‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 198 sur 244 · DEPARTEMENT DORAN · texte numérisé non relu

DEPARTEMENT DORAN

1er collège, 5 DÉPUTÉS

Liste cT Union et de Rassemblement du peuple français . * * . .

Liste communiste et d'Union démocratique*. . . .

Liste d'Union, de Réconciliation républicaine et de sauvegarde de l'Algérie Française . . . . .

Liste U . N . I ,R . . . . * *

Liste du parti socialiste (S* F .1,0.)*

M. Henri Fouques-Duparc (R. P. F: J.

Mme Alice Sportisse (G.),

M. François Qulïici iR.I,).

M. Roger de Saivre (app. CJft.Â.P.S.)* M. Maurice Rabier (S * F , 1 .0 . ) ,

Liste d’Uniou et de Rassemblement du peuple français,

EJectrices, électeurs,

Vous voici main tenant devant vos responsabilités.

Mous serons demain devant les nôtres* C'est pourquoi nous vous prions de considérer que ce que nous vous disons aujourd'hui constitue pour nous l’engagement solennel de défendre, au Parlement, les intérêts que nous allons nous efforcer de définir ci-après :

La République est en danger. Elle Test, premièrement, par la faiblesse de ses représentants ; deuxièmement, par l'existence menaçante d’une entreprise tentaculaire de l'internationalisme soviétique qui trouve son écho chez nous dans le parti communiste et chez tous ceux qui, par faiblesse, tolèrent son action néfaste.

La législature sortante ne peut offrir à votre jugement qu'un bilan de faillite. Les impôts vous accablent, les pouvoirs publics ne remplissent pas leur rôle, les salaires des travailleurs sont insuffisants, 90 0/0 des Français vivent dans la gêne et dans l’angoisse, la France tend le dos sous la menace extérieure, car sa défense nationale n'est pas assurée ; les grands problèmes iront donc pas été résolus et leur solution aggravée sera à la charge de la prochaine législature. C’est à vous, electrices, électeurs, de décider si vous désirez continuer dans la gabegie ou si vous souhaitez qu’un sang nouveau réveille l'activité politique française.

Nous sommes tous originaires du département d’Oran, nous sommes les descendants de ceux qui ont créé, de leurs mains et de leur sang, l’Algérie française. C5est donc dire que nous désirons avant toute chose que l’Algérie prospère sous l’égide tutélaire de la France.

Nous avons trop conscience de l’union nécessaire des Français de ce pays pour nous maintenir dans le cadre des rancœurs stériles et c'est pourquoi nous souhaitons que, dégagés des rancunes anciennes, une immense réconciliation apaise tous nos compatriotes et leur permette de contribuer, par leur unanimité, au rétablissement de la grandeur de la France et de l'Union française.

Celle réconciliation T nous savons parfaitement qu'elle ne sera définitive que dans la mesure ou tous les bons Français qui ont clé frappés dans leurs moyens d’action, à cause de leur bonne foi, dans les périodes troublées, auront été rétablis dans l'intégralité de leurs droits civiques. Des fonctionnaires sont encore, sans jugement préalable, privés de la possibilité de remplir leurs fonctions, parce quils ont été poursuivis pour un délit d'opinion.

Nous désirons que cela cesse et, pour bien marquer notre position, nous nous enga^ gcons, comme premier geste, à demander la mise en liberté du maréchal Pétain, comme nous f avons demandé dans dTautrcs assemblées.

La simple lecture de nos noms montre que nous sommes d’opinions et de conditions diverses. Mais devant le péril menaçant, nous croyons que les hommes libres ont le devoir de s'unir pour agir.

C'est pourquoi, protestant avec la dernière énergie contre une loi électorale inique, qui bafoue la liberté d'expression du suffrage universel, nous nous présentons à vous, tout en gardant notre liberté personnelle d'expression, pour rétablir, dans une République forte, l'autorité du Gouvernement — aménager la vie sociale sur des bases saines et équitables — rendre à renseignement sa liberté indispensable — opposer à la formule marxiste du Gouvernement un libéralisme éclairé, respectant l'individu et la vie familiale — interdire que 3e droit de grève permette à l'étranger de saboter l'économie et la défense nationale ~~ défendre les intérêts primordiaux de ce département, intérêts économiques, commerciaux, artisanaux et agricoles, intérêts professionnels si intimement liés.

Nous sommes tous des anciens combattants ; bous n'en tirons nulle gloire excessive, car nous considérons, pendant ces deux guerres, n'avoir accompli que notre devoir. Mais cette qualité nous crée un devoir supplémentaire ; c est celui de défendre nos anciens corn- ■ p □ gnons d armes sans distinction d'origine et nous nous y engageons au premier chef.

D'aucuns veulent faire, à leur profit, une distinction entre les intérêts des citadins et ceux des ruraux. Nous vous avons déjà dit que nous n avons que le seul souci de défendre les intérêts de la population oranîenne qui, citadine ou rurale, représente, à nos yeux, un tout impératif que nous défendrons, sans être dirigés dans notre option par des préoccupations d'origine confessionnelle ou philosophique,

La France est à un tournant de sa vie. Si vous ne votez pas au seul tour de cette consultation, — car il n y en aura pas deux et c’est une iniquité, — vous risquez de permettre aux séparatistes de remporter sur vous la victoire du soviéllsme.

Four avoir cinq députés nationaux, votez tous le 17 juin.

En votant pour la liste d’Union et du Rassemblement du peuple français, vous voterez :

— pour rétablissement définitif des libertés nationales,

— pour rOranie,

— pour f Algérie française,

— pour la République,

— pour la France.

M. FÛUQUES DU PARC Menai,

Officier de la Légion d?honnsui\ — Crois de guerre. — Sénatcur-Maire d’Ûran. — Directeur d assurances.

M. VIN IG ER Armand,

Chevalier de la Légion dThonneur. — Conseiller de f Union française. — Conseiller général. — Céréaliculteur,

M- ENJÀLBERT Rene,

Chevalier de U Légion d’honneur, — Ancien député d1 Cran. ■— Agriculteur- Viticulteur,

M. M I L II E- PO UT I NGON Gqntran,

Maire de Rio-Salado. — Négociant*

M* LOFEZ François,

Croix dr guerre. — Délégué à rAssemblée algérienne* — Avocat au Barreau d'Orsn.

Liste commmmte et d’iimoza démocratise.

Electeurs, électriceSj

Le 17 juin, en Algérie et en France, auront Jien les élections à l'Assemblée Nationale française*

Au prix de basses manœuvres et de violations de leur propre Constitution, le Gouvernement français et sa majorité ont donné naissance à une monstrueuse loi électorale. On veut, par ce scrutin de voleurs, défigurer le verdict populaire et réduire, sinon éliminer, la représentation ouvrière et progressiste au sein de F Assemblée Nationale française. On veut préparer l'accession K légale a au pouvoir de rapprenti-dictatêur de Gaulle, c'est-à-dire ouvrir la voie au fascisme et aggraver terriblement les dangers de guerre*

Il ne nous est pas indifférent à nous, Algériens, que ces élections consacrent la victoire des forces de progrès qui facilitent notre marche vers la libération nationale ou celle de la réaction qui freine cette marche*

Il ne nous est pas indifférent que ces élections consacrent la victoire des forces de paix ou celle des forces impérialistes de guerre qui sèment aujourd'hui la mort en Corée et au Viêt-Nam et transforment notre sol en base stratégique.

Il ne nous est pas indifférent que F Algérie désigne pour la défendre au Palais -Bourbon les hommes de la grosse colonisation et du R , P* F* ,■ ennemis jurés de la liberté, de la démocratie et des travailleurs ou des représentants authentiques du peuple, capables de lutter pour les revendications nationalistes et matérielles de tous les Algériens.

Electeurs, électrices,

Vous connaissez Faction courageuse et les interventions multiples des députés communistes algériens, Alice Sportîsse, Chérif Djemad et Pierre Fayet, puissamment soutenus par les députés communistes français, pour la défense des revendications des différentes couchés sociales de notre pays, notamment par une véritable sécurité sociale, contre les lois antiouvrières, contre les budgets de guerre et les impôts écrasants, etc*

Vous connaissez les interventions énergiques des députés communistes algériens, notamment de Djemad Chérif contre la répression et les complots colonialistes illustrés par ce qui se trame dans la région de Fed M'Zala..

Vous connaissez les efforts inlassables des députés communistes algériens pour l'application des quelques dispositions progressistes du statut de l'Algérie, en particulier la suppression du régime des communes mixtes et des territoires du Sud, l'officialisation de la langue arabe et la liberté du culte. Fidèles à la politique nationale de leur parti et au principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les députés communistes ont crié bien haut à la face des gouvernants français le droit de notre peuple à une véritable indépendance nationale.

Le parti communiste lutte — dans l’intérêt des Algériens de toutes origines :

Four une a s se velue nationale souveraine

élue au suffrage universel et secret et qui donnera à notre pays sa Constitution, son Parlement et son Gouvernement dans le cadre d’une République démocratique algérienne avec tous ses attributs de souveraineté.

Cette Assemblée déterminera librement les rapports de l'Algérie avec une France démocratique, rapports que nous voulons basés sur l’égalité et le libre consentement, dans la fraternité des deux peuples*

Pour la pais et l'amitié entre les peuples.

Les communistes luttent :

— Pour le rapatriement immédiat clés soldats algériens envoyés au Viêt-Nam ;

— Contre rélargissement de la conscriptio i, le recrutement de « volontaires » dans nos campagnes et le service de dix-huit mois ;

— Contre les préparatifs de guerre dans notre pays ;

— Pour la rencontre d£s cinq grandes puissances en vue de signer un pacte de paix ouvert 4 tous les Etats.

Pour une réforme agraire immédiate.

Les communistes sont convaincus que seule une profonde réforme agraire mettra fin à « l’exploitation insupportable des paysans dans les colonies » et donnera la terre à ceux qui la travaillent.

Cependant, ils luttent, dans 1 immédiat, pour la répartition des domaines des sociétés colonialistes et des gros colons, des propriétés des gros féodaux, traîtres à la cause nationale ou de ceux qui se révéleraient comme tels dans îa lutte libératrice, des terres domaniales et communistes, aux paysans de toutes origines dépourvus ou insuffisamment pourvus de terres.

Pour la défense des revendications immédiates de tous les algériens.

Le parti communiste défend avec acharnement toutes les revendications des Algériens, qu'elles soient de caractère politique ou social, en particulier la libération de tous les détenus politiques et l'arrêt des poursuites contre les militants progressistes, l'officialisation de la langue arabe, l'indépendance du culte musulman, l'exercice des libertés élémentaires* le vole des femmes musulmanes, etc.

Nous luttons pour la réduction des budgets de guerre et de police, ce qui permettrait d'alléger les impôts frappant les masses laborieuses et de satisfaire les légitimes revendications de celles-ci.

Nous NOUS OPPOSONS RÉSOLUMENT A TOUS IMPÔTS NOUVEAUX POUR LES OUVRIERS ET l' EN¬ SEMBLE DES TRAVAILLEURS SALARIES.

Nous réclamons :

— L'augmentation générale des salaires avec échelle mobile ; la hausse des prix et îa satisfaction des revendications propres à chaque corporation de travailleurs ;

— L'établissement d'une véritable sécurité sociale comportant la retraite des vieux et son élargissement aux ouvriers agricoles ;

■ — La refonte des scandaleuses lois sur les loyers ;

— ■ La création d'un fonds de chômage pour les travailleurs sans emploi.

— Des mesures sociales en faveur des femmes et des enfants (crèches, garderies, etc.)

— La suppression des abattements sur les salaires des jeunes travailleurs, Textension de renseignement professionnel et l'organisation plus large des sports.

Pour les fellahs, petits colons, khàmmès.

— L’attribution des allocations familiales aux khammès ;

— L'exonération de l'impôt foncier aux paysans possédant moins de 5 hectares et la fixation d'un prix différentiel du blé ;

— Des prêts en especes à long et moyen termes et en nature par les SIP dont nous demandons la démocratisation ;

— La dénonciation des accords douaniers qui ruinent l'agriculture algérienne.

Pour les artisans et petits commerçants.

— Aucun impôt nouveau en 1951-1952 ;

— Suppression de la patente ;

— Intégration clans la sécurité sociale.

Pour les retraites, pensionnés, anciens combattants et victimes de la guerre.

— Satisfaction des revendications des anciens combattants et victimes de la guerre, y compris les prisonniers de guerre ;

— Le droit au travail pour tous les anciens combattants et victimes de la guerre.

Electeurs , clectrices,

Telles sont les grande lignes du programme que nous vous soumettons et que nos élus s’engagent à défendre avec l’ardeur, la sincérité et le dévouement que vous leur connaissez*.

Mais nous vous le disons eu toute loyauté, le succès de sa réalisation dépend en premier lieu de vous, de votre action autour de notre parti et de ses élus. Il dépend de Fuiiion des forces populaires.

C’est pourquoi, plus que jamais, nous vous appelons à l’union dans un front national démocratique pour avancer résolument, vers l'indépendance nationale, la paix et le bienêtre.

Autour de notre programme d’action hautement patriotique, nous appelons à la lutte tous les Algériens sans distinction d’origine.

Pour la victoire des forces de liberté, de paix et de progrès,

Votez pour les listes communistes et d’union démocratique.

Liste communiste et d'union démocratique.

Les élections législatives qui oe devaient avoir lieu qu’en novembre ont été fixées au 17 juin.

Pourquoi des élections brusquées?

Pour pouvoir accentuer rapidement les préparatifs de guerre; pour supprimer toute opposition à la poursuite de la guerre au Viet Nam; pour renforcer 1 oppression des peuples des colonies et du peuple algérieîL Le Gouvernement et sa majorité veulent cacher au peuple leur bilan de faillite. Ils veulent avoir une Assemblée Nationale obéissante et supprimer les 180 députés communistes et progressistes.

Ils espèrent atteindre leurs buts avec la loi électorale nouvelle, fabriquée contre les communistes par les S. F, L O., les radicaux, les M. R. P. } les P, R. L. et les R. P. F.

Ils se trompent. Par des élections hâtives et brusquées, ils n auront fait qu avancer la date de leur défaite et de la victoire des forces démocratiques et progressistes.

Car le peuple connaît le bilan de faillite et de misère de 1 Assemblée Nationale dont les députés colonialistes et béni oui-oui : les Quilici, Jeanmot> Rabier, Mekki ou les touques- Dépare portent aussi la responsabilité.

Ils ont hâté les préparatifs de la guerre voulue par les Américains contre cette Union Soviétique dont VEcho (T Or an, lui-même, reconnaît les magnifiques réalisations pour le peuple et le profond désir de paix.

Ils ont aggravé l’oppression de notre peuple,

fis ont fait augmenter les prix. L'huile est à 260 francs, le sucre à 105, la viande est hors de prix, comme les chaussures, les vêlements. Le gaz, 1 électricité, les loyers ont augmenté. Mais les salaires restent bloqués et c’est la misère chez les travailleurs.

Les taxes et impôts ruinent les artisans et les commerçants, tandis que les bénéfices des trusts et des grosses sociétés passent de 127 à 800 milliards en LQ50,

Ils se sont opposés à la Sécurité sociale, aux conventions collectives.

Tous, dirigeants socialistes, radicaux, M. R. P,, R, P, F., sont d’accord pour que l’Afrique du Nord, l’Algérie jouent le rôle de bases stratégiques et, éventuellement, de champ de bataille. Ils sont d’accord pour faire des Algériens les soldats de T impérialisme américain qui poursuit ses buts de domination mondiale.

Le danger du fascisme es! grand. Et les dirigeants S, F. LO., comme les « Républicains n à la Jeanmot, font le jeu de de Gaulle et de son R, P. F,

Le 17 juin, les démocrates, les travailleurs socialistes aujourd’hui éclairés, le peuple tout entier votera pour : Les candidats de la Lis te communiste et d'union démocratique ,

A u en 5P0RTISSE

, Député sortant,

Nicolas ZANNETTàCCI

Ouvrier du bâtiment, — Conseiller général. — And en maire tFOrau,

R mû JUSTRABO

Professeur, — Maire de SidLBel-Àbbès et délégué i l’Assemblée algérienne-

Maurice PERTUSÀ Cheminot, — Militant syndical,

J eàn - Marie LARRIRFRE

Docteur en médecine, — Officier de la Légion d’honneur.

Pour la victoire des forces de liberté ; Votez communiste.

Pour la paix et le progrès : Votez communiste.

Liste «T Union, de récojiciîiaiioa répdbMcame et de sauvegarde , de P Algérie française*

{Union des indépendants, des paysans et des républicaine nation au xs parti républicain radical et radical-socialiste)

Décret du 12 mai 195! (Art. 11). — Apparentements avec les listes d* Action économique , paysanne et familiale présentée par te M. R. P, et les KépubUcams démocrates; d’Unloti et du Rassemblement du peuple français ; du Rassemblement des gauches républicaines.

Français et Françaises d’Oranie,

Par sa composition même, notre liste est un acte effectif, positif de réconciliation française.

De même qu’eo 1945, François Quilici se dressait contre la chambre civique d’Gran, de même il s’élève aujourd’hui contre tout ce qui subsiste d’une législation d’exception, La présence dans notre liste de Mme Paul Saurin, femme de rancicn député inéligible qui

rendit tant de services et en rend toujours comme maire de Rivoli et conseiller général, a plus qu’une signification symbolique. Elle est la marque que les temps de discorde sont révolus.

À cette œuvre de justice les radicaux devaient être associés. D'abord, la tentative manquée au Parlement de lever les inégibïlités a émané de T un d'eux, M4 de Moro-Giaïïeri et leur Président du Conseil M. Queuille n'a jamais dissimulé qu'il en souhaitait le succès. Ensuite, notre geste de réparation se réduirait à une simple protestation, s'il ne devait être suivi, aux Assemblées, dTun vote levant les inégibilités, d’un autre réintégrant dans leurs droits les fonctionnaires frappés pour des raisons politiques, d’un troisième enfin prononçant une large amnistie* Député sortant, Henri Jeanmol, candidat investi du parti radical; s'associe à notre elYort et montre par là quel est son sentiment profond sur les temps troublés qu’a subis notre patrie.

Ôranais, Qranaises, nous ne prétendons pas « rassembler » car, dans la vie civile, nous supportons mal le commandement militaire, mais nous entendons, surtout dans notre Algérie menacée, tt réconcilier » les hommes et les tendances.

Votez pour là liste de réconciliation républicaine, la sauvegarde de l'Algérie

Page 1