‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 99 sur 186 · C. — Classe rurale · texte numérisé non relu

C. — Classe rurale

Pour la défendre et la sauver, il faut tenir compte des leçons du passé, La Chambre a fait un immense effort législatif. Elle a pu voir, dans révolution des événements, les mesures qui ont réussi. Elle se doit de les compléter et de les harmoniser :

1* Continuation de la politique de contingentement et suppression de l'admission temporaire ;

2° Protection des producteurs de blé contre les excédents futurs.

Vote de la proposition Thureau-Dangin, tendant, à assurer à la classe rurale un juste prix pour les 85 millions de quintaux correspondant a la consommation annuelle de la France, grâce au seul contrôle du titre de mouvement.

Et, par là, éviter ainsi l'inégalité qui a pesé cette année sur la classe rurale dont îa partie ïa plus modeste et k plus humble n'a pu bénéficier des prix revalorisés, et l'immoralité des bénéfices illégitimes réalisés par la grande minoterie ;

3° Mettre fin au scandale des engrais.

IL — Lutte contre la crise extérieure ,

Le pays a à choisir entre deux politiques ; [la politique de l'alliance franco-allemande à tout prix. Celte politique, préconisée par l'extrême -droite française, poussée par son amour des régimes de dictatures, n'est acceptée par l'Allemagne que si on laisse celle-ci conquérir le reste de F Europe,

C'est pour la France « la paix de la servitude et de Fesclavage »,

La deuxième est la politique de la sécurité collective défendue à Genève par Raymond Poincaré, Aristide Briand, Paul-Boneour, Herriot, Tardieu ; reprise aujourd'hui par le Président Fiandin,

La sécurité collective dresse contre l'agresseur l’ensemble de l'Europe défendant la paix indivisible.

Elle décourage et tue par suite l'agression en prouvant que par ses risques celle-ci ne peut plus payer.

C'est le régime de l'ordre européen.

Or, c'est par Fordre, eL par l’ordre seul, que, dans la vie internationale, on peut fonder la paix durable.

En attendant k réalisation dcoeite sécurité collective qui est* suivant Paul Reynaud, 1a seule que puisse connaître la France, noue continuerons inlassablement 5 voter les crédits de k Guerre et de l’Air qui, bien qu'ils soient des garanties ruineuses et précaires, sont indispensables, dans Fanarchic internationale, pour assurer 1 indépendance de 1 Etat.

Et maintenant, après avoir voulu, en toute loyauté et en toute franchise, contempler avec vous les horizons de la patrie ckies horizons du monde, je salue les représentants dé toules ces classes sociales auxquelles j'ai donné ce qu'il y avait de meilleur en moi.

Agriculteurs, ouvriers, commerçants, cheminots, mineurs, artisans, fonction naïf es ^ membres de professions libérales, vous êtes les facettes d'une France que nous voulons réconciliée dans mi meme k’bcur.

Ayons la mystique de I effort. Ayons l'espérance des lendemains meilleurs, gardons- Pamour intransigeant de la liberté et de la paix.

Et, contre quelques-uns, la France presque unanime vaincra.

Vive la Lorraine 1 Vive ïa République !

Vive la France 1

Briey, le 18 avril 1936,

Philippe SERRE

Docteur en droit.

Diplômé de PŒcoïe des sciences politiques.

Avocat k la Cour,

Membre de la Commission exécutive de la Jeune République* Conseiller d'arrondissement.

Député sortant.

Indépendant de gauche*

Circonscription de LUNÉVILLE,

M. Georges MAZERàND (Groupe de la Gauche démocratique et radicale indépendante.)

Elu pour la lre fois le 16 novembre 1919.

Réélu les 11 mai 1924, 29 avril 1928, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

Electeurs,

A 1 heure de la consultation électorale, je crois devoir rappeler à mes concitoyens, les principes qui ont dicté l'attitude de mon groupe, Gauche radicale, au cours de la présente législature et auxquels je reste irréductiblement fidèle.

Déjà, lors des précédentes législatures, nous avions soutenu de nos votes l’œuvre de redressement moral, économique, financier*

Fidèle à noire attachement au régime républicain, nous n'avons cessé de nous montrer solidaires des Ministères qui, depuis le mois de juin 1932, ont voulu réaliser l’équilibre nuancier, indispensable au maintien de l’ordre dans l’Etat et à l’œuvre de redressement economique.

Estimant que la stabilité ministérielle est nécessaire à la bonne conduite des affaires publiques, nous n’avons cessé de souhaiter et de faciliter par nos votes la constitution d’une large concentration républicaine.

Aujourd’hui, comme hier, nous nous adressons à tous les républicains' sincèrement attaches aux lois fondamentales du régime, aux principes du maintien de la propriété privéo, au respect de la liberté et des idées des citoyens, à l’indépendance de l’Etat qui accepte toutes les croyances, à l’organisation de la paix sur la base du pacte de la Société des

Nous avons soutenu les hommes de gouvernement qui assumaient les responsabilités du. pouvoir et réclamaient le vote du budget et des crédits nécessaires à la défense nationale.

Je continuerai à défendre ces principes d'action et de décision.

Les événements récents n ont que trop montré combien ont été prévoyants les parlementaires qui, joignant leurs efforts à ceux de la Commission de t’armée, dont je suis viceprésident, ont facilité aux Gouvernements la lourde tache de îf organisation défensive des frontières, de la reconstitution des stocks et du matériel de guerre.

La législature présente a été dominée par la persistance du malaise économique et financier.

L’agriculture, dans bien des cas, a vendu à perte ses recolles et son bétail ; le commerçant fléchit sous le poids des impôts ; un grand nombre d’industriels ont dû liquider leurs entreprises et vivre sur leurs réserves.

Les grands courants d’échanges internationaux, brisés par les politiques de contingentements sont devenus de moins en moins importants.

Le malaise économique a engendré le malaise social et les difficultés financières*

La jeunesse, d’autre part, redoute P encombre ment des carrières et l'irrita lion des esprits est fatale ; plus de 350,000 chômeurs sont démoralisés par Timpossibilité de trouver de nouveaux emplois,

11 est nécessaire de faire aux jeunes, à leur généreux élan une large place. On doit leur assurer, par l'éducation physique, la santé.

Il faut aussi en finir avec le surmenage imposé par des programmes scolaires touffus* La prolongation de la scolarité doit faciliter une formation intellectuelle meilleure. La préparation à la vie active exige l'organisation de la préadaptation civique et technique des adolescents.

Enfin, les bienfaits du sport, médicalement contrôlé, assureront la défense de la race.

Les besoins de la Trésorerie, conséquence fatale de déficits budgétaires qui eussent entraîné la faillite de l'Etat, si on n'avait pas eu le courage d’en atténuer la gravité, ont engendré et développé le malaise financier. Des milliards de francs sont thésaumés par des détenteurs qui n entrevoient pas la sécurité du lendemain.

Tandis que les indices d’atténuation de. la crise apparaissent à l’étranger et même en France depuis quelques mois, la persistance du trouble et de l'agitation politique maintient encore une incertitude qui ralentit la reprise de la vie économique.

Le groupe de la Gauche radicale a indiqué par un manifeste les mesures qui lui paraissent nécessaires et salutaires. Je les résume :

La sauvegarde de la paix est notre première préoccupation. Mais elle ne saurait être obtenue par de simples affirmations verbales ; il faut constater que les systèmes juridiques, aboutissant à l’organisation de la sécurité collective, sous fégide de La Société des Nations, ne suffisent plus à garantir la paix.

La force allemande est un fait, elle impose l'étude et la réalisation d’un plan constructif avec des garanties effectives qui empêchent toutes surprises de la part de l'agresseur.

Il ne faut pas abandonner l’idéal de la sécurité collective et nous appuierons tout Gouvernement qui, soucieux de' la défense des droits essentiels de la France, cherchera* dans le respect des traités et dans l’organisation de relations meilleures, lesquelles tiendront compte de toutes les réalités, un accord avec les puissances intéressées au maintien de la paix en Europe.

Faute de cet accord, il serait vain d’espérer la restauration de la confiance internationale, sans laquelle aucune reprise sérieuse et durable d’activité économique et d’équilibre financier n’est possible.

La lutte contre le désordre des finances publiques est une nécessité ; elle seul* peut permettre de poursuivre l’œuvre de réduction des charges fiscales, souhaitée par tous et commencées depuis deux ans; elle seule justifie l’œuvre des décrets-lois, qui doivent comporter les améliorations demandées par les combattants, les fonctionnaires, les retraités, mais dans la mesure où ces améliorations ne compromettent pas l’avenir des finances publiques.

Cette politique sévère est nécessaire au maintien de la valeur de la monnaie dont les amputations successives compromettent le crédit de l'Etat *

Elle ne peut avotrjde résultats étendus que si le retour à une vie économique plus intense est obtenu,

Ï1 ne faut pas’eroire k l'efficacité de formules abstraites, de plans dressés dans l'ignorance volontaire des réalités et qui, par la création de monopoles nouveaux, par riatervention élargie de 1 administration dans les affaires privées, aggrave la situation et favorise les gaspillages.

Le Parlement doit aider et protéger l'agriculture, l'industrie, le commerce, après avoir dégagé les causes|de la stagnation et étudié les remèdes efficaces à y apporter, si l'on veut faire œuvre de redressement.

Cette méthode a permis le relèvement actuel des prix agricoles, elle doit être améliorée et développée ; on obtiendra ainsi une collaboration plus étroite des divers éléments agricoles, industriels, commerciaux qui concourent à la vie économique et sont représentés au sein du Conseil] na i ional économique dont le rôle doit être de donner avis et conseils aux gouvernants.

Il faut favoriser le retour à la terre, la renaissance de l'artisanal.

Les liens entre la Métropole et les Colonies doivent être fortifiés par des relations commerciales judicieusement développées et prudemment accrues*

La législation protectrice de l'épargne publique et d'assainissement du marche financier existe dans les textes* Elle doit être appliquée avec rigueur et efficacité*

La réforme de l'Etat est une nécessité* Rappellerai-je que j'ai voté la réduction du nombre des députés ?

Elle figure depuis longtemps dans les programmes ; elle ne deviendra une réalité que si Ton définit et si l'on réalise le régime d'autorité et d'équité qui établira les droits elles devoirs des fonctionnaires, qui simplifiera les organismes des administrations*

L'autonté deTEtat ne doit plus cire affaiblie par les coalitions de syndicats d’intérêts particuliers* Elle doit, au contraire, puiser sa force dans la compréhension par tous les citoyens, à l'école comme dans la famille, de l'intérêt national et de l'idée de liberté*

Mais ïa réalisation de ce programme n'est possible que si les Français renoncent à Fesprirde lutte qui a favorisé les dissensions intérieures si préjudiciables à la liberté des citoyens, a la liberté de penser et d'agir dans le respect des lois*

L'œuvre sociale de la République en faveur des travailleurs doit être maintenue et améliorée* Son objet est le développement du sort matériel et moral du plus grand nombre et nonjla création appauvrissante de rouages administratifs coûteux*

Ce programme est Celui de 1a démocratie attachée à l'ordre et au progrès et je Y expose avec confiance devant le suffrage universel*

Es acceptant, cédant à la vive insistance de très nombreux amis, de poser à nouveau ma candidature, je n'ai d'autre souci, d'autre désir, que de continuer à servir de mon mieux la France et la République,

Georges MÀZËRÀND

Député sortant*

Ancien combattant.'

Vice-président de la Commission de l’armée.

Vice-président de la Commiâfeioa du travail .

Membre du Conseil supérieur du Travail, Conseiller général. — Maire de Gïrey.

Candidat républicain.

V* circonscription de NANCY,

M.p Louis MARIN

(Groupe do la Fédération républicaine de France.)

Elu pour la 1- fois le 8 octobre 1 905. - Réélu les 6 mai 1906, 24 avril 1910 26 -avril 1014, 16 novembre 1919, 1 1 mai 1924, 22 avril 1928, 1“ mai 1932 et 26 avril 1936.

Bien chers Compatriotes et fidèles amisj

Le 26 avril l’électeur français, souverain, orientera, par son vole, les destinées de la patrie. S’il maudit, souvent, après coup, les Chambres qu’il a élues, il est le premier responsable de ses choix ou de son abstention coupable. Rarement, sa responsabilité aura été aussi

redoutable et aussi claire, ,

Aussi redoutable. Ceux meme qui voudraient garder leurs illusions ou masquer leurs

fautes passées voient avec angoisse les périls qui menacent la paix du monde, la concorde

intérieure, le crédit de la I1’ rance et sa prospérité. ^

Aussi claire. Depuis quarante ans d’emprise démagogique, à 1 exception te ropi e» redressements, jamais le vieux bloc des gauches, les cartels de 1924 ou do 1932 n ont pareillement divisé la France sur deux conceptions diamétralement opposées. .

Fidèles à l’esprit et aux traditions de vos pères, vous avez toujours maintenu et défendu, envers et contre tout et tous, les principes universels de notre civilisation, sans en rejeter la discipline et les charges ; les saines notions de la vraie République, et non de la epir îquo des camarades; de la démocratie, et non de la démagogie; de la liberté, contre toutes les dictatures ; de la tolérance et du respect des forces spirituelles, contre le sectarisme , de l’ordre et de la sécurité, contre les fauteurs de troubles; de la probité et de la justice, con re les voleurs et leurs protecteurs politiques, les ploutocrates et les spéculateurs; du travail organisé avec les corps de métiers, contre l’anarchie sociale et la lutte des classes, de a famille, contre ceux qui contestent ses droits et l’accablent de charges qui la ruinent ; de l'initiative privée, contre l’étatisme incapable; du travail honoré, contre son exp ot a ion , de l’épargne encouragée et défendue, contre les forbans qui la pillent et les gouvernement qui la trahissent; de la propriété accessible a tous, contre l'accaparement ou la communisation ; du progrès social, contre l’insouciance à l’égard des humbles et le mépris e» misères ; de la moralité et de la culture, contre le laisser-aller et la décadence; de la preser vation de la paix, contre les peuples de proie; du patriotisme vigilant, contre les antimihla-

ristes et les sans- patrie, t ™ i

Vous avez ainsi défendu les traditions nationales. Elles ont fait la France. Elles seul peuvent étayer des progrès sociaux, redresser le pays, le remettre à son rangdegrame

Aux élections d’avant guerre, en 1914, et, depuis, en 1924, en 1932, aloi.-> que tant de provinces abandonnaient notre idéal pour des illusions, pour la démagogie ou la lacune, votre clairvoyance avait persisté à rendre à la France la foi dans ses destinées, en lui montrant la nécessité de la concorde civique, les conditions de sa sécurité et de son relèvement Si tous avaient, comme vous, sauvegardé l’union sacrée et l’esprit patriotique qui nous avait donné la victoire, le libéralisme tolérant, le sens des réalités, la France n aurait pas, après e cataclysme horrible de la guerre, connu des catastrophes nouvelles qui l’ont douloureusemen affaiblie ; elle ne redouterait pas, aujourd’hui, les menaces prochaines qui angoissent les

cœurs.

En face de vous, des partis de désordre, de tyrannie ont profité des mécontentements, du boule versement du monde, de la crise morale, économique qui le ravage, pour former un front révolutionnaire. Pourtant, dans tous les pays étrangers dont iîs ont occupé 3e pouvoir, il ont semé les ruines ; l'Espagne d'aujourd'hui en est un terrible exemple. Partout, ils ont été rejetés, maigres leur triomphe d’un moment; mais après, quels désastres]

En France, le cartel de 1914 aboutit à ia guerre. Oblige, pour sauver le pays, d^abdlquer ses promesses et ses idées, il lit place à l1 Union sacrée, qui entraîna la Victoire.

En 1924, un nouveau cartel conduisit notre pays à une faillite retentissante : dix Ministres des Finances en deux ans et le franc à un sou. L'Union nationale, une fois encore répara les ruines.

En 1932, la plus forte majorité de gauche qu'ait connue la Chambre française, plus de 400 voix contre moins de 200, pouvait réaliser toutes ses promesses. Elle les renia toutes. Elle fuL incapable de gouverner; neuf Ministres des Finances en dix-huit mois; les gouvernements tombaient d’eux memes sans être renversés; en juin dernier, cette énorme majorité se refusa même à prendre le pouvoir ; elle avait sombré dans l'émeute et le sang versé Elle redoutait tellement ie jugement du corps électoral que M. Doumergue, dans un ultime communiqué oüiciel, pouvait écrire : n Les hommes responsables de la politique qui aboutît aux émeutes de février et à ia mort d anciens combattants qui défilaient, sans armes, place de îa Concorde, ne veulent à aucun prix avoir à répondre de cette politique devant le peuple souverain, avant que soit écoulé un long délai. » L’Union nationale sauva encore le pays et le régime.

Chaque fois, cette formation politique fut rompue par les radicaux qu’elle avait protégés du naufrage et qui avaient recueilli, pour leur parti, les plus grands avantages. Chaque fois, en dépit de lu part prépondérante faite à leurs chefs dans la répartition ministerielle, les troupes radicales Font mollement soutenue.

Aujourd’hui, où l’Europe voit reparaître le spectre de la guerre I où nos finances riscfuctiL la faillite et une nouvelle dévaluation, qui serait effroyablement désastreuse pour tous; où notre agriculture, notre commerce sont en proie aux pires difficultés; où notre industrie subit le marasme économique et le chômage le plus aigu qu’elle ait connus, la possibilité d une majorité de front populaire serait, à la lois, le signal de la ruine financière, delà ruine économique, de 1 emeule dans la rue, de 1 anarchie, mortelle pour la France et le régime, de I incapacité de gouverner, de la tentation, pour les ennemis de la paix en Europe, de renouveler les horreurs des conflits sanglants.

L Union nationale est la première condition du redressement qui, après tant d’épreuves, donnera à notre pays la prospérité, la grandeur, le rayonnement qu’elle mérite.

Elle seule écartera la guerre. Malgré les préparatifs inouïs et cyniques de l’Allemagne, elle maintiendra 3a sécurité du pays et la paix du monde. Elle nous permettra d’être forts, militairement eL moralement; d etre, ainsi, recherchés comme amis, d’affirmer nos alliances européennes, fondées sur la protection contre les mêmes menaces et sur des intérêts vitaux communs, Lovons sans tarder les sanctions vis-à-vis de l'Italie. L’union nous permettra d’exiger que les organisations juridiques internationales ne soient plus l’instrument d’égoïsmes nationaux, mais remplissent efficacement leur rôle de justice. Elle ne nous laissera ni isolés, ni à la remorque d’une politique étrangère.

Loin de nous tout sectarisme, l’Union nationale réalisera enfin la conception sincère de la République et do la démocratie. A tous les citoyens, elle donnera la pleine jouissance de leurs droits individuels, liberté, sécurité, propriété. Elle protégera la famille, assurant la primauté de celle-ci sur l’éducation des enfants, dans une politique active de natalité et de faveur aux familles nombreuses ; elle supprimera, en ligne directe, les taxes successorales, destructives du patrimoine familial et du goût de l’épargne. Elle unifiera le régime des associations dans le droit commun; elle accordera, notamment, aux fonctionnaires, un statut fixant leurs avantages, leurs responsabilités et, aux citoyens, les moyens d’action sûrs et rapides pour défendre leurs droits. Elle donnera â la France une Constitution et une Cour suprême gardant les libertés primordiales des individus et des groupements. Elle assurera la

paix religieuse par l'abrogation des lois d'exception, par un statut libéral des églises. Elle réprimera efficacement la brutalité et Tim moralité, l’injure et la calomnie. Elle créera le suffrage universel par le vote féminin, familial, obligatoire ; la justice électorale par une réforme de scrutin, l'égalité des circonscriptions, la diminution de moitié du nombre des élus, le vote personnel, le renouvellement partiel de la Chambre. Elle donnera au pays une administration digne de lui, sur des principes maintes fois exposes. Condamnant le monopole de l'enseignement et î’école unique, elle modernisera l’école nationale, stimulera l1 apprentissage en accord avec les organisations de métiers, réalisera la coopération de tous nos maîtres, officiels ou libres, avec les forces intellectuelles et économiques de la nation.

Fondant la politique sociale sur Pan tente entre tous, elle créera, sans formalisme administratif et par des satisfactions immédiates, les œuvres qui aident le travailleur à tous les âges de la vie et, par un système d’assurances fondées sur la répartition, le prémunira contre les risques de l’existence. Elle organisera les professions corporativement. Elle améliorera les conditions de travail et clc salaire. Elle prendra à son compte, selon le principe du partage équitable des charges nationales, les avantages faits aux uns au détriment des autres.

A tous, elle permettra, par le crédit et les institutions d'épargne, de parvenir à la propriété.

Elle défendra les producteurs et les produits nationaux; ses accords douaniers seront fondés sur la stricte réciprocité selon la formule « donnanbdonnanl », de façon à sauvegarder notre agriculture et notre industrie à l’intérieur, à conserver le champ de nos échanges extérieurs. Elle renouvellera les cultures et les industries touchées parla crise. Elle assurera la liberté dans l'initiative et les responsabilités; elle se souviendra que la France a été fondée sur la petite propriété rurale, le petit artisanal le petit commerce; que la renommée de ses produits vient de leur qualité et de leur variété.

Elle obtiendra le redressement financier, sans lequel ni essor économique, ni améliorations sociales, ni sécurité extérieure ne sont possibles. Ni inflation, ni faillite avouée ou déguisée; respect intégral de la parole donnée par l’Etat aux épargnants et aux anciens combattants; contrôle effectif et sanctions rigoureuses à l’égard des pillards de l’épargne; frappe de pièces d’or au profit de tous, et non point seulement au profit des spéculateurs et des étrangers ; dégrèvements rapides, au fur et a mesure de l’assainissement.

Chaque fois, depuis dix ans, que le pays s’est écarté de ces principes pour suivre les démagogues, il est « descendu d’un cran » dans son prestige et sa prospérité. Chaque fois,, il a été conduit à quelque catastrophe. Il en est sorti lorsque ceux auxquels il avait confi les rênes de l'Etat par aveuglement ont abdiqué le pouvoir, malgré leurs écrasantes majorités, et ont rendu la direction du pays à F Union nationale, pour réparer les ruines qu ils avaient causées.

Je nr honore, pour mes idées et pour vous, d'avoir été appelé, à 1 origine première de chacune de ces formations, par ceux qui ont formé, en des temps toujours difficiles, un gouvernement d’union nationale. J'ai la fierté d'y avoir pris toutes les responsabilités devenues nécessaires, sans en avoir retiré aucun autre bénéfice pour mes amis politiques que d’avoir bien servi notre idéal. J’ai collaboré, quand l'intérêt du pays le commandait, avec les chefs radicaux-socialistes ou des socialistes éminents en rupture de ban momentanée. J ai fidèlement aidé mes Présidents du Conseil; je leur ai apporté l’appui de tous mes amis; je n'ai jamais abandonné l'équipe formée pour le salut du pays. Quand je fais le bilan de ce que — étant cependant en très petit nombre dans ces formations — nous avons fait sous les Ministères d’union, je constate qu'il est au bénéfice de la France. Député, j ai toujours été sur la brèche, notamment à l'occasion des grands débats diplomatiques, militaires, sociaux, économiques ou moraux. J’ai dû intervenir sans cesse sur les problèmes les plus immédiats cl les plus graves; je suis resté inébranlablement fidèle à l'idéal que vous m avez chargé de représenter ; je pourrais, aujourd'hui, reprendre tous les principes de mes premiers engagements envers vous, en 1905, et j’y ajouterais combien l'expérience de la vie, la clairvoyance qu’ils m'ont donnée, leur adaptation facile aux événements les plus imprévus montrent leur solidités

M’élisant depuis trente et un ans, vos pères et vous m avez confié le plus long mandat

que compte actuellement la Chambre, Vous me l'avez conservé dans une époque bouleversée où les changements cle personnel étaient incessants, À votre exemple , j’ai voulu être probe, travailleur, simple, prévoyant; je me suis toujours efforcé de rétablir la concorde entre les Français, Aux avant- postes de la patrie, vous aussi êtes fervents de F Union nationale. L'an dernier, h Metz, le Président de la République interprétait votre pensée : « Assez de poings tendus, de regards mauvais, de paroles cle haine ! »

À des électeurs inébranlablement fidèles à leurs idées, je resterai inébranlablement fidèle. Je n'ai d'autre ambition que d’être digne des exemples de labeur qu’ont donnés vos aïeux; des vertus dont vos aînés ont fait preuve dans les tranchées comme dans la reconstitution de nos foyers ou contre l’esprit de désordre* Vous êtes au premier rang de ceux dont les efforts, hier, ont sauvé le pays ; votre clairvoyance, votre esprit d’union, votre énergie, demain, lui rendront sa sécurité, sa prospérité et sa grandeur.

Vive la France]

Vive la République !

Vive la Lorraine!

Louis MARIN

U ai on aationale*

2C: circonscription de NANCY.

M. Pu Axçois VALENTIN {Groupe de La Fédération républicaine de France.)

Elu pour la lf* fois Le 3 mai 1936.

Messieurs les Electeurs et Chers Compatriotes,

Nous sentons tous la gravité de la situation actuelle.

La crise est partout. Et ce n’est pas par des méthodes et des combinaisons qui, dix fois, firent faillite, qu’on en viendra à bout.

La crise, elle est d’abord dans la vie internationale.

Moins de dix^huït ans après une victoire acquise au prix de sacrifices sans exemples, de nouveau la France se trouve directement menacée.

Cela juge Tes méthodes qui ont etc employées jusqu’à présent et les hommes qui les ont prônées.

Nous autr es, Lorrains, qui connaissons la mentalité des Allemands* nous savons que nous ne serons respectés par eux que dans la mesure où nous serons moralement et maté* réellement forts, forts par nous-mêmes et par nos amitiés basées non sur des mots illusoires, mais sur des réalités, c’est-à-dire sur la communauté des intérêts et des sentiments.

La crise, elle est aussi dans la vie économique.

Malgré les promesses laites, toutes tes catégories sociales se trouvent aujourd’hui plus durement touchées encore qu en 193i2, Le marasme des affaires, le chômage, la paralysie du commerce, F affaissement des cours agricoles n ont fait que s’aggraver.

Certains proposent des solutions magiques, telles que la dévaluation ou le marxisme Us se trompent ou ils nous trompent. Il n’y a pas de solutions magiques La dévaluation serait une malhonnêteté qui, après quelques mois de détente artificielle aboutirait a une ru ne générale. Quant au marxisme voulu par le Front populaire, .1 ajouterait à la ru ne la révolution et l’asservissement de tous les citoyens à un Etat despotique, mauvais patron a

l°US !l n^Tde tlutiôn vraie que dans un ensemble d’efforts tentés avec le maximum de ténacité.

Par l’Etat qui doit :

— réprimer toutes les traudes ,

reviser sa législation vieillie ;

défendre l’économie nationale contre la concurrence étrangère ;

— assouplir un système fiscal souvent injuste et écrasant.

Par tous ceux qui participent à la vie active de la Nation : agriculteurs, ouvriers industriels commerçants, employés, qui doivent organiser leur prolession avec aide e sous l’arbitrage de l’Etat - pour l’étude et la résolution des problèmes economiques et sociaux qui les touchent directement et qu’ils sont seuls à connaître d une façon vraimen

la profession organisée, avec une équitable représentation de ses diverses catégories qui peut seule amener l’ordre économique et établir la justice sociale.

La crise, elle est encore et surtout dans la vie politique.

Tant que nous aurons des Ministères de six mois, quand ce n est pas six semaines, de. p»* »■» m.nd.t pourront dicter do, ordre, Couvernetnen U, i "»“* manquera la continuité et la confiance qui sont également necessaires pour une reprise

économique et un redressement international. . ■ n™fi(enl

Notre machine parlementaire est usée. Tous les Français, sauf ceux qui en profitent,

sont d’accord pour le reconnaître. ~ .. .. i

Il est donc d’une extrême urgence d’aboutir à la réforme de la Constitution, seule

capable de nous épargner les aventures qu’entraînerait fatalement la Pro,on«*'“n l’anarchie politique et de garantir le maintien des libertés républicaines auxquelles nou

sommes intimement attachés.

Les grandes lignes de cette réforme devront être .

— le renforcement des pouvoirs et de la stabilité de l’Exécutif ;

— le contrôle de son action par les Chambres , p Ac;riont J. ia

en cas de conflit, l’usage du droit de dissolution confie au Président de la

République ^ ^ ^ syptème de ,a représentation proportionnelle.

Enfin, nous savons trop que la crise politique se double d une crise morale * 9“®^“®* peines qu’Ln ait pris à les étoufler, les scandales de ces dernières années ont P-uve a quel

degré de corruption étaient descendus des hommes chargés de nous gouvern

il faut les éliminer sans pitié.

Mais cette action n’est que négative, donc insuffisante, il faut faire œuvre positive :

- en soutenant toutes les forces vives de la Nation et en premier lieu, la famille, base de son existence ;

— en protégeant* dans le respect absolu des consciences, toutes les institutions qui se proposent d'augmenter la valeur de l'individu, de Télé ver vers plus de bien-être et de rendre la Société plus humaine.

Aucun de nous ne se fait dhMusion ; la prochaine Chambre devra faire face à des responsabilités énormes. «

La tâche y sera trop dure pour que s'éternisent des méthodes meurtrières et sectaires. L’union de tous ceux qui sont <t du parti de la France devra s'y faire contre la Révolution et la Guerre.

Patrie, Famille, Métier* devront être les principes de cette union.

Ce seront ceux que je servirai de toute ma volonté, si vous faîtes de moi votre élu.

Vive La République I Vive la France !

François VALENTIN Docteur en droit.

Candidat républicain d'Union nationale et soslale.

3 * circonscription de NANCY.

M, Pierre-Olivier LÀ PIE (Groupe da T Ou ion socialiste et républicaine.)

Elu pour Ja lre fois le 3 mai 1936,

Mes chers Concitoyens,

J’ai F honneur de proposer à vos suffrages, en vue de la prochaine élection législative, ma candidature d’action et de défense républicaines.

Sous la présidence du Dr Schmitt, conseiller général de Nancy-Est, président de la Fédération de Meurthe-et-Moselle, le Parti radical m’assure de son appui le plus entier* Mon parti, l'Union socialiste et républicaine, m’investit. La Jeune République me soutient. Ainsi, sur mon nom, les partis de centre gauche de la 3Ü circonscription, résolument unis, me proposent à tous les suffrages franchement et véritablement républicains.

Défense et action républicaine ? En effet :

Défense î

Contre tous les ennemis de la République ;

Contre tous les fauteurs de troubles ;

Contre tous les fauteurs de guerre.

Action ?

Pour la rénovation des institutions démocratiques ;

Pour la résurrection de l'économie française ;

Pour rendre à notre Patrie, vis-à-vis de T étranger, sa figure fière dans la paix et forte dans l' honneur.

A cette tâche, je vous convie, citoyens.

A cette tâche, je mettrai, si vous le voulez, mon courage et ma jeune énergie*

Le temps n’est plus des improvisations brillantes, ni des promesses fallacieuses* Le temps est dur. La France souffre. Contre cette dureté, contre ces souffrances,

Plus de mots vagues, un programme*

Voici le mien :

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