‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 69 sur 186 · LOIRE · texte numérisé non relu

LOIRE

lre circonscription de MONTBRISON.

M. Pierre GAÜHÀND

(Groupe de IT Alliance des républicains de gauche et des radical indépendant Élu pour la lrs fois le 3 mai 1936,

Chers concitoyens ,

Tous les citoyens d’entente républicaine démocratique et sociale mandatés et représenant tous les cantons de la première circonscription de Montbrison m ont fait le 1res gra. d îonneur lors de leur congrès du 12 février 1936 de me désigner pour leur candidat aux

ontUestim7quPerk manda t de député ne pouvait que compléter heureusement celui ]e coliHer général que le canton de Montbrison a bien voulu par deux fois me confier et lia permettrai de m’occuper plus efficacement encore avec mes col ègues de 1 Assemble départementale des justes et légitimes besoins des communes et des électeurs de la circo

sriptloii. p t r

Ma désignation par un vole unanime a entraîne mon acceptation, î , donc vous d«m...d.r p.- vos .otage. <!e r.lilT la déc, .icq do vo ro congre.

etp.rcei°™.«po.fr,„c,vJ s»r le, grave, problénres qui, à l’heure actuelle, vous préoccupent bien Légitimement.

Politique intérieure :

Dans mes précédentes professions de foi, lorsque j’ai sollicité vos suffrages je toujours déclaré fermement attaché à notre régime politique, qui est et doit elr* ““ blique de libre discussion et doit prospérer dans l’ordre et la paix ; ^our cela^i ^ faut un gouvernement fort et stable, armé contre les passions et les entramements ëJJrôle

sous le contrôle régulier des Assemblées représentant la nation. » iu p J ,

soit vraiment fait par tous les citoyens et pour eux, par ceux représenUn tda^^n ^s sentiments, il faut modifier franchement notre régime électoral en msti Juan -la iepro..e lion proportionnelle intégral elle votefamilial.il faut aussi la

députés car, pas n'est besoin de 625 élus pour contrôler es actes du Goa— ^ * £ reste on pouvait craindre un changement quelconque de no re régime „

éventualité serait le fait d’une révolution qui est tant désiree par les adeptes du Front popu

Politique extérieure : la paix :

J 'ni trop connu personnellement pendant cinquante-deux mois les horreurs de la guerre* pour ne pas haïr de toutes mes forces ce terrible fléau et faire l’impossible pour l’écarter à jamais de notre pays. Aussi j estime que dans l'intérêt de la paix et en présence des événements actuels, la France doit maintenir et renforcer ses amitiés traditionnelles et ses alliances, ne négliger aucune occasion d’entente sincère et durable avec tous les peuples décidés à respecter les engagements pris, les signatures données librement, pour l'organisation de la sécurité collective et rétablissement tant désiré d’une paix définitive. Et cela dans le cadre de la Société des Nations* Mais pour enlever aux peuples qui ne rêvent qu’hégémonio et conquêtes et à leurs gouvernements, toute idée de guerre et en présence des événements actuels la b rance doit consentir unanimement les sacrifices financiers nécessaires pour assurer la défense nationale et décourager toute offensive préméditée contre l'intégrité de notre pays. Or les adeptes du Front populaire qui ont toujours réduit ou refusé les crédits indispensables à la défense des frontières osent envisager une guerre pour défendre les Soviets, donc : le Front populaire c'est la guerre!

La propriété :

Le bien, que par son labeur ou celui de ses auteurs, on s'est constitué, on a le droit imprescriptible de le conserver. Il en découle le respect absolu de la propriété individuelle: avec toutes les mesures pouvant rendre possible à tous l'accession à la propriété et la protection du bien familial. Comme conséquence aussi la protection de Tépargne contre toutes les entreprises qui, de quelque façon que ce soit, tendraient à la détruire*

Egalité devant l’impôt ;

Les charges fiscales doivent être égales pour des revenus équivalents et de même nature, et surtout leur application doit se faire sans aucune inquisition et avec dégrèvement progressif pour les fa in il I e s " n omfb rens e s *

Dans te domaine financier ;

Équilibre sincère et réel du budget ; maintien de la stabilité du franc. Diminution du nombre des impôts et recherche sérieuse de leur allégement ; initiative, des dépenses budgétaires réservée rigoureusement au Gouvernement.

Dans te domaine économique :

Défense et protection êe la production tant commerciale qu'industrielle ef agricole de façon a laisser à tons les travailleurs la juste rémunération que mérite leur travail*

Le développement des échanges facilité par un dégrèvement fiscal et une politique douanière bien comprise.

Le tourisme facilité lui aussi par une intelligente collaboration avec les organisations locales, créant dans nos belles régions, par de nombreux visiteurs, hiver comme été, une source très normale de prospérité*

Progrès social : lois sociales :

Permettre: par de justes dispositions de lois l’accession de? tout citoyen à l’exercice de la profession què entre, dans ses aptitudes,

f évelnppcr 1 orientation professionnel te. Faciliter aux familles nombreuses l'accès aux protestions désirées, par des allocations convenables et par des Jxmrsesi permettant l’entrée et te séjour dans des; écoles spécialisées,

*nt*“*lïierl* nnBe à la disposition des travailleurs, des villes comme de la campagne et ( e» (Uni es nombreuses, de logements salubres et répondant aux prescriptions de l’hygiène.

Enseignement :

Les droits du père de famille ne sauraient être contestes ni la liberté de conscience. Dès lors la liberté d enseignement est un dogme et le père de famille a le droit d avoir à sa disposition une école, quelle soit publique ou privée, selon ses sentiments pour donner l'instruction à ses enfants. 11 faut aussi développer l’enseignement technique, les écoles professionnelles, où doit être donné, sur le meme pied, renseignement technique et renseignement agricole.

Agriculture :

La région montbrisonnaise est en très grande majorité agricole, et l'agriculture y tient une place évidemment prépondérante. Tout doit donc tendre à faciliter aux agriculteurs les moyens de production et d’écoulement de leurs produits par la suppression de certaines contraintes vexa toires, le retour à la liberté du commence pour les grands produits de la terre, d'équitables mesures douanières.

Toute une vaste partie de la région possède de grandes forets, parure et richesse de notre contrée. Des lois appropriées doivent venir protéger ce magnifique domaine forestier, et en permettre l'exploitation rémunératrice en éloignant une ruineuse concurrence étrangère, comme aussi favoriser ïe reboisement et rendre ainsi à nos terrains forestiers leur valeur naturelle.

Travailleurs de tous ordres :

La lutte contre les iïéaux sociaux doit être intensifiée. Il faut établir un programme rapide de travaux productifs et urgents réclamés notamment par tous les travailleurs comme le seul remède véritable contre le chômage, U faut aussi favoriser le développement de la mutualité par une adaptation meilleure des assurances sociales à toutes les catégories de citoyens qui doivent en bénéficier, et avant tout un contrôle rigoureux des versements faits par les employeurs et les employés dans la caisse de l'Etat.

Mutilés du Lravai! :

Comme les victimes de la guerre. Ils sont dignes de toute 1 attention des Pouvoirs publics.

Je m'engage à faire tout le nécessaire pour leur venir en aide dans la mesure des disponibilités budgétaires.

Commerce et industrie :

Fils de petit commerçant, je suis partisan de l’initiative privée et de la propriété individuelle et reste opposé à toute tentative de T Etat voulant se substituer aux producteurs } aux fabricants et aux répartiteurs, et tendant au monopole ; sauf dans des cas exceptionnels strictement limités,

La taxe à la production devra remplacer le chilïre d1 affaire s

Electricité :

Je suis adversaire du minimum de consommation et partisan de la révision des tarifs.

Anciens combattants, victimes et mutilés de guerre :

Je suis des vôtres. Depuis dix- sept ans, vous m'avez vu à i1 oeuvre. Croyez que comme par le passé, mon dévouement vous est acquis, L’Etat doit réparer par des pensions appropriées les souffrances et les privations totales ou partielles de capacité des mutilés de la

guerre, et respecter envers toutes les victimes de la guerre tes engagements pris que je considère comme sacrés.

Familles nombreuses :

On ne fera jamais trop pour les familles nombreuses qui sont par excellence l1 élément vital du pays. Il faut donc leur venir en aide sous la forme de dégrèvements d’impôts et d'allocations.

Chers concitoyens,

Pour que puisse se réaliser ee que je considère comme indispensable pour la prospérité de notre cher pays, il faut essentiellement que régnent Tordre et ia paix intérieure et extérieure ; îï faut qu'un Gouvernement fort et stable prenne en main la direction des affaires publiques ; il faut que ce Gouvernement soit soutenu par des hommes, des députés voulant avec énergie que les éléments de désordre n 'arrivent pas à s emparer du pouvoir.

Or en 1924, comme en 1932, ce sont les représentants du cartel des gauches qui sont arrivés au pouvoir. Vous savez le résultat. En 1924* ce fut la hideuse faillite qui ne fut conjurée que par l'accession au pouvoir des républicains partisans de Tordre et ennemis des coalitions de gauche. En 1934 ïe cartel des gauches nous a amenés aux terribles événements qui ensanglantèrent la France et il fallut encore remettre le pouvoir aux républicains d'ordre, répudiant toute alliance avec les partis d'extrême-gauche.

A ces deux dates néfastes, le cartel était l'assemblage dos radicaux-socialistes et des Sf F. I O. Actuellement, l'alliance des gauches a changé de nom, c'est le Front populaire, mais il est élargi h gauche, c'est la coalition des radicaux-socialistes, des S. F. L O, et des communistes.

Allez- vous, électeurs et chers, concitoyens, en donnant vos voix à un radical-socialiste, un socialiste, un communiste, renouveler tes tragiques expériences de 1926 et de 1934 ? Voulez-vous courir à la faillite ou à la révolution qui n'est jamais pacifique, fhistoire nous l'apprend et voyez ce qui se passe en Espagne ?

Le Front populaire, c'est la guerre civile !

Vous voulez la paix intérieure, vous voulez travailler librement dans Tordre, vous voulez la prospérité du pays et la prospérité de vos entreprises commerciales, industrielles ou agricoles. Barrez la route à la ruine et à la révolution en votant pour le candidat qui veut la paix sociale, la paix intérieure et extérieure, la prospérité du pays.

Vive la France I

Volez pour le citoyen Pierre Gaurand 1

Pierre GAU R AND

Chevalier de la Légion ddionueur.

Conseiller général du canton de Montbrison,

Membre de la commission départementale*

Ancien combattant. Carte na 2948.

Croix de guerre*

Candidat d'Entente républicaine démocratique et sociale.

2fi circonscription de MONTBRISON.

M. Jean G API AND

(^appartient k aucun groupe.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1930.

Citoyens, j

Au terme de la 15e législature qui ne nous a apporté T malgré ses belles promesses, que des déceptions, j’ai rhonneur de l'aire appel à vos suffrages.

.le liens à confirmer que si je suis candidat, c’est à la suite de démarches pressantes de vos élus cantonaux et particulièrement de mon excellent ami Max Méchet, conseiller général et rapporteur du budget départemental, qui n’a pu, en raison de sa lourde tâche de chef d’indus trie 5 accepter cette candidature qui lui était offerte*

Bien que j’aie tenu à affirmer nettement mon indépendance devant les nombreux mandataires qualifiés des organisations opposées au Iront populaire des cinq cantons de la deuxième circonscription, c’est à î unanimité que les partis républicains anücollcctivistes ont décidé de me faire confiance. Ils ont estimé que l’union de tous ceux qui veulent faire échec au communisme et à ses fourriers était susceptible de se taire sur mon nom.

Je vous demande d’ailleurs de considérer les résultats navrants de la politique des partis depuis 1919 ; que de désillusions nous a causé à tous l’opposition des chefs de groupe ou de partis qui n’agissent le plus souvent qu’en vue de satisfaire leur ambition personne le sans se soucier de l’intérêt général. La lamentable gabegie dont la Chambre sortante nous a offert le triste spectacle en renversant onze ministères en moins de quatre ans (durée moyenne quatre mois) ne suffit-elle pas à condamner irrémédiablement cette lutte stérile des partis ? Il est impossible qu’avec de telles méthodes la situation s améliore.

Devant cet état de choses, j’estime que seule l’ indépendance donnant la possibilité aux parlementaires d’émeltre, sans souci des chefs de groupe, des votes dictes uniquement par leur conscience, peut permettre le redressement de la l’ rance.

Je suis indépendant aussi, parce que bon républicain, par mes origines et mes convictions, je suis ardemment attaché au régime et n’admets pas qu’on le discute. Estimant que toutes les opinions doivent être respectées, je repousse cependant toutes es compromissions avec les extrémistes, aussi bien de droite que de gauche . libre de tout lien et attache et n’appartiens à aucun parti, ni aucune ligue. C’est précisément parce que je suis un républicain sincère que j estime indispensable d appoitei a notie -ons titutîon les améliorations qui s'imposent : seuls des parlementaires indépendants pourront les réaliser, les partis politiques ayant fait là preuve de leur impuissance*

Pour obtenir le redressement nécessaire certaines réformes préliminaires me semblent indispensables :

Réforme de la Constitution ;

Réforme du Parlement ;

Réforme administrative ;

Ré for ni e é 1 e c t or al e *

Réforme de la Constitution :

Les moeurs et les conditions d existence évoluent ; seule notre Constitution qui pouvait sembler parfaite en 1875 ira pas évolué, 11 est pourtant hors de doute que vieille de plus de 60 ans, elle n est plus adaptée à la situation actuelle.

Il faut rendre le Parlement responsable de ses actes.

Un gouvernement mis en minorité doit avoir la possibilité de renvoyer la Chambre devant les électeurs.

Cette mesure assurera la stabilité gouvernementale et la continuité de vues de la politique générale, et permettra aussi au Président du Conseil de s’entourer de compétences et non de politiciens.

Réforme du Parlement:

La réforme du Parlement doit être réalisée par :

a) La réduction du nombre des parlementaires ;

b) Le paiement de l'indemnité parlementaire par jetons de présence au Parlement et dans les commissions ;

c) La suppression du vote par procuration cL l'obligation do vote personnel et nominatif;

<1) La suppression de l’initiative des parlementaires en matière de dépenses publiques le contrôle de ces dépenses leur restant soumis.

Réforme administrative : ^

Notre système administratif trop compliqué doit être simplifié, La décentralisation allégera sensiblement îe budget national:

Réforme électorale :

La représentât ion proportionnelle intégrale s'impose, car seule elle permettra à tous les citoyens français d'être représentés au sein des assemblées politiques.

Les reformes réalisées, ii sera possible cLa border le problème du redressement de notre situation par :

une politique extérieure ferme mais conciliante ; uue politique économique réaliste ;

— une poli tique agricole et forestière sagement raisonnée ; une politique financière prudente et saine ;

une politique sociale généreuse et hardie ;

— une politique familiale empreinte de justice.

La paix est avec la liberté le plus précieux des biens !

Nous devons travailler à son maintien de toutes nos forces, de toute notre énergie. -CH s .Ituts ce a Société des Nations, base de notre politique doivent être améliorés et leurs lacunes comblées. Le covenant de la sécurité collrct.ve doit être mis au poinL et préciser le caractère et les modalités d’application des sanctions contre les Etats agresseurs. Lue politique conciliante, mais ferme et énergique, lorsqu’il le faut, de tous les Etats, membies de la Société des Nations, est le plus sûr garant de la paix définitive.

Politique économique :

Le reiour a la confiance obtenu par les réformes envisagées permettra le redressement economique par :

a) Une politique agricole avisée (développée ci-après) susceptible de donner par une

amélioration du pouvoir d’achat des cultivateurs un débouché important aux différents produits de l1 industrie ;

b) La mise en valeur par des procédés modernes et rationnels, de notre domaine colonial qui présente des possibilités d’écoulement formidables pour les produits agricoles,

industriels et manufacturés de la métropole;

c) Un programme de grands travaux rentables et amortissables. Il nous faut obtenir notamment rétablissement d’un canal de la Loire au Rhône, desservant notre belle région économique et dont la réalisation permettrait Y utilisation d’une m^ib-d’œuvre importante ;

{/} La lutte contre le chômage. Si ces mesures ne suffisent pas à résorber totalement le chômage il faudra créer une caisse nationale de chômage* Une telle création aura pour résultat d’alléger les budgets communaux lourdement grevés par les caisses de chômage dans leur fonctionnement actuel/ Cette caisse devra continuer à verser aux départements et aux communes qui occuperont des chômeurs le montant des allocations actuellement payées. Elle permettra ainsi aux collectivités désireuses d'entreprendre des travaux d'utilité publique de procurer, moyennant un salaire qui devra être normal, du travail aux chômeurs;

e) T/ obligation pour les administrations d’utiliser uniquement des produits français ;

f) La création d’un conseil économique, constitué par les représentants qualifiés des différentes professions élus par leurs pairs, étant entendu que le Parlement avant de légiférer devrait obligatoirement prendre l’avis de ce conseil : toules les classes sociales pourraient ainsi faire entendre leur voix, par l'intermédiaire de mandataires qualifiés et compé-

lents ;

g) La protection du petit commerce et des artisans contre la concurrence déloyale par la révision de la législation sur la faillite et le soutien de leurs revendications corporatives*

Politique agricole ;

Elle doit être caractérisée par :

1° L’ augmentation du pouvoir d’achat de l’agriculture réalisée :

a) Par la revalorisation des produits agricoles au coefficient correspondant à celui des achats que fait lui-même l’agriculteur ;

h) Par la fermeture des barrières douanières aux produits agricoles étrangers, tant que les produits du soi français ne sont pas absorbés complètement et par la suppression des admissions temporaires, source de fraudes ;

< l * Un moratoire sur les dettes hypothécaires agricoles donnant à certains agriculteurs la possibilité de se libérer dans un temps raisonnable malgré la crise;

3° Jj' obligation pour les parlementaires de se mettre en contact avec les groupements agricoles avant d'émettre des votes intéressant directement l'agriculture.

Enfin une politique du bois serait profitable au pays tout entier ; il faut Fermer les barrières douanières aux bois étrangers et s'appliquer à développer la consommation du bois par l’organisation de l'industrie papetiere, l'encouragement, à la construction et a l'utilisalion des véhicules à gazogènes*

Politique financière :

L'équilibre indispensable du budget doit être obtenu, non pas par 1 augmentation des impôts déjà trop lourds, car l’impôt tue l’impôt, mais il abord par une meilleure utilisation des ressources, parla réduction des frais généraux de fEtat, par la réforme administrative et l'autonomie rendue aux grandes compagnies de chemins de fer. Pour obtenir 1 assainissement de nos finances toujours promis jamais réalisé, il est indispensable d appliquer à la nalion les méthodes de gestion prudetiteset avisées, appliquées dans la conduite des affaires privées et l'administration des budgets familiaux; il nous faut des budgets sincères et clairs,

une comptabilité publique en ordre et à jour, lâchasse aux: abus, l'abolition de l’inquisition fiscale et des formalités traça ssières imposées aux petits commerçant la lutte contre la fraude et. contre la désertion devant l'impôt, la suppression véritable et effective des cumuls et des dépenses inutiles, la protection efficace de l’épargne contre les escrocs et les écumeurs dont les années que nous venons de vivre nous ont offert de trop nombreux et tristes exemples.

Anciens combattants et victimes de la guerre :

Comme solennellement, proclamé au lendemain de la victoire, vous avez un droit imprescriptible à la gratitude de la nation, vos droits doivent donc être considérés par tous les gouvernements comme intangibles et sacrés : je n’admettrai pas quTon y louche,

Politique sociale :

Fidèle à la tradition républicaine, je poursuivrai le développement des lois sociales dans tous les domaines (hygiène, prévoyance sociale, etc.), L'Etat doit se préoccuper activement du cas des vieux travailleurs sans ressources ; il doit leur assurer une pension suffisante pour vivre honorablement et leur permettre ainsi de céder leur place aux jeunes sans travail.

Une politique sociale, hardie et généreuse doit être enfin réalisée et pratiquée avec toute 1 ampleur désirable, La lutté contre la misère et le taudis doit être menée vigoureuse^ ment. Profondément épris de justice socialej j estime qu'un des premiers devoirs de la République est de tendre à famélioration du sort des classes laborieuses et. spécialement de donner plus de bien-être aux petits, aux humbles et aux déshérités de 3a vie ; la lutte contre les fléaux de I humanité comme la tuberculose par la création et l aménagement de dispensaires, de pré ventoria, sanaloria, etc, ,, , le développement de F hygiène, l'organisation d œuvres sociales, la protection de l’enfance doivent prendre rang parmi nos grands soucis, La révision de la loi sur les accidents du travail et du statut des mutilés du travail, dont le sort est digne du plus grand intérêt, l aide à la mutualité et îa simplification des formalites qui lui sont imposées doivent être entreprises et réalisées très rapidement De même la loi sur les assurances sociales doit être au plus tôt simplifiée et aménagée dans le cadre de la mutualité, elle doit être également adaptée aux besoins des cultivateurs.

Politique familiale :

La famille, cellule fondamentale de la société, doit être l'objet de la bienveillante sollicitude des pouvoirs publics ; Laide et l’encouragement, aux familles nombreuses, l’attribution du vote familial doivent être au premier plan de nos préoccupations.

1 elles senties grandes lignes du programme réaliste que je m'efforcerai de défendre.

1 enant à rester sincère et loyal, j’estime que la situation lamentable dans laquelle la Chambre sortante laisse le pays, rendra très difficile l'oeuvre de redressement nécessaire i ce il est pas en quelques jours que bon peut réformer des habitudes et des mœurs en pratique depuis de longues années.

Mais si la tâche est rude, est-ce une raison pour y renoncer? Non, sans doute ! Mais U faut avant tout pour réussir, vous le comprendrez facilement, envoyer au Parlement une grosse majorité d hommes d’action, de réalisateurs aux conceptions hardies, animés du désir ardent de travailler pour l'intérêt général et non des politiciens, qui ont déjà fait tant de mal à notre pays et dont nous nhivons que faire.

Electeurs !

Réfléchisse ! Vous allez par votre bulletin de vote, manifester librement votre volonté. I c sort du pays et la paix en dépendent. La situation est nette, les deux politiques s’affrontent : celle dé l'ordre, la mienne; celle du désordre personnifiée par les candidats du Fronl populaire-

Votre choix est déjà fait, vou$ volerez pour la république propre, honnête et respeclee, vous voterez pour la paix en votant tous, le 26 avril, pour

Tous aux urnes !

Pas d'abstention 1

Jean G À PIAN D

Maire de SaiiU-l u s t- sur- Loire.

Républicain indépendant.

lre circonscription de ROANNE,

M , àle e et S ER 0 L

Élu pour la Y* fois le 1 1 mai 1924. — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti socialiste S, É. I. 0., p. 3.)

Citoyens,

Investi par vous, trois fois déjà, du mandat de vous représenter au Parlement, je viens solliciter de nouveau vos suffrages pour les élections législatives du 26 avril prochain, dans la première circonscription de Roanne,

Cette consultation électorale revêt, dans les conjonctures présentes, une importance capitale, du fait de la gravité des événements qui viennent de se produire dans la vie internationale et des difficultés, sans cesse grandissantes, au milieu desquelles évolue 1 économie nationale. Il importe que les citoyens de ce pays se prononcent nettement, et, en conséquence, que les'candidats s’expliquent franchement sur tous les problèmes à résoudre.

Avant tout, il faut préserver la paix, d'abord, et l’établir, ensuite, sur des bases inébranlables. La sécurité des peuples est indispensable pour garantir la civilisation et pour développer le progrès social. Le but ne peut être atteint que par la combinaison t u désarmement général avec l’organisation juridique des relations internationales : arbitrage obligatoire, assistance mutuelle, respect des sentences arbitrales et des traités, souveraineté de lu Société des Nations,

Mais la paix est indivisible. Une nation confinée dans son égoïsme, malgré sa puissance, Réchapperait point à la catastrophe. La paix ne peut être que l’œuvre d’une communauté européenne comprenant toutes les nations, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

La naix définitive constitue, en outre, la condition préalable pour conjurer la crise économique qui affecte l’univers. Mais, dès maintenant, des mesures énergiques doivent

être prises, en France, pour supprimer le chômage et susciter P activité des échanges et des transactions,

La politique de déflation, réalisée dans d'innombrables décrets-lois, a meurtri des travailleurs, petits fonctionnaires, retraités, artisans, commerçants, ouvriers, ainsi que ïcs anciens combattants. Mais, surtout, elle sTest révélée, à P expérience tout à fait inefficace* Il faut réparer les injustices commises, il faut assurer du travail aux ouvriers, des débouchés aux cultivateurs, des clients aux industriels, aux commerçants et aux artisans. Leurs intérêts sont solidaires.

Pour aboutir, il est indispensable de transformer notre vieux système fiscal, de rétablir Perdre dans la production et de restituer a la collectivité le produit des grands monopoles capitalistes. Les détenteurs des grands trusts exercent, dans notre pays, une dictature, fructueuse pour eux, intolérable pour les travailleurs de la ville et de la campagne, et menaçante pour la souveraineté nationale.

Mais une rénovation économique ne peut se produire que sous la garantie du plein exercice des libertés et des institutions républicaines. Contre le fascisme, contre les ligues, qui, par la violence, tentent d’instaurer le pouvoir personnel, la dictature, Il faut constituer le grand rassemblement de tous les républicains, quelles que soient la diversité de leurs opinions, la nuance de leurs opinions.

Voici le programme des réformes que je vous soumets :

Politique internationale :

Organisation juridique de la paix, avec l'arbitrage obligatoire, avec la solidarité et P assis tance mutuelle pour assurer le respect des sentences arbitrales cl des décisions de la Société des Nations,

Signature entre toutes les nations d'Europe, y compris PU. R. S, S., d’un pacte de nonagression.

Limitation immédiate, puis réduction simultanée et contrôlée de tous les armements pour aboutir au désarmement général.

Nationalisation, sans délai, de toutes les industries de guerre

Programme agraire ;

Création d’un service public d'assurances contre les risques agricoles : grêle, gelée, mortalité du bétail, inondations, etc,

Institution d'offices publics destinés à assurer la vente des produits de La terre à un prix raisonnable et juste, h en facilter la consommation, à protéger tant les agriculteurs les viticulteurs, les éleveurs, que les consommateurs, contre la spéculation.

Développement des coopératives agricoles et du crédit agricole.

Programme financier :

Nationalisation de la Banque de France.

Contrôle des établissements de crédits.

Transformation complète de noire système fiscal, par :

1° La suppression des J 50 impôts et taxes existants : chiffre d’affaires, production, contributions indirectes, taxe assimilées, etc. ;

Leur remplacement au moyen :

a) Du produit des nationalisations ;

h) De trois contributions :

Impôt sur le revenu global, sans forfait, progressif, à des taux différents pour les revenus du travail et ceux du capital ;

Impôt progressif sur Je capital des successions, donations, mutations ;

Des taxes générales non superposées et à perception unique, sauf sur les denrées de première nécessité, et avec des ristournes au profit des familles nombreuses.

Répression des gaspillages et de la fraude»

Protection de l'épargne.

Abrogation des décrets dois :

qui ont réduit traitements, pensions, retraites, allocations militaires, allocations d’assistanefi ; qui ont porté atteinte aux prérogatives des conseils municipaux et des maires.

Souveraineté populaire, libertés démocratiques ;

Désarmement et dissolution des ligues paramilitaires de fascisme.

Application et respect du droit syndical.

Amnistie générale en matière politique.

Abrogation des lois scélérates.

Education nationale :

Création d’un service public national d'éducation, fondé, à tous les degrés, sur la laïcité intégrale, la gratuité, la sélection et l’ orientation professionnelle.

Abrogation du décret-loi sur Jes écoles normales primaires.

Prolongation de la scolarité à l'école primaire.

Développement de Renseignement post-scolaire et des œuvres péri-scoïaires et postscolaires.

Législation du travail :

Diminution des heures de travail sans diminution des salaires.

Contrats coIleçRfjS et congés payés.

Interdiction du travail pour les enfants, dans P industrie et le commerce, josqiPk 15 ans.

Refonte de ,1a législation des assurances sociales : extension et simplification.

Révision de la législation des accidents du travail.

Retraite des vienx travailleurs exclus des assurances sociales.

Péréquation équitable des retraites.

Programme économique t

Nationalisation des grandes industries monopolisées en fait au moyen de trusts, pour en remettre la gestion aux travailleurs et aux usagers sous le contrôle de l’Etat. Réorganisation des transports.

Défense de Partisan at.

Réorganisation, avec le concours du personnel, des ateliers de construction de PEtai. Exécution, dans chaque région, de grands travaux publics.

Développement et organisation rationnelle du tourisme et protection des industries et des commerces qui le facilitent ou en dépendent.

Défense et extension de la coopération.

Développement des échanges entre la métropole et les colonies.

Victimes de la guerre :

Création et fonctionnement d’une Caisse des pensions pour les anciens combattants. Réparations dues aux mobilisés.

SG

Extension de la loi du mars 1935,

Exonération de l'impôt pour les pensions.

Abrogation des mesures qui, par les décrets-lois, ont diminué la situation des victimes N de la guerre.

Citoyens,

Vous avez le droit d'exiger de votre élu un dévouement désintéressé à la collectivité* ûn travail^ continu et consciencieux, des déclarations précises, une action conforme à son

programme.

Il vous est aisé de me juger.

Depuis près de trente ans, je mène, au milieu de] vous, la bataille politique* en défendant les mêmes idées de paix, de laïcité, de solidarité sociale.

Le parti socialiste* auquel j’appartiens, s’est donné pour tâche de libérer les travailleurs de toutes les servitudes que le régime actuel fait peser sur eux, d’affranchir J a Nation de la domination des puissances d’argent, de substituer un régime harmonieux, d’ordre et d'équité* à l'anarchie économique et à l'injustice sociale.

Plusieurs interventions à la tribune de la Chambre m’ont permis de démontrer que la défense des intérêts de tous les travailleurs constituait l’objet essentiel de mes préoccupations.

Conseiller général du canton et maire de la ville de Roanne depuis seize ans, j’ai trouvé encore dans le mandat de député, que vous m'avez confié pendant douze années, d’heuz^euses facilités pour l'œuvre à accomplir, et dans ie canton, et dans la ville de Roanne.

Le nombre et l'importance de ces fonctions n’ont pas diminué mon activité à la Chambre des Députés puisque, par deux fois, en 1934 et 1935, mes collègues de la Commission de la législation civile et criminelle de la Chambre m’ont appelé à l'honneur, mais aussi à la redoutable charge de la présider, de diriger ses travaux et de mener à bien devant la Chambre le vote des textes étudiés et discutés devant la Commission.

Aussi bien, me donnerez-vous la liberté d’évoquer simplement et rapidement ce passé* pour vous donner toutes les garanties que vous êtes en droit d’exiger pour l’avenir.

Fidèle à l'idéal qui m'inspire, je pense toujours que le socialisme ne peut se développer que dans la République, dont il est inséparable.

Cette conception nous a permis, à Roanne, depuis 1919, dans toutes les grandes consultations électorales, de pratiquer l’union des forces de gauche qui paraît avoir barré définitivement la route à toutes les réactions, avouées ou camouflées. Noos en avons trouvé fa récompense dans une série ininterrompue de victoires pour la démocratie roannaise.

11 serait injuste de ne pas souligner, dans cette action continue, le courage, la loyauté et le désintéressement avec lesquels les vaillants républicains de cette circonscription, radicaux, radicaux-socialistes, républicains-socialistes, pupistes, ont suivi et respecté cette tactique. En se ralliant a ma candidature, ils ont, une fois de plus, justement montré que des divergences de doctrines ne doivent pas permettre, dans cette circonscription, une dislocation des forces de gauche, qui risquerait de faciliter aux réactionnaires, aux cléricaux, aux conservateurs, aux fascistes, une revanche qu’ils ne peuvent plus raisonnablement escompter.

Vive la République démocratique et sociale I

Albert SÉROL

Député sortant.

Maire de la ville de Roanne.

Conseiller général.

2° csr conscription de ROANNE.

M. Fernand GIRAULT

(Croupe de ï’Àlliauce des républicains rie gauche et des radicaux indépendan ts ) Elu pour la lrc foisïle 3 mai 1936*

Electeurs 1

La Fédération des Comités républicains démocratiques de la circonscription, comprenant 3 conseillers généraux, 3 conseillers cF arrondissement.. 32 maires, de nombreux adjoint» et conseillers municipaux et plus de 300 délégués, m'a désigné comme le porte-drapeau des républicains, au Congrès du Coteau, le 9 février dernier.

Cette Fédération est autonome. Je ne suis affilié moi-même à aucun parti; ] entends donc, en tou Le indépendance, défendre un programme constructif, clair et sans équivoque, répondant aux aspirations actuelles du pays.

Depuis onze années, je vis au milieu de vous, t’appartiens à cette ^classe -laborieuse, parmi laquelle je fournis mon labeur quotidien ; je la défendrai, car je la comprends.

Par l’union des vrais républicains, en face deafpartis de révolution, je veux voir triompher les idées d’ordre, de justice, de travail et de paix.

Examinons le passé ;

En 1924, le Cartel desjgauches| triomphant n'a pu gouverner plus de deux ans; c’est Poincaré qui revient, après avoir été chassé* La faillite est évitée de justesse.

En 1932, meme majorité de*gauche, mêmes hommes, même impuissance. En plus âù ïa faillite à nos portes, nous avons la guerre civile dans nos murs. C’est le retour de Doramergue, Lavai, etc.

À l’intérieur, des scandales honteux éclaboussent des anciens Ministres, des parlementaires, la magistrature, la police. La crise subsiste, le franc est menacés

A l’extérieur, la Société des Nations est impuissante, la guerre rôde à hos frontières.

Tel est le bilan de la politique cartelliste*

C’est le régime républicain qui est menacé*

Changeons d’hommes, changeons de méthodes :

Trop de partis, qui n’amènent que la division, et auxquels les Français ne comprennent plus rien*

Trop de députés inconscients de leurs devoirs.

Trop d’avocats, de phraseurs.

Le Gouvernement n'a plus d’autorité, il est l'esclave des partis.

Le pays traverse une grave crise morale, sous 1 emprise du matérialisme el de la fran®maçonnerie.

Il faut réformer l’Etat, doter le Gouvernement de .1 autorité et de la stabilité qui lui sont indispensables* lui accorder le droit de dissolution.

Il faut modifie!- les méthodes parlementaires, exiger! le vote individuel, supprimer 1 initiative des députés en matière de dépenses, faire préparer les lois par un Conseil d’Elat.

Il faut a atteier à la reforme électorale, en votant la représentation proportionnelle préparer le vote familial, le vote des femmes, en commençant d’abord par les mères restées chef de famille.

Je travaillerai de toutes mes forces à réaliser :

Au point de vue financier, l’équilibre du budget, la défense du franc contre la dévaluation ou l'inflation* la protection de l’épargne, l’ajustement des dépenses aux recettes la réforme de la fiscalité .j

Au point de vue économique, le retourjaux accords internationaux, la stabilisation des monnaies, la mise en valeur de nos colonies, la suppression des doubles emplois et des cumuls, la protection de la petite et moyenne industrie et des organisations artisanales.

Au point de vue agricole, sous l’égide des chambres d’agriculture, le soutien des syndicats et coopératives mutuelles, l’augmentation des caisses de crédits agricoles permettant un appoint opportun et la lutte contre l’effondrement des cours et la spéculation, la suppression des mesures vexaloires et formalités ennuyeuses, le développement dés caisses de calamités, l'extension à nos campagnes des grands travaux {électrification et adduction d’eau} dont bénéficient trop souvent seulement les villes.

Au point de vue social, la lutte contre le taudis, l’encouragement à la construction, le développement des mesures d’hygiène et de santé publique, la protection de l’enfarice et du ta famille, l’enCoüragemeut dés Couvres pôslscolaires, le règlement définitif des législations concernant les victimes de la guerre et anciens combattants, les vieux travailleurs, l'ajusteifiéttt des pensions des mu l dés du travail, la mutualisation des assurances sociales, la revision cle déerfeis-loïs injuàtès*

Aü point de vue extérieur^ le rapprochement des peuples, la réorganisation de la Société des Nations en lui fournissant lès moyens efficaces d assurer la paix, i’extêïisitm dé& mesures de securité collectives, compatibles avec notre sécurité nationale, Fanion de tous les Français en face du danger allemand.

Electeurs,

Respectueux dés idées de chacun, je reste l'ardent défenseur de la liberté de conscience, libertés confessionnelles et d enseignement.

Vous aurez à choisir entre ce programme et ceux des partis se réclamant du Front populaire.

Je suis sincèrement républicain et marcherai toujours sous les plis de notre glorieux drapeau tricolore.

Ma devise est et restera : « Liberté, Egalité. Fraternité ».

Jugez-moi,

Fernand GIRAULT

Conseiller d’arron disse men t* Secrétaire général de la F. dea C, R. D. Candidat du & Front Républicain, »,

lre circonscription dé SAINT-ETIENNE.

M. Antoine PINàY (ft’appafÊicîrtt à aucun groupe.)

Elu pour la lre fois le 3 niai L936.

Citoyens,

Pavais décidé, de façon formelle* de rester en dehors de toutes luttes politiques.

Le scrutin de dimanche dernier démontre la gravité de la menace révolutionnaire, alors que la première circonscription désire le travail dans Tordre et dans la paix.

C’est pourquoi, répondant à Je pressantes sollicitations venues de tous les points de l'horizon politique, je n*ai pas le droit de me dérober.

Je suis candidat.

Depuis vingt ans, dans le domaine des libertés, du progrès social et de la paix, d importantes conquêtes ont été réalisées»

L'étatisme intégral qui est à la base du communisme, avec ses contrôles, ses enquêtes, ses déclarations et ses suspicions, annulerait ces conquêtes, tuerait ces libertés, menacerait h paix, car le Parti communiste? camoufle ses buts violents et destructeurs sous un programme bénin et doucereux adapté à la mentalité française.

Citoyens,

C’est pourquoi je me présente contre le communisme.

Le communisme est le poison avec lequel se suicide une société lasse de souffrir. II n’est pas le remède capable de la guérir.

1 Et c'est pour J a guérir que, de toutes mes forces, je veux m’employer et travailler.

Décidé à lutter avec toute mon énergie contre la crise économique, contre le chômage et contre la misère ; mais surtout avec la volonté d’établir, sur des bases plus solides, ce que nous voulons par-dessus tout : la paix.

Mon programme social :

Partisan de toutes les libertés républicaines. Je veux que l’enfant, même de la plus modeste famille, puisse accéder, par l’instruction, jusqu’aux plus hautes situations sociales.

Je suis partisan de l’école laïque dans la neutralité.

Pcre de famille nombreuse, je défendrai toujours la famille.

Ancien combattant, mutilé de guerre, je sais les aspirations de tous mes camarades dont je soutiendrai le programme, notamment l’humanisation des décrets-lois et la caisse des pensions.

Mais, avant, tout, je veux le progrès social. C/est pourquoi je soutiendrai le salaire minimum vital des travailleurs, l'assimilation des mutilés du travail aux mutilés de guerre, et la refonte de la loi de 1398.

Pour les mineurs, P augmentai ion de la retraite et la retraite proportionnelle intégiale, la sécurité dans le travail, la création d’une caisse centrale de protection et d'assurancechômage.

Pour tous les travailleurs, le perfectionnement des assurances sociales, le développement des habitations à bon marché, la protection des vieux travailleurs, la diminution des heures de travail dans le cadre international, la réforme des décrets-lois elles congés payés.

Contre îa crise et le chômage :

[1 est scandaleux de voir des jeunes sans travail, comme il est lamentable de voir les vieux peinant jusqu’à leur mort sous la menace de la misère.

Je réclamerai très énergiquement que les indemnités de chômage des jeunes soient transformées en retraite pour les vieux. Les jeunes ont droit au travail, les vieux ont droit au repos.

Je réclamerai aussi de grands travaux régionaux, proportionnels au nombre de chômeurs existant dans chaque région. L’aménagement de nos chemins et de nos routes solliciteront notamment mon attention et permettront l’amélioration des transports, le développement du tourisme, favorable aux paysans, aux commerçants, à tous les travailleurs.

Je lutterai aussi contre le cumul, sans cesse critiqué, jamais détruit.

L impôt tue 1 impôt. Une fiscalité écrasante enraye la bonne marche des affaires. 11 faut donc diminuer les charges et augmenter ainsi le volume des matières imposables, d’accord avec des assemblées de techniciens et le Conseil national économique.

Les décreLs-lois onL fait le malheur de bien des braves gens sans rétablir une situation chancelai! le* Leur reforme est cl, une urgente nécessité.

Mon programme agricole :

Je connais particulièrement les intérêts de notre agriculture. Nos paysans ont été

odieusement lésés par la législature sortante. Je veux leur rendre la place à laquelle ils ont droit, ^

J aiderai les maires à réaliser leurs projets communaux, spécialement : l’électrification des écarts, les adductions -d’eau, l’entretien des chemins vicinaux. Mais je veux surtout rendre au cul U va leur la liberté de sa culture et protéger les produits de notre terre contre les importations des produits de l'étranger. Mais pour cela il faut développer les syndicats agrico es, mutuelles et chambres d'agriculture qui doivent être la représentai ion exacte et puissante do tous ies travailleurs de notre sol r -

Mm . >

Mon programme pour la paix :

J ai trop connu les horreurs de îa guerre pour ne pas être un partisan résolu de la paix, d ré pu b lie ai n s " arrivemnsà ^ collaboration des peuples par la collaboration

De toute mon énergie, je réclame le désarmement progressif des pays, dans le cadre de secunLe collective par la Société dos Nations. C’est la seule solution : je la défends et en premier lieu, pour défendre la vie de nos. enfants.

Citoyens,

Contre le communisme, créateur d’agitations et de violences inutiles, je veux réaliser

limiesTT "T " , P ““ TnCé’ défendre ioutes 1103 liber(és républicaines et démocra¬

tiques, le travail pour tous et la paix dans le monde.

Vive la première circonscription !

Vive la République démocratique et sociale !

Vive îa paix 3

Antoine PINâY

Maire de Saint-Ghamotid, Conseiller général,

Médaillé militaire* Crois de guerre.

Grand mutilé. Ancien combattant.

2e circoia script ion de SAINT ETIENNE.

M. André MAGNAN

(Groupe de l'Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants,)

Kl u pour la lrfl lois le 3 ruai 1936.

Monsieur et cher Concitoyen,

Si je me permets de vous adresser celte lettre, c’est en raison des circonstances éminemment graves dans lesquelles vous êtes appelé à vous prononcer dans quelques jours, par votre suiïrage, sur le sort non seulement du pays, mais aussi sur le votre.

C’est également en raison du rôle particulièrement important que vous jouez dans le

mécanisme de la vie sociale*

C'est enfin, parce que je suis de ceux qui pensent comme vous que les meilleurs défenseurs des intérêts du Commerce sont et ne peuvent être que des hommes d’ordre et de

conciliation, , , , . . , , , ,

Je ne suis ni réactionnaire, ni révolutionnaire. Je 1 ai dit et bien des fois répété au

cours de cette campagne électorale ; je suis républicain, au sens complet du mot. Je suis pour l’ordre et pour la paix. Je suis contre ceux qui veulent vous exproprier de vos b.ens

et de vos libertés* t

Et c’est pourquoi je suis contre le Front populaire et contre tous ceux, pour si modérés

qu’ils puissent paraître, qui font alliance avec lui.

Dans cette ligue qu'ils ont laite ensemble, communistes, socialistes, radicaux-socialistes, sans excepter personne d’entre eux, tous ont d’avance accepté votre condamnation et

votre perte, , vl, ,. . VT -

Ils ne vous le disent pas aujourd’hui, au cours des réunions qu ils tiennent. Mais, parce que je suis de bonne foi, laissez-moi vous transcrire ici, dans sa brutalité vraiment un peu sinistre, les pensées qu’ils nourrissent à votre égard.

Elles sou t significatives, /c.

Sous Je régime socialiste, le commerçant disparaîtra, son rôle sera terminé (. ixte-

Quenin, Populaire , 5 juin 1934)*.

Ce serait perdre son temps que de s’acharner au salut des petits commerçants, c asse inutile, caduque, parasitaire et qui, par conséquent, a perdu en tant que classe jusqu au droit d’exister. (Pour devenir socialiste. Brochure du Populaire, 1926.1

Les commerçants représentent un anachronisme social et la réaction économique ; ns doivent disparaître. (Poisson, Le Populaire, 20 décembre 1932 J

Et M. Herriot lui-même, en mai 1935, dans un discours qu’il prononçait à Lyon, le proclamait :

« Avec le régime du front commun, le petit commerçant devrait disparaître,, . »

(. Bulletin de la Confédération nationale des groupements commerciaux et industriels

de France et des colonies. Numéro de février 1936, p. 4.)

Voilà qui est net. Le socialisme et le Front populaire avec lui, c’est la suppression de

toutes les propriétés commerciales, grandes et petites*

Vous pensez bien que je n’ai pas l’intention de démontrer ici l'iniquité et l’absurdité de cette politique. Je n’ai pas à vous convaincre que vous avez droit à la vie et que vous devez vous défendre contre le socialisme. Qu’il me suffise de vous assurer que je suis contre le socialisme, et. que je suis prêt à mettre en oeuvre, avec vous tous, toutes mes forces, pour le maintien du régime de liberté qui est celui des vrais républicains.

Cela ne veut pas dire que je suis le partisan aveugle d’un régime d’absolue liberté économique. Vous devez vous défendre contre la crise. Le commerce, aussi bien que 1 industrie, aussi bien que toutes les activités professionnelles et productrices, doit être réglemenfé, mais il doit l'être dans le cadre des libertés.

Le législateur a déjà fait un premier pas en ce sens, lorsqu’il a créé un Conseil national économique, par la loi du 19 mars 193f>. Il faut sûrement persévérer dans cette voie qui doit conduire non à 1 étatisation des professions et notamment des commerces, mais à l’organisation librement consentie des activités de chacun.

La vérité, c’est bien que le législateur, malgré sa meilleure volonté, risquerait de demeurer impuissant, à défaut d être aidé dans cette tâche par ceux qui sont les premiers à demander cette réglementation, c’est-à-dire par les commerçants eux-mêmes. Certains d entre vous 1 ont dit : il faut désormais laire place dans la cité à un pouvoir qui, jusqu’ici, n'y avait point de place, au moins officiellement reconnue, au pouvoir économique. Ce pouvoir, lui aussi, a droit à la parole, et l’on doit compter avec lui, lorsqu’on veut, de bonne foi, résoudre les grands problèmes économiques, qui ne se sont jamais posés plus angoissants, plus tragiques.

Mais le Conseil national économique ne doit pas se substituer aux Pouvoirs publics ni intervenir dans la gestion dfrvos affaires. Il ne doit pas être un second Parlement.

Il ne peut être question d’envisager en quelques lignes la solution de ces problèmes. Je voudrais, au moins, en aborder quelques-uns qui vous intéressent tous au plus haut point.

Les magasins à pris: unique :

La campagne que vous avez engagée contre l'institution des magasins à prix unique doit aboutir à la suppression complète de ces établissements. Sans aucun doute, c’est pour vous une question vitale. Le législateur l’a compris; mais cette loi du 23 mars dernier, comme je comprends qu elle ne vous apporte pas encore tous les apaisements que vous êtes en droit d’exiger, si vous no voulez pas être finalement écrasés ! Libre concurrence, diront certains ; non. Le magasin à prix unique, vous le condamnez parce que vous savez qu’il vous tue. C’est de la légitime défense de votre part. Mais nous savons aussi que le magasin a prix unique est, au regard du fisc, un privilégié qui ne connaît pas, toutes proportions gardées, les lourdes charges qui pèsent sur les épaules des petits commerçants. De même, il convient d'interdire définitivement la circulation des camions-bazars.

Il y a aussi les fournisseurs de ces magasins qui n’y trouvent pas leur compte. Souvent. 18 son[ oijlltî®s d accepter des marchés véritablement léonins qui entraînent du même coup une baisse des salaires que ces fournisseurs payent à leurs ouvriers.

Il y a même les consommateurs, qui finissent par protester. La preuve est faite que le magasin à prix unique est presque toujours un trompe-l’œil. Il est certain, en tout cas, que le magasin à -prix unique ne présente pas à sa clientèle la garantie d’un commerçant spécialisé,

Ll que dire des employés au service des magasins à prix uniques ? A part quelques rares exceptions, ils ont fine situation de misère.

Tout cela juge l’institution que vous combattez.

Seconde question vitale ; la question fiscale :

Les commerçants, les petits commerçants surtout, n’ont jamais été soumis à un système (. impôts aussi écrasant. Leur situation est si misérable (le nombre croissant des faillites et

des liquidations judiciaires le prouve) que le Ministre des Finances lui-même a prescrit cette mesure exceptionnelle, que je n’oserai qualifier de mesure de faveur, tellement il est évident qu’elle s’imposait, qui consiste à accorder aux commerçants des délais pour le payement rie leurs impôts.

Deux de ces impôts appellent de sévères critiques : la taxe sur le chifire d’affaires et la patente. La première est créatrice de vie chère, et Yen pourrait lui substituer facilement une taxe à la production, ce qui présenterait, au surplus, un avantage pour le fisc lui-même: la fraude serait rendue à peu près impossible. Quant à la patente, osons le dire, elle constitue un impôt antidémocratique ; sa suppression doit être envisagée. En tout cas, il y a lieu, en attendant sa suppression, de limiter son taux, en fixant un maximum au centime je franc, de telle sorte que le jeu des centimes additionnels soit réduit dans le calcul de la patente à de justes proportions, lorsqu'il se trouve que le nombre des centimes additionnels est vraiment excessif.

Il y a même à envisager cette proposition qui avait été déposée par M. Charles Reibel, ancien Ministre, en vue d'un emprunt h bas taux, mais avec cet avantage que les titres seraient acceptés par les caisses de l’Etat en payement des droits de succession. M. Reibel voyait dans cet emprunt un moyen sûr de compenser la suppression de l’impôt sur Je chiffre d’affaires* A mon sens, il avait totalement raison*

On doit également s’occuper des commerçants étrangers qui viennent s’installer en France. La France hospitalière ne doit pas être victime de sa générosité. Vous avez- le droit de vous protéger contre l1 étranger.

La législation des faillites aussi doit être améliorée* Il y a vraiment trop de scandales. Il faudrait s’attaquer franchement à ce problème qui vous intéresse tous au plus haut point et notamment réduire les frais écrasants de la procédure.

Rien d’autres questions vous préoccupent: la question des fonds de commerce, des loyers commerciaux, des billets de fonds, etc. Au cours de mes dix années d’activité professionnelle, alors que je ne songeais pas encore à me présenter à vos suffrages, j’ai eu à les examiner. La place me manque ici, je ne peux pas entrer, comme je le voudrais, dans le détail de la discussion. Je dis simplement que si le Parlement a déjà fait beaucoup, il reste à faire beaucoup encore pour que la situation juridique des commerçants soit ce qu elle doit être dans un pays comme le nôtre, un pays de travail, de progrès et de paix.

Ai-je à vous le dire ? A vous qui êtes menacé par les marchands de chimères socialistes ? Vous avez à vous défendre, d'autant plus que vous êtes plus particulièrement visé par eux* Vous avez à vous défendre aussi parce que vous êtes une des forces de notre pays de France, et que toute atteinte dirigée contre vous frapperait inévitablement le pays tout entier. C’est pourquoi je vous le dis bien haut, sur d’être entendu par vous : défendez vous contre le Front populaire, défendez -vous contre quiconque fait alliance avec ceux qui proclament que vous devez disparaître, eL faites confiance à ceux qui viennent à vous pour vous aider à vivre dans l’union et la paix.

Veuillez agréer, Monsieur et cher Concitoyen, l'assurance* de mes sentiments très dévoués*

André MAGNAN

Docteur en droit» — Avoôat.

Candi dat1 de la 2e cire^afscripti' d*

3e circonscription de SAINT-ETïENNE*

M, Paul CREYSSEL

(Groupe de l’Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants.) Elu pour la fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,

Mes chers concitoyens,

Après quatre ans d'une législature riche en événements dramatiques et en déceptions, je me présente de nouveau à vos suffrages.

Elu sous l’étiquette du parti radical-socialiste, j en suis sorLi le 12 février 1934 et je me réclame, aujourd'hui, de l’Union nationale.

Vous avez le droit de me poser des questions*

J'ai le devoir d’y répondre.

J’y répondrai sans détours.

Pourquoi suis-je sorti du parti radical-socialiste ?

Ancien combattant, admirateur du a Père la Victoire », j’étais entré au parti de* Clemenceau.

Je suis sorti du parti de Daladier, de Chautemps, de Bonnaure et de Garat.

J ai démissionné d un parti qui ne peut se faire élire qu’avec les socialistes et ne peut gouverner qu’avec les modérés. Si l’Union nationale est nécessaire à la Chambre, il faut avoir la franchise de la faire devant l'électeur.

Le 12 février 1933, j ai adressé à M, Chau temps la lettre suivante :

« Monsieur le Président,

« J’ai l'honneur de vous adresser ma démission du groupe radical et radical socialiste de la Chambre.

« Je ne me suis détermine à ce geste qu’après l’avoir mûrement délibéré. Si j’exécute seulement aujourd’hui un propos formé depuis près d’un mois, c’est parce que je ne voulais pas abandonner mes amis politiques en pleine bataille et surtout à la veille d’une défaite que je sentais inévitable. J’ai voulu donner par deux fois à votre Gouvernement et à celui de M. Daladier la preuve de ma fidélité. Mais je ne puis soumettre plus longtemps mes actes à une discipline que ma raison réprouve comme néfaste ou à une solidarité qu’elle condamne comme injuste.

<î Je ne puis garder ma confiance à des chefs qui ont accumulé tant de fautes en quelques jours. C est assez sacrifier à l’intérêt de groupe que d’avoir couvert par discipline des ménagements injustes, des mensonges publics, des métamorphoses singulières, des sanctions iniques ou importunes, des brutalités inutiles.

« Faut-il ajouter que je ne puis souscrire à certaines contradictions ? Après avoir, durant dix-buit mois, chimériquement essayé de nous accorder avec les socialistes sur unplan de redressement financier, nous entrons dans l’Union nationale.

« lit le lendemain du jour où, par un vote unanime, nous avons invité M. Edouard Iiernot à aider M. Gaston Doumergue, nous encourageons la C. G. T. à manifester contre le Ministère où figurent, avec votre assentiment, cinq de nos amis !

<( Je reprends désormais ma liberté d'action. Aussi bien, dix-huit mois d'attention silencieuse et de déceptions m’ont-ils permis de saisir, notamment, trois vérités essentielles:

tf p La lutte de classes conduit notre pays non seulement à la guerre civile, maïs à la ruine matérielle ;

« 2° La lutte des partis mène la démocratie à l'impuissance quand elle a cessé d etre mie controverse d'idées pour descendre à ne plus Être qu'une compétition d'intérêts ou un incessant plaidoyer électoral ;

a 3° La gravité des conjonctures exige une promptitude et une netteté de décision dont les formations nombreuses sont incapables ; manœuvrées par une oligarchie d orateurs, travaillées par des rivalités intestines, elles se gouvernent sur des mouvements d'assemblées et, faute de pouvoir agir, se bornent à transiger.

<< Monsieur le Président, en prenant la décision que je notifie, je n'en ai pas seulement médité les raisons, mais aussi les conséquences. J'ai pesé les dangers delà solitude en un lieu où les isolés demeurent sans Force, sinon sans voix. Je m'expose à la colère de quelques fanatiques : l'estime de mes amis et de tous les honnêtes gens m’en consolera.

« Veuillez agréer, monsieur le Président et cher collègue, l'assurance de ma considération la plus distinguée,

« Signé : Paul Greysskl, d Député do la Loire,

En résumé, j'ai repris mon indépendance pour trois raisons : deux raisons de politique <ct une raison de moralité.

1° Parce que j'avais définitivement reconnu, au cours de dix-huit mois d'instabilité ministérielle et d'impuissance gouvernementale, la malfaisance et l'absurdité du cartel des

gauches. ...

2° Parce que la discipline de parti rend inutiles et vaines les délibérations du Parlement: le groupe ayant décidé, on vote comme ordonne le groupe, sans tenir compte du

débat ; . , .

3° Parce que les corrompus de Stavisky, presque tous radicaux-socialistes, hénénciaien ,

dans un parti d'honnêtes gens, de ménagements scandaleux.

Pourquoi n'ai-je pas démissionné immédiatement de mon mandat ?

Ce reproche m'est adressé surtout par les partisans du f ront populaire.

11 m'est adressé aussi par certains amis zélés de mon honorable concurrent.

Pourquoi aurais-je démissionné ?

J'étais élu sur mon programme et non sur une étiquette (étiquette commune à des gens aussi variables que M* Herriot, aussi opposés que MM. Cot et Lanioureux).

Mon programme ne comportait ni le payement des dettes à 1 Amérique après 1 abandon des réparations, ni le refus des crédits de défense nationale, ni 1 inflation, ni déficit, ni l'approbation des voleurs, ni l'assassinat du franc, ni les sanctions ruineuses pour notre pays, ni la guerre pour le Négus, ni la guerre pour les Soviets.

En m'opposant à tout cela, par mes discours, mes articles, mes votes :

— j'ai servi le bien public ;

— j’ai exécuté mon mandat.

J'avais le devoir de soumettre à mes électeurs, non une lettre de démission, mais des actes.

J'avais le droit de penser et j’ai la conviction qu’en servant les intérêts de mes électeurs je ne trahissais pas, mais j'exécutais., au contraire, mon mandat.

Pourquoi ai-je voté les décrets-lois ?

Ils ont été rendus nécessaires par 'Pim puissance d'un Parlement sans majorité stable. Il fallait raürapper le temps perdu.

Certes, les décrets-lois de Doumengue ou ceux de Laval présentent des imperfections,, mais ils se justifient par leur résultat : Je franc intact.

Sans doute, Us ont imposé a nombre de citoyens dep sacrifices ; mais un sacrifice limité valait mieux que la banqueroute. Mieux vaut toucher 00 francs à vingt êous, que 100 francs à dix sous, ou rien.

Citoyens !

Vous avez à choisir, demain, entre F Union nationale et le Front populaire.

Le Iront populaire, ç est le nouveau aom du vieux cartel.

Le Front populaire, c’est le cartel aggravé par J a présence des communistes,

Si les radicaux n ont pu gouverner avec les spci a lu tes, comment voulez-vous qu7iis gouvernent avec les communistes ?

Ou bien il faudrait revenir à FUnion nationale après du temps perdu, de Fargent perdu, de gravés troubles, du sang versé.

Ou bien les communistes, sujets dociles de Staline, employés de l'étranger, utiliseraient, comme ils F a un on cent, le Froni populaire pour faire la révolution et installer en France la tyrannie sanglante des soviets.

Citoyens !

\ ouïe z- vous la guerre civile, la perle de vos économies, de vos propriétés, la fin du petit commerce ?

Voulez vous la fin déjà République et la mort de la liberté ?

Alo/s, votez pour Je Front populaire J

Mais si vous voulez, citoyens :

La restauration de la prospérité par la confiance j La confiance par .Fanion des Français ;

La réforme de l’Etat .par Je renforcement du Pouvoir exécutif, Ja stabilité gouvernementale (par la dissolution de la Chambre) ;

La représentation des intérêts et des métiers dans une Chambre économique ;

La réduction «lu nombre des députés .élus à la proportionnelle, et le vote familial pour la défense des familles nombreuses ;

La fin du gaspillage par la suppression de l'initiative des dépenses retirée aux députés;

Le rétablissement des libertés perdues et le maintien des libertés existantes ;

Le respect de toutes les convictions ;

La paix par une politique réaliste éloignée des aventures et débarrassée des utopies ;

La mise en valeur de nos ressources touristiques et de notre empire colonial ;

Si vous voulez sauver et maintenir la France comme nation.

Accordez -moi vos suffrages.

J’ai sacrifié à la vérité politique, à l’Union nationale, mon ambition et ma sécurité.

Par ce sacrifice et par mes voles,

J ai mérité votre confiance,

Vous ie manifesterez le 26 avril.

Paul CREYS3EL

Avocat à la Cour d’appel..

Ancien combattant.

Chevalier de la Légion d’bon neur. — Croix de guerre.

Député sortant.

Candidat d’Union nationale.

4^ circonscription de SAINT-ÉTIENNE.

M. Pexs.us F AU BU

(Groupe du Parti de Pu ni te prolétarienne.}

Élu pour la lre fois le 1er niai 1932. — Réélu le 3 mai 1 936,

Mo n p ro g ra m m e êl ecfo ra l .

Le programme que je présente aux électeurs est celui élaboré par le Comité national du Front populaire. Les lignes générales sont résumées clans la première partie.

La deuxième partie concerne le programme d’ordre régional et social que j’ai déjà défendu pendant ces quatre années de législature et qui est toujours d 'actualité.

Ce programme peut se résumer dans ces trois formules :

1° Défendre la République ;

2° Surmonter la crise ;

3° Sauver la paix.

Mais s’il est possible à tous les candidats de présenter un beau programme, il importe d'examiner comment il peut être réalisé.

il faut d’abord préciser que cette réalisation ne peut se faire que dans Pordrc républicain.

On ne construit pas dans le désordre.

C’est dans l’ordre, la liberté et la paix qu’une action efficace peut être faite.

La prochaine législature ne doit pas, par son inaction, décevoir, une fois de plus, les électeurs français. Après tant de déceptions, ce serait la fin du régime démocratique.

Elle devra faire une œuvre audacieuse et constructive.

Pour accomplir cette œuvre, il est indispensable que les grands partis de gauche, qui formeront une importante majorité dans la nouvelle Chambre, acceptent la responsabilité du pouvoir*

C’est cette collaboration dans Faction ministérielle et parlementaire, sur un programme nettement déterminé, que désire le peuple de France.

La nouvelle Chambre devra réaliser ce programme que je présente à nies électeurs :

Programme de revendications générales.

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