P.-O. LAPIE
Député sortant, — Ministre de l'Education nationale.
LEGRAS Edouard Cheminot retraité, — Maire de Longwy.
SCHMIDT Pierre ■
Docteur en médecine — Conseiller général du Canton de Toul-Nord.
STORHAYE Albert
Ouvrier mineur, — Maire de Man deuil es.
CLÀVEL Charles
Ouvrier (Industries chimiques)^ — Maire de VarangevîUe,
ROTH Charles Artisan. — Maire de Dieulouard,
Aux Electrices, aux Electeurs I
La France est à un tournant de son histoire.
Il faut que tous nos compatriotes en prennent conscience.
Les élections du 17 juin fixeront le destin de notre Pays pour de longues années. L'enjeu de la lutte n'est pas seulement, comme on pourrait le croire, l’orientation poli-
tique du Gouvernement de demain. C'est la République elle-même qui est en danger.
Jamais le péril ne fut plus grand. L'assaut contre le régime est lancé des deux côtés h
la fois.
D'un côté le R. P. F, et son allié le P.R.L., de l'autre le Parti Communiste,
En Républicains convaincus, nous déclarons que nous voulons continuer à servir la République,
Ce n’est pas sans nostalgie et sans regret que nous avons vu un général, pour qui
en 1940 nous avions de l'admiration* adresser dans on discours prononcé il y a un mois à Bagatelle on véritable défi à la République. Contre cette dictature qu’on nous promet, contre cette perspective d’un pouvoir personnel qu’on nous laisse entrevoir, contre cette régression sociale qui en serait l’ inévitable conséquence, nous renouvelons solennellement notre attachement à îa République,
A rextrême-gauche, le Parti Communiste* sous prétexte d’assurer le bonheur de la classe ouvrière* nous offre un régime soviéüsé qui aboutit à l’asservissement de l'individu*
Nous aimons trop la liberté, nous savons trop à quel prix nous l’avons acquise et sauvegardée pour ne pas la défendre une fois encore. Les Républicains ont décidé de s’unir, uniquement pour sauvegarder l’avenir de la Démocratie*
•’Xette union a été réalisée grâce à l'apparentement*
Certes, nous sommes les premiers à déplorer que la loi fût si difficile à comprendre, mais quand Je sort même de la République est en jeu* nous sommes certains de pouvoir compter sur l’esprit civique des Français pour en saisir toute l'importance.
L’apparentement permet d’additionner toutes les voix républicaines de ce département* Si les suffrages recueillis par les listes P*-0* Lapie - Marin - Bertin arrivaient, en les additionnant* à obtenir la majorité absolue* ces trois listes se partageraient les six sièges à pourvoir selon Je nombre de voix obtenues par chacune d’elles. Ainsi, on assisterait à F élimination des/ascistes de droite et des communistes d’extrême- gauche, ennemis jurés de la Démocrati^r
Ce serait une grande victoire pour la République*
Si vous votez pour :
Liste Barrés* liste Pierre André, vous faites le jeu du fascisme*
Si vous votez pour :
Liste P, -O, Lapie, liste Marin, liste Bertin, vous sauvez la République*
Si vous votez pour :
L’Abbé Pierre, ou Selignac, ou Kriegel-Vaîrimont, vous votez communiste,
■Quoi qu’en disent certains, l’apparentement n’est en aucune manière une abdication. Chaque liste se présente devant vous sous son propre drapeau et avec son programmey^
Nous concevons qu’il puisse y avoir de profondes divergences d’opinion en ce qui concerne l'aménagement de la République Française, mais il y a une chose que tous ensemble nous ne voulons pas, c’est qu’on la détruise.
Ce qui nous unit aujourd’hui comme ce qui nous unissait hier dans l’adversité demeurera toujours plus grand que ce qui nous divise.
Le Parti Socialiste continuera à défendre l’amélioration du sort de la classe ouvrière, l’application de mesures économiques préservant le pouvoir d’achat des travailleurs, le principe dTune réforme de la législation fiscale, le respect des lois scolaires, gage de l’union entre les Français, l’adoption de mesures tendant à un désarmement général et à la construction définitive de l’Europe* seule garantie d’une paix durable dans L’indépendance absolue de la nation française â l’égard de toute puissance étrangère*
Pour la Paix, pour la France, pour la République, votez Socialiste,
Liste d 'Union Républicaine* Résistante et Antifasciste
Pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix,
/Parti Communiste français. ■.
Lorraines et Lorrains,
Pour écarter de F Assemblée Nationale les élus de la classe ouvrière, les députés anti¬
communistes se sont donnés une nouvelle loi électorale.^
Chacun aujourd'hui parle « d'escroquerie » ; mais tous, Pierre André, Barrés* Crouzîer, Marin, Gœtz, Mehnegand, Berlin , Legras* Lapie pratiquent cette a escroquerie » dans Fespoïr d'assurer leur élection.
Seule, l'opposition des électeurs ne leur a pas permis de réaliser leur accord jusqu'au bout.
^y/Aussi les Lorrains et les Lorraines se trouvent en présence de deux groupes d'apparefntements qui ne sont, ni l'un ni l'autre, en mesure d'obtenir la majorité absolue.
De ce fait, bien que les voix des « apparentés > compteront ensemble, les travailleurs et les honnêtes gens de Meurthe-et-Moselle peuvent envoyer au moins deux élus communistes à l'Assemblée Nationale.
C'est ce qu'a compris le préfet de Meurthe-et-Moselle qui a mis sur pied une liste de diversion policière (Selignae-Gill) dans l'espoir de détourner les quelques dizaines de voix qui suffiraient à assurer le siège de Louis Dupont.
L'enjeu de ces élections, c'est la guerre ou la Paix, la vie ou la mort.
Les lectures des professions de foi montrent que de Barrés à Lâpie, il n'existe aucun
désaccord de fond.
Le fond, c’est le plan Marshall avec ce qui en a découlé : le Pacte Atlantique* le plan
Schuman, le réarmement de l'Allemagne, l'occupation américaine, la préparation à la guerre.
Tous, ils se taisent sur le réarmement de l'Allemagne, sur l'occupation de notre département, sur l'installation des terrains d'aviation.
Chacun comprend pourtant qu'au bout de cela, c'est la guerre et la destruction totale .
Au soir du 17 juin, à Washington, les voix seront comptées. Nous devons à la vérité de dire solennellement aux électeurs et électrices :
« Toute voix d'un Lorrain ou d'une Lorraine qui se porterait sur une liste autre que
celle conduite par Maurice Kriegei-Valrimont et Louis Dupont sera considérée par M. Truman et les hommes d'affaires anglo-américains comme l'autorisation d'achever l'occupation de la Lorraine, de la transformer en base militaire d'agression, d'envahir la forêt de Haye, d'exproprier les terres, de hâter les préparatifs de guerre. »
La voix de cette Lorraine ou de ce Lorrain serait considérée comme l'acceptation du plan préconisé par le député américain Cannon et déjà en voie de réalisation :
<x Ce qu'il faut, c'est équiper les enfants des autres nations et les laisser envoyer leurs enfants se faire tuer, pour que nous n'ayons pas à y envoyer les nôtres. »
Une maman de chez nous, en déposant son bulletin dans Furne, pourrait leur donner l'autorisation de tuer son enfant !
Entre la démocratie ou le facisme, la paix ou la guerre, le Parti communiste a choisi la démocratie et la paix. Et on ne jpe ut les sauver sans les communistes, pas plus qu'on aurait pu, sans eux, libérer le pays de l'occupation nazie.
Soucieux de réaliser l'union la plus large pour le salut commun, nous, communistes proclamons notre volonté de lutter côte à côte avec les Français et les Françaises de toutes opinions, de toutes croyances, qui peuvent n'être pas d'accord sur certains points de notre programme, en vue de promouvoir une politique française tendant à la constitution d'un gouvernement décidé à arrêter la marche à l'abîme.
Nous nous déclarons prêts, soit à collaborer à un tel gouvernement, soit à le soutenir, à la seule condition qu’il se lixe pour tâche essentielle de tout mettre en œuvre pour appliquer une politique fondée sur les principes ci-après :
1° Conclusion entre les cinq grandes puissances d'un Pacte de paix ouvert à toutes les nations ;
Dénonciation des accords qui aliènent l'indépendance nationale et départ des occupants américains du territoire français ;
3° Conclusion d’un traité de paix avec une Allemagne démilitarisée, unifiée, démo~ cratique et pacifique ;
. 4° Conclusion de la paix au Viêt-Nam, rapatriement du corps expéditionnaire, et retour des troupes françaises envoyées en Corée ;
5° Vote d'une loi interdisant la propagande de guerre ;
6° Interdiction de l'arme atomique et de toutes autres armes de destruction massive ;
7° Réduction progressive et contrôlée des forces armées et des armements ;
8^ Affectation des sommes économisées, du fait de la réduction des armées et des armement?, au développement du pays, à la satisfaction des besoins sociaux du peuple, à l'amélioration des conditions d'existence des masses laborieuses des villes et des cam^ pagnes ;
9° Protection des libertés démocratiques contre toutes les entreprises des factieux*
Voilà ce que nous proposons, fermement convaincus que le travail en commun de tous les Français de bonne volonté est indispensable pour assurer le salut du pays et îa sauvegarde de la Paix*
Màühice KRIEGEL-VALRIMQNT,
Né à Strasbourg, le 14 mai 1914* — Membre du Comité central du parti communiste français, — Député de Meurthe-et-Moselle* — Vice-président de la Haute Cour de Justice. — Licencié en droit, diplômé d’études supérieures de doctorat en droit.
Arrêté par là Gestapo, condamné aux travaux forcés, dirigeant et combattant de l'insurrection nationale* — Chevalier de la Légion d’honneur, — Croix de guerre avec palme.
Père de deux enfants, — Sa femme décorée de la Croix de guerre.
Pas un Français n'ignore de quel courage et quelle fermeté il a fait preuve lorsque seul dans la Commission d'enquête de l'affaire des chéquards, il a dénoncé et dévoilé la corruption du régime.
Déjouant les plans du Comité des forges et des politiciens « apparentés », les travailleurs de Meurthe-et-Moselle, les patriotes, les républicains, les honnêtes gens s'uniront pour l'envoyer à nouveau à l'Assemblée Nationale défendre la paix et le pain*
Louis DUPONT,
Né le 17 septembre 1912, à Saulnes*
Fils de mineur, ouvrier métallurgiste depuis F âge de 13 ans. Père de deux enfants. Prisonnier de guerre* — Membre du Comité départemental de Libération*
Conseilleur municipal de Nancy où il se fait le porte-parole vigilant de la population laborieuse, des mal logés comme des grands intérêts de la capitale lorraine.
Directeur de La Voix de l'Est. — Arrêté illégalement et incarcéré à la prison militaire de Metz pour son action courageuse contre les profiteurs de la guerre du Viêt-Nam, libéré au bout d’un mois par un formidable courant de protestations populaires*
Les éleetrices et les électeurs de Meurthe-et-Moselle en renvoyant siéger à l’Assemblée Nationale, le soustrairont définitivement aux menaces du Gouvernement de corruption, de misère et de guerre*
Germaine RENAUDIN,'
Femme de mineur.
Son mari prisonnier, elle est arrêtée en 1942 à Bordeaux pour action de Résistance et déportée dans les plus durs camps de la mort : Ravensbruck, Mauthausen et Auschwitz où elle est la comp'agne de Danièle Casanova, héroïne nationale, morte pour la France.
Elle a juré de donner toutes ses forces pour que ses cinq enfants ne connaissent jamais la vie de misère et de privations qui fut longtemps la sienne, pour qu’ils ne connaissent jamais les horreurs du fascisme et de la guerre.
Jean FLORET,
Mineur* — Militant de la C* G* T* clandestine* — Secrétaire de F Union locale des syndicats du bassin de Landres. — Ancien militant du parti socialiste {S. F, I, 0.) jusqu’en 1947* — Adjoint au maire. — Délégué à la Conférence de Berlin où les travailleurs français et allemands se sont rencontrés pour qu’il n’y ait plus de guerre entre nos deux peuples*
Dirigeant actif de la lutte des mineurs contre le Comité des forges*
(Socialiste indépendant)*
Henri GAILLÜTTE,
Agriculteur à Mont-FEtroit* — Propriétaire-exploitant. — Il a toute sa vie, avec sa famille travaillé ses terres.
Mobilisé en 1914, il a vu tomber 200*000 soldats autour de lui au Bois-le-Prêtre.
Ancien président du syndicat local des éleveurs.
Ancien président de la délégation cantonale de Golombey, — Henri Gaillotte est un vieux lutteur républicain de l1 arrondissement de Toul*
(Républicain laïque).
Robert GEN ESTE,
Cheminot* — il âime à rappeler qu’avant guerre lui aussi « ne s’occupait pas de politique ». Puis vint îa guerre et Inoccupation*
Chef du groupe de Résistance du dépôt de Nancy*
Arreté par la Gestapo, interné à Charles III, déporté à Auschwitz et Buchenwald* Titulaire de la Médaille de ïa Résistance.
Sanctionné et déplacé en 1948 comme militant syndical du secteur de Nancy*
Père" de trois enfants*