‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 180 sur 244 · TARN · texte numérisé non relu

TARN

Liste du M.R.P. ........ .

Liste du Parti socialiste S.F.I.G, Liste du Parti républicain radical et

radical-socialiste, . , . . * . * .

Liste du M . R . P . , , . . . . * - *

M, François Reille-Soult (M R,P.)Z££' M, Maurice Deixonne (S, F. LO.).

M, Lucien Coudert {R* S,),

M. Clément Taillade (M.R.P.)

Mouvement républicain populaire

Electrices, électeurs,

Le 17 juin 1951 vous accomplirez^ un acte grave. Vous désignerez les députés qui, pendant cinq ans, auront la charge des destinées du pays.

Votre choix sera décisif pour la France, pour la République et pour là Paix.

Le Mouvement républicain populaire présente à vos suffrages des hommes que vous connaissez. Vous savez que leur action passée est un sûr garant pour 1 avenir.

De nombreuses listes sollicitent vos voix. Les unes vous proposent comme remède Je régime soviétique. Les communistes ont beau essayer de se parer de la paix et de la liberté, vous connaissez leur façon d’agir et leur but : coup de Prague, agression de Corée, suppression de toute opposition politique et syndicale, persécutions religieuses,

À l’opposé on veut répondre à la brutalité par la violence. On vous dit : « Plus de parti, un homme à poigne » et on dresse immédiatement un autre parti plus exigeant que les autres et qui, refusant l'union, est devenu le plus grand obstacle au véritable rassemblement des Français,

Vous le savez, les extrêmes s’appellent et se renforcent. Dans la réalité, ils aboutiraient au même résultat, c'est-à-dire aux luttes entre Français, au désordre et à la misère, spectacle rebutant pour nos alliés et encourageant pour ceux qui nous guettent.

L’union est plus que jamais nécessaire. Elle doit se réaliser entre hommes libres et non sur la sommation d'un seul. Le M.R.P. n’a cessé de faire appel à la Iraternîté française. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes apparentés aux autres partis de Gouvernement, afin de créer pour demain des conditions permettant à une majorité parlementaire de se constituer.

Etant bien entendu que chaque parti, dans cette action commune, gardera son originalité et son indépendance doctrinale.

En novembre 1947, alors que le Kominform donnait en France et en Italie l’ordre de grève générale, Robert Schuman, prenant courageusement la direction du Gouvernement, a sauvé sans une goutte de sang, le pays de l'insurrection. Le M, R. P. continuera à mettre^ dans la prochaine Assemblée, toutes ses forces au service de la Nation,

Depuis cinq ans un premier relèvement s’est accompli. Il ne s’est tout de même pas fait tout seul. Ceux qui, comme nous, ont travaillé sur le chantier ont droit d’en appeler au pays pour demander des comptes à ceux qui ont préféré rester au bord de la route pour, systématiquement, critiquer et démolir. Comment ceux qui ont refusé de s’associer à l'équipement de nos mines, de nos barrages, de notre industrie, de notre flotte, de notre agriculture, pourraient ils demain construire le million de logements qui nous est nécessaire? Comment ceux qui se sont désintéressés du sort des familles et des travailleurs pourraient-ils demain défendre et améliorer les conquêtes sociales ? Comment ceux qui ont refusé de voter les recettes du budget de la Défense nationale et ont refusé de soutenir l’organisation de l’Europe et le Plan Schuman pourraient-ils demain parler dans le monde le langage ferme et pacifique de la France?

Inachèvement de la reconstruction, le progrès d’une justice sociale encore imparfaite, le développement de notre agriculture et de nos industries, la défense de la paix menacée n’iront pas sans un grand effort. Nous aiderons à accomplir cette tâche.

Il dépend de vous que le M.R.P, soit plus fort demain :

— pour défendre les droits de la famille sur le plan de T éducation et 3a liberté * scolaire ;

- — pour assurer le service des libertés spirituelles comme des libertés sociales.

Elles sont pour nous aussi inséparables que la défense de la paix intérieure l’est de la paix internationale.

Rejetez sous quelques étiquettes qu’elles se présentent, la peur, la haine, la division. Le salut viendra si vous choisissez pour le courage, l’esprit de compréhension, le bon sens et la générosité.

En votant pour les canditats du M.R.P., vous affirmerez que votre avenir et celui de votre famille passe par la liberté, la justice, le progrès et la paix.

Vive le département du Tarn 1 Vive la France I

Les Candidats M. R,lJ >

François REILLE-SOULT,

P ro priota î re-agri culteur

Croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945. — Médaille de la RésiftUnce Conseiller général du Tarn, — Député sortant,

Reille-Soult I Ce nom seul est, pour les Tarnais, un drapeau et un symbole ; ceux qui cherchent à l’atteindre par tous les moyens le savent bien,

Reille-Soult a la confiance de ses électeurs : élu le 21 octobre 1945 par 57.000 voix, il a brillamment été réélu avec une majorité accrue. Cette confiance, Reille-Soult l’a méritée par son action au Parlement où il a été nommé vice-président du groupe parlementaire M.R P,

Il est également membre de la commission exécutive du parti et un des chefs les plus aimés.

Membre des Commissions de l’intérieur et de Tagrîculture, son action inlassable a toujours été dirigée dans un sens réaliste et social.

Ses interventions à la tribune de la Chambre et dans les commissions furent remarquées par ses solutions hardies et d’un sens pratique.

Déjà conseiller général de Rrassac, Reille-Soult a été nommé président d’honneur de 1; Union des coopératives laitières du Sud-ouest. Rappelons aussi qu’ancien combattant de 1914-1918 il fut, dans la clandestinité, le chef des M.U.R., puis membre du G.D.L,

Clément TAILLADE,

Directeur de conteDtieuïP — Médaille de ta Rêsi stance Conseiller municipal d'AIbi, — Député sortant*

Enfant du pays, né à Blaye-les-Mines le tl avril 1909, Clément Taillade est attiré tout jeune par le journalisme et les questions politiques.

Inscrit au Parti démocrate populaire en 1927, il en est vice-prêsident en 1935 et est nommé, en 1944, secrétaire général de la Fédération du Tarn du Mouvement républicain populaire, poste auquel Fa toujours maintenu la confiance de ses amis.

Très actif, orateur puissant et direct, il anime de nombreuses associations à caractère social, professionnel ou culturel. Technicien averti en matière économique, il fonde plusieurs coopératives agricoles et compte parmi les pionniers de la C.G.A.

Conseiller municipal et adjoint au maire d’Albi en 1945. 11 est élu député le 21 octobre 1945, réélu à la deuxième Contituante et, le 10 novembre 1046, à F Assemblée Nationale.

O a rempli son mandat avec un dévouement et une compétence reconnus de tous. Ses nombreuses interventions tant à la tribune qu'en commissions ont été fort remarquées. II a siégé successivement à la Commission des affaires économiques, des finances et de la défense nationale et a été secrétaire au Bureau de F Assemblée Nationale,

André FAUVEL,

Professeur d'agriculture et agriculteur Médaille de la Reconnaissance française. — Prisonnier évadé Adjoint au maire de Saint-Sulpice.

Est-il besoin de présenter aux Tarnais ce militant qui, depuis vingt-deux ans, s’est mis sans réserve au service de toutes les bonnes causes du département ?

Toutes les organisations professionnelles et d’anciens combattants profitent de son expérience pratique.

Travailleur intellectuel et manuel, André Fauvel, père de famille nombreuse, fait preuve d’une activité débordante à laquelle, même ses adversaires, tiennent à rendre hommage.

Sur le plan civique, André Fauvel est adjoint au maire de Saint-Sulpice, et tous ceux qui l’approchent savent reconnaître son dévouement au service de tous.

Gaston BOUSQUET,

IngÔDieur chïmUtc Conseiller municipal de Castres.

Né le 9 septembre 1921, GasUn Bousquet est donc le benjamin de la liste; mais un jeune dont Factivité est bien connue dans la région.

Issu d’une vieille famille castraise, il a commencé ses études à Castres, où son père était chef d’escadron, et les a poursuivies à la Faculté de Toulouse.

Ingénieur chimiste diplômé de Fins ti tut de chimie, Gaston Bousquet est également licencié ès-sciences.

Réfractaire pour le S, T. G. en Allemagne, ü a toujours milité dans les mouvements de jeunesse et au M.R.P,

Elu, h 28 ans, conseiller municipal de Castres, Gaston Bousquet, ingénieur depuis 1946 dans une importante société de travaux publics, est marié et père de deux enfants.

Cette lista ont appamiidd aum listes ; Parti et raikal-sociaUstet tt 5. FJ. O.

/Mouvement républicain populaire*

Electrices, électeurs,'

La campagne électorale touche à sa fin . Pendant trois semaines, à travers tou t le département, nous avons exposé dans de nombreuses réunions publiques, devant des auditoires attentifs, les résultats obtenus par la première législature de la IV* République,

Au cours de controverses, vives parfois, nous avons opposé nos réalisations aux criiques stériles et un programme précis aux vagues promesses,

Les électricûs et les électeurs de ce département savent parfaitement que le Gouvernement a-eu, au cours des années écoulées, de grandes difficultés à surmonter, résultant des désastres passés ou de la conjoncture mondiale.

Tout n'était pas possible en cinq ans.

L'objectif essentiel, c'était le relèvement économique de la Nation, Ce relèvement [est maintenant [en grande partie acquis. Désormais, l’appareil économique étant reconstitué, législateurs et gouvernements devront affronter les problëmes-ciés pour le règlement desquels le Mouvement républicain populaire, qui est tourné vers l’avenir, déposera des projets dès la réunion de la nouvelle Assemblée,

Lrs taches m demain ;

Amélioration de la production et de la productivité en menant à bien la réalisation du plan Monnet*

Equilibre des prix par une stabilisation monétaire. Développement de nos exportations. Réforme d’une fiscalité mdiscriminëe et trop souvent anti-économique.

Large distribution de crédit pour toutes les activités productrices de la Nation,

Vote d’un statut pour les entreprises nationalisées.

Réforme de l'Administration et de la Sécurité sociale pour éviter abus et gaspillage. Prendre les mesures propres à assurer une véritable justice sociale pour tous les travailleurs*

Etablissement d'un budget social et de solidarité nationale contre la misère.

Institution de compléments de salaires basés sur la productivité.

Assurer la sécurité à tous les vieux travailleurs.

Poursuite d’une politique de logement car, bien que Von construise plus qu'avant guerre, les besoins sont tels qu’un effort considérable est nécessaire.

Normalisation et parité des allocations familiales entre les divers régimes*

Garantie des prix agricoles. Large équipement rural* Adductions d'eau. Remembrement, Habitat,

Respect des droits sacrés des anciens combattants, des victimes de la guerre et justes réparations*

Vote du projet de réforme de la Constitution et amélioration des méthodes de travail parlementaire.

Assurer la liberté de l'enseignement que nous considérons comme une des libertés essentielles.

Consolidation de la paix par l'organisation de la sécurité collective dans le cadre de Nations Unies et du'Pacte de l'Atlantique*

Pour réaliser ce programme constructif, il faut une large majorité d'hommes de volonté qui appuient un gouvernement fort, et nous sommes persuadés que, seul, le M. R.P. peut être Pnxe de cette majorité

/Ï1 faut que vous sachiez que* pour éliminer un député communiste du département, il est nécessaire que les listes apparentées obtiennent la majorité absolue.

Prenez donc conscience que chaque voix accordée à une liste de division est une voix perdue, mais qui donne une chance au parti communiste.

On peut donc légitimement affirmer que dans le Tarn voter R, P. F*, Indépendant ou pour le Parti paysan, c’est indirectement voter communiste. ^

Ce n’esL pas ce que vous voulez.

Nous vous demandons donc de faire bloc dimanche sur la liste du M.R.P, Nous avons confiance dans votre verdict et la victoire, qu'une fois de plus nous gagnerons ensemble, sera voire victoire. Elle assurera îe triomphe de la liberté, dans une République juste et fraternelle, et la consolidation de la paix.

Vive le département du Tarn !

Vive la France î

F, RE1LLE-SGULT ■ G. TAILLADE A. FAUVEL G. BOUSQUET Celte liste est apparentée aux listes : Parti républicain radical et radical-soda liste et S. F . f. O,

Parti socialiste' 5- F- h O S

Electrlces, Electeurs,

Nous voici arrivés à la veille des élections ; il est grand temps que le suffrage universel juge les événements et arbitre la division entre partis. Nous sommes heureux, nous soçia^ listes, que la date des élections ait été avancée de six mois.

Quelques mots sur le passé; à la Libération il y avait une France unie, un chef de gouvernement soutenu par tous les partis, des communistes aux modérés. La France renaissait à l’espoir et à la liberté.

Mais de Ganlle n’a pas tardé à démissionner en disant que sa tache était terminée parce que tout allait bien et mieux grâce à lui, alors que nous étions au bord de la banqueroute du franc. En vérité il voulait gouverner seul et n’acceptait ni le contrôle ni les conseils des partis représentant l’opinion publique. Plutôt que de partager le pouvoir avec le peuple et ses représentants, il est parti. Le gouvernement et la France ont continué.

Puis est né k Textrême-droite de ['unité nationale le P, R. L., parti réactionnaire qui a bientôt quitté, à son tour, le gouvernement.

Un peu plus tard les communistes quittaient à leur tour le gouvernement parce qu'ils n’étaient plus d’accord avec la politique extérieure de la grosse majorité du gouvernement et qu’ils avaient peur d’être lâchés par une partie de la classe ouvrière qui était en train de les « doubler sur leur gauche »,

On peut donc dire que les partis du gouvernement ne se sont pas choisis mais se sont trouvés ensemble après que les autres furent partis. Ils n’étaient d’accord ni sur la laïcité, ni sur les problèmes économiques et financiers ; ils n'avaient de commun que le désir de prendre des responsabilités et de maintenir les formes constitutionnelles et démocratiques de la République que communistes et gaullistes essayaient séparément mais en même temps de prendre d’assaut et d’anéantir.

Il est plus facile de critiquer que de gouverner, de démolir que de bâtir; tant bien que mal et plutôt mal que bien le gouvernement h fait face à l1 opposition et aux difficultés économiques et sociales.

(Test dans ees conditions que nous sommes arrivés aux élections, avec une loi électorale imparfaite et que nous socialistes, n’avons pas voulue.

Nous voulions le scrutin d'arrondissement, celui de J 928, de 1932, de 1930 presque uniquement parce que nous savons que c'est celui que préfèrent les électeurs et qui sauve toujours la République démocratique.

Seuls les radicaux, les socialistes et quelques indépendants l’ont voulu et Font voté.

Les communistes qui se plaignent aujourd'hui d une loi qu’ils jugent injuste auraient pu faire barrage à cette dernière en votant le scrutin d'arrondissement ; iis ne Font pas voulu ; ils ont laissé passer Foccasion, comme toujours, de servir à îa fois leurs intérêts de parti et les intérêts des électeurs et de la République.

La nouvelle loi Electorale.

Comment votez- vous ? Voici en quelques mois simples tout ce qu’il faut savoir.

Le 17 juin vous voterez comme aux élections municipales àAlbi ou Castres, à Carmaux ou à Mazametj c'est-à-dire que vous aurez à choisir entre des listes (8 exactement) que vous pourrez modifier, c'est-à-dire rayer et remplacer un ou plusieurs noms et marquer d'une croix le nom du candidat qui a vos préférences. Vous avez donc la possibilité de changer les noms et l’ordre des candidats établi par les partis.

Quand les résultats de toutes les communes seront arrivés à la préfecture et additionnés, si une liste à elle toute seule a la majorité absolue elle prend tous les sièges du département et, si ce n’est pas le cas on regarde si les listes apparentées obtiennent la majorité absolue ; dans ce cas elles prennent tous les sièges et se les repartissent à la proportionnelle.

Si Tune ou l’autre des deux conditions précédentes n’est pas réalisée, on répartit les sièges exactement comme en 1946, C’est-à-dire k la proportionnelle départementale.

Lésa pparente aient s ,

/Nous le répétons, les partis gouvernementaux actuels ne se sont pas choisis ils ont accepté jusqu’au bout les responsabilités que les autres fuyaient; leurs électeurs, leur programme, leur esprit n’ont à peu près rien de commun, ils n'ont, en vérité qu’un point d’accord : maintenir et défendre le régime républicain.

Et pour cela ils ont gouverné ensemble parce qu’il faut bien un gouvernement pour sauver la liberté et ils se sont apparentés parce qu’il faut bien s'unir pour être forts. Pour s'apparenter il faut plusieurs partis; dans un régime communiste ou gaulliste on ne s’apparenterait pas, parce qu'il n’y aurait qu'un seul parti autorisé, ils ne l’auraient pas fait, malgré le sentiment et les idées profondément républicaines des français, il n’y aurait eu, au lendemain des élections, ni une majorité vraiment républicaine, ni un gouvernement de la République.

Ce serait l'anarchie et la guerre civile facteur avant-coureur de la guerre générale*

Gaullistes et communistes veulent empêcher la machine républicaine de tourner, les autres partis veulent huiler des rouages qui n'ont que trop grince ; votez pour eux, républicains du Tarn^^

Mais s’il faut sauver la République et ses libertés, le régime se paralyserait s’il restait sur place, il faut donc voter pour ceux qui veulent le faire avancer vers le progrès social, vers une République généreuse envers les plus défavorisés, donc il faut voter socialiste I

Nous avons confiance dans le pays de Jaurès, et le département d'Augustin Malroux.

Nous avons confiance en la France parce que son histoire nous enseigne que son peuple s’est toujours battu quand il s’agissait de défendre la liberté.

La liberté ? c'est comme l’air et la lumière, on les apprécie quand on en manque et c’est sans doute le mineur au fond de la mine qui connaît leur juste valeur parce qu’il ne les a pas toujours,

La liberté et la République ? C est comme la santé, on SC rend compte de ce qu'elles valent quand on les a perdues.

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