‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 228 sur 244 · CIRCONSCRIPTION DU MOYEN-CONGO-GABON · texte numérisé non relu

CIRCONSCRIPTION DU MOYEN-CONGO-GABON

Collège des citoyens de statué français.

Candidature Màuhice BAYROU

A un moment solennel delà vie du pays, je viens, face à mes électeurs prendre les engagements qui guideront mon action demain,

La France est menacée. Des forces redoutables s’affrontent dans le monde d’aujourd'hui. Notre pays doit contribuer à maintenir la paix, refuser d'être submergé par le flot soviétique. Pour cela, il nous faut « changer » et il nous faut « construire ».

Que devons-nous changer ?

Le désordre et la gabegie de l'Etat, îa faiblesse gouvernementale qui, dans l’impossibilité d’équilibrer le budget et d’obienirla confiance des épargnants, entraîne par l’inflation qu’elle déclenche, ïa montée constante des prix, c'est-à-dire la misère des salariés, des pensionnés et des économiquement faibles et écrase les producteurs sous l'impôt.

Nous devons mettre fin à l'antagonisme entre classes, aux querelles également périmées de l’école libre, de l'amnistie, à îa menace que font peser sur la France eL FUnion française, l’insuffisance de notre défense nationale et la dépendance qu’entraîne cette msuffisauice vis -à- vii de nos alliés,

La réélection des hommes des partis ou de ceux qui, plus ou moins ouvertement, sont décidés à jouer leur jeu, ce serait la continuation de cette impuissance et de cette division. Le péril communiste deviendrait alors insurmontable. Or, la victoire des séparatistes ferait de tous les Français les serfs de l’Etat. Ils devraient subir la tyrannie d’une bureaucratie économique et administrative. « La dictature policière ïs régnerait de Brest a Moscou, La guerre deviendrait inévitable, la guerre, c'est-à-dire la destruction par les bombes améri canes. Fin s tafia lion soviétique sur les côtes de France appelant automatiquement la même parade que l'installation des Allemands sur ces mêmes côtes en 1943-1914. Notre civilisation s’enfoncerait dans la nuit.

Pour éviter cela, nous devons € construire ». Que devons-nous construire ?

D’abord un Etat solide. Pour ceîa, d’institutions nouvelles adoptées sans délai, doit sortir un exécutif qui gouverne, contrôlé par le Parlement mais que les Assemblées ne puissent renverser sans se renverser elles-mêmes et être contraintes à revenir devant le pays, arbitre souverain.

Ainsi, et ainsi seulement, pourront être assainies « les dépenses de l’Etat ». Par là, et par l'appel à l’épargne sera réalisé l’équilibre du budget, sans fiscalité excessive, condition indispensable de la stabilité des prix, c La stabilisation de la monnaie deviendra possible ».

L'Etat ainsi renforcé devra mettre la nation en condition de se défendre contre tous les périls :

Contre le « péril extérieur », par une défense nationale rénovée, adaptée aux besoins modernes, conjuguée avec les défenses voisines tout en conservant P autonomie politique nécessaire.

Contre le péril intérieur qui vient de la lutte des classes, en réalisant l'apaisement social qu'apportera l'association entre actionnaires, cadres et travailleurs ; tous les producteurs devant être intéressés directement aux bénéfices et an rendement de Pentreprise.

Pour que cette grande réforme puisse se développer dans le climat nécessaire, les syndicats devront être « affranchis de la tyrannie des partis politiques »*

A l'apaisement social doit correspondre l'apaisement spirituel, L* allocation-éducation et l'adoption des recommandations du Congrès de Toulouse mettront fin à la querelle de rêcole libre. Une large amnistie votée sans délai est aussi une condition nécessaire de l'apaisement national*

C'est en s'appuyant sur cette France rassemblée, rénovée, apaisée eL décidée, que nous pourrons défendre Pin dépendance nationale » et « l'intégrité de l'Union française >u

L’Union française demeurera toujours au premier plan de nos préoccupations, 11 ne peut être question pour moi, d’accepter des solutions de faiblesse qui conduiraient à la ruine de P oeuvre française outre-mer. Comme je Pai fait depuis mon élection, je défendrai les intérêts de tous ses habitants, tant sur le plan des intérêts particuliers que des intérêts généraux.

Je n'ai jamais négligé l'étude d’aucun des problèmes qui m’étaient soumis* Qu'il me suffise de citer :

Le rééquipement du C,F*G.O* en matériel roulant ;

La réorganisation de l’Office des bois ;

La suppression des caisses de compensation ;

La multiplication des liaisons aériennes et maritimes ;

L'amélioration de la capacité du fret frigorifique réservé au Gabon et au Moyen-Congo;

La. revalorisation des produits coloniaux exportés dans la métropole ;

La défense du franc G* F. À, ;

L'amélioration des conditions de transport de la troupe sur les transports maritimes ;

La retraite des vieux travailleurs métropolitains expatriés*

J’ajouterai que pendant ces derniers mois je viens d’intervenir pour tenter d'obtenir le rajustement de l'index de correction des soldes et la dernière majoration du reclassement de la fonction publique, pour la création d'un fonds de soutien de For, pour l'octroi de crédit à la <t Société des pétroles de PÂ.E.F, », afin qu'elle puisse poursuivre au Gabon les prospections et les sondages, enfin, pour faire sortir le statut des administrateurs.

Ma tache sur ce point n'a pas été facile, car, membre actif de l'opposition, j'ai eu souvent affaire à des Ministres sectaire^. J'espère que l'arrivée au pouvoir du R.P.F* facilitera ma tâche et permettra aux populaiions d’outre-mer de mieux faire entendre leur voix.

Sur le plan général, j'ai combattu toutes les tentatives de rapprochement avec Ho Ghi Minh que voulait nous imposer le parti socialiste.

J'ai lutté pour amender le plus possible la loi sur les soldes et la loi électorale outremer. En ce qui concerne le Code du travail, j'ai tenté, avec mes collègues R, P* F*, sans résultat, de faire substituer un texte clair, posant les grands principes, à compléter pour chaque territoire, au texte informe de 251 articles inapplicables qui nous était proposé*

La prochaine Assemblée aura à connaître la donnée du problème et apportera au projet actuel les modifications qui s'imposent.

Enfin, j’ai combattu pour sauvegarder la représentation intégrale de toutes les popu-

latîons de FÜnion française par le maintien du double collège, et, malgré les manœuvres communistes, R/D. A,, socialistes, ALFLP. et indépendants d'outre-mer, notre groupe a obtenu gain de cause* Sur ce principe, garantie de la concorde in ter- raciale, je ne fléchirai jamais.

C'est donc à une œuvre constructive que je me suis attaché et que, si vous me faites confiance, je poursuivrai.

Membre du R, P. F. depuis sa création, j'entends prendre ma part dans le mouvement de rénovation du pays.

C’est par le triomphe du programme JR. P, F* que nous pourrons unir l’Europe autour de la France, pour la consolidation de la paix par la mise en commun des ressources de l'Eurafrique. C'est ainsi que nous pourrons peser de tout notre poids dans l'alliance du monde libre. Alors la force montante des démocraties permettra d’assurer l'apaisement international, l'élévation du niveau de vie de tous, le maintien de la liberté.

Pour réaliser cela, nous appelons l'Union française tout entière autour du Rassemblement du peuple français et du général de Gaulle auquel nous devons déjà la Libération de la France dans la victoire et la restauration de la République.

L'œuvre commencée ensemble en 1940 et que l'obstruction des partis avait suspendue en 1946, tous ensemble, du même cœur, nous allons pouvoir la continuer demain.

Vive le général de Gaulle ï

Vive la République I

Vive le Moyen-Congo-Gabon !

Vive l'Union française 1

Maurice BAYROU

Ûèputê sortant, — Secrétaire de l'Assemblée Nationale,

Membre de la Commission de la défense nationale, — Compagnon de la Libération,

Chevalier de la Légion d’honneur. — Rosette de la Résistance

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