‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 93 sur 186 · MARNE (HAUTE · texte numérisé non relu

MARNE (HAUTE

Circonscription de CHAUMONT.

M, Giîorgrs LliVY-ALPHANDÊRY (Croupe républicain radical ot, radical -socialiste 4

Elu pour la lre fois le 11 mai 1924.

Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 3932 et 3 mai 1936.

Mes chers concitoyens,

Pour la troisième fois, je viens vous demander le renouvellement du mandat législatif que vous m’avez confié depuis 1924.

Vous connaissez mon passé. Depuis de nombreuses aonées, vous m’avez vu à l’oeuvre comme maire du chef-lieu du département et comme conseiller général. Depuis douze ans, vous avez pu me juger sur mon attitude et sur mes actes au Parlement. La fidélité même que vous m’avez témoignée me dispense de longues déclarations.

L’heure est trouble, vous disent ceux qui mettent à profit toute les inquiétudes pour les besoins de leur politique, qui spéculent sur la crainte d’un conflit pour se donner comme les sauveurs du pays, et qui dénoncent notre parti comme étant « celui de la guerre »,

Monstrueuse calomnie. l>ois-je m’y attarder ?

Le parti radical-socialiste a toujours, et de manière éclatante, voulu la paix, travaillé pour une paix de sécurité et de dignité. Ceux qui mettent en doute son patriotisme et son inlassable effort pour éviter la guerre sont précisément les mêmes qui lui reprochaient naguère avec violence de tout sacrifier à la paix I

Notre programme n a pas changé : sécurité d’abord, par l'organisation vigilante et efficace de la déiense nationale ; arbitrage ensuite, pour le règlement juridique de tous les litiges in ternalionaux T désarmement enfin, général et contrôlé, le jour où auront été réalisées les deux premières conditions permettant de réduire les forces qui assurent l'inviolabilité du territoire national.

Nous recherchons 1 entente avec tous les peuples, y compris T Allemagne, mais dans le respect des traités ; nous désirons la collaboration des nations, au sein de la Société des

Nations, garante des contrats, gardienne de la sécurité collective, dispensatrice de l'assistance mutuelle contre toute agression par les armes.

A la doctrine hitlérienne de la loi de la force, nous opposons la conception de la force de la loi,, de la souveraineté du droit international.

Politique économique et financière :

Avec les inquiétudes d’ordre extérieur, les difficulté d'ordre économique et financier retiennent l'attention du pays.

Pour restaurer notre économie, pour triompher d’une crise prolongée, qui a provoqué chez les producteurs, les commerçants, les travailleurs tant de désastres, tant de misère, tant de chômage, il est nécessaire de renoncer au plus tôt à l’expérience de la déflation dont la politique des décrets-lois a été la plus néfaste expression.

Il convient avant tout de restaurer la puissance d’achat des niasses, condition première du développement de la production, de la reprise normale des échanges, du retour au profit légitime. Abrogation des décrets- loi s injustes, organisation du crédit, facilité du loyer dé fargent, entreprise de grands travaux d’utilité publique et perfectionnement de l’outillage national, circulation plus intense des capitaux et arrêt de la thésaurisation ; réforme d’une politique douanière qui paralyse 3e commerce international ; revalorisation des produits agricoles, heureusement commencée par Faction énergique de l'ancien Ministre de F Agriculture Cassez, afin de rendre à la culture une prospérité essentielle à la vie même du pays; résorption du chômage par l'établissement de la semaine de quarante heures que le progrès du machinisme imposera fatalement, telles sont les grandes lignes de l'œuvre à accomplir.

Mais il faudra encore soulager la production nationale, accablée par des charges excessives, pratiquer une politique hardie de dégrèvements d’impôts, refondre et simplL fier noire système fiscal tout en rendant impossibles les fraudes, dont les conséquences retombent sur les plus humbles contribuables. Une fois notre économie stimulée par toute une série de mesures efficaces, le problème financier, budgétaire et monétaire sera résolu du même coup.

L'amélioration des affaires privées entraînera rapidement le redressement des finances de l’Etat. L'in vulnérabilité de notre monnaie ne sera plus mise en doute par ceux qui fomentent la panique, toujours pour des fins politiques.

Dans cet ordre d’idées, il est d'ailleurs à souhaiter que le maintien du franc à sa valeur actuelle ait pour corollaire le plus tôt possible la stabilisation générale des monnaies dans le monde entier. Ce sera, avec la fin d’une spéculation éhontée sur les changes, la disparition do cet état d’incertitude qui est Fune des causes de la contraction de nos échanges .avec Fé [ranger.

En même temps, la protection de F épargne devra être efficacement organisée, et il sera indispensable de libérer l'Etat, trop souvent réduit à des expédients de trésorerie, de la tutelle ou de la contrainte de la Banque de France, rendue à sa mission de Banque de la France, et de la sujétion des banques privées, dont le rôle, au lieu de soumettre l’Etat a leurs volontés et à leurs intérêts égoïstes, comporterait une collaboration contrôlée avec 1 industrie, le commerce, l'agriculture et l’artisanat, dans un intérêt public qui n 'exclut nullement un équitable profit.

Enfin, des mesures accessoires achèveront d’assainir notre situation financière, telle que F adoption d’une politique mettant fin à l'énorme déficit des chemins de fer, politique qui devra au surplus respecter la liberté des petits transporteurs privés, menacés par les décrets-lois décidant la coordination du rail et de la route.

Politique intérieure :

En matière de politique intérieure, je demeure inébranlablement fidèle à mes opinions républicaines et à mes convictions démocratiques.

Avant tout s'imposent le maintien de nos libertés traditionnelles, le respect absolu de l'ordre, qui n’est nullement incompatible avec la divergence des idées, la diversité des doctrines et l'activité normale des partis.

En revanche est répréhensible Faction illégale des factions et des ligues qui se proposent de donner Tassant au régime républicain et de renverser les institutions parlementaires.

L'agitation fasciste, les menées des rêveurs de dictature, des formations motorisées et paramilitaires ne sauraient êLre tolérées. Seules sont permises les propagandes licites qui respectent la loi, expression de la souveraineté populaire.

Celte souveraineté, établie par îa constitution républicaine, s'affirme dans les consultations du suffrage universel, dont le verdict doit être accepté par tous les citoyens. Mais il ne peut être question d’accorder l’impunité à ceux qui, tout en se proclamant les champions de l’ordre, travaillent ouvertement à créer le désordre, a préparer l’émeute, à provoquer la guerre civile, préface de la guerre étrangère,

La France a besoin avant tout de paix intérieure comme de paix extérieure, afin de poursuivre, dans le calme indispensable, son rude et manifique labeur. Puisque les fauteurs de discorde parle sans cesse d'union, voilà comme je conçois la véritable unité de la nation*

Que des réformes de notre organisation politique soit désirables, d’accord ; notamment en ce qui concerne la stabilité gouvernementale, conditions de la continuité souhaitable pour une bonne administration et pour le redressement du pays. Maïs c'est au Parlement à accomplir ces réformes, et à discipliner ses méthodes, en dehors de la pression de la rue, sous le seul contrôle légal des électeurs.

Politique sociale :

En ce qui concerne la politique sociale, la République, qui a déjà réalisé dans ce domaine une oeuvre considérable, n’a qu'à persévérer dans la voie où, progressivement, elle s'est engagée, par l’améliora Lion constante du sort des travailleurs, l’accession de plus en plus facilitée à la propriété, la protection de la santé publique, la défense des familles nombreuses, la mise à la portée des intelligences, dans les foyers les plus modestes, de l’instruction gratuite et laïque (école unique), la lutte contre les fléaux sociaux, le développement des institutions d'hygiène, de prévoyance et d'assistance sociales, l’encouragement aux œuvres d'apprentissage et d’enseignement professionnel, la protection de l'artisanat, la résorption du chômage, poursuivie sur le plan social comme sur le plan économique.

Enfin, les droits des anciens combattants doivent être respectés, les atteintes portées à ccc droits abolies, notamment par la création d une Caisse des pensions de guerre qui répartira la dette viagère sur les générations futures comme sur celles qui ont déjà souffert de la guerre et qui réparera les iniquités incluses dans les décrets-lois.

Pour la liberté, le pain, la paix 1 Mes chers concitoyens,

1 elles sont, en résumé, les directives dont devra s’inspirer la prochaine législature.

1 elles sont celles qui me guideront si vous me faites l'honneur de me confirmer votre confiance.

Agriculteurs, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, retraités, travailleurs de toutes conditions et de toutes professions, vous savez que je me suis toujours attaché, dans ma chère cite de Chaumont, comme dans tout 1 arrondissement, à servir le bien public, les intérêts de notre région, en même temps que vos justes revendications.

Mou dévouement ne vous a jamais fait défaut. Il vous reste acquis pour la grande fâchede demain.

U liberté, le, pain, la paix ! C’est la devise du vieux et sincère républicain que je suis. Ce sera la votre*

Vive Chaumont !

Vive l’arrondissement de Chaumont î

Vive la République î

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