‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 94 sur 186 · G, LÉVY-ALPH AN DÉRY · texte numérisé non relu

G, LÉVY-ALPH AN DÉRY

Dépu Lé sortant.

Conseiller général de la Haute-Marne.

Maire de Chaumont*

Officier de la Légion d'honneur.

Candidat républicain radical et radical socialiste*

Circonscription de LANGRES,

M * G a m î lle P ER F ET T I

(Groupe républicain radical et radical -socialiste.)

Elu pour la 1» fois le 29 avril 1928, — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

Mes chers Concitoyens,

Je viens vous demander le renouvellement du mandat législatif que vous m’avez fait l'honneur de me confier par 2.600 voix de majorité.

Vous me connaissez et vous connaissez mon passé. Il y a trente-quatre ans que je me suis installé à Ilortes comme médecin, il y a vingt-cinq ans que j’y exerce les fonctions de maire. Il y a dix-sept ans que je représente au Conseil général le canton de Varennes-sur- Amance. Il y a huit ans que l’arrondissement de Langres m’a envoyé siéger à la Chambre.

Mon attitude politique, mes actes, au Parlement comme à l'assemblée départementale, ont été, à chaque consultation du suffrage universel, approuvés par vous. La fidélité constante que vous m’avez témoignée me dispense de longues déclarations.

Politique extérieure :

Le pays vous dit-on, est inquiet et l’heure est trouble. Mais ce trouble, nos adversaires ne s’en émeuvent que pour l’exploiter au profit de leur cause électorale, lis spéculent sur l'inquiétude pour s’offrir comme les seuls capables de rassurer le pays, le patriotisme a les en croire, étant leur monopole. Et ils dénoncent notre parti comme étant « celui de la

guerre ».

Faut-Il s’attarder à celte grossière calomnie î

Par l’œuvre de ses chefs, comme par sa doctrine, le parti radical-socialiste, qui, autant que quiconque a le sens profond de la patrie, a toujours manifesté son amour passionne t e la paix, d’une paix de. sécurité et de dignité. Ceux qui, aujourd’hui, lui font 1 injure démettre en doute sa volonté d’éviter la guerre sont ceux-là mêmes qui naguère couvraient d'outrages Briand et Herriot, coupables à leurs yeux de tout sacrifier à la paix !

Notre programme demeure ce qu’il était hier : Sécurité d’abord, par 1 organisation

d’une défense nationale nous permettant d’être prêts à tout événement arbitrage obligatoire ensuiLe, pour le règlement, sans appel aux armes, de tous les litiges internationaux ; désarmement enfin, général et contrôlé, mais seulement, le jour où aura été accepté et réalisé le recours universel au tribunal suprême des peuples. Alors il sera possible de réduire sans danger les forces qui assurent l'inviolabilité du territoire national.

Nous voulons l’entente avec tous les peuples, y compris l’Allemagne, mais dans le respect des traités et la loyauté des signatures. Nous demandons que cette réconciliation et cette collaboration s’accomplissent au sein d’une Société des Nations effectivement garante des contrats, gardienne de la sécurité collective, organisatrice d’une assistance mutuelle prête à jouer contre tout agresseur*

La doctrine hitlérienne est celle de la loi de la force. La nôtre est celle de la force de la loi et du droit international*

Politique économique et financière :

Avec la menace d’ordre extérieur, les difficultés d'ordre économique et financier retiennent surtout l’attention publique.

t.ne crise d une durée et d’une acuité inouïes a provoqué le désastre, la misère, le chômage parmi les producteurs do la terre, dans l'industrie, le commerce, chez les travailleurs.

Pour restaurer une économie fortement ébranlée et en opposition avec une expérience, recentc et néfaste, aujourd'hui condamnée sans appel, il convient avant tout de restaurer la puissance d achat des masses afin d’amener le développement parallèle de la consommation et de la production et la reprise normale des échanges': par une meilleure organisation du cretit, une facilité plus grande du loyer de l’argent, une mise en oeuvre réelle de grands tiavaux d utilité publique et de perfectionnement de l’outillage national, une circulation accrue des capitaux, une révision de la politique douanière qui restreint en ce moment la inerte du commerce international, une réduction des heures de travail compensant le progrès incessant du machinisme.

Mais, au premier plan de celle restauration, nous mettons la revalorisation des produits agricoles, heureusement et énergiquement commencée par l’ancien Ministre de 1 Agriculture, AL Cassez, La prospérité de la culture est à la hase même de celle du pays. Les agriculteurs, les éleveurs, au milieu desquels s’est déroulée mon existence, savent là sollicitude que je leur ai toujours témoignée, l’œuvre que j’ai poursuivie en leur faveur à lu Commission de l’agriculture de la Chambre, les résultats législatifs que j’ai obtenus, notamment en ce qui concerne l’aménagement des dettes agricoles. Avec le même dévouement et la même énergie, je me consacrerai au redressement d’une situation dont l’amélioration est déjà en vue.

Pour soulager la production nationale, accablée par des charges écrasantes, il sera necessaire encore de pratiquer une politique résolue de dégrèvements d’impôts et de

simplification d’un système fiscal trop compliqué qui laisse la porte ouverte à trop de fraudes. 1

Lne lois notre économie stimulée par des mespres efficaces, la question financière, me ge taire et monétaire sera du même coup résolue. L’amélioration des affaires privées entraînera rapidement le redressement de la trésorerie de l’Etat. L’invulnérabilité de notre

monnaie, aujourd hui mise en doute, pour des fins politiques, par des semeurs de panique sera de fin j U ve. r 1 1

Dans le même ordre d idées, le maintien du franc à sa valeur actuelle devra s’accompagner ,e plus tôt possible, de la stabilisation des monnaies dans le monde entier. Ainsi disparaîtra la spéculation éhontée qui se produit sur le marché des changes. Ainsi finira cet etaL d incertitude qui est si préjudiciable à notre commerce avec l’étranger En même

temps, le petit rentier, les salariés ne vivront plus dans l’instabilité et la crainte du lendemam*

L'épargne j rassurée et plus cnn liante, exigera encore une protection efficace contre les détrousseurs de toutes sortes qui lui ont infligé tant de ruines, îi conviendra enfin de libérer l'État, trop souvent réduit à des expédients, de la tutelle d’une oligarchie financière et bancaire, dont le rôle, au lieu de dicter sa loi aux gouvernements, comporterait, sous le contrôle de l'Etat, une collaboration dans l'intérêt public nullement exclusive du profit légitime*

Politique intérieure :

Fidèle à mes opinions républicaines, passionnément attaché à la démocratie, j'estime qu'avant tout s'impose le respect de nos libertés traditionnelles*

Partisan du respect absolu de l'ordre, qui n’est inconciliable ni avec la diversité des d o ctri nés ni avec 1 a d i ver genc e de s i cl é es dans la toléra n ce, je co n s i d è r e co ni m e ré p ré h e nsiblc Faction illégale des factions et des ligues qui se proposent de donner l’assaut au régime républicain ou de renverser les institutions parlementaires*

L'agita tien fasciste, les menées des rêveurs de dictature ou des chercheurs d'aventure ne sauraient être tolérées, l'activité des partis n'étant admissible que si elle demeure licite, si elle observe les prescriptions de la loi, expression de îa souveraineté populaire. Cette souveraineté s’affirme dans les consultations do suffrage universel, devant le verdict duquel tout le monde a le devoir de s'incliner* II ne peut être question d'accorder l’impunité à ceux qui, tout en se proclamant les champions de l'ordre, se flattent ouvertement de créer le désordre, de préparer l’émeute, de déchaîner la guerre civile, préface de la guerre étrangère*

La France a besoin avant towt de la paix intérieure comme de la paix extérieure, afin d e po u rs u i vr e d a n s 1 e c aime son ni de et magniJiqu e I abc u r .

Si des réformes de notre organisation politique sont nécessaires, s’il convient notamment d’assurer la stabilité des gouvernements et de restaurer leur autorité, pour permettre Isr continuité dans k direction du pays, ce sera au Parlement è accomplir ces réformes et à sc discipliner lui-même, en dehors de toute pression de la rue, avec le souci prédominant du bien public et de la tranquillité publique*

Politique sociale ;

Dans le domaine de la poli tique sociale, la République, qui a déjà accompli une œuvre magnifique, ni'aura qti'à persévérer dans la voie généreuse où elle s’est engagée. Amélioration continue du sort des travailleurs, facilité d’accession à la propriété; protection de la santé publique, plus grande sollicitude pour les familles nombreuses; lutte contre les fléaux sociaux* et principalement contre le chômage, développement des institutions d'hygiène, de prévoyance et d'assurances sociales et des habitations a bon marché, extension de l'instruction laïque et gratuite, qui, par l'école unique et jusque dans les foyers les plus modestes, permet aux enfants les mieux doués de s’élever d’après leurs capacités, perfectionnement de l'apprentissage et de F orientation professionnelle ; abrogation des décretslois injustes, chasse aux abus qui ont laissé subsister des cumuls scandaleux, telles sont les grandes lignes de la tâche de demain*

Enfin, îcs droits acquis des anciens combattants doivent être rétablis dans leur intégralité par l'institution d'une Caisse des pensions, qui répartira la dette viagère plus équitablement sur un plus grand nombre de générations*

Défense des intérêts régionaux :

Comme par le passé, je mettrai tout mon dévouement au service des intérêts de notre peLite patrie, des communes trop souvent déshéritées ; comme par le passé, je travaillerai à faciliter toutes les améliorations désirées tant par les villes de Langres et de Bo u r bonne* les-Bains que par les centres ruraux ou urbains.

hn ce qui concerne les chemins de fer, s’il est indispensable de résorber enfin un déficit ruineux pour la nation, je demeure résolument hostile au décret-loi concernant la coordination du rail et de la route et je resterai le défenseur résolu de la liberté des petits transporteurs automobiles.

Enfin, j’ai toujours énergiquement soutenu les droits des bouilleurs de cru ; ma sollicitude la plus vigilante et la plus active leur reste acquise.

Pour la liberté, la paix, la République ;

Mes chers Concitoyens,

Voilà dans quel esprit, avec la même loyauté que par le passé, je me consacrerai à remplir mon devoir si vous me faites l’honneur de me confirmer une confiance dont j’ai eu jusqu'ici îa grande fierté.

Avec le même désintéressement dont j’ai toujours fait preuve, avec la même probité scrupuleuse que je n’ai jamais manqué d’observer, je continuerai à me mettre au service de l’intérêt général et de vos justes revendications.

Agriculteurs, commerçants, industriels, fonctionnaires, retraités, travailleurs de toutes professions et de toutes catégories, mon dévouement vous est connu. Il ne vous fera pas défaut à l’avenir.

Il y a quatre ans, avec la franchise dont je me suis faiL une régie absolue, je vous laissais prévoir les difficultés séveres avec laquelle la législature allait se trouver aux prises* Je crois avoir rempli mon mandat avec conscience et de mon mieux.

Demain, quelles que soient les circonstances, vous retrouverez en moi le républicain fervent, le laïque éprouvé, le représentant fidèle qui n’a d’autre ambition que d’être utile à son pays et à ses compatriotes.

Ma devise sera encore et toujours : pour la paix! pour la liberté! pour la Repu* bJique !

Vive la ville de Langres ï

Vive rarrondissement de Langres 1

Vive la République !

Camille PERFETTI

Ancien Ministre des Pensions.

Circonscription de WASSY.

M. René ROLLIN

(Giotipo républicain radical et ladica’.-socmliste ) Élu pour la 11C fois le 3 mai 1936.

Mes chers Concitoyens,

Jamais, probablement, consultation populaire n’a emprunté aux circonstances une signification plus grave et n’a exigé des républicains plus d’union et de discipline.

Non seulement, en effet, il y a la paix à saux egarder, Pin dépendance du régime à défendre, mais encore k lutter contre la crise — aggravée parla politique de déflation — qui atteint les classes les plus laborieuses cle la population : l’ouvrier et l’artisan par la diminution des salaires et le chômage; l'agriculteur par la mévente des produits du sol; les classes moyennes par la baisse des valeurs et la paralysie du commerce*

Ainsi, l’heure n’est plus aux atermoiements. L’heure est venue d’une politique réalisatrice et constructive en dehors des vieilles combinaisons et de l’oppression des intérêts privés*

Répondant à l’appel affectueux de nombreux amis de l’arrondissement, j’ai accepté de représenter la démocratie des campagnes et des villes de notre circonscription à l’élection législative du 26 avril*

Et, le devoir est tout tracé, qu’il y a lieu de remplir — selon la tradition républicaine — dans le respect de la liberté et de la propriété individuelles; dans le respect de la liberté de conscience et des lois laïques qui ne veulent que confondre les enfants de ce pays dans ïa même fraternité.

La paix. Elle ne saurait être durable eu demeurant â la merci des ambitions ou des besoins d’un peuple et sa base solide ne peut que résider dans le respect de ^indépendance de chaque pays et des engagements pris. Le droit vital, certes ! non pour un seul, mais pour tous, dans la stricte soumission à la loi internationale*

Et la France — sans être à la remorque de qui que ce soit — se doit, en accord avec toutes les nations attachées au principe de la solidarité internationale, de fortifier le rempart de la paix réelle et indivisible qui se fonde sur la sécurité collective, l’arbitrage obligatoire et l'assistance mutuelle*

Après la paix, la liberté dans la République, par la souveraineté de l’Etat sur tous les intérêts particuliers si puissants qu’ils soient.

Les congrégations économiques et les oligarchies financières, nouvelles féodalités, tendent a substituer la dictature de l’argent à la liberté des initiatives*

Pour conserver l’indépendance du régime, la dignité des travailleurs et des producteurs, il est nécessaire de restaurer le pouvoir d’arbitrage de la Nation et son pouvoir de contrôle, surtout vis-à-vis des sociétés de crédit et anonymes qui ont coûté si cher à l’épargne française et, aussi, des industries de guerre, à seule fin de faire, de tout ce qui a Irait à la sécurité de la patrie, un problème de défense et non un problème de bénéfices.

Par la déflation, on a imposé de durs sacrifices, injustement, aux anciens combattants et victimes de la guerre, aux petits rentiers, pensionnés et retraités, aux plus humbles fonctionnaires, sans redonner l’aisance voulue à îa trésorerie et en rendant la tache plus dure au commerce et aux industries libres écrasés déjà par la fiscalité.

Et, parce qu’il rie saurait y avoir d'agriculture saine dans un pays où les masses labo

rieuses vivent, dans la gêne ou la misère, les intérêts des travailleurs des campagnes se trouvent être étroitement solidaires de ceux des travailleurs des villes.

Aussi, la revalorisation légitime des produits du sol doit-elle s’accompagner d’un plan rationnel de grands travaux communaux, départementaux et nationaux, destiné à réduire le chômage, à redonner des débouchés à la jeunesse, à augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs, c’est-à-dire la consommation solvable.

Et la réforme de TE Ut n’est pas moins nécessaire, non seulement par la refonte d’un système fiscal Iracassier — au besoin par la suppression des différentes cédules : salaires, bénéfices agricoles, commerciaux, industriels, etc. — maïs aussi par la mise en fonctionnement du Conseil national économique, expression des forces vives de la Nation, en vue de mieux ordonner le travail parlementaire et d’échapper aux routines d’une bureaucratie trop souvent dirigeante bien qu’irresponsable.

Car l’Administration doit mettre son zèle à aider et non brimer les citoyens, a appliquer les lois sociales et ouvrières sans paperasserie inutile, sans complications ruineuses et décevantes.

On ne saurait tout dire ni fout traiter dans une profession de foi* Mais les ouvriers que je représente* comme les agriculteurs, dont je suis déjà l’élu cantonal, savent qu’ils peuvent compter sur tout mon dévouement, de même que les artisans, petits commerçants et industriels dont l’activité est liée à la prospérité du pays.

Par ailleurs, les victimes de la guerre et du travail, les familles nombreuses, ne seront jamais, par moi, délaissées. Quant, aux questions si importantes de l’hygiène et de l’habitation (H.E.M.), de la santé publique et de la protection de l’enfance, je continuerai de leur prêter la plus sérieuse attention.

Ainsi — et c’est là, vraiment, une œuvre de défense républicaine — il faut assurer la libération économique de la Nation et de la Patrie* avec un Gouvernement énergique et laborieux, interprétant fidèlement la volonté populaire, sachant bien et faisant bien son métier qui est de gouverner pour tous et non seulement pour les puissants.

Car la démocratie n’est plus seulement une idée à défendre mais une réalité à construire et on ne peut la bâtir ni sous la menace des factieux^ ni dans la corruption.

Attaché depuis toujours à la terre liaul-marnaise, confiant dans le bon sens de la classe ouvrière et des masses paysannes, comme dans la sagesse des vrais républicains.

— A l’heure même où l’occasion, s’offre de décider, loyalement, entre le conservatisme politique qui mène aux aventures du fascisme et une démocratie réellement juste et humaine.

Je viens donc mettre à votre disposition, mes chers Concitoyens, mon entier dévouement et toute ma force de travail, dans le seul désir de servir fidèlement : la France, la République, le pe utile et la paix.

Saint-Dizier, le 18 avril 1936-

Renjs ROLLIN

Maire de Saint-Dizier. Conseiller d Arrondi 3 se ment.

Candidat du Rassemblement, démocratique de défense ouvrière et paysanne.

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