Défense de la liberté
V Contre les ligues fascistes :
Le Parti socialiste S. F. L CL, hostile à la violence sous toutes ses formes, s’attachera à désarmer et à dissoudre effectivement les formations paramilitaires conformément à la loi, à appliquer sans faiblesse les dispositions légales en cas de provocation au meurtre ou d’ attentai à la sûreté de F Etat*
2* Pour la presse :
Réforme obligeant les journaux à rendre publique l’origine de leurs ressources, mettant fin aux monopoles privés de la publicité commerciale et financière et empêchant enfin la constitution des trusts de presse,
3rj Pour les libertés syndicales :
Application et respect du droit syndical pour tous,
4° Pour f école et la liberté de conscience :
Prolongation de la scolarité jusqu'à fâge de 14 ans au moins.
Pleine liberté de conscience par le respect de la neutralité scolaire, de la laïcité et des droits civiques du corps enseignant*
Ecole unique, gratuite.
2, — Défense de la paix :
1° Collaboration internationale dans le cadre de la Société des Nations pour la sécurité collective, par la définition de l'agresseur, et l'application automatique et solidaire des sanctions en cas d’aggression ;
2° Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes ;
Organisation de La paix par le désarmement simultané progressif et sévèrement contrôlé, et rétablissement d’une révision pacifique des traités dangereux pour la paix du monde ;
4° Extension, notamment à l’Europe orientale et centrale, du système des pactes ouverts à tous, préparant la collaboration du peuple et notamment des masses laborieuses pour le maintien et l'organisation de la Paix,
Citoyens,
Notre position est nette. Réfléchissez,
Vous avez à défendre vos conditions d'existence, votre liberté, la paix.
Pour sauver la République, l'arracher des mains de ceux qui P Sham donnent ou la trahissent, pour briser définitivement les tentatives du fascisme oppresseur, pour affranchir la Nation des puissances d’argent, réaliser la justice sociale et consolider la paix,
Vous volerez tous pour le Parti socialiste S, F. I. Q*
Tous aux urnes !
Pour la Paix, îa Liberté, la Démocratie, le Socialisme!
F. AUDEGUrL
Professeur.
Adjoint au Maire de Taie n ce.
3e circonscription de BORDEAUX.
M. Asribk MARQUE!
(N'appartient à aucun groupe.)
Elu pour la 1re fois le li mai 1924. - Réélu les 29 avril 1928, lor mai 1932 et 3 mai î936.
Chers Citoyens,
Hier socialiste, réformiste et participatidSniste. Aujourd’hui socialiste, réformiste ét partiel pationniste, je n ai rien à modifier à mes professions de foi précédentes.
Il y a quatre ans, il y avait une crise financière, une crise économique, une crise internationale.
À cette heure j il y a toujours une crise financière, une crise économique, une crise internationale.
Si un changement s’est produit, c’est plutôt dans le sens de l’aggravation .
Ln face de ceLte situation, je n’ai qu’un programme soutenu par votre sympathie : agir comme je 1 ai toujours fait, avec désintéressement et probité, et réaliser au milieu de difficultés, dont il ne faut dissimuler ni le nombre, ni l'importance, tout ce qui peut être utile à Li troisième circonscription, à Bordeaux, au pays et & la paix,
La prochaine Chambre devra maintenir Fondre républicain et sauver les libertés démocratiques.
LHe devra rétablir 1 équilibre financier, juguler le chômage et la crise, dissiper les menaces de guerre,
C est à cette triple tâche que je consacrerai toutes les possibilités d'action que je possède quand, comme j en sms certain, vous m’aurez, dès le 26 avril prochain, renouvelé 1 expression de votre confiante amitié.
Vive la troisième circonscription !
Vive -la République maintenue, la démocratie irénovée et la paix reconquise !
Adrien MÂRQUET
Conseiller général.
Député, — Maire tic Bordeaux.
4e circonscription de BORDEAUX*
M, Philippe HENRIOT (Groupe de la Fédération républicaine de France )
Élu pour la 1™ fois le 8 mai 1933* — Réélu le 37 septembre 1936*
Mes chers concitoyens,
Au moment de me représenter devant vous, pour le renouvellement du mandat que vous m’avez confié en 1932, \e n’ éprouve nul besoin de vous faire une nouvelle profession de foi.
Le vague des formules employées dans la littérature électorale n'a trop souvent d'égal, en effet, que leur banalité*
Tous les candidats peuvent inscrire dans leur programme Jes formules éternelles de ï reprise des affaires », « revalorisation des produits », « augmentation du pouvoir d'achat das masses laborieuses », <t lutte contre le chômage », « organisation de la paix », etc*, etc, G est là un verbiage que se disputent les partis, qui trouvent commode de se contenter de ces généralités pour se dispenser de définir leur politique.
Or, la solution de tous les problèmes sociaux, économiques, financiers, internationaux est fonction de la politique, 11 s'agit de savoir si, derrière l'écran rassurant des formules économiques, îa politique du Front populaire pourra continuer de mener la France vers la faillite, vers la ruine et vers la guerre.
Car le Front populaire n'est que le nouveau nom qu'a pris le Cartel de 1924 eide 1932, depuis qu'il s'est placé sous le patronage de Moscou, Il cherche, par la diversité des candidatures, à égarer l'opinion.
Je laisse à mes concurrents le soin de s'en disputer les faveurs.
Pour moi, lidèle à ma position constante, je ne cesserai de démasquer ses hypocrisies et de combattre son influence.
Je vous dois de brèves explications sur mon attitude au cours de la législature qui s’achève.
Sur le terrain économique et régional, j'ai conscience de n’avoir jamais méconnu les intérêts que je devais soutenir.
Je vous rappelle seulement' mes interventions à la Chambre contre la taxe sur les licences d’importation (11 février, 24 février, 2-1 mai, 22 décembre 1933 — sur la hausse imprudente des barrières douanières et la rigueur des contingentements (23 mars 1935) — à propos des diverses lois viticoles où j’ai déposé et défendu de nombreux amendements (lir juillet 1933 et lu décembre Î934) — pour le rétablissement de l’Ecole des mécaniciens d'aviation de Bordeaux (30 mai 1933), etc*
Sur Le terrain des droits moraux de la famille et des libertés religieuses, j'ai protesté par le dépôt d'un amendement contre une mesure de brimade mesquine et sectaire, prise contre les enfants des écoles libres, à propos de la taxation des appareils de T, S* S. (23 mai 1933)*
J'ai demandé, à deux reprises, à interpeller sur l'attitude de certains intituLeurs qui compromettent de façon inadmissible la réputation de tout le corps enseignant (20 octobre, 7 navembre 1933).
Sur le terrain intérieur, je me suis élevé contre l'impunité dont jouissent trop aisément, soit des fraudeurs qu'on dénonce sans les poursuivre (21 décembre 1932), soit des détrous*
Kcurs de répargne qui se sentent protégés par.de puissants appuis politiques et parlementaires (18 et 23 janvier *934).
Sur le terrain extérieur, j’ai souligné l’imprévoyance socialiste dans la politique francoallemande (décembre 1932), j’ai protesté contre les conditions humiliantes dans lesquelles le Gouvernement, cédant aux sommations des gauches, avait reçu le chancelier d’Autriche {15 mars 1935) et j’ai, à deux reprises (16 et 27 février 1936) dénoncé les périls que faisait courir à la paix la ratification du pacte franco-soviétique, périls qui, hélas ! se sont depuis trop clairement manifestés.
J’ajoute qu’un aspect du problème du chômage a fait, de ma part, l’objet d’une suggestion transmise par voie de lettre ouverte au Président du Conseil.
Enfin, je signale à tous les électeurs que, si depuis longtemps tout le monde parle de rénovation professionnelle et corporative, la proposition de loi, signée par cinq de mes collègues et moi-même, vient de présenter le premier projet étudié et concret d’une organisation do la profession eide la vie économique du pays (proposition n° 6792).
Tels furent, rapidement résumés, quelques-uns de mes efforts au Parlement.
Répondrai-je en passant aux attaques ridicules et persistantes qui me reprochent de nom breuses conférences à l’étranger, dans lesquelles j’aurais porté tort aux intérêts de la France?
Dix -sept conférences en Belgique sur l’invitation, soit des étudiants catholiques, soit des conférences du cardinal Mercier, soit des hommes d’affaires et commerçants groupés dans l'association <t Mars et Mercure ï ; une conférence a La Haye, sur l'invitation des c Amitiés catholiques françaises » et en présence des Ministres de France, de Belgique, d’Autriche, de Roumanie et d’Italie ; une conférence à Luxembourg, sur l’invitation de d l'Alliance française n et en présence des Ministres de France, de Belgique et d 'Italie ; une conférence a Budapest sur l’invitation de a l’Association hongroise des affaires étrangères a et en présence des Ministres de France, de Belgique et d’Autriche; trois conférences en Suisse* on attendant celle e[ue je donnerai à Lausanne, le 5 mai prochain, etc., etc.
Mettons à part une conférence à Rome, dont fut bien entendu informé, par mes soins, M. le Ministre des Affaires étrangères et an cours de laquelle je demeure fier d’avoir, en des heures difficiles, montré, en effet, là-bas, le « vrai visage de la France »? qui refusait d’être entraînée à la plus folle des guerres contre une nation amie et alliée.
Voilà, mes chers concitoyens, trop longuement rappelé, l'essentiel dîme activité qui s’efforce d’être toujours utile au bien public, qui fut constamment d’un absolu désintéressement et dont j’affirme qu’elle n’a pas cessé un instant de mériter la confiance qu’en pleine connaissance de cause vous m'avez marquée en 1932.
Laisses-moi vous rappeler que, chaque année, conformément à mes engagements, j’ai fait devant vous de nombreux comptes rendus de mandats publics et contradictoires et que le silence qui y fut gardé par mes adversaires, fait un contraste singulièrement éloquent avec ie déchaînement d’attaques personnelles dont je suis soudain environné.
Jusqu’à la fin de la campagne, je m’expliquerai devant vous sur tous les problèmes si graves qui nous sollicitent. Je ne revendiquerai que le mérite de la netteté, de la franchise, de l'indépendance.
Je sais assez combien la 40 circonscriplion apprécie ces qualités dont j’ai le droit de me prévaloir, pour n’avoir aucun doute sur la victoire que, dès le 26 avril, vous assurerez à
voire député sortant et dont, par avance, il vous remercie.
Philippe HENRIOT
Député sortant do la 4” circonscription.
5e circonscription de BORDEAUX,
M* Akdhh NAPHLE
(Groupe socialiste*)
Elu pour la lrCf fois le 3 ruai 1936.
(Voir le programme du Parti socialiste S, F* I. Q«, p« 3,)
Désigné par l’unanimité des mililants socialistes de la 5H circonscription de Bordeaux pour représenter clans cette bataille le Parti socialiste S, F, l, O., c'est avec confiance que je vous soumets mon programme.
Tous les travailleurs, paysans et ouvriers, sont impitoyablement frappés par la crise économique et tous les Gouvernements dits « Union nationale » ont tour à tour, avec plus ou moins de rigueur, aggrave par des décrets-lois iniques les effets de cette crise*
Tous les commerçants, par répercussion, voient leur condition toujours plus précaire.
Après s’ être montrés les exécuteurs des volontés du grand capital, les mêmes Gouvernements, avec l’appui de toute la réaction, ont failli conduire la République à sa perle*
Seule, la vigilance des républicains, sous l'impulsion du Parti socialiste S, F, 1.0t, ea combattant la crise économique, cause initiale des dictatures, fera disparaître cette lourde menace.
C'est sur le programme du Parti socialiste S* F. L O, qu'il faudra vous prononcer*
11 correspond si bien aux préoccupations de tous que nos adversaires eux-mêmes essaient de vous en présenter des copies incomplètes.
Nous avons voté toutes les mesures qui tendent à l'amélioration du sort des travailleurs; notre rôle fut toujours d'en promouvoir de plus efficaces. Nous avons dénoncé la déflation exigée par la haute banque et systématiquement appliquée*
Seuls, nous en avions prévu les effets lamentables.
Nous voulons réparer les injustices commises au détriment des anciens combattants, des fonctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leurs familles*
Nous exigeons l'abrogation des décrets-lois imposés par une force qui domine 1 Etat : le grand capitalisme ;
Un fonds national de chômage industriel et agricole ;
De grands travaux d’urgente utilité, surtout dans nos campagnes (électrification, adduction d'eau, routes, hôpitaux, sanatorîa, écoles); la diminution des heures de travail, afin que tous travaillent*
Cultivateurs,
Vous bénéficierez de toute reprise générale de l'activité, et surtout de î accroissement aes revenus consommables Mais pour assurer une base stable à la revalorisation des produits agricoles et apporter un remède immédiat à votre détresse causée par la crise économique et par la spéculation, îe Parti socialiste S. F* I* 0, réclame :
lû L'institution des offices publics (Office du vin^ Office des produits laitiers, Office de la forêt), dont la gestion sera assurée par les producteurs eux-mêmes et qui, supprimant la spéculation, donneront un gain normal à tous ;
2° Le moratoire des dettes ;
3" L'unification des tarifs de transport;
4" Interdiction absolue du white-spirit et emploi de toutes les richesses de la forêt (bois, produits secs, essences) et à la fabrication de nombreux produits que nous achetons actuellement à l'étranger.
En politique fiscale, nous exigeons, afin d’alléger la fiscalité absurde que nous subissons :
La répression impitoyable de la fraude*
Le cadastre fiscal,
Et, à la base de noire programme économique.
Pour donner à ce programme son efficacité*
Pour donner à l'Etat sa liberté,
Au travail de tous enfin, le salaire humain que le travail exige,
Nous voulons nationaliser :
1° Les engrais vendus par les trusts 30 et 40 0/0 plus cher qu’à l’étranger; i Les assurances, dont les bénéfices considérables couvriraient largement l'assurance contre les calamités agricoles et le risque chômage ;
3° Les gi ands moyens de transports qui appliquent des tarifs si fantaisistes ;
4° Les mines (houille, fer) et l’électricité aux scandaleux profits ;
5" La banque de France, banque privée dont nous voulons faire la Banque de la nation.
Le Parti socialiste S. F. I. O. veut mettre un terme au privilège des 200 familles maîtresses de la banque et du crédit et, en même temps, maîtresses de tous les grands moyens de production cl d’échange,
A vous de dire si les 40 millions de travailleurs de notre pays doivent être sacrifiés au piofil de quelques-uns, ou si quelques-uns doivent abandonner leurs privilèges afin que 40 mil lions de travailleurs puissent vivre.
Dans le désarroi de l’Europe, l’établissement de la paix est la plus pressante de nos préoccupations. La paix, nous la vouions avec passion, avec ténacité. Elle ne peut pas être assurée par une sécurité basée sur les armes qui, en ruinant le pays, enrichit les marchands de canons. La sécurité véritable réside dans le désarmement général, simultané et contrôlé, dans la suppression de la fabrication et du commerce privé des armes, dans la solidarité internationale et la sécurité collective avec ententes économiques dans le cadre de la Société des Nations,
Ouvriers, viticulteurs, résinier s , maraîchers,
\ous etes tous solidaires et votre prospérité dépend de la prospérité de chacun d entre vous.
Au nom et avec l'appui de mon parti, qui est celui de la paix et de la justice sociale, je serai au Parlement le défenseur ardent et infatigable des intérêts de votre circonscription, qui est aussi la mienne*
André N A PH LE
Candidat do Parti socialiste S> F. I* O* Secrétaire fédéral adjoint.
6e c ir conscription de B ORDEAUX"
M, Pierre DIGNAC
(Groupe de l'alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendante )
Elu pour la lie fois le 16 novembre 1019, — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1938,
1er mai 1932 et et 3 mai 1936,
Mes chers concitoyens,
Dans une réunion de propagande, quil donnait il y a peu de temps, à Arcachon, un ancien ministre, député de la Gironde, tenait les propos suivants :
<( Ne vous laissez impressionner ni par les programmes qui se ressemblent tous, ni par les promesses qu’on ne tient pas. Seuls, les hommes comptent. »
En ce qui me concerne, vous pouvez revoir, contrôler mes professions de foi et mes déclarations publiques : vous n’y verrez aucune promesse, aucun engagement, mais Tunique souci de réaliser pour vous le maximum d’activité.
11 n’est pas une personne ayant fait appel à mon concours, dont je puisse subir le reproche do n’avoir accueilli ses doléances, à quelque classe, à quelque opinion qu’elle appartienne. Sans doute, n’ahje pu satisfaire tout le monde ! Sans doute aussi, me heurterais- je à des situations ou à des difficultés locales qui, trop souvent hélas 1 déloyalement exploitées, faussent de parti pris les sentiments et les opinions.
S’il en est vraiment, dont le caractère et la mentalité sont pauvres à ce point de ne pouvoir s’élever au-dessus de mesquines querelles de clocher, pour ne voir que ! intérêt du .pays — et non le mien, qui n'existe pas — je les plains !
Depuis trente- quatre ans j'administre courageusement — car tout n’est pas sans amertume dans les fonctions municipales — une des plus importantes communes de la Gironde ; j’appartiens depuis trente- trois ans à T Assemblée départementale, et après avoir passé quatorze mois dans les conseils du Gouvernement de la République, je viens, pour la cinquième fois, solliciter vos suffrages.
Aux populations de cette belle région, oii je suis né, où j ai toujours vécu et que je connais si bien, je ne ferai pas l’injure de me présenter.
Mou passé sans tache, ma vie publique inattaquable, les réferences parlementaires Les plus élogieuses sont autant de témoignages de fierté qui rejaillissent sur vous, beaucoup plus que sur moi- même.
Politiquement, je n’ai jamais changé. Républicain et patriote, tel vous m’avez connu dès mon entrée dans la vie publique, tel je suis resté, alors qu’autour de moi s étalent sans pudeur les variations les plus extravagantes. Aussi suis-je bien persuadé que beaucoup, qui ne partagent pas entièrement mes opinions, me donnent quand même leurs suffrages, parce qu’ils me jugent, à cause: de cette rectitude, plus digne que d’autres de leur confiance ; je les en remercie.
^ C’est là, d’ailleurs, à la fois, la qualité et le défaut du scrutin d’arrondissement, qu’il faut prendre tel qu’il est : l’homme compte plus que le parti. C est pourquoi j ai pensé
avec tant d'autres, qu'il est préférable avec la situation politique actuelle, de changer ïe scrutin électoral pour dégager les partis de gouvernement de la chaîne qui les lie aux extrémistes* Les; députés élus au second tour, avec l’appoint, de ces voix, ne font que la politique de leur intérêt; et c'est là tout le drame de la législature qui finit*
Aussi, comme conséquences d’un pareil scrutin, voyez- vous surgir de partout les candidatures les plus inattendues* Quoi de surprenant à cela, quand aujourd'hui, tout est à l'envers ?
Tels commandent qui devraient obéir, et comme le disait un spirituel parlementaire : « N importe qui veut être n'importe quoi, iv importe quand et n 'importe comment 1 »
Les ambitions les plus invraisemblables se donnent libre cours* C est vraiment une étrange époque !
Ces considérations, mes chers concitoyens, ne me dispensent pas de vous parler des importants problèmes qui inquiètent à juste titre l'opinion publique ; je le ferai avec toute mon indépendance*
La législature qui finit aura donné, sur tous ics terrains, les résultats les plus décevante
Responsables devant les électeurs qu'ils ont trompés, ceux qui, en 1932, avaient tout promis et d ont rien tenu, cherchent aujourd’hui à s'abriter derrière de nouvelles formules, pensant ainsi faire oublier las fautes lourdes du Cartel des gauches et du Front commun.
Leur dernière trouvaille ; « le Front populaire », avec les trois mots flamboyants : « Paix - Pain - Liberté n est encore un de ces puérils et stupides schémas, uniquement destinés à frapper l'imagination, des foules*
Gomme s il était possible de trouver un seul Français capable de rtc pas accepter pareil programme dont aucun parti n’a le droit de revendiquer le monopole !
Aucun subterfuge, aucune manœuvre ne pourront effacer le bilan désastreux de leur passage au pouvoir.
Commencée dans le désordre* la législature du Cartel a fini dans l'émeute et dans k boue, laissant le pays désabusé, eu face des plus graves dangers de l'extérieur.
Le Cartel des gauches est entré à la Chambre en vainqueur ; il était le maître absolu ; rien ne pouvait l'empêcher de tenir ses engagements*
U n était pas au pouvoir depuis deux ans que la débâcle battait son plein; la majorité, à bout de souffle et désemparée, appelait au secours le président Doumergue, comme, en 1926, elle avait pareillement imploré le président ^oincaré*
Lt voici qu aujourd hui, malgré les angoisses oe l'heure présente, les mêmes manœuvres, les mêmes procédés recommencent*
La confiance a pourtant des limites. Si la masse ne comprenait pas qu'elle a été dupée et qu elle le serait encore^ il faudrait alors désespérer de sa raison : je ne le crois pas.
ois
Le bilan du Cartel, les décrets lois, la question financière, capitale, préoccupent les financiers de tous les partis*
Les causes des difficultés, que certains jugent inextricables, sont de nature bien diverse*
Démagogie? bolles dépenses? Budgets électoraux? Sans doute ï Car îa plupart des représentants — de toutes les opinions, hélas î — en sont malheureusement arrivés à ne plus connaître de limites dans le vote de lois coûteuses, souvent d'ailleurs mal appliquées, A côté de légitimes sacrifices que la Nation doit s'imposer, à la fois pour ceux qui Font sauvée et pour ceux qui la servent, il y a beaucoup trop de démagogie ; c'est un mal parlementaire qui tuera le pays si on ne ®e décide à prendre des mesures draconiennes*
Sur ce terrain-là, je ne suis pas suspect, car mes votes ont toujours, dans la limite du
possible, tenu compte de F intérêt général. On me les reprochera, car j'ai courageusement accepté la responsabilité de mesures impopulaires, que d'autres* pourtant responsables, se gardent bien .d’endosser. Politique lamentable et lâche qui conduit tout droit à la misère du peuple en ayant Y air de le servir.
Les décrets-lois ;
Là, comme partout, c'est une question de conscience et de raison. ï! eût été si commode de ne pas les approuver.
Maie quand on est au bord du gouffre, que doit -on faire? Ah ! je sais bien que les décrets lois ont été mal accueillis parla grande majorité de nos concitoyens, et la crise qui nousatteint tous, menaçant même ceux qui se croient à l'abri de ses coups, n'est pas une explication suffisante.
Mais pourquoi nous a-bon présenté ces décrets? Pourquoi l’obligation de les voter ? Pourquoi cette mesure %anti-républicaine, anti démocratique, anti-constitutionnelle, si elle n'avait été provoquée par l'incapacité et le désordre de la majorité ?
Je ne veux faire ici qu'une simple comparaison : De 1919 à 1924, sous les ministères du «Bloc national » : pas un décret-loi !
Le Cartel arrive en 1924 ; aussitôt, obligation, sous peine de faillite, de faire appeler M. Poincaré : vote de décrets-lois par la plus grande partie de la majorité cartel liste.
De 1928 à 1 932, retour à la majorité anti-cartellistc, avec les ministères Poincaré, Tardieu ci Pierre Laval ; Pas un décret-loi.
Voici 1932, et le retour du Cartel des gauches ; en moins de temps qu’en 1924, même faillite, même catastrophe : Recours forcé aux décrets-lois avec le président Doumergue, Flandin, Pierre Laval et la meme majorité parlementaire î
Alors ! où sont les responsables ?
Certes, qu’on humanise certains de ces décrets, je le comprends.
Mais, tou P de même 3 qui donc a provoqué celte politique? Et si, comme Falfirmènl les extrémistes, ces décrets étaient inutiles, pourquoi le Gouvernement actuel, qui ne peut exister que par le Front populaire: ne les a-t-il pas immédiatement abrogés?
Gomment pourra-t-on remédier bientôt à celte grave situation ? Comment éviter des emprunts, comme ceux faits à T Angleterre, alors qu’ils seront à peine suffisante pour aller jusqu'en juin ou juiilel ? A ce moment-là, et peut-être meme a bref délai, plus rien en caisse. Or la politique d’emprunt, qui ne résout rien, ne peut se perpétuer,
La confiance est malheureusement partie et cela parce qu’il n'y a ni ordre, ni discipline* ni autorité,
La politique intérieure :
S’il est indispensable, pour assainir nos finances, de prendre des mesures énergiques, de protéger l’épargne contre les aigrefins, les pilleurs et leurs complices, il est tout aussi nécessaire d’assainir une moralité publique qui est, à mon avis, une des causes des difficultés de la poli tique intérieure.
Le niveau de la représentation populaire — c’est un fait indiscutable — baisse à chaque législature ; les partis extrêmes, divisés sur presque tous les articles de leur programme, passent leur temps à s'attribuer la responsabilité des désastres, alors quils se trouvent toujours d’accord, chaque fois qu’îi s’agit de sauver leurs situations électorales.
On s’allie pour se faire élire, on ne peut s'entendrè pour gouverner.
Le Cartel des gauches ne veut pas et ne peut pas prendre le pouvoir, parce que les partis qu'il groupe ne sont d’accord sur rien de positif.
Maudire les « fascistes », sans d'ailleurs être capables d'expliquer le sens de ce mol, c’est évidemment facile 3 Mais gouverner le pays, le préserver de la guerre, ou simplement faire les échéances, c'est une autre histoire 1
Or si ces partis ont été incapables jde s’entendre en 1932 et en 1935 pourtruoi le» seraient-ils en juin 1936? ■ f 'i
Et comme il y anraiL vraiment de cpioï rire — si ce n’était pas écœurant ! — - de voir cette majorité, sous prétexte de renverser Pierre Laval, qui ne plaisait pas à Moscou, voter les yeux fermés, pour un ministère qui comprend : un représentant des marchands de canons (authentique celui-là, puisqu’il est de la firme Schneider du Creusot) ; pour deux membres, milliardaires, de ces 200 fameuses familles qui « asservissent » les travailleurs pour un membre de la Jeunesse patriote et pour un autre appartenant à des formations du colonel de La Roque ! L’Humanité comme Le Populaire trouvent ça tout naturel
Etonnez-vous donc, dans cette lamentable gabegie, de la révolte populaire! L’affaire UavisLy, éclatant à ce moment-ià, fit déborder la coupc, et c’est là qu’il faut chercher la cause des événements du 6 février, qu’on a vainement essayé de travestir et d’exploiter.
Les événements du G février :
Il n’est plus possible, en effet, documents en mains, de laisser "la moindre équivoque sur les événements de ces heures tragiques que j’ai personnellement vécues. C'est l'union de tous les mécontentements, de toutes les inquiétudes, de tous les dégoûts contre les scandales et la corruption, qui ont créé le fi février.
l„,.nll,V.rari'1,TP',n,Sf'fL ' °'“l '* Cha“'b?e d" «•«*• «l « socialistes avec leur lamentable faille .dit l. HummM du 7 février, qui annonçait le lendemain, en aros caractère que « le Mimstère des fusilleurs avait démissionné ! »
« Le Gouvernement sanglant, soutenu par le Parti socialiste, a préparé la venue au pouvoir de 1 Union nationale. » (Marcel Cachin).
Cette nuit tragique a révélé les possibilités de révolte de la part des honnêtes gens elle a eu pour résultat inévitable la résistance organisée.
Les ligues :
G est ainsi que, fatalement, en présence d’une carence trop longue de l’aulorité
gouvernementale, les ligues sont nées. ° lauiome
erm IJi<T rnt d’aCti°n’ d’un instinct de conservation, devant l’audace
cro saute du commumsmc. Elles sont nées de l’anarchie et des scandai parlementaires
pour tenter une reconstitution de l’ordre devant l’immence amas de déceptions dé Îon°nahÏÏme ^ 16 déchaÎRement Compilant des assauts rév’olu-
Certes, il n’est pas un homme raisonnable qui ne puisse s’élever contre des violences u qu e es viennent et quelles que soient les victimes ; mais alors, il faut sévir contre toutes los violences et contre tous ceux qui les provoquent
C’est avec une bonne foi et un esprit de modération qu’il est souvent difficile de
demandera des partisans révoltés qu’il faut juger sainement la mentalité et les vérRables buts poursuivis par certaines associations. ver, tables
excmM “0 ''°nd“m"erai Paf- Ics ^rmés, des ligues dont le seul programme par
ex mple, courte a barrer la route au drapeau rouge et qui ne veulent pas que la France
s i gouvernée par des hommes recevant leurs instructions de Moscou de Berlin de Rome ou de 1 etranger ; Je ne veux pas condamner les ligues oueiles „ Tu T
d’.olio,, politique, auront .impl.meut déclaré jlr ” n T’I “ "
propres, patriotes et courageux q P des hommes Purst
ai “ P'“ déchirements intérieurs qu'c» e.piciic
Les fonctionnaires ;
Et puisque je suis sur la politique intérieure, je ne veux pas — à dessein passer
sous silence cette question, justement à cause de l’attitude qu'on m’a injustement et « malhonnêtement » prêtée et parce qn'ii n'est plus possible aujourd'hui de ne pas poser le problème devant l’ opinion.
Je pense que la grande, îa très grande majorité des fonctionnaires publies est composée d'hommes sérieux, attachés à leurs fonctions, hostiles à la propagande révolutionnaire d'une minorité de meneurs.
Or ce sont ces meneurs, presque "toujours les moins qualifiés, qui se livrent à des démonstrations publiques, souvent déplacées, que leurs collègues sont bien loin d'approuver.
S’il est naturel de laisser à chacun sa liberté d’opinion que personne n'a jamais entravée, il est intolérable de voir s’immiscer dans les luttes locales des fonctionnaires que leur devoir, à défaut de leur ambition ou de l'incompréhension de leur rôle, commanderait de se tenir en dehors des compétitions politiques, surtout dans la propre commune ou ils exercent.
Le nombre incroyable de fonctionnaires et plus spécialement d'instituteurs, qui se lancent à corps perdu dans les batailles politiques, est un signe des temps. Et si je cite exprès cette catégorie de fonctionnaires, c'est parce que j’ai îa prétention — appuyée par des actes — d'avoir toujours été le défenseur de l'école et de ses maîtres.
Dans cette circonscription seulement, sur trois de mes adversaires, iî y a deux instituteurs : l'un, M, (Juillet, instituteur-adjoint dans le departement, l'autre, M. Duché*, instituteur-adjoint à A réaction. Or, en Gironde, sur treize circonscriptions, il n'y a que onze instituteurs candidats !
C'est leur droit le plus absolu, je ne puis que le reconnaître, mais vraiment es Lee leur devoir? C'est à vous d'en juger.
Mais c'est aussi mon droit de constater ce fait que s'il ne doit pas y avoir de fonctionnarres diminués, il y en a qui sont, plus que d autres, tenus à imc réserve que leur impose le rôle délicat qu'ils remplissent.
11 n'est pas admissible, sous prétexte de tolérance et de liberté, de faire simplement une politique — quelle qu'elle soit — qui puisse blesser les sentiments de ceux qui ont obligatoirement affaire à eux. Il est de même inconcevable de laisser publier, à la suite ô\m Congrès syndicaliste, les pires résolutions, prises à la fois contre le Gouvernement et contre le pays.
C'est ainsi qu'à leur dernière assemblée, on a pu voter un ordre du jour préconisa ut la grève générale au cas ou les solutions prises ne seraient pas acceptées.
Et c'est au chant de V Internationale, précédés du drapeau rouge, qu'ont défilé, à Nice, les délégués des instituteurs de France! On ne peut tolérer pareil scandale. L’ouvrier, lui, a le droit de se mettre en grève s'il a des raisons de quitter son travail ; il ne dépend de personne ; il est libre. Le fonctionnaire ne Test pas ; il est au service du public, car personne ne lui a imposé sa profession. Si elle ne lui plaît pas, qu'il l'abandonne.
Le Front populaire :
Cette formation politique, ou plutôt électorale, est la forme nouvelle du Bloc clés gauches, avec cette différence essentielle et significative, quelle a-été créée par Moscou, qui la dirige ouvertement*
La Gazette de Lausanne , toujours bien informée, publiait ces jours-ci sons le titre La main de Moscou à Paris, un article extrêmement documenté sur le plan des révolutionnaires.
(f Le Parti communiste, écrit-il, a créé des sections secrètes spéciales, en vue d'une activité terroriste, » Et le journal ajoute, sans jamais avoir été démenti : « Pour la préparation du travail révolutionnaire, le Parti communiste français vient de recevoir de Moscou 25 millions. »
Aussi effarantes que puissent être de pareilles publications, elles ne sont encore rien à côté de celles que le communiste Doriot, ancien grand chef des Soviets à Paris, a publiquement étalées à la tribune du Parlement, le '20 février dernier, devant le silence glacial de ses collègues atterés et dont pas un n'a osé protester*
Ces révélations, à propos du pacte franco “-soviétique, ont produit sur l'Assemblée une telle impression que si des considérations d’ordre diplomatique et probablement, hélas ! politiques — que, pour ma part, je ne puis admettre — n’avaient imposé une approbation dont j'avais raison de redouter les conséquences, jamais la majorité du Parlement n aurait suivi le Gouvernement»
Le « Fron t populaire » marche donc aux ordres d'une puissance étrangère qui fomente en Algérie, en Alsace et dans nos colonies des révoltes contre la France.
Le « Front populaire » na aucun programme, aucun idéal ; c'est un rassemblement destiné à capter des suffrages et des sièges, pour se séparer ensuite, dès qu’il s'agira de gouverner.
Mais les partis qui le composent ont eu bien soin de déclarer qu'ils gardaient entiers leurs doctrines et leurs programmes. Il ne faut donc pas oublier que les S. F. I. O., ainsi que les communistes, se sont mis d’accord, le 18 novembre dernier, sur un projet commun constituant la charte nouvelle du « Parti unique du prolétariat ».
En voici les principaux passages, la plupart renouvelés de la charte de 1905 : « Le Parti unique du prolétariat est mi parti de classe qui a pour but la conquête du pouvoir, c'est-à-dire transformer la société actuelle en une société collectiviste ou communiste*
a Le Parti unique n’est pas un parti de reforme, mais de lutte de classe et de révolution.
u II refusera au Go u ver. ornent les crédits militaires.
« Ainsi seulement l’Etat bourgeois pourra être détruit et remplacé par l’Etat prolétaire sur lequel s’exercera sa dictature
« Le Parti unique repousse toute politique de collaboration pendant la guerre, comme pendant la paix ; il ne s’engagera dans la voie de l’union sacrée, dans a/tteun cas et sous aucun pré texte» »
Ajoutez à ce programme la mention reproduite pour ce qui touche aux petits commerçants, aux petits artisans, et autres travailleurs de cette catégorie : « Les commerçants sont des parasites condamnés h disparaître, on est obligé de leur dire qu’ils doivent être mangés a une sauce ou à l’autre : voilà pourquoi, à tout prendre, ils devraient disparaître. »
Vous y trouvez également, reproduite dans la brochure : Pour devenir socialistes, qu’en ce qui concerne la famille, la phrase textuelle suivante : « Un enfant, encore une fois, n’est pas 3a propriété, la chose des parents ; ils n’ont pas le droit d’en disposer à leur guise jp, alors vous comprendrez pourquoi nous sommes stupéfaits de l'inconscience, pour ne pas dire plus, de ceux qui ont juré de se désister publiquement dans les circonscriptions où jouerait le second tour, pour ces adeptes de la cité future.
Sa victoire serait une catastrophe dont le pays ne se relèverait pas.
Je souhaite ardemment et patriotiquement que les événements prochains ne me donnent trop raison.
La politique extérieure ;
Au cours de l’histoire du monde, jamais Nation n’a reçu d’avertissements .aussi formels et aussi explicites que la France de 1930. On me rendra cette justice que depuis longtemps, en toutes circonstances, je n’ai cessé d'alerter mes concitoyens sur le danger réel du péril extérieur*
J’ai même élé pris à partie dans des feuilles socialistes pour avoir, paraît-il, en 1933, écrit un article « alarmant » sur le danger réel des armements de l’ Allemagne.
11 n’était pourtant pas besoin d'être doué de dons spéciaux de divination pour savoir, même alors, ce que l'avenir nous réservait.
Les signes de l'indéniable volonté d’agression qui anime 1 Allemagne hitlérienne se multipliaient selon un rythme effrayant.
Aucun homme de bonne volonté ne pouvait douter que le Reich préparait la guerre et
que ces préparatifs étaient à peu près achevés.
Et c'est le moment que choisissaient les socialo-comniumstes pour prêcher le désarmement et refuser les crédits militaires de la France.
Le Français moyen — puisque ce mot est à la mode — veut passionnément ta paix ; malheureusement, il ne veut pas voir le péril quand on le lui montre.
Il croyait et iLcroit que l'institution de Genève était destinée à lui épargner le retour des horreurs de la guerre ; il est encore animé par la mystique de ta Société des Nations. C'est la raison de son étonnement quand il s'aperçoit que toutes les manœuvres des Nations intéressées aboutissent, involontairement on non, à un résultat contraire.
Or personne, aujourd’hui, ne consentira à se battre contre l’Italie, contre l'Allemagne, contre l'Angleterre ou la Russie pour la Société des Nations.
Le conflit italien :
C’est la raison pour laquelle il a paru exorbitant à la grande majorité du peuple français que le conflit italien, dont on a sciemment faussé les véritables origines, puisse dégénérer en conflagration générale.
Instinctivement, nos regards se tournaient vers cette frontière de l’Est où, par trois fois en un siècle l’envahisseur a passé. U est encore là, silencieux, redoutable, guettant nos divisions, profilant de nos luttes intestines pour saisir l’occasien qu’il attend. Or nous savons de quel poids a pesé dans la balance la neutralité de l’Italie, puis l'intervention de
ses armées*
À aucun prix, il ne fallait perdre son amitié.
C’est cette politique sage et réalisatrice que faisait Pierre Laval et qui nous avait sauvé déjà d’un conflit, éventuel. Mais Moscou veillait, et pour des fins aujourd’hui dévoilées, le
Gouvernement des Soviets a provoqué sa chute.
L’application des sanctions contre l’Italie était une très délicate opération dont les auteurs principaux ne sont guère les plus lésés. Les sanctions ont surtout affecté notre commerce et notre industrie ; notre région souffre particulièrement, en ce qui touche notamment aux produits résineux, de la fermeture du marché que nous ne retrouverons peut-être plus !
Pendant ce temps, F Angleterre et les Etats-Unis fournissent le pétrole et les matières
premières qui intéressent leur commerce*
Et Von voit cette absurdité incroyable du « Front populaire » soi-disant anti-capitaliste, voler au secours des grands trusts pétroliers qui ont obtenu des concessions du Négus, et prendre fait et cause pour un peuple féodal, esclavagiste, où les tortures et les supplices
sont encore appliqués* i
Les sanctions économiques, c’est le chômage pour 30.000 ouvriers français, la mise en défense des1 Alpes, nous obligeant de retirer de la frontière allemande dix à quinze ^ divisions.
Le 13 mai 1931, M. Baldwin déclarait aux Communes : « Il n’existe pas demandions efficaces qui ne signifient la guerre.
Le lil juillet 1933, c’est M. Chamberlain : « Ii ne sert à rien de parler de sanctions sans guerre K
Et c’est Marcel Déat, actuel Ministre de l’Air, qui écrivait ; « La sanction, cela veut dire la guerre à l’Italie. Non, nous n’entrerons pas dans la guerre pour l'amour de l’Ethiopie, ni meme par haine du fascisme. Nous ne recommencerons pas, au nom de la Société des Nations, les guerres qui ont perdu la Révolution française. Cette volonté de
n’êtro ni dupe, ni victime, indignera sans doute nos * prophètes » (allusion à Léon Blum) • elle est Ja volonté farouche du peuple, »
Le pacte franco-soviétique ;
Or voici que surgit un problème, plus redoutable encore, par ses conséquences : le pacte franco-soviétique*
On peut défendre ce traite par toutes les raisons diplomatiques, par tous les arguments d ordre extérieur, jamais on ne m’entraînera personnellement à suivre un Gouvernement qui, sciemment, méthodiquement, poursuit l’unique but de fomenter par la guerre Ja révolution communiste. Quoi qu’il dise, quoi qu’il promette, le Gouvernement soviétique, en effet, n’a qu’une raison d’être : c’est d’entraîner à la guerre les pays non
Us nous ont trahi en plein conflit, faisant tuer 300.000 de nos enfants ; ils nous ont volé cyniquement, ruinant près de 4 millions de petits épargnants. Or ce sont les mêmes
hommes et les mêmes dirigeants qui nous offrent aujourd’hui leur concours et Heur amitié*
L'écrasant réquisitoire du député communiste Doriot n’a pu que justifier mes craintes, et, s’il en était besoin, mon opinion et mon vote. Quand on pense que ce sont les représentants des Soviets en France qui dirigent le Front populaire, qui fonL partout la loi, quand on pense que les députés communistes français n’ont même pas le droit de parler à a tribune, librement, mais le devoir de lire, sans en modifier une virgule, les testes que Moscou seul leur a dictés, c’est à se demander si ceux qui les suivent ne sont pas vraiment déséquilibrés. Ce serait leur seule excuse.
Or voici que j’avais à peine terminé cette profession de foi, qu’à la suite des réunions de Londres et de l’attitude de Moscou dans le conflit créé par l’acte inconcevable d’Hitler que se dévoile presque ouvertement le but poursuivi par les Soviets ; la guerre devenue necessaire, si on n’arrêtait pas net leurs manœuvres.
Ceux qui protestent - enfin éclairés — ne sont pas suspects. C’est le député radicalsocialiste Jean Monligny qui écrit ; « La Russie mérite toutes les suspicions et nous pousse a la guerre. » Mais c’est aussi et surtout le député S. F. I. O. Spinasse, qui, le 19 mars dermer à la réunion de son groupe, à Paris, s’est indigné, à juste titre de la position,
. ,n significative de L’Humanité et notamment du député communiste Péri : « Cette attitude du Parti communiste, a-t-il dit, risque d’entraîner la France dans une guerre préventive destinée à protéger plus la Russie des Soviets contre l’Allemagne que le territoire français, )> 1
Nous faisons donc un tragique marché de dupes avec des gens qu’aucune parole aucune signature ne peut engager. Pendant qu’ils traitaient avec la Franco, la Sûreté generale arrêtait à Strasbourg leur espion Iîberlein, membre influent avec Staline, avec Cachin, Uuclos et Thon», parlementaires français, de la IIP Internationale. Cet Eberlein. semait 1 or russe pour la propagande révolutionnaire*
Et pendant qu’au Parlement, le Ministre actuel des Affaires étrangères expliquait à la Chambre que Moscou s’assagissait, le communiste Thorez expliquait, lui, aux communistes de la banlieue parisienne que si l’on signait le pacte, c’est parce que c’était le meilleur moyen cl arriver à la Révolution,
C’est le but atteint, en Espagne. Le journal anglais Daily Mail le disait ces ionrs-ci;
« Les affaires d Espagne vont de mal en pis depuis que les meneurs bolcheviks agissent ouvertement sur leurs agents espagnols. L’argent des Soviets est employé à provoquer les
desordres. Moscou ne dort jamais. Partout se manifeste sou activité néfaste et son. mauvais génie &
ÿi *
Pendant ce temps, l'Allemagne armait sur une échelle gigantesque et à une vitesse sans pareille. Toute la volonté d’Hitler était concentrée nuit et jour sur les préparatifs dans les airs, sur terre et sur mer. Toutes les usines privées sont absorbées par la construction des armes les plus formidables que la science et la discipline peuvent concevoir et organiser.
Elle n'attendait qu'une occasion d’accomplir un geste sensationnel* Ce pacte francosoviétique la lui a fournie.
Et nous voici aujourd’hui devant l’implacable réalité.
Le moment n’est plus de s’indigner, de gémir ou de maudire les erreurs criminelles de ceux qui n’ont rien voulu voir ou entendre ; il est bien superflu de constater les conséquences, péut-être irréparables, de votes démagogiques nous privant des armements, qui nous manquent aujourd’hui, pour nous défendre et pour nous faire respecter*
Le peuple, dont les yeux ne s'ouvrent, hélas I qu’au moment même où éclate la foudre, peut aujourd’hui juger quels ont été ses meilleurs guides : ou ceux qui avaient le courage de lui dire la vérité, malgré tout ce qu’elle comportait de pénible, ou ceux qui, pour le flatter et eu tirer de bas profits électoraux, abusaient de sa crédulité et de sa bonne foi.
Ceux qui ont eu le courage, en 1931, de voter les crédits militaires pour constituer cette ligne de protection de nos frontières qu’ André Maginot suppliait la Chambre de lui accorder, peuvent aujourd’hui se féliciter de leur attitude : c’est le seul bouclier, la seule cuirasse qui puisse protéger notre pays, épargner la vie de nos enfants et barrer la route à l’envahisseur*
Ah [ quels sarcasmes contre nous à ce moment-là I Tous les socialistes, qui n'étaient pas encore divisés, tous les communistes, d'un commun accord, ont refusé au pays le prix de sa sécurité, alors que tous les radicaux, jacobins, patriotes n’ont pas un seul instant hésité.
Tous les candidats que j’ai contre moi aujourd’hui, tous sans exception, étaient à ce moment là socialistes unifiés et communistes et ont suivi leurs dirigeants dans cette belle action,
C’est par 405 voix contre 166 que les crédits ont été accordés.
Quand des hommes, qui n'ont pas l'excuse de l'ignorance, commettent des erreurs aussi tragiques, dont les conséquences peuvent être fatales à leur pays, responsables de l’insécurité des frontières, ils doivent subir à juste titre le châtiment qu’il ont mérité.
Pas une excuse, pas une voix, pas un suffrage à ceux qui n'ont su ni voir, ni prévoir*
À vous donc, maintenant, mes chers concitoyens, de réfléchir et de juger*
C'est à votre raison et à votre bon sens que je m’adresse* Le régime représentatif, vous le voyez, souffre d'un mal qui est plus dangereux et plus mortel qu’on ne le suppose^ 11 faut mettre au plus tôt le fer rouge dans la plaie*
Les expériences passées, partout concluantes, ne peuvent pas se renouveler*
Chaque fois que la faillite a surgi, vous l’avez tous constaté, une majorité de trêve s'est formée pour parer aux dangers les plus pressants.
Jamais réquisitoire plus implacable n’a été écrit contre le Cartel que celui de M. Guernui, Ministre actuel de l'Education nationale :
« Nous avons fait l'Union nationale : en 1914, devant la guerre ; en 1926, devant la faillite ; en 1932, devant l’émeute. »
Cette union ne peut, aujourd'hui, se refaire dans les mêmes conditions.
Elle ne peut plus être une coalition provisoire, car rien dans la doctrine ne sépare complètement les partis républicains du Gouvernement, mais une union véritable, sur un large programme commun.
La solution nJest pas dans les partis qui se déchirent, mais dans le choix des hommes qui veulent s’unir.
C'est par les hommes que vivent et que meurent les régimes ; ce n est que dans leur concorde et non dans leur division que peut se concevoir le salut du pays.
Pierre DIGNàG
Officier de la Légion d'honneur.
Crois de guerre.
Maire de La Teste.
Conseiller général do la Gironde»
Ancien Ministre.
Député sortant.
7* circonscription de BORDEAUX.
M. Gaston CABANNES
(Groupe socialiste.)
Elu pour la Pe fois le 8 mai 1032, — Réélu le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S, F, L O,, p. 3,)
Mes chers concitoyens,
En sollicitant à nouveau vos suffrages, j*ai la conviction d'être resté fidèle aux promesses que je vous avais faites en 1932,
Durant les quatre années de cette législature, par mes votes, je me suis efforcé de mon mieux à activer la réalisation des réformes inscrites dans lé programme sur lequel vous m aviez élu : programme d action et de réalisation positives et pratiques qui n'est aulret d'ailleurs, que celui du parti socialiste (S, F. I. O.) dont j'ai été l'élu discipliné.
1 our résorber le chômage, j'ai voté toutes les propositions comportant la création d'un fonds national et 1 instauration de la semaine de quarante heures avec maintien des salaires actuels, 1 ouverture de grands travaux financés par les disponibilités financières de la * Caisse des dépôts et consignations et de l'épargne publique. Ces travaux, selon les disposi¬
tions du projet Redouce, comportaient un caractère essentiellement utilitaire et régional, destinés plus particulièrement à la r élection de l'outillage agricole et à la réalisation d’oeuvres communales rurales.
1 our combattre la crise économique, je me suis opposé à toute mesure de déflation et en particulier à la prise en considération des décrets-lois*
J ai voté la création des offices nationaux destinés à organiser la production nationale
et a lui assurer les débouchés réguliers : Office du vin, de la viande, du blé, des engrais, du lait et des interets des producteurs de Fruits.
Toutes les propositions visant la nationalisation des industries de guerre, des assurances, des mines, des chemins de fer, etc., ont non seulement recueilli mon approbation, mais également mon suffrage*
Ancien combattant et réformé de guerre, fai volé contre les décrets Doumergue et Laval, réduisant le taux des pensions et des retraites des combattants et des victimes de la guerre.
Républicain et socialiste, j'ai voté contre les pleins pouvoirs au gouvernement Laval, car, adversaire résolu du fascisme et de ses pratiques, je me suis efforcé par là, d’accord avec tous les éléments de gauche, véritablement sincères, de barrer la route à la réaction, qui, le f» février, menaçait de ruiner les institutions républicaines et T autorité du Parlement issu du suffrage universel.
En matière fiscal er pour rétablir l’équilibre budgétaire et redonner à ncs finances l’élasticité nécessaire, j’ai voté les propositions de mon parti concernant la répression de la fraude fiscale et du gaspillage des fonds publics.
Du point de vue politique, il n'est peut-être pas inutile, à la veille de la consultation électorale, de rappeler qu’en présence de certaines défaillances individuelles, je fus le seul des élus de mon parti qui lui resta fidèlement attaché* Si le respect des engagements pris constitue la garantie essentielle que Ton est en droit d’exiger d'un homme politique, je suis certain d’avoir respecté les miens*
Àu cours de la campagne dernière, je vous avais promis d’être au service absolu des intérêts et des revendications légitimes des collectivités communales ou des électeurs, je n'ai rien négligé pour faire obtenir satisfaction, dans la mesure du possible, bien entendu, a ceux qui m'ont fait l'honneur de solliciter mon concours*
En ce qui concerne la viticulture, je me suis associé à toutes les démarches collectives auprès des pou\ oirs publics* ayant pour but d'atténuer, en sa faveur, les conséquences désastreuses de la crise* J’ai voté et voterai de même à l’avenir toutes les mesures destinées à réorganiser à son profil le marché extérieur, à lui créer des débouchés nouveaux, à simplifier les formalités administratives qui entravent l'exportation de ses produits, h réprimer la fraude et les falsifications scandaleuses sur les appellations d origine et à sauvegarder les intérêts généraux trop sacrifiés de la viticulture girondine*
Je reviens devant vous, persuadé d'avoir rempli scrupuleusement mon mandat et avec cet avantage sur mes concurrents de pouvoir être jugé sur des actes ou des votes publics et non plus sur des promesses faciles. Investi une fois de plus de votre confiance, je prends l'engagement de lutter, comme par le passé, en faveur d'une politique de défense ouvrière et paysanne hardiment réformatrice et efficace.
Mon élection signifiera également votre désir de paix dans les cadres d une Europe reconstruite et désarmée, grâce au rapprochement entre les peuples sous l'égide de la Démocratie socialiste victorieuse,
Gaston CA BANNES
Réformé de gûcrre*
Maire de FloLac.
Coîiaeilier général.
Député de la I0 circonscription*
Programme *
Au point de vue poli ti tique :
1° Désarmement et dissolution des ligues para* militaires et fascistes;
2° Application stricLe des lois de défense républicaine, votées sons la pression du parti socialiste, par le Parlement;
3° Représentation proportionnelle;
4Û Suppression du Sénat;
5° Abrogation des lois scélérates;
6° Contrôle des ressources de la presse ; lù Amnistie générale en matière politique;
8° Laïcité de l'Etat ;
9* Création d'un service public national d éducation, fondé à fous les degrés, sur la laïcité Intégrale, la gratuité et la sélection ;
10° Abrogation du décret-loi sur les écoles normales primaires.
Au point de vue économique et social :
1° Abrogation des décrets-lois iniques qui ont réduit traitements, pensions, allocations d'assistance ;
2° Création immédiate d’un fonds national de chômage ;
3J Pour les chômeurs, moratoire des loyers avec indemnisation des petits propriétaires grâce à une caisse de compensation ;
4 Organisation de la lutte contre tous les fléaux sociaux (tuberculose, cancer, syphilis); 3° Diminution des heures de travail sans diminution des salaires (semaine de quarante heures);
6* Contrats collectifs et vacances payées ;
7“ Mise sous séquestre des entreprises en déconfiture, afin d’éviter le renvoi de leurs salariés;
8° Construction d'écoles, d’hôpitaux, de sanaloria, d’habitations à bon marché ;
9" Refonte de la législation des assurances sociales qui garantissent réellement aux travailleurs le droit au repos, à 60 ans, ou même à un âge moindre pour les industries dangereuses ou insalubres;
Mise en train d’un vaste plan d'outillage public;
1 1° Prorogation de la scolarité et interdiction du travail pour les enfants dans l'industrie et le commerce jusqu'à l’àge de 15 ans.
Au point de vue agricole :
1° Revalorisation des produits agricoles ;
2“ Institution des offices publics du blé, du vin, de la viande, des produits laitiers des engrais chimiques, des forêts ;
3° Création de coopératives;
4° Moratoire des dettes ;
Révision de la loi sur les fermages ;
6° Un statut du métayage;
7° Assurance contre les risques agricoles et les calamités ;
8° Organisation du Crédit agricole.
Au point de vue commercial et industriel :
1° Révision des cessions de fonds;
2° Révision des baux ;
3" Propriété commerciale intégrale;
4* Protection de l'artisanat.
Au point de vue fisoal :
t° Suppression des 140 ou 150 impôts et taxes existants : taxe sorde chiffre d'affaires, taœ à da production, contributions indirectes, taxes assimilées, centimes communaux et départementaux ; diminution du prix dû permis de chasse ;
Impôt sur le revenu globahet sans forfait progressif à dés taux différents pour les revenus du travail et les revenus du capital;
3» Impôt sévèrement.1 progressif sur le capital des successions et donations, léger pour les petites fortunes, nées du travail et consolidées par lui;
4** Hé pression de la fraude fiscale ;
5* Suppression de l’anonymat des valeurs mobilières;
6* Nationalisation’ des fabrications privées d’armes et des grandes industries spécialisées et monopolisées ;
7° Nationalisation des mines, assurances privées, grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, transports, pétroles, sucreries et raffineries, crédit et banques.
Au point de vue de la paix :
1° Application loyale du pacte de la- Société des; Nations ;
"2° Initiative immédiate du Gouvernement français pour reprendre les travaux de la Conférence du désarmement;
3° Politique étrangère exclusivement fondée sur le développement de la Société des Nations*
Le parti socialiste, dont je suis le représentant et T élu, réclame donc le pouvoir afin de réaliser ce programme* A tous les travailleurs, à tous ceux que la déception risquerait- de conduire à rinditïérence ou de livrer à la réaction, nous demandons l’appui de leurs; suffrage s i Nous voulons vaincre avec eux*
Vive la République sociale I
Gxsipx CA BANNES,
Circonscription de LE3FARRE.
M. Geoughs MAXOEL
(Groupe de$: Indépendants républicama.)
Elu pour la lre fois le 16 novembre 1919* — Réélu les 29 avril 1928, S mai 1932
et 2fr avril 1936.
Mes chers Amis,
Les obligations de ma double charge ministérielle ne m’ont pas permis d’aller dans toutes les communes solliciter le renouvellement de mon mandat.
Je le regrette d'autant plus que j’aurais voulu, opposer la leçon des faits ^certaines propagandes de mensonges et vous montrer, statistiques et chiffres en main, quels, avaient
été, tant au poijiL de vue viticole que forestier ou ostréicole, les résultats de mou action parlementaire et gouvernementale.
Mais vos conseillers généraux, vos conseillers d’arrondissement, et surtout vos maires, sont bien renseignés à cet égard ; et, quand une quarantaine d’entre eux sont venus me demander de me représenter dans le Médoc, ils m'ont promis d'être mes garants auprès de vous.
J’aurais donc causc^gagnée si vous deviez être exclusivement déterminés par des considérations régionales* A coup sûr vous choisiriez dans ce cas pour Député celui qui, par son autorité, par son influence, vous paraîtrait le plus susceptible de vous rendre service.
Mais, à celte heure trouble, vous devez vous élever au-dessus de pareilles préoccupations* C'est un vote politique qu’il vous appartient d’émettre ; et par-dessus tout un vole clair.
Aussi m’expîîquerai-je sans ambage*
C’est sous le même drapeau et avec le même programme qu’aux consultations précédentes, que je reviens parmi vous*
Que vous disais-je quand je me suis présenté pour la première fois en novembre 1919 : « Il faut chasser loin de nous les haillons des discordes d’autan. Les balles allemandes n’ont pas connu de distinction entre Français dans la tranchée* N’allons pas maintenant en faire* L’union de tous sera pour le moins aussi nécessaire pour remporter la victoire de la paix qu'elle le fut pour gagner celle de la guerre* »
Ce langage je le tiens encore aujourd’hui.
Mais, à la différence de tant d'autres qui multiplient les appels à l'union et qui, dans la pratique, ne prétendent à la réaliser qu’avec leurs amis, j’ai? pour ce qui me concerne, prêché d’exemple, tant à Soulac, où j’ai mis sur ma liste municipale des adversaires de toujours, que dans les Conseils du Gouvernement où j’ai collaboré en compagnie de chefs de partis avec lesquels je ne mutais, sans doute, pas toujours entendu par le passé, mais de qui me rapprochait une conception commune de salut financier et du devoir national.
Certes, une formation d’union [11e saurait constituer une fin en soi* Elle ne peut même se justifier que si ceux qu’elle groupa se sont mis au préalable d’accord sur la solution des plus importants, des plus graves problèmes qui se posent devant la conscience publique. D’ailleurs, cet accord est d'autant plus facile à réaliser dans les conjonctures présentes qu’il n’y a peut-être plus d’autre moyen d’éviter l’irréparable que d’en revenir à cette politique du respect des contrats, qui est la plus conforme à nos traditions*
Il faut que l’Etat se conduise en honnête homme, c’est-à-dire qu’il fasse honneur à ses engagements, à tous ses engagements, aussi bien à ceux d’ordre financier qu’international, et qu’il veille à ce que, par ailleurs, l'on en fasse autant.
Toutefois, ce ne sers possible qu’au prix d’un vigoureux effort de redressement moral. 11 importe avant tout de commencer par l’espèce d’indifférentisme, de torpeur de noire opinion : et l’on n’y parviendra qu’à condition d’agir.
C’est ce que, pour ma part, j’ai essayé de faire* J’en ai été récompensé par quelques attaques. Mais bien loin de m’en plandre, j'y puise un encouragement à persévérer. Et si vous voulez bien m'honorer de votre confiance, vous me retrouverez demain au Parlement dans la même ligne qu’hier — toujours prêt à vous défendre et à vous servir.
J’y serai votre avocat d’office, à tous sans exception*
Je m’emploierai à diminuer les charges accablantes qui pèsent sur la production girondine, comme à faire accorder toutes facilités, toutes tolérances aux chasseurs et aux ostréiculteurs du Médoc*
Je n’aurai de cesse qu’on ait modifié les dispositions des lois viticoles relatives à la distillation et au blocage qui n'auraient pas dû s’appliquer aux régions à marque d’origine :
etT surtout, je chercherai, par la conclusion de traités de commerce ménageant des tarifs préférentiels aux produits de la terre, à revaloriser vos résines, vos bois et vos vins ainsi qu’à vous procurer de nouveaux débouchés,
Au demeurant, la politique d’échange direct de marchandises étrangères contre les vins de Bordeaux que j’ai récemment contribué à instaurer, commence à porter ses fruits* Je m’ingénierai donc à la développer.
En un mot, je mettrai tout en œuvre pour recréer du bonheur dans votre région si durement éprouvée par la crise.
Mais, ne vous y méprenez pas : le succès d'un tel effort est nécessairement subordonné à ^amélioration de la situation extérieure ; et la paix, une paix de dignité et d’indépendance — la seule durable — ne sera maintenue que si nous paraissons en mesure de Tassurer au besoin par nos propres moyens,
U ne laisse pas d’en résulter de grands devoirs. Je m’engage à les remplir*
M es chers Amis;
Faire la France grande et forte, rendre au Médoc sa richesse, sa prospérité d’anfan, tel est, croyez- le bien, mon plus ardent désir.
Je demande à votre patriotisme de m’en permettre la réalisation.
Georges MANDEL
Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones, chargé des affaires dyÀIaace et de Lorraine* Conseiller général de Lesparre — Maire de Soulac- Député sortant*
Candidat d’union républicaine*
lre circonscription de LIBOURNE.
M. Emmanuel ROY (Groupe républicain radical et radical- social ï s te.)
Elu pour la l*0 fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936.
Désigné par Funanimité des délégués du parti radical et radical socialiste au congrès de Libourne, je viens à nouveau solliciter vos suffrages*
Vous me connaissez tous. Enfant de notre région, n’ayant jamais cessé d’habiter parmi vous, je suis garanti par ceux qui m’ont vu grandir et travailler contre toutes les injustices et les calomnies que la passion politique de nos adversaires a déchaînées contre moi* Vous m’avez suivi à la Chambre et, à la veille du scrutin de 1936, je n'ai pas encore trouvé devant moi, au cours des nombreuses réunions faites dans nos communes, une critique ou un reproche justifié. J’en suis fier ; cela prouve que j'ai rempli honnêtement le mandat que vous m’avez confié*
Je n’ai jamais méconnu vos besoins et vos difficultés. Ce que vous avez éprouvé, je l'ai
moi-même éprouve. Vos intérêts sont les miens, Partageant vos intérêts et vos craintes, je connais vos désirs ét c’est'parce qne j "ai conscience de pouvoir vous aider que je ii’fiésïte pas a vous demander le renouvellement de mon mandat.
Jje n -ai pas besoin de vous exposer mon programme politique. Vous h connaissez tous, eTest celui du parti républicain radical et radical-socialiste, J’y suis profonde ment attaché parce qu’il est laïque, nettement orienté à gauche et parce qu'il est aussi un programme de réalisation économique et sociale.
Je soulignerai simplement ma volonté de respecter toutes les opinions et toutes les croyances dans le cadre de la Déclaration des droits de Thomme et du citoyen.
Et jVffirme qu'aucune réforme ne m’effraie si die s’opère pour le bien du pays, dans Tordre et dans le calme.
Je n’accepte aucune compromission avec les adversaires de la République et je -n’ouÏÏHe pas qu’en politique reculer c’ost une erreur, aller devant soi c’est se préparer à solutionner les problèmes que le temps dresse devant nous.
La République que je défends est une République ordonnée, réformatrice, appelant à elle tous les citoyens qui veulent défendre ses lois, ses institutions et l’aider à réaliser son idéal.
Mais le mandat de député appelle plus que l’étude des problèmes politiques, il appelle surtout l’étude des problèmes qui doivent maintenir la Nation au degré de prospérité tant souhaité par les travailleurs de ce pays.
La Guerre a posé dans toutes les nations des problèmes économiques nouveaux, d’une complexité inattendue et dont la solution exige la présence à la Chambre de spécialistes de toütes les branches de Facüvité nationale.
Aux hommes politiques de tous les partis, n’ayant aucun intérêt à défendre, doivent être opposés des hommes vivant dans nos circonscriptions urbaines ou rurales, car si la politique et Y économie sont étroiLement liées, nous ne devons pas oublier que les problèmes économiques dominent aujourd’hui les problèmes politiques.
Toute mon attenti un restera attirée par l'importance des facteurs économiques.
Je veux être avant tout un défenseur des intérêts agricoles et viticoles de votre circonscription. Je veux être le député des paysans.
Elu d'une circonscription rurale, je n’oublie pas que la prospérité de tous les habitants de nos villes et de nos campagnes -est liée à . la .prospérité de l’agriculture et de la viticulture de notre région. Dans l’intérêt de notre arrondissement, je devrais dire dans l’intérêt de la Nation, de noLre civilisation même, il faut défendre et sauver l'agriculture. La politique est avant tout la k science de la production r Aussi est- il indispensable de continuer la réalisation du vaste programme de: revalorisation des produits du sol, commencée au cours de la 15e Législature.
La prospérité de notre agriculture augmentera le pouvoir d'aclmf dess agriculteurs et amènera pour le commerce un marché intérieur plus que jamais nécessaire.
Ouvriers, artisans, industriels, négociants, commerçants, vous avez tous intérêt à voir renaître la prospérité de nos campagnes.
« Lorsque la terre va, tout va », dit un vieux proverbe. Je n'ai pas la prétention de vous exposer ici tous les détails du programme que je m’efforcerai de réaliser si je suis à nouveau vôtre élu. J’indiquerai simplement quelques points essentiels :
Au point de vue agricole :
Défense de tous nos produits en France et à l’étranger.
Pour nos grands vins- : Politique d’exportation, ouverture de débouchés extérieurs et respeét de nos appellations d’origine pour lesquelles nous exigeons un slatuL spécial.
Pour tous nos vins : Application des lois protégeant la viticulture et assura n LDéco ul e ment normal de notre production, réduction des charges, droits de circulation ou de transport, répression de la fraude, etc.
Elude de tous les moyens susceptibles de mettre le paysan à 1 abri de la spéculation. Développement du crédit agricole et des moyens facilitant l'accession à la propriété et
le retour à lu terre, *
Développement de l’idée syndicale et coopérative et de 1 enseignement agricole.
Réalisation de la justice économique par l'égalité douanière et fiscale.
Défense des intérêts de tous Les agriculteurs, des éleveurs, des producteurs laitiers, des maraîchers, des planteurs de tabacs, pour lesquels nous^ devons éviter tout abaissement
des prix.
Défense des revendications syndicales (chasse et pecoe, etc* J.
Suppression du décret Tardieu pour les marins. Révision des lois et règlements sur la
FCtp!Xion des agriculteurs et des viticulteurs contre les calamités agricoles {gel et grêle)*
Au point de vue financier :
Meilleure répartition des charges fiscales ;
Protection des petits épargnants et nationalisation de la Banque de France.
Au point de vue intérieur et social :
Maintien de l’ordre et de la paix intérieure en aidant à la réconciliation des classes, dans
la justice, le travail et le progrès.
Respect de la propriété individuelle.
Collaboration loyale entre tous les éléments de la production.
Réalisation du plan d'outillage national.
Protection de la maternité, de l’enfance malheureuse, de la vieillesse, et encouragement
aux familles nombreuses* ...
Développement des oeuvres sociales, de solidarité, d assistance et de mu un e Révision pour meilleur aménagement, simplification et réduction des charges de la loi sur les assurances sociales (maladie* vieillesse, chômage, etc*)' ^
Contrôle par îa Nation des grandes coalitions d'intérêts qui veulent dominer b a * nationalisation de l'industrie privée et du commerce des armes.
Industriels, commerçants, artisans, inscrits maritimes et travailleurs .
Pour étudier vos revendications et pour les faire aboutir, je resterai en liaison a\ <-c \ groupements.
Anciens combattants, mutilés -et réformés, pupilles de la Nation, prisonniers de guerre, anciens du Maroc :
Mobilisé le 4 août 1914, blessé devant Reims, j’ai connu, comme vous, les affres de la guerre, et je vous apporte l'assurance que je défendrai vos droits et vos intérêts,
Légionnaires et médaillés militaires :
La Chambre a adopté, le 31 mars 1933, un projet de loi accordant le traitement de la Légion d’honneur et de la médaille militaire aux titulaires de ces distinctions. Ce texte es aujourd'hui devant le Sénat, j’en demanderai la discussion devant la Haute Assem ee.
Mutilés du travail, retraités, petits épargnants, rentiers viagers :
Je m’efforcerai de faire aboutir vos revendications et de faire respecter vos droits. Adversaire des décrets-lois, n’ayant pas voté les budgets dans lesquels ils étaient incorpores
pour ne pas les ratifier, même indirectement, je suis partisan du renvoi de ces décrets devant les commissions compétentes»
Travailleurs jeunes ou vieux, le Français a le même droit à la vie :
Quand il est vieux, c'est une retraite suffisante qui doit la lui assurer*
Quand il est jeune, c’est le travail qu’on doit lui procurer*
Réforme de la justice :
Je me déclare partisan déterminé d’une très équitable justice pour tous. J’estime néanmoins qu i! est de notre devoir de Républicain d’exiger des candidats à la magistrature un minimum de loyalisme à l’égard du régime et de ne pas permettre que ce corps d’élite devienne {sous prétexte d indépendance exagérée), les protecteurs des adversaires de îa République*
Politique extérieure :
Défenseur de 1 œuvre de paix entreprise par Briand, vous me trouverez toujours à côté de ceux qui cherchent à assurer la paix au monde par la collaboration des Peuples*
Révision des accords commerciaux*
Entente et rapprochement, des peuples*
Contrôle et discipline de la production dans tous les pays, et étude de la répartition de la production industrielle et agricole sur l’ensemble des marchés mondiaux dans le but de limiter les crises économiques.
Travaux publics et intérêts régionaux ;
Toutes les questions intéressant nos richesses, édifices publics, écoles, nos moyens de communication (routes? ponts, voies diverses), nos rivières et leur navigation, améliorations téléphoniques, embellissement de nos villes et mise en valeur de nos richesses régionales seront l’objet de mes constantes préoccupations*
Equipement rural : Réalisation d un programme de travaux d’intérêt régional et local entrepris avec l’aide de l’Etat par les départements et les communes, pour lutter contre le chômage, améliorer les conditions d’existence et de travail des populations laborieuses et notamment donner aux campagnes plus d’hygiène et de bien-être, par :
^aménagement et la construction des voies de communication ;
— le développement des adductions d’eau potable ;
— l’achèvement de Télec trifica Lion ;
— la construction d’écoles salubres^ etc*
i elles sont résumées les hases du programme que je voudrais essayer de réaliser si je suis à nouveau voire élu*
Citoyens,
Je n ai pas eu In prétention d’étudier ici tous les problèmes qui se poseront pendant la prochaine législature, mais soyez assurés que je mettrai mon activité et mon dévouement au service de tous, pour la défense des intérêts généraux de notre circonscription.
Je ne fais qu’une promesse : celle de travailler et de veiller comme hier, au sein des Commissions de la Chambre, pour qu’aucune question ne soit discutée sans que votre voix soit entendue et vos intérêts respectés.
Je ne prends qu’un engagement : celui de rester en liaison étroite avec vous et vos représentants (municipalités, organisations professionnelles, syndicats et groupements divers, chamore de commerce, comice, associations de commerçants, de producteurs, de consommateurs, etc.) et de m’inspirer de leurs décisions pour mieux défendre leurs vœux.
nprmeltre de réaliser le programme que je vous ai exposé, je fais appel a tous , IZZŒÏÏR » grooper aulonr dü grand parti paye.» auquel i'app.rl.ena, à loua ‘ Ï punaenl que les divisions sont «use, de nos ma» et qui savent q„ une classe agricole nombreuse et prospère est indispensable à la saute du pays.
' Ne vous laisse, pas Iromper par one heure décisive pour
Républicains, ce.t “onliaele et résolue. Que tou, '“"“r “ffuTur^lu^U démocratie et le désir de travailler au progrès social ÿ“ ,t;d° e“éo par la justice, que tou. cens qui veulent 1. pair entre les nations » lèvent
— ae
notre région et de notre pays.
Vive la première circonscription de Libourne !
Vive la République laïque, démocratique et sociale !