariée par eux, s'efforcent de pervertir l’opinion en même temps que par leur égoïsme de classe ils dépouillent le travail, avilissent les salaires, sabotent les lois sociales et, par la spéculation, la concurrence et l’impôt, acculent à la ruine la petite propriété commerciale, industrielle el agricole*
Le parti socialiste sans reproche :
Il y a, dans le monde, trente millions de chômeurs. Dans les entrepôts eL dans les magasins sont accumulés des stocks énormes de charbon , de blé, de coton, de sucre, de vêtements, de chaussures, de produits de première nécessité qui ne trouvent pas d'acheteurs, alors que des millions d'êtres humains souffrent de la misère, du froid et de la faim.
Le malaise pèse sur les producteurs; l’hypothèque frappe à nouveau le monde rural j les ateliers se ferment, les faillites se multiplient; l’angoisse désole eL désoriente la jeunesse ; le déficit ruine le Trésor et ébranle l’Etat; la guerre menace le monde.
tjuel est donc le coupable ?
Ce n est pas le socialisme ! Il n’a jamais été au pouvoir. Il n’a jamais, quoi que puissent prétendre des polémiques mensongères, ni dominé, ni inspiré le pouvoir.
Qui donc a gouverné la France depuis dix-sept ans ?
De 1919 à 1924, îe Bloc national*
De 1 926 à 1932, F Union nationale.
Depuis 1933, les cabinets a de trêve » de M. Doumergue, de M. F hindi n, de M* Lavai.
amerri en t, en 1924, le .parti socialiste avait donné son appui au gouvernement de M. Hernot pour établir la justice fiscale, éviter l’inflation, organiser la paix. Le Sénat radical renversa M. Herriot,
Vainement, en 1932, le parti socialiste proposa au parti radical ses cahiers de Huyghens cesl-a-dire un plan immédiat d’action gouvernementale. Les chefs du parti radical refusurent celte proposition.
Depuis lors, jamais une offre de collaboration des chefs du parti radical n’a été appuyée scr un programme positif. Jamais le pouvoir n’a été directement offert au parti socialiste, maigre I importance numérique de son groupe parlementaire et, par une sorte d’annulation! des deux millions de citoyens qu’il représente.
Il a toujours accordé son vote à toutes les mesures qui tendenL à l’amélioration du sort du travail.
Il n’a jamais marchandé son concours, sous toutes les formes pour barrer la route à la réaction eL au fascisme.
Il a pris l’initiative de toutes les -mesures d'équilibre et de progrès qui auraient pu soulager les victimes de la crise*
Ce n est p;is sur lui que pèse la moindre parcelle de responsabilité*
Une oligarchie de banquiers usuriers et d’industriels avides de profits, contrôle la totalité de 1 économie mondiale. Tout est dans leurs mains : transports, assurances, électricité, établissements de crédit, grands magasins, presse, bourses des finances et des grains.
La Banque de France est à la fois l'instrument et le symbole de toute toutepuissance économique, de la souveraineté politique qu'ils ont usurpée sur le suffrage universel.
Seul le socialisme peut abattre la dictature financière et capitaliste en nationalisant les industries-clefs : grands moyens de production et d'échange, crédit, etc.
Seul, il peut harmoniser la production selon l’intérêt de la communauté humaine et dans le sens de la satisfaction directe de ses besoins.
Seul, il pourra détruire dans Leurs causes les grandes crises cycliques qui bouleversent et ravagent le monde. Seul il peut, des aujourd'hui, y appliquer des remèdes et en atténuer les méfaits.
Cette tâche du socialisme, le parti socialiste demande au peuple souverain le moyen de la poursuivre.
Crise et fascisme :
La crise économique universelle qui a frappé la France après Les autres nations, mais qui s'y prolonge et s y aggrave alors qu’elle parait s'amender dans le reste du monde est la cause déterminante de la crise politique qui agite le pays depuis plus de deux ans.
Voici plus de deux ans que le fascisme est apparu en France.
11 s'y est développé dans les mêmes conditions et sous la même force qu’en Italie et qu’en Allemagne. L'inquiétude et la gêne lui ont fourni le terrain de culture favorable.
Le grand capitalisme, atteint dans ses profits, menacé dans ses privilèges, craignant que le peuple, sous L'aiguillon de la souffrance, secouât sa domination, lui a fourni la commandite et la direction.
Les éléments de la bourgeoisie, que la ruine rejetait de leur propre classe et auxquels le chômage interdisait l’accès du prolétariat, se sont joints aux aventuriers professionnels pour lui fournir ses troupes de choc.
La jeunesse, frappée d'une angoisse sans espoir, séparée de tous les accès de la vie, lui a fourni ses mots d’ordre.
Comme en, Italie et en Allemagne et par la même duperie monstrueuse, les victimes de la crise capitaliste se sont ainsi enrôlées au service de la pire réaction capitaliste.
La duperie a même été poussée plus loin, puisque le 6 février 1934, c'est à la faveur d'un de ces scandales financiers dont le régime capitaliste est la cause directe, que l'assaut a été donné aux libertés démocratiques et aux institutions républicaines.
Depuis lors, grâce à l'inertie, à la complaisance ou à la complicité directe des gouvernants, la menace de la conjuration fasciste et de ses ligues paramilitaires continue de peser sur la France.
Le parti socialiste a pris une part prépondérante au grand sursaut républicain qu'a spontanément surcité le‘ danger fasciste.
Il a pris dès le 12 février 1934, l’initiative des manifestations de masse par lesquelles le peuple de France a manifesté sa volonté de préserver, par tous les moyens, contre les attentats fascistes. les libertés qui sont son bien et son œuvre.
Pour opposer au danger une barrière insurmontable, il a contribué à rassembler dans le <c liront populaire » tous les groupements et tous les individus qu’anime comme lui Lardante résolution de défendre les libertés de l'homme et du citoyen, de faire prévaloir la souveraineté du peuple.
Mais le parti socialiste n'a cessé de proclamer et reste pleinement persuadé que le fascisme, né de la crise, développé par la crise, né sera pleinement vaincu que quancl.il aura été porté remède aux effets les plus iniques et les plus douloureux de la crise, que quand les souffrance do la crise auront été soulagées, que quand l'atmosphère matérielle et morale de la crise aura été assainie.
Conçue avec assez d’ampleur et avec assez de prévoyance, toute défense contre le fascisme se confond avec une offensive contre îa crise.
Le capitalisme impuissant à réduire la crise i
Le progrès continu do la science et de la technique met sans cesse à la disposition des hommes une abondance croissante de richesse. Il réduit sans cesse la quantité de travail humain nécessaire pour les produire.
Mais c'est le système capitaliste qui s’atteste incapable de répartir entre Jes hommes les richesses créées, de distribuer entre les hommes le travail que la production comporte.
De là îe contraste intolérable qui saisit aujourd’hui tous les esprits '; gaspillage ou destruction des richesses; misère ou chômage des hommes.
Le capitalisme sJ épuise en efforts vains pour sortir du chaos engendré par ses propres contra die Lion s.
Iolis les remèdes proposés par lui tendent à restreindre la production, à la comprimer jusqu’au niveau décroissant de la consommation générale. Tel est son but. Son moyen est tantôt la sélection arbitraire, c esl-à-dire L élimination clés entreprises de production les moins puissantes et des travailleurs les moins armés pour la lutte, tantôt la déflation systématique, c est-à-dire la réduction simultanée des crédits, des prix de revient et des salaires. Le parti socialiste dénonce ces pratiques barbares et insensées qui ont trouvé leur expression dernière dans les décrets-lois Do um orgue et Laval,
11 na cessé d affirmer et il affirme avec plus de force que jamais, que tout remède agissant doit être cherché dans la direction opposée, c’est-à-dire dans un relèvement de la
capacité generale d achat, dans une stimulation de l’économie rehaussant peu à peu la consommation jusqu'au niveau delà production normale.
La déflation a échoue dans tous les pays dJ Europe où elle a été essayée.
Son échec en France ne peut plus être nié par aucun esprit de bonne foi,
C est sur le terrain où les pratiques de déflation ont été poursuivies avec le plus de constance et de ténacité — à savoir sur le terrain financier — que Péchec est le plus éclatant.
Depuis quatre ans, les gouvernements successifs, obéissant aux directions de la Banque de France, s’acharnent à rechercher un équilibre budgétaire par ia déflation des crédits de travaux et des crédits de personnel — quinze séries de lois ou de décrets lois se sont succédé. Chaque fols le rendement des impôts diminuait, parce que la capacité générale de consommation était elle-même diminuée. Chaque fois reparaissaient les embarras de trésorerie et les troubles monétaires. Chaque fois le déficit qu’on s'efforçait de combler se creusait plus piofondément. Déficit au lendemain des décrets-lois Doumergue ; déficit au lendemain des décrets-lois Laval,
Ce quTil faut faire :
Il faut défendre les libertés démocratiques contre le fascisme et rétablir la souveraineté populaire*
Le parti socialiste réclame donc ;
Le désarmement et la dissolution des ligues paramilitaires do fascisme ;
L application stricte des lois de défense républicaine votées sous sa pression par le Parlement ; 1
La représentation proportionnelle et le suffrage des femmes ;
L abrogation du décret-loi sur les écoles normales primaires ;
La nationalisation de la Banque de France, des assurances, des établissements de crédit et des grandes industries monopolisées.
Il faut réparer les injustices commises au ' détriment des anciens combattants, des fonctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leurs familles.
Le parti socialiste réclame donc ;
L’ abrogation des décrets-lois iniques qui ont réduit traitements, 'pensions, allocations
d'assistance qui ne frappent pas seulement les travailleurs de l'Etat, mais aussi par une répercussion inévitable, la masse des salariés et la masse des producteurs, qui, par conséquent, portent atteinte à T ensemble de r économie nationale.
Il faut soulager sans délai les misères les plus cruelles causées par la crise.
Le parti socialiste réclame donc ;
La création immédiat d’un fonds national de chômage sous forme â'un service national de secours à tous les chômeurs, quelle que soit leur résidence;
Le moratoire des loyers avec indemnisation des petits propriétaires grâce à une caisse de compensation ;
L’institution d’un système général d’assurances publiques contre tous les risques sociaux à la ville et à ia campagne et gagé par la nationalisation du monopole privé des assurances ;
L’organisation de la lutte contre tous les fléaux sociaux (tuberculose, cancer, syphilis, etc.).
(I faut assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur travail pour vivre; il faut accroître le revenu consommable en augmentant la masse des salaires.
Le parti socialiste réclame donc :
La diminution* des heures de travail sans diminution de salaires;
Les contrats collectifs et les vacances payées ;
La mise sous séquestre des entreprises en déconfiture, afin d’éviter le renvoi de leurs salariés ;
La construction d'école^ d’hôpitaux, de sanas, d’habitations à bon marché;
Üne refonte de la. législation des assurances sociales qui garantisse réellement aux travailleurs le droit au repos à 60 ans ou même à un fige moindre pour les industries dangereuses ou insalubres ;
La mise en train d’un vaste plan d'outillage public, dressé sur l'initiative des départements, des commumcs, des organismes professionnels, financé par l'appel à la thésaurisation locale et conçu de telle sorte que son exécution rapide et coordonnée aboutisse à l'équipement rationnel de la nation eL h la reprise solidaire des diverses tranches de l’activité indu s tri elle et commerciale;
La prolongation dp la scolarité et l'interdiction du travail pour les enfants de l'industrie et le commerce jusqu’à l’âge de 15 ans.
Il faut assurer des clients aux petits commerçants et aux artisans.
Le marasme du commerce procède des mêmes causes que la mévente el l’avilissement des prix pour I agriculture. II profitera, dans les mêmes conditions, des dispositions qui ranimeront la consommation et les échanges. Le parti socialiste réclame par surcroit, comme mesures urgentes :
La révision des cessions de fonds;
La révision des baux ;
La propriété commerciale intégrale.
II faut libérer producteurs, commerçants et cultivateurs de l'oppression fiscale qui pèse sur eux.
Le parti socialiste répète qu’il n'existe pas de finances saines dans un pays ruiné ; que le rétablissement d'une activité économique normale est la seul moyen de rétablir le budget en équilibre réel et stable.
C’est pourquoi pour atteindre progressivement l'équilibre total des budgets, le parti socialiste entend dabord surmonter la crise en augmentant le pouvoir d'achat des masses, en ranimant la production et en allégeant la vie économique qui ploie sous la concentration abusive d’une administration financière congestionnée, d’un vieux système fiscal pléthorique et inique fait d’impôts innombrables superposés et propices à la fraude.
Il réclame donc :
La suppression des 140 ou 150 impôts et taxes existants i taxes sur le chiffre d affaires, taxe à la production, contribulions indirectes, taxes assimilées, centimes communaux et départementaux, aux vieux impôts disparus, etc*
Et leur remplacement par :
Le produit des nationalisations, par une fiscalité claire, simple et équitable atténuée non seulement par la répression de la fraude, mais aussi par la diminution des charges résultant :
De la création des caisses des pensions destinées à maintenir les droits des anciens combattants et victimes de la guerre ;
De la suspension de l'amortissement et d'un meilleur aménagement de la dette publique ;
De la diminution des charges de la guerre, de la marine et de 1 air oar la nationalisation des fabrications privées d’armes et des grandes industries spécialisées et monopolisées et par une politique internationale de désarmement progressif et général*
Il faut rétablir l'ordre dans la production et restituer à la collectivité le profit des grands monopoles capitalistes.
Le parti socialiste réclame donc la nationalisation des grands monopoles capitalistes pour remettre la gestion aux travailleurs et aux usagers sous le contrôle de l’Etat : mines dont les ouvriers connaissent le chômage et la misère, au moment oii les besoins de la France l’obligent à importer le tiers de sa consommation charbonnière ;
Assurances privées dont la gestion collective avec le concours des agents et des assurés libérerait l'Etat de la souveraineté d’une oligarchie des financiers et permettrait sans frais ni impôLs d'assurer le fonctionnement d'un système général d assurances couvrant tous les risques y compris le chômagre et les calamités agricoles*
Grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques qui pillent le budget de 1 Etat et soufflent sur les conflits mondiaux dont elles profitent ;
Transports, dont le fonctionnement anarchique coûte 4 milliards par an à 1 Etat;
Pétroles ;
Sucreries et raffineries ;
Crédit et banques pour ;
Protéger la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs ;
Assurer la répartition rationnelle du crédit aujourd’hui soumis à la capricieuse dictature du capitalisme financier ;
Préserver enfin du chantage et de la souveraineté des puissances financières l’indépendanee de l’Etat républicain, de la presse et du suffrage universel.
Contre la guerre pour l’ organisation de la paix :
Il faut préserver la paix.
Le parti socialiste a développé largement dans son programme de 1932 les principes constants sur lesquels repose sa politique internationale. Elle tend vers ce but unique : la paix. Elle fait consister la sécurité dans la combinaison du désarmement général avec l'organisation juridique de la paix, c’est-à-dire avec l'arbitrage obligatoire, avec la solidarité et l’assis tance mutuelle pour assurer le respect des sentences arbitrales et des décisions de la Société des Nations,
C’est parce qu’il reste constant avec ces principes que le parti socialiste s’est opposé à la prolongation du service militaire. Il a combattu la loi de deux ans, non seulement parce qu’elle était inutile — ainsi qu’on en convient aujourd’hui officiellement - — pour parer à la difficulté des « classes creuses », non seulement parce qu’elle était inutile pour assurer Inorganisation défensive de la nation, mais parce qu’elle enregistrait avec éclat l’entrée officielle de la France dans la course internationale aux armements*
L’Allemagne hitlérienne a réarmé? Mais aurait-elle pris celte initiative si elle n’avait pu cxciper de l’échec de la conférence du désarmement ?
N’était-il pas possible de reprendre les travaux de la conférence, fût-ce après son départ de la Société des Nations, avec elle, sans elle, ou contre elle et dé lui imposer réintégration dans un système général et égal de désarmement et de contrôle ?
La guerre a éclaté entre l’Italie et l’Ethiopie? Mussolini se serait-fi aventuré dans la guerre s’il n avait pas cru l’ Italie suffisamment armée pour défier la justice internationale et pour îa placer, par une victoire rapide, devant la force du fait accompli ?
La Société des Nations ranimée par le sentiment du péril mortel où !la plaçait l’ agression italienne s’est heureusement ressaisie. Elle a retrouve la cohésion et l’énergie. En dénonçant l’agresseur, en édictant contre lui les sanctions pascifiques, elle a posé la première assise de la sécurité collective qui conditionne elle-même la sécurité propre de chaque peuple.
L’application des sanctions a provoqué un danger de guerre, prétend la réaction fasciste. Ce danger n’existe sans doute que par les bluffs de Mussolini et les manœuvres de M. Laval.
Le parti socialiste réclame donc :
Inapplication loyale du pacte de la Société des Nations.
Une initiative immédiate du gouvernement français pour reprendre les travaux de la Conférence du désarmement ;
La suppression de la fabrication et du commerce privé des armes, par voie de convention internationale et, en tout état de cause, en ce qui concerne la France, par voie de nationalisation ;
Une politique étrangère exclusivement fondée sur le développement de la- Société des Nations et sur le caractère indivisible de la paix ;
Une stricte connexion entre les pactes particuliers d’assis tancent le pacte général de la Société des nations ;
Cette solidarité politique internationale devra être complétée par une solidarité économique internationale visant notamment la stabilisation monétaire, l’organisation rationnelle des échanges entre peuples, la répression des spéculations sur les changes et des fraudes fiscales commises au préjudice des Etats respectifs.
Nous réclamons le pouvoir :
Le parti socialiste réclame donc le pouvoir :
Pour prendre au dehors les initiatives de paix et d'entente économiques înternationaïes, au lieu de suivre les initiatives des au très f dont les efforts ne tendent pas toujours à la paix.
Tel il se présente au peuple des travail leurs, passionné d’action, mais surtout soucieux de ue pas participer à rimpuissance des partis dits de gouvernement et décidé à défendre les libertés publiques et la paix.
Citoyens,
Pour rendre notre pays libre et prospère dans le travail,
Pour Ta (Franchir des spéculateurs et des puissances financières,
Pour le remettre en amitié avec les nations pacifiques, hostiles k la guerre.
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