GUYANE
i DÉPUTÉ
M. Edouard Gaumont (R. P, F.),
RiPBBLÏQUE FRANÇAISE.
Liberté. — Egalité. — * Fraternité.
Mes chers compatriotes î
Paris, le 15 mai 1931 .
En ces heures cruciales ou la Guyane va engager, de nouveau, son destin pour cinq années, en confiant à 1 un de ses iils l’honneur de la défendre, et de coopérer à la restauration de la grandeur et do la puissance françaises, je m'adresse à vous tous.
Je vous dis, comme T eût fait mon mari, de songer à Ta venir de notre pays.
Considérez les années qui viennent de s'écouler.
Mesurez les effets que peut avoir pour vous tous, sans distinction, la complaisance d’un geste électoral imprudent.
Yous connaissez Gaumont autant et, pour quelques-uns d'entre vous, mieux que moimême.
La position que j occupe dans les Conseils supérieurs du Rassemblement du peuple français m’autorise à vous dire qu’il a notre estime ; et c’est, du reste, pour cette raison, qu’il a été choisi pour être îc candidat du Rassemblement en Guyane.
Avec le puissant appui du Rassemblement, Gaumont, je le sais, travaillera à la nouvelle Assemblée Nationale, pour notre petite patrie.
Il vous représentera dignement.
Il n'appartient qu'à vous qu’il le fasse avec l’autorité accrue que lui conférerait un succès massif.
Rassemblez-vous pour cela autour de lui.
Ne permettez pas qu'une propagande mensongère vous égare, vous divise. , . ce serait, une fois de plus, la perte du pays !
Croyez^moi : l’avenir est à ceux qui se rassemblent et s’unissent pour faire triompher ierr volonté d’être défendus.
Et c’est parce que j’en suis convaincue que je suis aux côtés du Libérateur de la France : le général de Gaulle, comme le fut, dans un passé récent, mon mari»
Rassemblez-vous donc* Il en est temps 1
Elisez triomphalement Gaumont, et
Vive la Guyane !
Vive la France I
Signé ; Eugénie F. Ébou^-Tell*
Nota, — L’original de l’appel qui précède est détenu par Farlot (Gervais), mandataire de Gaumont,
foute personne désireuse d’en vérifier l’authenticité peut donc voir le texte original avec la signature de noire grande et vaillante compatriote Eugénie Eboué*
Compatriotes mes amis î Frangaises et Français !
Au retour d'une tournée sur les communes, j’ai pris la parole à Cayenne, le 23 mai,, devant un imposant auditoire.
Après l’accueil chaleureux que j’ai reçu à mon arrivée, des éléments troubles obéissant à des consignes précises ont tenté de fomenter du désordre dans le but évident de provoquer du tumulte au sein d’une assistance qui n'a manifesté que désapprobation et dégoût.
De sorte que les agitateurs en furent pour leur frais, puisque la population a écouté avec attention les paroles que je lui ai adressées*
Le plus acharné des obstructeurs de service a commencé — et c'est un symbole ! — par me donner un double baiser.
Ainsi donc, avec un Judas bénévole, s'ouvrait, pour moi, mie campagne que j’allais inaugurer à Cayenne, par cette première conférence que j’y faisais.
Que ceux qui ont la mémoire courte saisissent le sens de cette manoeuvre avortée mais infâme, et dont on sait que, dans le passé, elle a abouti à une atmosphère de haine qui conduisit à des émeutes...
Qu’ils se souviennent que c’était pour lutter contre cette douloureuse division qu’en 1917 on m’a fait le confiant honneur d'insister auprès de moi — dans des conditions que l'on n'a pas pu oublier — pour qu’à l’époque je sois candidat aux élections législatives.
Qu’ils se souviennent qu’à la même époque, it fallait quelque courage pour prendre la tête d'un combat mené en faveur de l’Union des républicains et du Rassemblement des forces françaises de bonne volonté guyauaises 1
Depuis 1947, je n7ai pas changé, parce tout le monde me connaît et personne n’ignore que, fidèle à ma conscience d'homme et aux impératifs de loyauté que m imposent mon cœur de républicain et mon cœur de Guyanais, je ne suis pas l’homme des volte-face etdes mesquines trahisons qu’inspire 1 inquiète avidité d’avantages électoraux personnels.
C est pour cela que j’ai toujours dit, haut et ferme, une vérité que l’expérience a toujours confirmée*
Il en est pour qui la politique est un jeu dans lequel on réussit à lorce de confusion provoquée, perfectionnée, soutenue, amplifiée : que ceux-là mentent, calomnient, fassent la girouette à perpétuité : ils n'ont qu’une excuse, celle de placer, au-dessus de tout, un intérêt qui est le leur, au mépris de celui de la collectivité.
Pour ma part je dis que toutes les savantes tactiques, dont l’inavouable origine se perd dans les obscures préoccupations égoïstes, ont un mot d'ordre unique — - et vous en êtes jUges t un niot d’ordre qui insulte à votre loyauté, à votre intelligence et à votre dignité, un mot d'ordre qui est : ti Si vous voulez que cela change, votez pour les mêmes »,
Toute voix qui s’égare, dans une complaisance résignée et sans courage, est une voix donnée au désordre et à l’ aventure dangereuse pour le pays.
Votre misère est commune.
Votre inquiétude à tous est la même I
Votre volonté de vaincre vos misères et de chasser de vos cœurs une légitime inquiétude, ne peut être elle-même, que commune,
11 est donc évident qu’il faut vous rassembler pour empêcher que la Guyane ne soit de nouveau — à cause de vos divisions — un pays où l'agression tient lieu d'argument, et l’intimidation de moyens <s démocratiques » pour asseoir le règne stérile de gens que seul l'intérêt personnel unit* . , dans Ja méfiance, et sans que l’estime existe entre des associés qui se craignent et ne s’aiment pas I
Agir par cora plaisance envers les entreprises électorales à responsabilité limitée, ce serait vous faire les complices involontaires des malheurs que vous redoutez.
Il faut que soit fait d'urgence un effort pour que la Guyane reprenne sa place dans la grande famille française.
II faut quelle y soit défendue afin qu'elle soit aidée. Ce qui n’a pas toujours été fait et vous en êtes les témoins.
Il faut que notre pays cesse de se voir iniïiger le traitement discriminatoire odieux qu’on lui applique en ce moment, sans que cela ail été combattu tel qu'il l'eut fallu l
Il faut que soient prises d'urgence des mesures pour que cessent certaines extravagances où les a combines » triomphent contre les intérêts du peuple, « combines » qui ont pour effet de faire monter d'une façon inadmissible le coût de la vie dans notre pays. Le café en est un exemple frappant,
11 faut que la famille soit défendue et aidée.
Il faut que soit instaurée une politique rurale qui rende à nos agriculteurs un peu de F espoir qu'ils perdent chaque jour devant la chute douloureuse du pays qui n'engendre que découragement pour eux et misère accrue pour Cayenne et pour la Guyane entière.
I! faut que soit établie un peu de justice sociale et que l'ouvrier ne soit plus l'esclave d’une société qui l'exploite et le méprise.
Le travail est immense, vous le voyez, vous le savez, mais j'ai l'assurance de hautes personnalités du monde politique en France que tout l'effort possible sera fait pour l'exécution de cette tâche d’intérêt national et local à laquelle je fais serment de consacrer tout mon cœur, tout mon dévouement et toute la lénacité que l'on me connaît.
Mon passé est là et il n'a de secret pour personne,
Je n'ai jamais commis un acte de trahison envers aucun de mes devoirs d'homme : tout le monde le sait.
Et cela c'est ma fierté î
Je répète à tous, ce que j’écrivais en 1947 ;
v La situation est grave. . on ne bâtit pas sur la division et la haine, et c'est favoriser l'une et provoquer l'autre que de spéculer sur des divergences axées sur des étiquettes qui divisent, , , n.
Le 17 juin vous voterez d'abord et surtout pour un homme parce que c'est un scrutin uninominal à un seul tour l
Le passé d'un homme est garant de son avenir 1 C'est un fait.
Les tricheries avec la conscience ne payent jamais.
C’est une loi de la nature et chacun l'a vérifié*
Rassemblez-vous, et je vous le jure, vous aurez le droit d'espérer 1 Ensemble nous travaillerons pour la Guyane, c'est-à-dire pour le peuple de notre pays et vous verrez que nous l'arracherons à ses misères nées de son abandon I
Autrement. * . je vous le dis très simplement, le jour est proche où vous maudirez" vos augures et où vous désespérerez de vous-même et de l'avenir guyanais 1 Allons, mes amis courageux et dignes, debout 1 Mettons-nous en route pour la reconstruction guyanaise t Vous savez que le travail ne m'effraie pas.
Et vous savez tous que mes huit enfants me rendent aussi soucieux que vous d’un avenir où je les veux libres et heureux,
C'estt en définitive, ce que chacun de vous désire pour lui-même et les siens.
Il s'agit de la Guyane en péril. , * et délaissée.
Haut les cœurs !
Unissons-nous, funion fait la force et une Guyane forte et digne est une Guyane qui aura fait un large pas vers son salut !
Vive notre pays.
Ei>oüaiu> GAUMONT.