J* DU BOYS FR ESN E Y
Circonscription de LAVAL*
M. Félix GRAT
(Groupe do la Fédération républicaine de Fiance*} Élu pour la lre fois le 3 mai 1936*
Mon programme.
Défendre là paix :
Paix extérieure. — Sans négliger aucun moyen de consolider la paix, ayons une politique extérieure réaliste, occupons-nous de garantir notre sécurité et non plus d’être à la remorque de telle puissance étrangère* Soyons forts et resserrons nos ententes avec les états menacés des mêmes dangers que nous.
Paix intérieure, — En France cessons de nous déchirer, La vieille politique nous a divises; la politique nouvelle doit chercher à nous unir. Liberté pour Lous et respect des opinions et des croyances.
Assurer la vie :
La France doit assurer la vie aux Français.
Agriculteurs, vous qui formez plus de la moitié de la nation, il est temps qu’on vous défende! Quand nos produits ne se vendent pas, on ne peut tolérer les importations massives de produits étrangers (en 1933 : 76 millions et demi de kilos de viande d après les stat^ tiques officielles).
Commerçants, industriels, voùs avez le droit d’être garantis contre la concurrence étrangère ouverte ou déguisée (maison Rata, uniprix).
Ouvriers, vous devez être protégés.. Les ouvriers étrangers installés en France peuvent y vivre, mais lorsqu il y a du chômage on ne doit pas permettre qu’il en vienne de nouveaux (en 1933 : 26.000 ouvriers étrangers restes en France, en 1934 : 30*000 d’après les statistiques officielles).
On doit penser aux nôtres d’abord et c’est pourquoi je suis républicain national.
Faire des réformes :]
Réforme parlementaire. — Il faut que le député soit entouré de barrières telles qujil soi* obligé d’être honnête.
IL faut qu'il lui soit interdit, sous peine de sanctions graves, d'intervenir dans les marchés des Ministères et des administrations; le député n’est pas à la Chambre pour faire « des affaires », il y est pour servir le pays.
Les règles du travail parlementaire doivent être réformées.
Enfin la dissolution doit être prononcée si la Chambre renverse plusieurs Ministères en quelques mois*
Réforme de la justice pour faire cesser les « pressions politiques » dans les procès importants.
Réforme financière, — Simplification de notre fiscalité, abandon des monopoles ruineux, maintien de la valeur du franc.
Refonte générale de nos institutions* — Les groupements professionnels doivent être consultés pour toutes les lois intéressant la vie économique du pays. Ce sont eux aussi qui pourront le mieux préparer la refonte des lois mal venues, ou insuffisamment étudiées (lois sur les blés, sur les alcools, assurances sociales, etc,). Sur tous ces points ïî est temps d'écouter les gens « du métier » et de suivre enfin leur avis.
Le redressement du pays est possible ; pour l’opérer il faut des hommes capables, intègres et fermement résolus à agir; alors, on aura ce que nous désirons : une France forte et une République propre.
Félix G R AT
Charge d'enseignement à la Sorbonne,
Membre de la Société des agriculteurs de France.
Ancien combattant. — Croix de guerre*
Candidat, républicain national.
lTe circonscription de MAYENNE.
M* Georges DENIS
(Groupe ds l'Alliance des républicain* de gauche et des radicaux indépendants.) Elu pour la lre fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers Concitoyens,
Pendant quatre années, je vous ai représentés au Parlement, m efforçant de voler personnellement et à être toujours présent lit où votre cause était en jeu.
Je vous demande aujourd’hui de bien vouloir renouveler mon mandat.
Le programme sur lequel je m'engage à travailler a vos intérêts et à fi intérêt du pa}S est le suivant :
Au point de vue économique et social :
Je défendrai la liberté des travailleurs et l initiative privée, source de tout progrès.
Je m’opposerai à l'économie dirigée, mais je provoquerai et je voterai les mesures de nature à restaurer le pouvoir d’achat des agriculteurs et des classes moyennes par la revalorisation des produits do sol obtenue par une protection douanière équitable et paj une organisation de la profession permettant de réaliser 1 équilibre entre 1 offre et la demande.
Je travaillerai :
A détendre îe commerce français et l'artisanat français contre les dangers que leur font courir des sociétés géantes en grande partie étrangères, comme je Fai fait pour la chaussure et pour les magasins 5 prix uniques ;
À maintenir pour le cultivateur la liberté d'utiliser ses récoltes comme il l'entend, et notamment les fruits à cidre, sans surveillance ni inquisition à domicile ;
À faire respecter la profession de maréchal-expert ;
A m’opposer à l'institution de l'Office du blé, expérience dangereuse dont les travailleurs du soi supporteraient la charge ;
À surveiller le marché du blé et de tous les produits agricoles pour éviter dans l’avenir un nouvel effondrement, mais sans entraver la liberté du commerce. Les taxes, les obligations qui actuellement sont ifne gêne terrible et une charge pour les meuniers, les boulangers et les consommateurs, doivent disparaître.
Le pain, nourriture essentielle du peuple français, doit être exempt de tout impôt.
Je travaillerai à améliorer le sort de la classe ouvrière. Je iiToublierai pas que le plus grand mal qui la frappe est le chômage. Pour résorber le chômage, il faut faire renaître l'activité des échanges et de la production par Tordre et par la confiance qui feront disparaître la thésaurisation.
Au point de vus politique extérieure :
Je m’appliquerai :
À maintenir et à renforcer nos amitiés traditionnelles et nos alliances ;
A rechercher avec tous les peuples qui îe désirent sincèrement des ententes durables ;
A assurer la défense nationale en lui consentant tous les sacrifices nécessaires ;
A étudier, enfin, les moyens d'écarter à jamais les horreurs d’une nouvelle guerre.
Au point de vue financier r
Je travaillerai :
À maintenir le franc à sa valeur-or actuelle ;
A équilibrer rigoureusemeivL les budgets publics et celui des chemins de fer, en ajustant les dépenses aux recettes et en supprimant les doubles emplois et les cumuls ;
À modifier les lois déterminant un accroissement automatique des dépenses ;
A mutualiser les assurances sociales ;
A abaisser fe loyer de l’argent en facilitant la circulation des capitaux et en limitant les emprunts de T Etat ;
A diminuer dans Loute la mesure possible les impôts pour rénover l’essor économique ;
À assurer le respect des engagements pris envers les anciens combattants, à poursuivre la révision des pensions abusives en évitant tout arbitraire ;
A confier la gestion des pensions et avantages acquis par les anciens combattants à un organisme autonome doté de ressources suffisantes ;
Je m’attacherai à améliorer le sort des familles nombreuses.
Je désire :
Doter le Gouvernement de l'autorité et de la stabilité qui lui sont indispensables pour remplir la mission dont il est investi ;
Etudier et voter les réformes à apporter à la Constitution pour atteindre ce but ;
Assurer 1 indépendance d'un pouvoir judiciaire, rendant h tous les citoyens une justice égale et protégeant la collectivité et l’épargne ;
Organiser une administration moderne et disciplinée ;
Faire adopter par le Parlement la représentation proportionnelle intégrale qui assurerait l'égalité entre les circonscriptions ;
Supprimer l'initiative parlementaire en matière de dépenses ;
Améliorer et simplifier les méthodes de travail parlementaire.
Je m'engage :
A faire respecter la liberté de conscience, la liberté d enseignement et l’égalité de tous les Fronçais devant la loi.
J'appartiens au groupe des républicains de gauche, qui laisse à ses membres une entière indépendance de vote.
Mettant F amour de la France au-dessus de toute passion de parti, je m'attacherai k une politique d'ordre et de liberté, à une politique nationale, pour la paix, pour la prospérité, pour V honneur de mon pays,
Georges DENIS
Candidat républicain.
2fl Circonscription de MAYENNE.
M, Jean G H A ULI N - SE R Y IN 1ÈRE
Elu pour la tr< fois le 24 avril 1910, — Réélu les 20 avril 1914, 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 20 avril 1930.
Mes chers amis,
La législature qui va s'ouvrir le l*r juin prochain devra faire face a une situation extérieure et intérieure singulièrement trouble. Celte situation est la suite logique de la politique incertaine et contradictoire des onze Ministères que les votes du Parlement et les intrigues extra -parlementaires ont amené successivement au pouvoir.
S’il devait persister dans de telles méthodes, le régime parlementaire risquerait de se trouver un jour mortellement atteint. N 'est- il pas nécessaire dès lors de le réformer?
Assurer la stabilité ministérielle par l'exercice normal du droit de dissolution, permettre aux gouvernements d'avoir ainsi une politique et de l’appliquer, supprimer pour les élus l'ambition toujours renouvelée d'arriver au pouvoir en faisant tomber successivement les Ministères qui leur barrent la route, donner ainsi au pays l’impression de l'autorité pour les uns et du désintéressement pour les autres, ne seraient-ce pas les plus sûrs moyens de renouveler sa confiance dans nos institutions républicaines.
La France a retrouvé, en suite d'une guerre dont les combattants ont conservé le redoutable souvenir et l'angoisse qu'elle se renouvelle, ses frontières naturelles ; elle dispose de colonies immenses, c’est dire qu'elle n'a ni intérêt ni désir de faire la guerre. Cependant, le pacte franco-soviétique fait de notre armée nationale la garante des frontièies russes. Pour s'assurer contre cette éventualité, l'Allemagne violant le pacte de Locarno,a rapproché de la nôtre sa frontière militaire ; en même temps que l'apphcation des sanctions contre l’Italie a éloigné de nous un pays qui, pendant la guerre nous fut fidèle jusqu au bout* En
cet état, notre politique extérieure s'accroche à la politique anffiüaasa r. qui, redoute? avant tout qu'une entente franco- italienne et èventtielleniienL Iran co-alle mande ne. lui enleva, la maîtrise sur la Méditerranée et en Europe * alors que; depuis la guerre cite a tmit fait pour libérer Y Allemagne à notre détriment de l'exécution du traité de Versailles,
Dès lors ne serait-il pas plus conforme à notre désir de paix, de rechercher directement une entente avec l'Allemagne ? Je sais qu’en le faisant, la conscience des anciens combattants n’en sera pas heurtée, pas plus que ne sera diminué notre sentiment nalional qui s’exaspère que la France victorieuse n ait pas en depuis lu guerre, lut-ce dans le cadre de Ifr Société des Nations, une politique personnelle et directe.
La paix assurée, et elle doit l’être, le pays pourra continuer son labemr en toute sérénité*
Depuis le; mois de juillet dernier, nos1 cultivateurs ont vu leurs produits se revaloriser progressivement. Aux cours actuels notre agriculture reprend confiance mai;sr il faut maintenir les cours atteints et pour certains produits les améliorer.
En ce qui concerne le blé, il faut assurer le stockage régulier par les syndicats, les coopératives, le commerce libre; faire aux cultivateurs par le crédit agricole pour les uns, la Banque de France pour les autres, les avances indispensables pour éviter par une vente précipitée et parfois nécessaire pour les cultivateurs peu aisés ou récemment installés, l’effondrement des cours.
Dans les années excédentaires, les stocks pourront être résorbés par la dénaturation, l’exportation et les achats de l'Intendance.
Dans les années déficitaires, la récolte étant connue, il ne devra être importé stricletement que les quantités nécessaires à la soudure. Aussi pour qu’il en soit ainsi, il faudra obliger la grosse culture, trop souvent spéculative, à battre et à vendre son blé annuellement.
Pour les céréales secondaires comme pour les bestiaux, la protection réside strictement dans les con^tmgfeutemeiHs des importations, ce qui a, été fait et doit être maintenu-
Un décret a établi le régime du forfait pour les bouilleurs de cm et le conseil général en a organisé l'application. Cette application, si des erreurs ou des défectuosités sont signalées, sera re visible. Ainsi nous est rendue la liberté 4e nos foyers agricoles en même temps que seront revalorisés nos fruits k cidre Ce premier résultat obtenu devra être complété, si possible, par le retour pure et simple à la loi de 1875, en tout cas par la suppression de la taxe de luxe sur la vente des alcools.
La taxe ài la mouiure a été: supprimée ; il faut compléter cette mesure par la suppression des entraves! à la circulation des blés et farines entre. la ferme et le, moulin.
Nos commerçants se plaignent à justes titre' d’une -.fiscalité complexe et lourde qui entrave l’exercice même de leur profession. Il faut continuer à généraliser la taxe à la production en remplacement du chiffré: d’affaires^ rendre au commerce la. liberté de son action, le protéger contre la concurrence, à- domicile de grandes firmes qui, toi ou tard, arriveront à supprimer raetivîté de nos foires et marchés; et par conséquent, de nos. bourgs.
L’artisanat français: doit être soutenu dans scsr revendications, essentielles fiscales et sociales^ .obtenir mm chambre départementale et une marque* reconnue.
, Dans une harmonie sociale où tous lesr intérêts sont liés, il faut assurer à nos ouvriers un travail équilibré par un juste salaire, améliorer à leur profit en les, simplifiant les lois sociales, notamment en ce qui concerne fi agriculture celle des assurances^les protéger contre le chômage et lai mai n - d ■ te u vr & étrangère', garantir leur vieillesse contre toute déchéance en le t i r a ssa^ad» l u ne r ci ra i te; ho n o ra b le et s ùre .
L e s: an cio n js& com b ai ta nte on t s u b i noe a t teint e : à . 1 eur& ch oitspn r 1 e&. r éce n Is dé c re ts r 1 oi s , Je connais par ailleurs f leur souci, de retter fidèles aux grands iiitérêtsiaiationaux. Je leur demande! de me faim confiance; j’agirai pour JéB/ défeiidire en plein accord avec leurs d i ve t se a > a ss o ci&ti ions.
Pour sauvegarder le crédit public, et La, défense de notre mormaiev de dures économies ont été indispensables. D’autres sont encore possibles et nécessaires pour alléger les charges
fiscales ; un gouvernement d’autorité les trouvera aisément dans la suppression de rouages et d’offices administratifs inutiles. Ainsi pourront «s’humaniser» comme il a déjà été fait les décrets qui ont frappé les petits fonctionnaires, retraités ou rentiers.
’ En aucun cas je ne voterai d’impôts nouveaux et ne m’associerai à la dévaluation de la
monnaie» T , t ( . -, *
J'ajoute que je suis un adversaire résolu de la spéculation, dont je connais les origines
de classe et de race ; spéculation à laquelle, beaucoup de gouvernements défaillants ont laissé trop souvent la possibilité de dépouiller les travailleurs de la ville et des champs de leurs économies ; spéculation que seuls les décrets-lois de Pierre Laval sur le contrôle des sociétés anonymes et du démarchage ont commencé à atteindre et à frapper.
Dans l’ordre intérieur et la sécurité extérieure doit s’instaurer une politique en dehors et au-dessus des partis, uniquement dirigée vers le développement du bien-être par le travail utilement encouragé et pratiqué. Ainsi les ressources de la France pourront-elles s’accroître et permettre en même temps que l’allègement des charges fiscales, le développement d’une politique sociale protectrice de l’erifanee, des familles nombreuses et de la vieillesse.
.le voudrais en terminant m’adresser à la jeunesse. Je la connais moins que les fidèles amis qui, depuis vingt-cinq années, m’ont suivi dans la politique. Je la sais inquiété de l’avenir, soucieuse de situations à: rechercher puis à maintenir; elle trouvera toujours près de moi dans la limite de ses intérêts particuliers et généraux, le plus sftr dévouement.
Mes chers amis.
Je fais une fois de plus appel a votre suffrage en vous assurant de tout mon attachement à la France et à la République.
J. CHAULIN-SERVINIÈRE.