‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 97 sur 186 · MEURTHE-ET-MOSELLE · texte numérisé non relu

MEURTHE-ET-MOSELLE

lre circonscription de BRIE Y.

M. Ghoeges 1ZARD (Groupe du parti frontiste.)

Elu pour la lr<t fois le 26 avril 1936.

Messieurs,

Mes chers arnîs,

La France souffrait déjà d'une terrible crise économique. Et tout à coup il y a quelques semaiues1 sa sécurité s’est trouvée menacée.

Comme tout Français mobilisable, j’ai tourné mes regards vers l’Est. J’ai senti alors

que je devais aller 1& ou était le péril. Ma vie politique était fixée.

Comment n’aurais-je pas éprouve, à de tels instants, cette union avec la Lorraine?

J’ai toujours lutté pour « bouter » hors de la souveraineté nationale la poignée d exploiteurs qui ruinent la nation, pour réconcilier le peuple de ce pays, pour lui redonner le sens de sa grandeur, pour en refaire un peuple qui de nouveau serve de guide au monde.

Comment ne me serais-je pas rappelé que cette même conception de la France c’est vous, Lorrains, qui l'avez exprimée le plus magnifiquement ?

Comment aurais-je oublié votre plus grande héroïne, Jeanne d’-Arc, incarnation de toute une province, puis de tout un pays, Jeanne d’Arc que j’ai célébrée dans un livre que J Académie française couronna.

monde ^ 3 ^ ™é’ ^ ^ ép°péc et scm sacrifice. que la France était nécessaire au

Il faut que la France. le comprenne aujourd'hui. 11 faut que notre pays résolve enfin les grands problèmes économiques posés parle monde moderne ; il faut que nous prouvions

aux autres peuples que h liberté demeure !a grande et unique solution des temps actuels.

. , n°.US ré,COnCiller en créant une France exemplaire face aux doctrines étrangères.

“ laul refaire 1 unité française dans la foi de notre destin.

Ces idées sont lorraines. Elles créent notre fraternité. Elles ont réalisé ce grand enthousiasme que je sens monter dans cette circonscription.

Nous marchons ensemble vers Ja grandeur française retrouvée.

Vive la Lorraine !

Vive la République I Vive la France 1

Georges IZARD,

Mon programme .

I, — Sauver la paix :

a) En face de V Allemagne qui réarme rapidement, et qui sous l'impulsion de la doctri né fasciste, risque de redevenir une nation de proie t la France doit augmenter sa force déjà considérable*

La puissance militaire française doit en outre s'appuyer sur le système de sécurité collective qui dresse autour de l'Allemagne la force combinée de la plupart des grandes nations européennes*

h) À bas l'alliance militaire avec F Allemagne qui, laissant à l'Allemagne les mains libres à T Est, déclencherait dans quelques mois une guerre européenne 1 Cette politique de la droite française, que nous repoussons, est contraire aux intérêts de la France et ne s'explique que par ^admiration de nos politiciens de droite pour Hitler.

e) Sous la garantie de la force militaire française et internationale ci-dessus indiquée, il convient de mettre F Allemagne au pied du mur de ses déclarations pacifiques.

Il faut avoir le courage de refuser à F Allemagne, définitivement, co qui est injuste : l’Ànschluss, F Ukraine, le couloir de Dantzig, sinon ce serait la guerre.

Il faut avoir aussi le courage d'examiner ce qui peut se justifier : une révision internationale de la distribution des colonies (avec pour nous des contre-parties militaires) et des accords économiques qui nous seraient d'ailleurs particulièrement précieux.

En d'autres termes, mettre Hitler en présence du dilemme suivant : ou une paix facile avec égalité des droits et des devoirs ; ou bien, si l'Allemagne choisit la voie de la violence, qu'elle sache que ce sera pour elle la voie de la ruine et de la ruine immédiate*

cl) Conformément au plan contenu dans le récent mémorandum français, limiter à P Europe, provisoirement, le système de sécurité collective ; mais, contrairement au mémorandum allemand, ne pas accepter de diviser l’organisation de la paix européenne en plusieurs systèmes de sécurité séparés.

U. — Rétablir le bien-être :

a) Rien ne pourra être fait pour sauver le peuple de ce pays de la misère menaçante. Il n'y aura en France ni liberté assurée, ni propreté, ni prospérité, tant qu'une poignée de grands capitalistes, maîtres de formidables monopoles privés continueront d'exploiter et de ruiner un peuple de 40 millions de travailleurs*

Il faut d'abord arracher leur puissance aux minotiers, aux marchands d?engrais, aux grandes banques, aux trusts des forges et des mines... et rétablir la souveraineté de la Nation française* Le peuple de France doit être déTendu contre ses exploiteurs par un État fort*

La Banque de France, propriété de quelques Régents, ne doit pas encore servir, dan îes mois qui viennent, à faire peser sur les agriculteurs, les ouvriers, les commerçants, etc. tout le poids accru des charges publiques.

Il faut en finir !

La Banque de France doit redevenir tout de suite la Banque de la France.

La Nation française doit en finir une bonne fois avec le scandale des minotiers et des marchands d’engrais qui volent aux agriculteurs le bénéfice de leur travail. Il faut sauver d’urgence la propriété paysanne contre ceux qui sont en train de la ruiner.

b) Autres mesures urgentes :

1° Revalorisation technique des produits agricoles ; suppression de l'importation des blés étrangers pour fausser les cours^ baisse du prix des engrais.,*

2° Lutte contre le chômage : application des lois réglementant l'emploi de la main» d'œuvre étrangère ; politique de grands travaux d’intérêt régional réalisés avec le concours

de l'épargne locale ; mesures favorisant îe reLour à la terre là où la main-d'œuvre agricole

fait défaut ; ,

3» Détente fiscale portant notamment sur les commerçants; baisse du prix de l'essence... 4° Défense du petit commerce contre les coopératives patronales, les magasins à succursales multiples et les Uniprix camouflés ;

5a Humanisation immédiate des décrets-lois, qui devront disparaître complètement dèsla reprise économique. Restitution complète de leurs droits aux anciens combattants.

0o Application vigoureuse des textes pour la défense de l'épargne ; révision des lois sur les sociétés anonymes et la responsabilité des administrateurs ;

7* Mesures frappant lourdement les capitaux évadés au cours de ces derniers mois;

8° Suppression des abus et des injustices auxquels donne lieu T application de la lot sur les assurances sociales ;

9° Augmentation du taux des renies pour les mutilés du travail ;

Et, parmi les questions locales :

1(P Établissement d-un cahier de revendications sur les questions frontalières et pour les faire aboutir, action commune avec les autres députés frontaliers.

1 1° Vote de la proposition Ramadrcr concernant la retraite des mineurs.

HL — Maintenir et organiser la liberté :

Ayant rétabli la souveraineté de fa Nation sur les oligarchies financières, assurer b fonctionnement 'delà liberté dans Tordre et la légalité.

Dissolution de toutes les formations politiques, quelles qu’elles soient, à forme militarisée.

Réduction du nombre des parlementaires, .pour accroître le rendement technique du Parlement.

Droit de dissolution de la Chambre accordé au pouvoir exécutif sans consultation du Sénat, avec obligation de procéder immédiatement à de nouvelles élections.

Préparer T organisation d’une démocratie économique, ie rôle du Parlement devant se limiter de plus en plu* à des attributions exclusivement politiques.

Georges IZARD

Avocat A la Cour de Paria.

Indépendant de gauche.

2e circonscription de BRIE Y*.

M. Philippe SERRE {Groupe du Parti de la Jeune République.)

Elu pour la 1T> fois le 2 avril 1933* — Réélu le 26 avril 1936.

Mes chers Amis,

11 y a trois ans, parun voie massif de 5 349 voix, vous m'avez choisi comme représentant.

Gomme je vous l'avais promis, je suis resté en liaison avec vous, visitant chaque annee vos communes et collaborant avec vos municipalités. Grâce à ce contact constamment

maintenu, nous avons pu entreprendre en trois ans un effort local sans précédent dans le passé.

J’ai voulu faire également une œuvre d’apaisement. Ma maison a été ouverte à tous, surtout aux plus humbles, et je n’ai jamais demandé à ceux qui franchissaient mon seuil, pour être renseignés et protégés, quelles étaient leurs opinions politiques.

Vous connaissez, par mes comptes rendus de mandat, mon altitude à la Chambre.

J ai eu l'honneur d’avoir été choisi par l'unanimité de mon groupe pour siéger avec mon ami René Besse, aujourd'hui Ministre des Pensions, à la Commission d’enquête des affaires. Siavïsky. A l'heure où, pour juger un grand scandale, il fallait avoir recours à des hommes insoupçonnables, je suis lier que Ton ait songé à moi*

Toujours à F unanimité, j’ai été nommé rapporteur adjoint de 3a Commission, et mon double travail, dont Fun a été fait en collaboration avec le Ministre Cathala, a été approuvé pur une large majorité. La Commission tout entière a rendu hommage à mon

impartial i i é*

J'ai été désigné comme membre de deux Commissions, dont 1 une, celle de 1 Air, est une des: trois grandes Commissions de la défense nationale.

Mais, cette action constante qu'a été la mienne et qui a facilité 1 estime de mes collègues, s'est continuée dans le pays. J’ai essayé de réaliser la plus grande union sur dés idées! constructives. J’ai collaboré avec les jeunes techniciens venant de tous les points de l'horizon politique, à tous les efforts de regroupement des hommes de bonne volonté sur le terrain de la lutte contre la crise. Je m'honore d’être un des parlementaires qui ont collaboré à cette œuvre de lucidité et de courage qui s'appelle le plan français.

Mais, me détournant de ce passé, je veux contempler j avenir, et je tiens à vous rappeler les grandes directives auxquelles je suis et je resterai toujours fidèle.

Je suis indéfectiblement attaché ù la République et au régime parlementaire. Je considère que celui-ci, s'il est constamment animé par une opinion publique agissante, doit résoudre dans la liberté les problèmes qui se posent à la conscience française.

La liberLé est un idéal, mais c'est aussi une école. Ce n’est que par la discipline librement consentie, par le sens de la responsabilité personnelle jalousement maintenue * qu un peuple atteint son plein épanouissement moral.

J ë suis un défenseur de l'indépendance de l’Etat. Je considère qu aucune force, hors de celle de l’opinion et du suffrage universel, ne doit peser sur ses décisions, Lt par la, j ai condamné l'action de toutes les Ligues qui, s'emparant des prérogatives, de la souveraineté, ont tenté de régner par la rue. Je condamne f action des congrégations économiques qui, par des procédés indirects de pression, arrivent à imposer à la vie publique française une direction que la volonté populaire ne saurait ratifier.

Je lutterai de toutes mes forces pour la réconciliation française. Je suis persuadé que ce pays, divisé dans scs apparences, est uni dans ses profondeurs. Ce qui! faut, c cs.L recréer d'abord le respect mutuel qui naît de la conscience, de la sincérité de chacun, c est trouv er ensuite des terrains précis où des hommes aigris par la crise, et dressés les uns contre les autres par. des malentendus, pourront collaborer.

De grands sujets d'incompréhension ont aujourd'hui disparu : 1 apaisement religieux, superficiel hier, est aujourd'hui définitivement réalisé. L'idée de solidarité nationale et patriotique n'esl plus contestée par personne.

N'y a-t-il pas là un pas en avant accompli dont doivent se réjouir tous ceux qui ne rêvent pas d1 uniformiser un peuple dans là grisai lie dé convictions affaiblies, mais qui exigent réconcilié dans un certain nombre de certitudes communes.

Mais ces larges zones de collaboration , où faut-il les découvrir?

Deux se présentent à nos activités,

Page 1