YONNE
Liste d' Umon des indépendants, des paysans et des républicains nationaux . . . , * * . . ■ M. Jean Moreau (R J/).
Liste du R. P, F, ... . v . . . M, Léon Noël (R. P JJ).
Liste d’Union des indépendants, des paysans et
des républicains nationaux . . . . . M. JesUi Chaînant (RJ.).
M , Victor Guichard (RJ,) .
Liste d 'Union des indépendants, des paysans et des républicains nationaux*
Liste faisant partie du groupe des listes apparentées suivantes : liste du Rassem b lemevl des gauches républicaines a Parti radical et radical-socialiste >►, liste dr Union des indépendants , des paysans et des républicains nationaux, liste du Rassemblement du peuple français .
Electriees, Electeurs de J ! Yonne,
Un de nos jeunes compatriotes s’étant adressé à un homme réputé comme très averti des questions politiques a reçu de lui une lettre dont les considérations nous ont paru de nature à éclairer non seulement les jeunes, mais les autres, éîectrices ou électeurs* Nous ne saurions mieux faire que d’en reproduire d’importants passages :
« Mon cher X ,
«■ Tu es très fier de voter pour la première fois. Tu veux assister à toutes les réunions électorales et entendre tous les orateurs (c’est le terme consacré). J’ai trouvé sur ton bureau les diverses professions de foi bariolées de crayon bleu et rouge avec des annotations « Très bien s ou <t Non, pas ça vt Tu fais de longs stages devant les panneaux électoraux sans souci de l’averse qui menace et qui a dû t’y surprendre. Et après dix jours de ce régime tu te déclares perdu au milieu des promesses. Tu n 'arrives plus à voir clair. Tu te sens no} é, Tu n’as pas encore très bien assimilé le système électoral. Je t’en excuse et puis, avoue-Je, les mathématiques n’ont jamais été ton fort. Bref, comme tu veux bien me reconnaître un peu d’expérience, ce qui de la part d^un jeune pour un homme de ma génération est aussi surprenant que flatteur, tu as tourne vers moi un regard inquiet et suppliant. Alors, mon petit, je vais essayer de t’aider*
« Tu ides pas patriotard, mais sans trop le dire, tu aimes bien ton pays. Tu le défendrais héroïquement, comme ton père et ton frère l’ont fait, s’il éLait envahi. Cependant tu ne désires nullement te battre, La guerre est meurtrière et ne pale pas. Veux- tu me dire ce qui empêche le monde de vivre en paix, charge l’atmosphère de menaces et nous contraint à
renforcer notre système défensif. Tu n'hésites pas. C'est la nation qui n’a pas désarmé à la fin du conflit, qui entretient 200 divisions, qui a poussé ï'Tâgrésiion les Coréens du Nord contre leurs frères, qui agite notre Indochine.
« Tu es indépendant de caractère. Tu supporte mal même la douce contrainte familiale» Adolescent tu rongeais tou frein sous L’occupation allemande. L'asservissement des populations tchèques et polonaises t'indigne. Le sort des patriotes hongrois et roumains révolte ta conscience. Tout plutôt que de voir notre pays soumis à ce régime.
S0* Tu vas donc déjà poser un premier principe ; Ecarter du Parlement ceux qui prônent le régime soviétique comme le meilleur et nous représentent l'U.R. S.S. comme un paradis.
« Lin apparentement plus large aurait permis d’atteindre aisément ce résultat dans notre département où prévalent le bons sens bourguignon, la modération et la mesure.
<* Mais les jeux sont faits. Il faut prendre la situation comme elle se présente.
« C'est mathématique. Si tu ne contribues pas par ton bulletin à assurer le triomphe delà plus forte coalition — celle do trois listes —indépendants, R.G.R., R.P.F,* nous retomberons fatalement sous le régime décrié de la proportionnelle et je ne vois pas alors comment tu éviteras qu’un moscoutaire retourne au Palais-Bourbon.
« Fais tes pointages. Il ne s’agit pas de trop finasser, àJ apprécier des nuances et de comparer des formules entre candidats républicains — si nous sommes d’accord sur l'objectif n° I. Prends bien tes responsabilités, }
« D'ailleurs à l’intérieur de la coalition, tu disposes d’un choix honorable. « L'apparentement n’est pas l'alliance ». On dirait que les rédacteurs des professions de foi se sont donné le mot pour nous rabâcher la même formule. Si un petit relent de jacobinisme ne te fait pas peur, tu as une liste R. G. R», dans la tradition des vieux républicains pour qui votait ton grand-père. ./
« On me dit cependant ‘que vous autres, jeunes, trouvez le- radicalisme un peu désuet, R fait, à votre sens, vraiment trop HD. Les formules frappées et catégoriques de l'opposition gaulliste vous séduisent davantage. Et puis tu te souviens de ton émotion en écoutant, portes bien closes, la voix du général, apportée par les ondes, sans que la serinette de l'occupant parvienne à la brouiller.
« 11 est regrettable qu’entre temps, son passage au pouvoir et surtout son départ aient été bien décevants. II y a surtout... Enfin tu connais mon sentiment là-dessus, je îTinsisto pas,
« Vois-tu, je crois qu'il faut surtout faire confiance aux hommes d’ordre, qui redoutent de provoquer un raidissement de la masse ouvrière. La paix sociale est un bien qu'il ne faut pas risquer de compromette. On peut réformer avec patience, dans l'observance des règles parlementaires C’est le plus sûr moyen d’aboutir et d’accomplir une œuvre durable.
« Réviser la Constitution, notamment pour la désignation du chef du Gouvernement. Refaire du Conseil de la République un Sénat, participant effectivement à ^élaboration des lois. Réorganiser la sécurité sociale. Réformer les industries nationalisées, dont la gestion ruineuse aggrave le déficit budgétaire. Simplifier et alléger la fiscalité. Exiger des bilans sincères et équilibrer le budget de l'Etat, Supprimer radicalement les organismes superflus et coûteux qui, constituant des rouages inutiles, paralysent faction des administrateurs locaux. S'attaquer résolument à ta recherche des économies — les réaliser. Concentrer l’effort de fa nation appauvrie sur les œuvres essentielles — - habitat, écoles, réarmement. Permettre aux familles françaises de faire donner à leurs enfants T éducation de leur choix. Assurer à ceux qui ont travaillé toute leur vie une vieillesse décente. Rassurer l’épargne pour le plus grand profit de nos finances. Revaloriser les produits agricoles et par un juste profit, maintenir le paysan à la terre.
a Une Chambre d’où se dégagerait une majorité homogène pourrait réaliser un tel programme par un travail soutenu dans le cadre de la légalité républicaine»
« Bien loin de moi la pensée qiTen dehors des listes appparentées, les candidats n' offrent nulle garantie de patriotisme, de civisme et de républicanisme. Beaucoup méritent
notre estime. Si j’ai dû te conseiller de les écarter à priori, c'est l'absurde loi électorale qui m’en a fait l’obligation. Ne gaspille pas Ion bulletin,
k Tu rdas pas été sans remarquer que les socialistes sg sont désolidarisés un peu cavalièrement du Ministre des Finances qui était pourtant un des éléments essentiels des Gouvernements qu’ils n’ont cessé de soutenir. Les nécessités de la propagande électorale font commettre bien des ingratitudes,
« Et ceci m’amène h te mettre en garde contre la séduction que peuvent exercer les orateurs trop brillants. Le latin qui dort en toi reste sensible* à son insu (puisque tu t'en défends)* à une certaine forme d’éloquence, La campagne dure trois semaines* la législature cinq ans. Les qualités qui font un bon candidat ne sont pas celles requises d’un bon parlementaire.
Tiens le plus grand compte de ce que les hommes ont fait dans le passé* de leur assiduité à l'oeuvre législative, de l1 expérience acquise* qui assure sa compétence,
« Fais confiance à des hommes bien de « chez nous » qui â la ville ou à la campagne ont exercé des professions diverses avec conscience et représentent toutes les régions si différentes de notre département. Ils connaissent les besoins de leurs compatriotes et les intérêts de notre petite patrie,
« Puisque je n’ai rien à te cacher* je te confie que je voterai le 17 juin pour Jean Moreau et tous les hommes dont il s’est entouré,
« Je me suis efforcé de t’éclairer. Bien entendu* dans le secret de l’isoloir, tu exerceras librement ton choix souverain. Mais je ne serais pas surpris si ton bulletin ressemblait beaucoup au mien .
a Cordialement à toi,
« TON ANCIEN, i>
Pour copie conforme :
Jean Moreau, Jean Chamànt.
Victor Guichard, Jean Gagnât,
Jean MOREAU
Maire d’Auxerre* — Député sortant.
Jean CHAMANT
Conseiller municipal de Sens, — Député sortant,
Victor GUICHARD
Conseiller général de lTale-sur- Serein. ■ — Maire do Coutaraoux,
Jean GAGNAT
Cultivateur k Saint-Mar tin- s ur-Ouanne,
Liste du Rassemblement du peuple français.
(Liste faisant partie du groupe des listes apparentées suivantes ■ liste du rassemblement du peuple français , liste d'union des indépendants , des paysans et des républicains nationaux, liste du rassemblement des gauches républicaines « parti radical et radicaUsociaihte ».)
Electric.es, électeurs de l'Yonne,
Voici :
Ce qu’ils ont fait :
700 milliards de déficit ;
Une fiscalité écrasante ;
La hausse continuelle des prix;
Un trouble social grandissant;
Une politique du logement inefficace ;
Une défense nationale inexistante quoique très coûteuse ;
Une Union française en péril ;
Notre indépendance internationale et la paix menacées ;
Une agriculture sacrifiée ;
Une loi électorale compliquée et absurde, inventée par le M.R.P. et votée par lui, les socialistes et une parLie des indépendants et des radicaux dans l'espoir de conserver ainsi leurs places.
Voulez -vous que ça continue ?
Si oui, votez socialiste, indépendant, R.G.R,, 3Û force, enfin, et renvoyez au Parlement ceux qui vous ont mis, vous et la France, dans la situation où nous sommes et qui nous mènent à la misère et, par là, au communisme,
Ce que nous voulons :
Réduire les dépenses de F Etat ;
Soulager les contribuables en établissant une fiscalité juste et équitable ;
Stabiliser la monnaie ;
Réconcilier les classes sociales en associant les salariés ù la production et en libérant le syndicalisme de la politique ;
Un grand programme de logements neufs et sains ;
Une grande armée aux moindres frais ;
Consolider Funion autour de la France ;
Garantir la paix en coopérant avec les alliés dans Y égalité et l'indépendance ;
Pratiquer une politique agricole cohérente et active ;
Une réforme électorale qui permette à l’électeur de choisir librement son candidat par un scrutin majoritaire à deux tours.
Voulez-vous que ça ‘change ?
Alors, deux solutions et deux seules :
Les communistes : la dictature totalitaire, la
servitude et l'emprise d'un pays étranger,
ou ■
Le R. P. F, avec de Gaulle qui a libéré le territoire et rétabli la République,
/ Ne perdez pas votre voix en votant pour la liste M.R.P, ou la liste Renaitour, vous feriez ainsi, en dispersant vos suffrages, le jeu des communistes.
Pour en finir avec riucohérence et la gabegie que n ont pas su éviter les députés sortants,
Pour refaire une France saine^ propre, honnête, prospère et libre, votez R. P. F, pour
Leon NOËL
Ambassadeur de France, membre de l’Institut, commandeur de la Légion d’honneur. Né le 28 mars 1888. Docteur en droit, reçu, en 1912, au Conseil d’Etat où il traita, pendant quinze ans, les questions municipales et départementales, il fut successivement préfet du Haut-Rhin, secrétaire général au Ministère de F Intérieur, puis entra dans Ta
diplomatie. Jusqu’à la guerre, il représenta la France à Prague et à Varsovie. Au cours de ces annoées difficiles, il fut Tua des rares Français à dénoncer les erreurs qui devaient conduire aux pires catastrophes* Hostile, dès le début, à la politique de collaboration avec l'Allemagne, Léon Noël se retira, aussitôt après T armistice, dans sa maison de Toucy, où il n'avait d’ailleurs cessé de venir chaque fois que ses fonctions le lui permettaient* Il put ainsi aider et faire bénéficier de son expérience ses compatriotes de la Résistance qui lé nommèrent président du comité cantonal de Libération, Léon Noël n'a jamais voulu appartenir à un parti politique. Mais, se rendant compte de la. gravité de la situation de la France, il a répondu à l'appel personnel du général de Gaulle qui le nomma membre du conseil de direction du R. P. F, Il est également président du conseil départemental du R. P. F.
Re xi WALTER
est né le 16 avril 1910* Docteur en droit, ancien bâtonnier, il est avocat à Auxerre, Tous connaissent, dans le département, îe grand talent que M“ Walter a toujours mis au service des plus nobles causes et le dévouement avec lequel il défend les intérêts de ses eompa^ triotes au conseil général où il représente le canton d'Auxerre- Est René Walter est délégué départemental du R. P* F, et, malgré ses nombreuses occupations, il a montré, là encore, toute l'activité dont il est capable, René Walter, au cours de la dernière guerre, fut prisonnier pendant cinq ans,
Jean VASTRA
est ne le 5 mars 1891, Il est le premier adjoint de notre ami Gaston Perrot à la mairie de Sens où ses concitoyens ont pu éprouver ses capacités administratives, son inlassable dévouement et son esprit d'entr'aide. Conseiller général de F Yonne, il est secrétaire de la commission des finances de rassemblée départementale, Jean Vastra a eu une carrière militaire particulièrement brillante. Combattant des deux guerres, il est devenu chef de bataillon, a gagné la croix d'officier de la Légion d'honneur, obtenu 12 citations, reçu 7 blessures de guerre. Croix de guerre 1914-19x8 et 19394945* Au cours de la dernière guerre, il fut prisonnier pendant cinq ans.
Clément BASTIDE
est né le 7 août 1893, En apprentissage à 15 ans, il fut ouvrier métallurgiste jusqu'à la guerre de 1914 qu'il passa tout entière au front. Après les hostilités, il rentra dans la vie civile comme ouvrier mécanicien modeleur chez Renault où il resta quatorze ans. Passant successivement par tous les échelons de la hiérarchie, il devint chef de service, se créant ainsi lui-même une situation par son intelligence, son travail et son énergie. Il a pris ensuite la direction d'une usine de brosserie à MailIy-le-Château, Après avoir, sous l'occupation, participé à la Résistance, Clément Bastide fut, après la Libération, élu conseiller municipal de Mailly-le- Château, puis adjoint, enfin maire de eette localité qu’il administre avec une compétence et un dévouement que tous se plaisent à reconnaître.
Ier collège.
Liste d1 Union des Indépendants et du
H , P, F . . * , . . . M. Georges Blachette {H . I .)
M. Paul Colonna d’istria (R. P* F.)
Liste Communiste et d’Union démocratique . . » . , - P . . M. Pierre Fayet (C.)
Liste d1 Union algérienne (Défense de
r Algérie française). * .*■**. . . , . M. Adolphe Au me ran (R * F)
Liste d' Union des Indépendants et du
R . P, F . . . . . . . M. Marcel Ribèro (R. P. F,)
M. Marcel Faternot (R. F)
Programme de la liste d’Union des Indépendants et du R, P. F,
L’Assemblée Nationale élue en 1946 a fait faillite.
Contrainte par sa médiocrité et par le mépris grandissant du peuple à avouer son impuissance, elle vient, de se saborder, non sans peine et après des débats sans gloire.
Sans gloire aussi fut l'attitude de nos représentants, animés du seul instinct de conservation, soucieux de maintenir leurs situations politiques et qui ont élaboré à cette intention le système électoral le plus stupide et le plus compliqué de toute notre histoire.
Citoyens libres, nous voulons une Loi électorale digne de ce nom qui, dans la totale indépendance de notre choix, réponde a nos traditions jalouses do liberté. En fait de loi, on ne nous offre que des statuts d'une mutuelle de rééleclion.
Nos représentants nous ont trompés. Nous les avions délégués pour défendre nos intérêts et non les leurs.
Maintenant, les électeurs sont les maîtres de leur destin politique. Depuis de longs mois, ils ont attendu ce moment où leur bulletin de vote pourra enfin exprimer leur verdict de désaveu.
Ce verdict sera sans pitié.
A une équipe usée, ils substitueront une équipe d’hommes nouveaux auxquels s'est joint, dans un sentiment de total désintéressement, le vieux lutteur qu’est Raymond Laquière.
A cette équipé d’hommes jeunes, dynamiques, choisis dans toutes les classes de la société et dans tous les secteurs professionnels, les électeurs donneront leur confiance. Elle n’est point une coalition d’intérêts et d’appétits, un syndicat de défense de situations
acquises* Elle est une équipe de travail* unie* engagée, soudée par un programme commun.
Le voici :
Bataille contre le communisme.
Nous considérons le communisme, expression actuelle de l'impérialisme russe^ comme l'élément majeur de désagrégation de notre patrie et la gangrène qui ronge notre unité nationale.
Nous nous engageons de toutes nos forces à lutter contre ce fléau, générateur de guerre el de révolution, et à lutter contre tous les timorés qui hésitent à prendre leur responsabilité lorsqu'il s'agit de prendre contre lui les mesures de rigueur indispensables et de sauvegarde publique.
Nous l'avons déjà affirmé :
a Nous sommes des hommes libres, respectueux de l'homme et de sa dignité, tous citoyens d'un pays libre, qui voulons penser, agir et nous exprimer librement dans le respect de nos lois, de nos religions et de nos traditions, »
Le risque d'un nouvel esclavage politique, d’une véritable domestication des élus, nous apparaît comme devant être la conséquence inéluctable des pressions extérieures exercées par les partis, les clans et un exécutif trop souvent tenté de sortir de son rôle pour s'arroger des prérogatives incompatibles avec sa mission.
C’est pourquoi nous voulons, pour i’bomme, sa famille et son travail, que soient res^ pectées la dignité, la santé, l'intégrité du corps et de Famé des citoyens.
Nous VOULONS QUE SOIT AIDEE LA FAMILLE DANS SA MISSION I
En lui redonnant la place à laquelle elle a droit dans la cité par le respect du g Corps familial » et, plus particulièrement en Algérie, par la mise en place du Centre algérien d'action familiale créé par l'arrêté du 30 novembre 1950,
En réalisant effectivement la te liberté d’enseignement » et la a justice scolaire » par une répartition équitable des fonds publics affectés à l'enseignement et à l'éducation nationale.
Protéger le patrimoine familial en révisant le régime fiscal et successoral de manière à réduire les charges qui grèvent le « bien de famille », en raison du « service national » éminent qu'assurent les familles pour la vie et la pérennité de la cité.
Faciliter l'accession à la propriété privée qui renforce la stabilité familiale et le sentiment de la dignité personnelle.
L’enfant doit être protégé par une véritable politique de l'enfance :
— L'enfant a droit à l'école; ses parents ont le devoir de ï'y envoyer; encore fauLil que ce droit et ce devoir puissent être exercés,
— L'enfant a droit à l’enseignement d'un métier; nous avons le devoir de développer davantage l'apprentissage et, particulièrement, l’apprentissage qui prépare à la vie rurale,
— L'enfant a droit à être éduqué dans un climat de santé morale, sa mère doit lui prodiguer tous les soins qui lui sont indispensables; nous avons le devoir de développer les oeuvres d’ assistance de 1 enfance et des mères de famille,
— C'est par l'enfant que se prépare la communauté algérienne de demain.
Nous VOULONS LUTTER CONTRE l'ïN SÉCURITÉ, LE CHOMAGE ET LA MISERE.
Bans l'immédiat :
■ — on assurant à tous les travailleurs un salaire minimum vital et en luttant contre la hausse des prix,
- — en obtenant du budget métropolitain les milliards indispensables à l'inclusion des charges sociales algériennes dans la surcompensation nationale,
— en facilitant au maximum une politique d’habitat familial à la mesure des besoins immenses du moment*
Pour l'avenir i
— en soutenant, par une législation et une fiscalité appropriées, les entreprises réalisant, au delà du salariat* des formules d'association ouvrière à la gestion*
Sauvegarder le caractère et le rythme u humains l du travail :
— en écartant les systèmes ou régimes de travail qui méconnaissent cette réalité primordiale*
— en complétant la réglementation actuelle par des dispositions qui protègent davantage le travail féminin, notamment celui des mères de famille, ainsi que celui des adolescents,
— en faisant respecter le repos hebdomadaire dominical et le chômage coutumier dos jours fériés.
Améliorer les conditions de la vie citadine et rurale ;
— en facilitant la réalisation des judicieuses initiatives prises dans le domaine de l'habitat et de Furbanisme par les collectivités locales, l'Assemblée Algérienne, les groupements interprofessionnels et familiaux, etc..,
— en aidant chaque famille à se procurer une habitation saine et un « espace vital » convenable.
L'hygiène et la santé posent de difficiles problèmes* Qu’au moins* dans l'immédiat, soient construits des hôpitaux ; et que sur le plan de l'habitat on procède à l’amélioration des « bidonvilles ».
Nous VOULONS COUR L* AGRICULTURE ALGERIENNE, PRINCIPAL FACTEUR DE LA VIE ECONO¬ MIQUE ALGÉRIENNE ET DE SA PROSPERITE :
— la normalisation des prix de l’agriculture par rapport au prix de l’industrie*
— l’alignement des prix du vin et du blé,
- un plan d’écoulement de la production agricole,
— un système de prêts à long terme* particulièrement pour la petite et la moyenne propriété, avec les dotations appropriées.
Nous voulons que dans les traités commerciaux passés entre la métropole et l’étranger f Algérie ne soit pas toujours sacrifiée et oubliée au profit des puissances étrangères/
Nous voulons que son économie agricole soit considérée comme n complémentaire » de celle de la métropole et non pas comme elle l’est actuellement «accidentellement supplémentaire ».
Nous VOULONS POUR l’AlGÉRIE REJETER :
— tout nationalisme qui tendrait à méconnaître les droits des Algériens européens,
— tout colonialisme qui tendrait à mépriser les droits des Algériens musulmans,
— toute immixtion « politique » d’une puissance autre que la France pour aider la communauté algérienne à se trouver, ce qui implique le maintien jaloux de la souveraineté française.
La communauté algérienne ne peut se trouver que dans un climat de compréhension, de cordialité et de confiance. Et nous considérons comme une faute sociale grave toute action partisane à base de préjugés raciaux.
Les députés algériens à l’Assemblée Nationale ont non seulement à participer au jeu des partis politiques de la métropole, mais aussi à se regrouper pour représenter effica^ cement l'Algérie et défendre ses intérêts.
La surpopulation exige que toutes dispositions soient prises :
— pour augmenter les ressources agricoles et industrielles,
— pour accroître l’équipement hydraulique, l'équipement industriel et agricole et r élevage,
— pour organiser au plus tôt, sur une échelle plus large, la formation professionnelle
des jeunes et des adultes, *
— pour augmenter le standard de vie de l’ouvrier des villes et de l'ouvrier des campagnes,
— pour aménager la Sécurité Sociale et les allocations familiales d’une façon adaptée aux circonstances et aux besoins,
tout cela en parfaite coordination avec 1* Assemblée Algérienne,
Relations entre l’Assemblée Nationale et l’Assemblée Algérienne.
Une incompréhension marquée, suivie d’une opposition manifeste a perturbé les relations entre l’Assemblée Nationale et l'Assemblée Algérienne, Il est inadmissible que les décisions de cette dernière soient quasi-systématiquement rejetées et que l’Assemblée Nationale, en vertu du droit du plus fort, ait interprété le statut de l’Algérie dans un sens très souvent iîIégaL
Une pareille situation est préjudiciable tant aux intérêts métropolitains qu'algériens; il convient de rétablir une belle harmonie dans la conjonction d’efforts communs.
Les candidats de la liste d’Union des Indépendants et du R. P. F. s’engagent à coopérer entièrement avec les délégués â l’Assemblée Algérienne et tout particulièrement en ce qui touche l’équipement de l’Algérie et l’application des lois sociales métropolitaines.
Anciens combattants.
Nous exigerons la fixation au S mai d’une fête nationale de l'Armistice qui permettra aux anciens combattants de 1939-1945 de célébrer une victoire qui les rapprochera, dans un même idéal, des anciens combattants de 1914-1918.
Nous nous attacherons aux révisions des pensions des mutilés et retraités, veuves et orphelins de guerre, fils de tués.
Nous ne pourrons tolérer de voir dans la misère cés vieux serviteurs de la Patrie et nous saurons faire mettre en application la phrase fameuse de Clemenceau i « ils ont des droits sur nous ».
Nous ne saurions, dans notre esprit, séparer les anciens combattants français-musulmans des français non musulmans.
Maréchal Pétain,
Nous pensons qu’il faut en finir avec cette cause de division des Français. Quelles que puissent, être les opinions de chacun, nous dirons que nous ne pouvons pas admettre que soit encore en prison le dernier Maréchal de France qui est, en même temps, le plus vieux prisonnier du monde. Dans un souci d’honnêteté vis-à-vis de Thistoire, nous demanderons une révision immédiate de son procès. Et, pour tous ceux qui ont obéi aux ordres de leur chel, fonctionnaires et autres, nous demanderons une amnistie effective et généreuse*
Fonctionnaires .
Il est évident que la quasi totalité des questions intéressant les fonctionnaires algériens dépend de l’Assemblée Algérienne. Ce serait donc manquer de franchise que de faire des promesses que nous n’aurions pas le pouvoir de tenir. Par contre, il appartient au Parlement de prendre des positions d’ordre général.
Dans l'an et l'autre cas, nous apprécierons et ferons homologuer les décisions de l7 Assemblée Algérienne ou, dans le cas d initiatives parlementaires, nous veillerons au maintien de la parité entre les fonctionnaires algériens et métropolitains.
Retraites.
Les retraités sont les innocentes victimes de ia baisse de la monnaie et des perturbations économiques. Combien attendent encorOj dans les G. f .R» A., par exemple, la revalorisation de la retraite ? Ils peuvent compter sur notre effort continu pour faire aboutir leurs revendications légitimes que nous suivrons de très près.
Commerce et Industrie.
Nous savons que le commerce et l'industrie souffrent d une fiscalité trop onéreuse* Celle-ci est du ressort du budget de l'Algérie; cependant, notre action, dans la voie de F allégement fiscal se traduira par notre intervention constante pour obtenir des dotations sur le budget métropolitain afin de réduire les charges de F Algérie et d arriver, de ce fait, à un allégement des impôts.
Reformer le Système fiscal ex accord avec l Assemblée algérienne i
— par une répartition équitable des diverses charges et impositions en allégeant les impôts indirects,
— par la lutte contre la fraude fiscale qui fausse actuellement îe calcul des taux d imposition et qui accroît les charges des contribuables honnêtes et celles des salariés.
Repenser F économie, non plus en fonction du cycle infernal salaire-prix, mais en fonction de Féqui libre consommation-production.
Armée,
Nous nous inclinons avec respect devant nos officiers et soldats qui luttent encore en Indochine, LT Algérie est particulièrement intéressée par ce conflit : ce sont nos troupes qui îou rnis sent le plus gros effort” Combien de familles algériennes en deuil ! Cette situation dramatique est le fait de la faiblesse de nos gouvernants sortants. Nous nous attacherons à ce que, dans l'honneur et le respect des intérêts français, ce conflit prenne rapidement fin .
Nous voulons que notre armée, rénovée et puissante, retrouve dans la Nation et dans le monde la considération que ses vertus traditionnelles lui ont acquises.
Nous voulons pour l’Etat,
La réforme de l’Etat par la réforme de la Constitution, Il faut maintenant revenir à une saine séparation des pouvoirs excluant toute ingérence politique dans le judiciaire, toute ingérence de l1 exécutif dans le législatif .
Il faut que soit établi un juste équilibre entre les deux Assemblées parlementaires, que le Sénat reprenne ses anciennes attributions.
Nous vouions une large décentralisation administrative allégeant le fonctionnement des institutions, renforçant les pouvoirs des Assemblées municipales, donnant des initiatives plus grandes aux échelons administratifs continuellement en contact direct avec les citoyens.
Nous voulons la réforme d’un régime électoral insensé et antidémocratique,
Nous prenons rengagement solennel de revenir devant nos électeurs au terme de chaque année législative pour rendre compte de l'exécution de notre mandat et recueillir leurs critiques, leurs avis et leurs vœux, ainsi que de rester constamment et étroitement en liaison avec les organismes représentatifs de 3a vie économique et sociale du département d’Alger et plus spécialement avec les mairies.
— une politique extérieure d'indépendance nationale ët de dignité, de respect des alliances et de paix.
Nous VOULONS LA PAIX.
Trop de sang coule dans îe monde.
Face aux appétits de domination du matérialisme, cette paix que chacun désire ne peut être garantie que par un Etat moralement et matériellement armé, décidé à ne point céder aux intimidations et à œuvrer dans le concert des nations pour trouver des solutions loyales aux problèmes internationaux.
Dans la paix sociale, dans la paix des hommes de bonne volonté, dans la paix des cœurs, nous voulons travailler en citoyens, en Français et en Algériens conscients de leurs responsabilités et de la grandeur de leur pays.
BLAGHETTE Georges, Alphonse R IBÈRE Marcel, Alexis, Gustave 51EGWALD Georges, Michel
COLONNÀ DTSTRIA Paul PATERNOT Marcel, Léon, Jean LAQUIÈRE Raymond, Eugène
Ü&Së communiât e et démocraties*
Electeurs, électrices,
Le 17 juin, en Algérie et en France, auront lieu les élections à l’Assemblée Nationale Française,
Au prix de basses manœuvres et de violations de leur propre Constitution, le Gouvernement français et sa majorité ont donné naissance à une monstrueuse loi électorale. On veut, par ce scrutin de voleurs, défigurer le verdict populaire et réduire, sinon éliminer, la représentation ouvrière et progressiste au sein de l'Assemblée Nationale Française. On veut préparer l'accession « légale » an pouvoir de Pà p pre ri ti-di dateur de Gaulle, c'est-à-dire ouvrir la voie au fascisme, et aggraver terriblement les dangers de guerre.
11 ne nous est pas indifférent à nous. Algériens, que ces élections consacrent la victoire des forces de progrès qui facilitent notre marche vers la libération nationale ou celle de la réaction qui freine cette marche.
II ne nous est pas indifférent que ces élections consacrent la victoire des forces de paix ou celle des forces impérialistes de guerre qui sèment aujourd'hui la mort en Corée et au Viêt-Nam et transforment notre sol en base stratégique,
I! ne nous est pas indifférent que l'Algérie désigne pour la défendre au Palais-Bourbon les hommes de la grosse colonisation et du R.P.F., ennemis jurés de la liberté, de îa démocratie et des travailleurs, ou des représentants authentiques du peuple capables de lutter pour les revendications nationales et matérielles de tous les Algériens.
Electeurs, électrices,
Vous connaissez Faction courageuse et les interventions mulLiples des députés communistes algériens : Alice Spor tisse, Chérif Djemad et Pierre Fayel puissamment soutenus
par les députés communistes français, pour la défense des revendications des différentes couches sociales de notre pays, notamment pour une véritable sécurité sociale, contre les lois anti-ouvrières, contre les budgets de guerre et les impôts écrasants, etc.
Vous connaissez les interventions énergiques des députés communistes algériens, notamment de Djemad Chérif, contre la répression et les complots colonialistes illustrés par ce qui se trame dans la région de Fedj M'Zala.
Vous connaissez les efforts inlassables des députés communistes algériens pour l’application des quelques dispositions progressistes du statut de l’Algérie, en particulier la suppression du régime des communes mixtes et des territoires du sud, l’officialisation de la langue arabe et la liberté du culte. Fidèles à la politique nationale de leur parti et au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les députés communistes ont crié bien, haut 4 la face des gouvernants français le droit de notre peuple à une véritable indépendance nationale.
Le parti communiste lutte — dans l’intérêt des Algériens de toutes origines — pour une
Assemblée Nationale souveraine
élue au suffrage universel et secret et qui donnera à notre pays sa Constitution, son Parlement et son Gouvernement dans le cadre d’une République démocratique algérienne avec tous ses attributs de souveraineté.
Cette Assemblée déterminera librement les rapports de l’Algérie avec une France démocratique, rapports que nous voulons basés sur l’égalité et le libre consentement, dans la fratèrnité des deux peuples.
Pour la paix et l’amitié entre les peuples.
Les communistes luttent :
— Pour le rapatriement immédiat des soldats algériens envoyés au Viêt-Nam ;
— 'Contre l’élargissement de la conscription, le recrutement de a volontaires » dans nos campagnes et le service de dix-huit mois ;
— Contre les préparatifs de guerre dans notre pay > ;
— Pour la rencontre des 5 grandes puissances en vue de signer un pacte de paix ouvert à tous les4 Etats.
Pour une réforme agraire immédiate.
* Les communistes sont convaincus que seule une profonde réforme agraire mettra fin à « l’exploitation insupportable des paysans dans les colonies » et donnera la terre à ceux qui la travaillent.
Cependant, ils luttent, dans Pimmédiat, pour la répartition des domaines des sociétés colonialistes et des gros colons, des propriétés des gros féodaux traîtres à la cause nationale ou de ceux qui se révéleraient comme tels dans la lutte libératrice, des terres domaniales et communales; aux paysans de toutes origines dépourvus ou insuffisamment pourvus de terres.
Pour la défense des revendications immédiates de tous les Algériens.
Le parti communiste défend avec acharnement toutes les revendications des Algériens, qu’elles soient de caractère politique ou social, en particulier la libération de tous les détenus politiques et l’arrêt des poursuites contre les militants progressistes ; l’officialisation de la langue arabe, l’indépendance du culte musulman, l’exercice des libertés élémentaires, le vote des femmes musulmanes, etc.
Nous luttons pour la réduction des budgets de guerre et de police, ce qui permettrait d’alléger les impôts frappant les masses laborieuses et de satisfaire les légitimes revendications de celles ci.