JURA
Circonscription de DOLE.
M . Ma urige BAZIN
(Groupe de l'Alliance des républicains de gaucho et des radicaux indépendants-)
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyens,
Répondant à l'appel d'un grand nombre de personnalités de 1 arrondissement, j a accepté de poser ma candidature aux élections législatives prochaines, sans autre ambition que de continuer à défendre vos intérêts dans le cadre national, comme je les défends déjà depuis dix ans dans le cadre communal et depuis cinq ans dans le cadre cantonal.
Membre de l’Alliance démocratique, mandaté par le Groupement d’union républicaine de l’arrondissement, adversaire de tous les sectarismes et de tous les monopoles, partisan de toutes les libertés : liberté de parole et de presse, liberté de pensée, liberté de conscience, liberté d’enseignement, tant qu’elles ne sont pas contraires à la morale et à l'ordre établis, persuadé que le concours de tous les bons citoyens est indispensable pour assurer le relèvement du pays, je fais appel à tous les républicains d'ordre, sans distinction de parti ni de
Maire et conseiller général de Dampierre, j’ai acquis, dans ces deux fonctions, 1 expérience nécessaire pour être apte à vous représenter et apporter au Parlementes méthodes constructives qui semblent lui faire défaut*
Il faut tout d’abord, prenant le mal par sa base, modifier le mode de scrutin actuel et réaliser la stricte justice électorale par la représentation proportionnelle intégrale qui donnera à chaque parti la place exacte à laquelle il a droit. Le vote familial rendra aux familles nombreuses, qui supportent les plus grandes charges de la nation (impôts, service militaire, etc.), l'importance qu'elles méritent.
Les méthodes parlementaires doivent être profondément réformées.
11 faut d’abord réduire de moitié le nombre des députés au lieu de l'augmenter comme ou vient de le faire.
Exiger la présence de nos représentants à la Chambre pendant les sessions, dont la durée pourrait être raccourcie par un emploi du temps plus judicieux.
11 faut faire cesser le scandale du vote par procuration et exiger le voie personnel du député qui permettra aux électeurs de contrôler la présence de leur mandataire au Parlement*
Il faut limiter les attributions du Parlement au :
1° Contrôle du Gouvernement ;
2° Vote du budget sans que les Chambres aient le droit d'initiative en matière de dépense ;
3° A la rédaction de lois mieux étudiées et mieux établies.
La réforme des mœurs parlementaires doit s'accompagner d’une réforme de l’Etat.
Sous la direction d’un Président de la République, arbitre des partis, mais qui doit jouir seul de toutes ses prérogatives, y compris celle de dissoudre la Chambre, il faut un pouvoir exécutif, gouvernement énergique et fort, qui ne doit plus être à la merci de certains syndicats.
1! faut un pouvoir législatif conscient du rôle bien défini et limité qui lui est attribué par la constitution. 11 faut enfin un pouvoir judiciaire parfaitement indépendant dont les membres doivent être à l’abri des fluctuations et des emprises de la politique.
Le problème économique retiendra toute mon attention. 1] iaut absolument réaliser l’égalité fiscale et la déflation fiscale par la diminution des impôts qui sont devenus une charge trop écrasante pour les citoyens. Cette diminution peut elre realisee par des econo mies dont il reste beaucoup à faire, la suppression des abus, du gaspdlage et des cumuls.
Je suis d’ailleurs partisan d’une modification profonde du système de perception des impôts, qui est devenu depuis quelques années une inquisition féroce insupportable, et de l’établissement d’un nouveau système plus simple : impôt unique sur dépense (système J.-L. Faure) avec ristourne aux familles nombreuses qui sont les plus grosses consommatrices.
Réduction du nombre des chômeurs par l’exécution de grands travaux depuis longtemps prévus, mais jamais commencés, et décongeslion des villes tentaculaires par le retour à la terre des chômeurs urbains.
La crise agricole, qui est à la base de la crise universelle, sera, je n’ai pas besoin de vous le dire, l’objet de tous mes soucis. En défendant l’agriculture, on défend l’économie nationale tout entière. Le relèvement du pouvoir d achat du cultivateur permettra au commerce de faire des affaires et à l’industrie de produire. Connaissant bien vos besoins, puisque fils de cultivateurs, je passe ma vie entière parmi vous, je m’efforcerai de faire adopter les solutions préconisées par vos associations agricoles.
Les anciens combattants, dont je suis, de même que toutes les victimes de la guerre, peuvent être assurés de toute ma sollicitude pour eux dont les droits ont été souvent méconnus.
Les familles nombreuses, qui sont la force morale et matérielle de la nation, trouveront en moi uri» défenseur naturel, puisque je suis père de famille. Je suis partisan surtout, en ce qui les concerne, de l’égalité de tous les citoyens en matière d’allocation familiale. L’inégalité actuelle devra cesser et l’enfant du cultivateur, de ('ouvrier, du commerçant, celui de l’industriel et du fonctionnaire, devront être considérés comme ayant la même valeur.
Cela sera facilité par le nouveau mode de perception des impôts, dont je suis partisan, qui permettra des ristournes de taux égal pour toutes les familles nombreuses.
Enfin, problème important s’il en fut, le problème extérieur fera l’objet de foute mon attention. Aucun Français et surtout aucun de ceux qui, comme moi, ont fait la guerre, ne veuL qu’elle recommence ! La paix, ce bien suprême, doit être assurée par tous les moyens. Si la Société des Nations semble impuissante à nous la donner, il faudra contracter des alliances sûres avec des nations respectueuses des traités qu’elles signent.
Il faudra maintenir en France une armée forte et bien outillée qui puisse imposer le respect aux nations de proie que noire beau pays pourrait .tenter. Il faudra compléter ce splendide réseau de fortifications qui est notre itaeilleure garantie et la preuve de nos inten-
lions purement défensives. Il faudra en particulier le prolonger jusqu’à la frontière de la Suisse pour nous protéger nous-mêmes contre une invasion par ce pays.
Electeurs,
pour remplir ce programme, il ne faut pas être seul et il faut faire appel a toutes les
bonnes volontés. „ ,, , « ,
Vous allez accomplir le 26 avril l’acte politique le plus grave quil vous ait été donne
de faire, depuis 1914.
Réfléchissez bien ’à toutes ses conséquences!
De vous dépend la guerre ou la paix, la guerre civile ou la réconciliation française, la
ruine ou le retour à la prospérité ! ,
Je mets toute mon expérience déjà longue, toute mon énergie, tous mes sentiments de Franc-Comtois et de Français à votre disposition pour défendre les intérêts generaux du navs qui sont la somme de Lous les vôtres. Je lais appel pour réaliser ce programme à tous les hommes d’ordre, à quelque parti qu’ils appartiennent, désireux de remettre un peu d’ordre dans la maison et voulant surtout que notre belle France vive à nouveau dans l1 honneur et lu propreté.
L’union fait la force, aussi bien des nations que des familles. C est à cette union que je vous convie, union entre tous les bons Français qui ne veulent prendre leur mot d’ordre ni à Rome, ni à Londres, ni à Berlin, ni à Moscou.
Tous aux urnes 1
Pour lf arrondissement de Dole !
Pour la République I Pour la France !
Maurice BAZIN
Docteur-Vétérinaire.
Maire de Dam pierre.
Conseiller général du Jura. p Président de la Caisse cantonale de crédit agricole. Président du Syndicat des Eaux de Dampierre, Evans, Aniorpe, Sala ns Randiot. Président du Syndicat d'électricité de Dampierre et environs. Vice- P résident
du Comité cantonal des Pupilles de la Nation,
Vice -Président de la Société hippique.
Vice-Président du Comité d'arrondissement d'union républicaine. Candidat d’union républicaine.
Circonscription de LONS-LE-SAUNIER,
M. Louis NACHÜN
{Groupe do la gauche démocratique et radicale indépendante*) Elu pour la lPe fois le 3 niai 1936*
Aux électeurs,
Les témoignages de sympathie reçus depuis l'annonce de ma candidature sont pour moi d’un précieux encouragement* Regrettant de n’avoir pas eu le temps materiel de faire des réunions j'ai dû me contenter de faire quelques visites éparses et je m'excuse auprès des nombreux amis connus et inconnus que je n’ai pu voir.
Candidat radical-socialiste indépendant je me présente à vos suffrages pour réaliser trois objets essentiels : défendre et renforcer la République, défendre les travailleurs, défendre et construire la paix. . f
L — Défense de la République :
C’est mal défendre la République que de voiler et de conserver, par une fausse piété, ses imperfections. Si ses adversaires ont pu un moment menacer ses institutions, c’est parce qu’ils ont trouvé un écho dans certains dégoûts des honnêtes gens. Les finances de la nation ont trop souvent servi à renflouer, à alimenter, à soutenir les intérêts privés des privilégiés de la banque, des grandes compagnies, des sociétés anonymes* Pourquoi, si ce n’est parce que ces privilèges ont pu trouver des silences, des faveurs et des complicités dans les plus hautes sphères des administrations publiques et au sein même des parlements ei des gouvernements. Pour rétablir l'honnêteté de la République, condition de sa force, des règles sévères et un contrôle sévère de leur application doivent rendre incompatibles les fonctions publiques et parlementaires avec les fonctions d’administrateurs de sociétés, d'avocats conseils, de défenseurs appointés des groupes d'affaires*
Quant aux exploiteurs de scandales, aux instigateurs et organisateurs de groupes paramilitaires qui prétendent mépriser les voies légales du suffrage universel et opposer au pays légal un prétendu pays réel, à fous ceux dont l'argument suprême est la matraque ou le revolver, aux fauteurs de désordre et de guerre civile, la République doit être impitoyable* Contre le fascisme, de quelque couleur qu'il se pare, l'application générale et résolue des lois de la République peut et doit assurer la liberté des citoyens*
Enfin, la défense de la République ne se sépare pas pour moi de la défense de l’école républicaine. Toute mesure qui a pour effet d’éloigner les enfants du peuple de l’intégralité de l’instruction qu’ils peuvent recevoir est à mes yeux néfaste à la nation* En conséquence, j’estime que la prolongation de la scolarité obligatoire doit être appliquée avec une organisation de renseignement postscolaire*
IL — Défense des travailleurs :
Los travailleurs de la terre n'ont aucun intérêt à la ruine de la propriété privée* Mais ils ont au contraire des droits et. des besoins légitimes dont la défense est nécessaire*
Au paysan doivent être assurées la libre consommation et la libre disposition de ses produits, et en particulier de son blé, en mettant fin aux brimades paperassières et aux
taxes dont celle production est entourée. Pour les années excédentaires, un office national outillé des silos d’Etal nécessaires, peut opérer automatiquement le report des produits en excédent.
D'une manière générale les produits agricoles étrangers ne doivent être autorisés à entrer en France que dans la mesure où les produits de nos campagnes sont en quantité insuffisante pour les demandes de la consommation. Ceci est à mes yeux une des mesures indispensables pour maintenir et relever la valeur des produits agricoles.
Au point de vue social, j’estime que les enfants du cultivateur et des artisans étant égaux en droits à ceux des autres travailleurs, les mêmes allocations familiales doivent leur être assurées, ainsi que les assurances sociales pour les vieux travailleurs.
Nos produits viticoles ont fait dans le passé une des grandeurs économiques de la France. J’esLime que la recherche de débouchés sur le marché mondial pour ccs produits est un devoir de l'Etat français, devoir actuellement si négligé que les vins français n arrivent plus dans le commerce international que bien après les vins d’Italie et d'Espagne. Il faut que l’Etat favorise la participation de la viticulture française aux grandes foires internationales sur lesquelles la qualité de nos produits doiL leur assurer le succès.
11 est à mes yeux nécessaire d'abaisser les droits excessifs imposés aux vins et aux eaux-de-vie, droits qui non seulement favorisent la fraude mais atteignent un tel niveau qu’ils vont contre leur but en paralysant la consommation.
Pour les travailleurs des villes j'estime que la politique suivie depuis le début de la précédente législature est la plus néfaste qui soit.
Non seulement les décrets-lois ont pu frapper lourdement les humbles et avantager les plusfavorisês, comme cela s’csl vu pour les retraites, mais, d’une, manière générale, la politique de déflation massive et étendue a été génératrice de privations et de misères, sans aucune utilité puisqu’ en réduisant le pouvoir d’achat de la grande masse des consommateurs elle a contribué à paralyser le commerce et à embouteiller la production. Elle a ainsi contribué à diminuer encore les ressources de TEtat. Je pense que l’expérience esl maintenant probante et qu'il est urgent d'instaurer une politique économique avant tout soucieuse de relever le pouvoir d'achat des consomma leurs.
Pour les travailleurs des villes, de même que les autres catégories de citoyens qui ont toute liberté de s’associer pour l' ex amen et la défense de leurs intérêts, j estime juste et légitime le maintien et la garantie de toutes les libertés syndicales.
Le commerce étouffe sous des charges génératrices de faillites et qui rendent d autant plus difficile le respect des engagements, la sécurité des échanges, la valeur de la parole donnée ou de 1a. signature. Je crois qu'une activité commerciale normale a pour condition l’allégement de ces charges d’autant moins productives pour 1 État qu elles sont plus paralysantes pour les assujettis*
Enfin 3e chômage et particulièrement celui des jeunes devant qui se ferment de plus en plus toutes perpectives d’avenir doit être soigneusement combattu. Il ne pourra 1 être que par une meilleure utilisation des ressources de la nation et spécialement du crédit. À ce propos je considère comme néfaste la politique financière de la Banque de fi rance dont 1 or est moins utilisé pour la défense du franc et pour garantir la sé:urilé des échanges que pour satisfaire la thésaurisation et la spéculation* C'est pourquoi je juge nécessaire une profonde modification de son comité d’escompte.