GUINÉE
Liste du parti socialiste S * F . I * O ,
Liste d'indépendants . * .
Liste du parti socialiste S. FJ. O
Parti socialiste S* F* I. O. — Fédération de Guinée,
Le courage , c'est de chercher la vérité el de le dire .
Jean Jaurès.
Eleetriees, électeurs,
Dernier bastion des promoteurs et des défenseurs de toutes les libertés démocratiques,
— de l'esprit laïque,
— d’une véritable justice sociale,
— d'une Europe unie dans un monde désarmé,
Le Parti socialiste S. FJ. G, se présente à vous, sans couverture et faux nez et sans autre prétention que son passé fait de luttes incessantes pour la défense de tout ce qui est juste, vrai et humble. De son passé fait aussi de la libération de la classe ou* ri ère française et des pays d'outre~mer. De son passé fait de la lutte sur tous les fronts (intérieurs et exiérieurs) de 1940 à 1945 en vue de la libération du territoire national.
Demain, en déposant dans Turne votre bulletin de vote, en accomplissant ainsi le devoir de tout citoyen libre dJun pays libre, vous déciderez de lJa venir de votre pays et au-delà de FUnion française, sûrement de celui de T Europe et probablement du destin du monde.
Demain, vous déciderez de conserver votre liberté, celle de notre pays, ou bien vous renoncerez à la lutte et vous jetterez la France dans l'aventure.
Demain, vous affirmerez votre fui dans la République et la démocratie ou bien, lâchement, vous vous confierez à un « sauveur » de droite ou de gauche.
Demain, vous lèverez bien haut le flambeau des libertés françaises, ou bien vous abdiquerez devant un néo- fascisme qui, sous son déguisement supra- national ou international, n^en est pas moins flagrant.
Le 17 juin prochain t vous voterez pour ie socialisme et ses représentants et resterez ainsi dans les grandes traditions françaises de progrès, de justice et de paix, ou bien vous compromelterez pour longtemps Ta venir de l'Union française, de V Europe et du monde des hommes libres en apportant votre soutien aux factieux Staline et de Gaulle. Toue deux, le maréchal et le général, ont le même caractère totalitaire ;
M. Dïallo Yacine (S.FJ.O.), M. Mamba Sano {LG.ftLJ.
M. Albert Lîurette (S, F. LO.).
— Les fasciste n’admettent l’existence que d’un seul parti, — - Les fascistes pratiquent le culte du chef génial,
De Gaulle et Staline aussi ; De Gaule et Staline aussi {
— Pour les fascistes, Hitler et Mussolini avaient toujours raison,
De Gaulle et Staline aussi ;
Les fascistes avaient pris l’initiative de la course aux armements,
De Gaulle et Staline aussi j
Les fascistes achètent les consciences et payent les mercenaires,
De Gaulle et Staline aussi.
Mais écoutez plutôt les hommes tels que L.*G. Robinet {journal Le Figaro du 2 mai 195.1) commentant le dernier discours de de Gaulle au bois de Boulogne :
. Jamais, sans doute, le général de Gaulle ne s’est prononcé avec tant de véhémence
pour l’instauration du pouvoir personnel ... » et plus loin :
« Tout dans le ton, la manière dont fut lancé à Bagatelle ce discours de combat, montre à quel point le système préconisé par le chef du rassemblement est fondé sur un homme et rien que sur Lui , »
Lisez ce qu’écrit du même discours le président Herriot (Dépêche du Midi, 22 mars) .
« M le général de Gaulle nous a révélé qu’il avait été invité de divers cotes à faire « ce que l’on appelle un coup d'Etat ». Nous voilà donc édifiés : autour du chef du rassemblement s’agitent un certain nombre de personnes disposées à violer la légalité republicaine... »,
et plus loin :
« Le chef du rassemblement se propose de lutter d’abord contre les séparatistes (je ne comprends pas bien ce mot). A merveille, mais qui donc dans le cabinet du 21 no vembre 194o a fait entrer cinq communistes, M. Thorcz comme Ministre d'Etat, M. Tillon a Armemen , M. Billoux à l’Economie nationale, M. Croizat au Travail et M. Paul à la Production industrielle? Je veux croire qu’en agissant ainsi, le général avait des raisons. Mais es t-i juste c e critiquer avec tant de véhémence une situation parlementaire et nationale qui a ete creee
par cette décision ?» .
Vous n’êtes pas convaincus, prenez connaissance de la lettre que Christian Pineau,
compagnon de la Libération, adresse publiquement au général de Gaulle :
« Nous étions quelques-uns, mon général, à avoir cruellement souffert de^ vous voir briser vous-même l’unanimité qui, à une période difficile de notie histoire, s était ai e autour de votre nom. Nous pensions qu’il n’était pas nécessaire à votre renom que vous devinssiez le chef d’une fraction politique de ce pays, déjà bien divisé, que vous prissiez position contre des hommes et désorganisations qui furent jadis à vos côtes, en affirmai! votre préférence pour ceux qui, dans le même temps, ne vous aidèrent point a sau patrie. Il nous fut douloureux de voir accourir dans les rangs de voire parti des lommes qui n’avaient cessé, durant l’occupation, de dénoncer ce qu’ils appelaient votre .< trahison h, des hommes qui ont profité de la défaite et de l’occupation pour faire prévaloir leurs opinions et défendre leurs intérêts personnels. Et nous connaissions des résistants authentiques, demeurés à vos ordres, que nous plaignons de devoir, dans vos salons, serrer
certaines mains *
« Aujourd'hui j mon général, vous portez à l'esprit de la Résistance un coup p us rut c
que ceux que les communistes, par la politisation de nos associations et par l'exploitation éhontée de nos mortSj lui ont jamais portés. Mais vous n'avez pas atteint la République. Ceux qui ont contribué à la rétablir sous votre égide sauront, par fidélité à leur passé et au vôtre, la défendre, s'il le faut, contre vos entreprises. »
Est il besoin maintenant de vous rappeler que seuls des Ministres socialistes qui ont nom : Ramadier et Jules Moch eurent le courage de dire « non 3> aux laquais de Moscou ? Alors que de Gaulle avait renoncé' en 1946, laissant la France aller à la dérive, c’est Ramadier qui, le 4 mai 1947, expulsait les Ministres communistes du Gouvernement ; c'est Jules Moch qui, l'année suivante, maîtrisait les grands mouvements staliniens dans les mines.
Faut-il, en outre, vous rappeler les trahisons communistes de 1939 a 1947 et celles quotidiennes d’aujourd’hui ? Que les militants sincères du Rassemblement démocratique africain qui se laissent abuser par les sbires de Staline réfléchissent avant qu'il soit trop tard pour leur liberté et leur vie,
Electrices, électeurs.
Le 17 juin, vous refuserez de vous compromettre avec les factieux de tous bords. Vous apporterez au Parti socialiste S. F. 1,0. et à ses représentants guinéens, dontYaeine Dialio, député sortant, porte le drapeau, l'appui de votre bulletin et de votre confiance,
Electrices, électeurs,
Le 17 juin, vous voterez pour la défense de vos libertés et pour le socialisme et condamnerez ainsi sans appel toutes tentatives dictatoriales.
Fédération socialiste S,F\I B. P. 451 Gonakry.
Liste d indépendants,
PROCLAMATION Electrices et électeurs de Guinée,
La première législature de la ivê République est terminée. Nous voici revenus devant vous après environ cinq ans d’exercice de mandat à l'Assemblée Nationale,
Une reddition de compte est nécessaire. GTest ce bilan que nous allons très rapidement exposer pour fixer vos idées et votre opinion et vous mettre en garde contre les propagandes démagogiques et tendancieuses capables d'induire en erreur sur les véritables données du problème : foin du lyrisme et des grandes doctrines creuses. Nous causons faits ,et réalités qui seules édifient par l’opposition brutale de deux tableaux.
D'abord situation avant novembre 1946 .
Le pays sortait à peine de TefFurt de guerre et de ses conséquences douloureuses dont le relent subsistait par la fourniture de riz, de caoutchouc, de palmistes, le ravitaillement sur tickets, les mesures de restrictions de tontes sortes dues à la pénurie dan^ tous les domaines de l’activité locale : vivres, matériaux, matériel, outillage, ustensiles, ma bines,
tissus, articles manufacturés, etc» Notre victoire militaire nous avait coûté cher eu hommes et eu potentiel économique : nous étions des vainqueurs malheureux. Il a fallu remonter péniblement la pente pour atteindre le niveau d'avant guerre et marcher ensuite au rythme de la vie universelle vers un avenir meilleur.
Aujourd'hui le tableau est tout différent : nous ne disons pas qu'il y a pléthore dans toute les branches de l'activité guinéenne ce serait exagéré, mais il y a changement indéniable, il y a renouveau qui permet tous les espoirs, La grosse pierre d'achoppement c'est hélas 1 le problème financier qui reste aigu, et c'est un problème mondial et non spécifiquement guinéen. L'Europe meme en souffre encore davantage. Il est vrai que la solution de ce problème conditionne tout notre essor économique et social, car dans un pays neuf comme le nôtre, l'évolution culturelle .et sociale est fonction de la modernisation de nos moyens de production, d exploitation et de transformation Oui, quand on veut sa maison solide, on commence par les fondations. Il nous a donc paru essentiel de nous intéresser au cours de la législature écoulée à 3a création d'une infrastructure économique et sociale moderne, condition primordiale de l'évolution rationnelle du pays Certes, ce n'est qu'un pas : il reste et restera toujours beaucoup à faire : c'est l'œuvre du temps, c’est la vie qui continue vers le plein épanouissement. Mais on ne peut le nier, le pays a démarré, il a bougé, il a pris conscience de son rang, de ses droits, de ses forces et de ses possibilités diverses : il a passé dembîée de l'état statistique à l'état dynamique»
Ces aspirations s affirment et se dessinent nettement chaque jour. Il suffit maintenant de poursuivre, de persévérer dans cette voie d'ascension et de progrès pour arriver à la pleine réalisation du destin de notre race en i’ U ni on française. C'est l'idéal que nous visons inlassablement tons ensemble^ coude à coude, dans la plénitude des droits et libertés reconnus par la Constitution.
Comparez vous-même la situation du pays en soixante années d'occupations antérieures à sa situation actuelle après cinq ans de législature — Puis discriminez, jugez et concluez. Ce parallèle instructif projettera un vive lumière sur le chemin qui se déroule devant nous, 11 vous permettra d apprécier avec sagesse et bienveillance l'action accomplie en face de l'œuvre immense de libération économique et sociale à accomplir à laquelle chacun apporte sa pierre dans sa sphère, et qui, grâce aux efforts conjugués de tous, ira désormais, de législature en législature par progression géométrique, étant donné les moyens de plus en plus nombreux, de plus en plus perfectionnés, de plus en plus scientifiques dont on disposera pour brûler les étapes et arriver sans débâcle au niveau des peuples modernes. Car ce qui doit être un crédo pour tous, crest qu'augmenter, moderniser sans lésiner, le potentiel économique et la valeur d'humanité des territoires d'outre-mer, c'est faire de 1 Union française, une réalité vivante, un bastion inébranlable, c'est travailler en même temps h l agrandissement matériel et moral de la France elle-même qui est le foyer générateur de tout le système ; c'est réaliser dans la confiance et l'amitié le bloc de ht 0,000 000 (cent dix millions) d’âmes solidaires d une même destinée et unies par le «entiment de leur interdépendance économique et sociale inévitable dans la bonne comme < ans la mauvaise fortune, c est enfin compléter la France par l'Afrique et vice versa, chacune conservant son génie, ses particularités, son caractère propre dans le cadre de l'ensemble.
Bilan de la législature.
Domaine économique.
Routes nombreuses qu'il suffirait d’aménager, ouvragés d’art et bacs métalliques, entreptiscs de construction avec matériel perfectionné importé ; équipement agricole, forestier, industrie! et minier commencé et assuré de plus belles perspectives d'avenir \ riziculture motorisée et rizerie; adduction d'eau et électrification envoie de réalisation, aérodrome, urbanisme, agrandissement et amélioration portuaires envisagés ; station de Quinquina de Sérédou équipée, vulgarisation du tracteur et de dècortiqueuse, etc. ; le
service d'élevage de plus en plus outillé pour son rôle de protection et de régénération du cheptel guinéen.
Domaine social,
a) Sanitaire. — Maternités modernes, nouveaux dispensaires, nouvelles salles d'hospitalisation, une installation de radiologie, un groupe radical de Kankan moyens thérapeutiques de plus en plué perfectionnés, formations sanitaires nombreuses en brousse. Mais c'est une véritable croisade qu'il faut entreprendre par davantage de médecins, de sagesfemmes, d'infirmiers et infirmières, de dispensaires, de maternités, de moyens de locomotion et de lutte plus étendue et plus serrée contre les endémies et épidémies tropicales pour le sauvetage de la race, le capital humain étant le plus précieux des biens surtout en Afrique où la déficience démographique est terrifiante.
b) Scolaire. — Transformation de nos E.P.S, en collèges modernes avec programmes métropolitains, multiplications des écoles d'enseignement général et professionnel, regain d'activité donné aux fermes^ écoles par le génie rural pour l'éducation agricole de nos jeunes paysans et leur adaptation aux constructions de l’économie agraire : institution des mêmes diplômes que la France pour supprimer les injustices et les différences de traitements qui llorissaient naguère entre Européens et Africains, accès des cadres supérieurs ouvert à tous avec les mêmes avantages de solde sans distinction de couleur, envoi en France d'étudiants, future pépinière d’élites qui seront demain à l'avant-garde du progrès.
Il convient d'en augmenter le nombre dans de notables proportions à l’instar des autres territoires pour répondre aux légitimes aspirations de nos jeunes assoiffés de culture. Et puis, il nous faut d'urgence un lycée, une école normale à l’instar des autres pays, renseignement de qualité étant la clé de voûte de tout système d’évolution moderne,
c) Problème des anciens combattants . — Pensions augmentées par tranches au cours de la législature sur les interventions répétées des élus; missions militaires en Afrique pour étudier sur place cette question importante. Il faut surtout talonner les bureaux et intendances militaires pour la liquidation rapide des pensions en retard, car il est inadmissible que des pensionnés meurent sans avoir pu jouir de la totalité de leurs arrérages, grave injustice à réparer,
L'Assemblée a adopté le principe de l'égalité des pensions pour tous les combattants sans distinction, car la balle ennemie ne connaît pas de couleur. Mais les modalités d application de ce principe restent à fixer,
è) Fonctionnaires. — Logements modernes pour fonctionnaires européens et africains construits ou à construire dans tous les postes de brousse,
e) Développement des organisations de jeunesse, du scoutisme, du sport, des associations professionnelles et du syndicalisme.
Domaine politique, administratif et judiciaire.
Séparation des pouvoirs, indépendance absolue de la justice, suppression des tribunaux à compétence restreinte, création des tribunaux de première instance et à compétence étendue avec des magistrats de carrière.
Solde des personnels d’autorité mise à la charge de l'Etat, augmentation des soldes des chefs de cantons, nomination de chefs supérieurs et d un chef de province, institution d une solde pour les représentants et secrétaires des cantons autrefois impayés. Mais le cas des chefs de village est à résoudre au plus vite ; il faut les payer aussi ou leur attribuer un taux de remise élevé sur les impôts collectés.
Activités parlementaires.
a) Interventions à la tribune : en faveur des anciens combattants, sur le jamborée mondial pour le scoutisme et l'envoi de jeunes Africains en France, sur le service des Eaux et Forêts et la nécessité de le réorganiser, sur la revalorisation de la fonction enseignante, la station de Quinquina de Sérédou, sur le budget général en faveur de l'autonomie financière de chaque territoire, sur l’école de l'agriculture tropicale, etc., etc» ;
h) Propositions de loi et de résolution sur ; revalorisation et liberté de l’or, transformation des S. I. P. en coopératives de production, équipement de 3a station de Quinquina de SSrëdou, mise en vente libre des véhicules utilitaires, etc. ;
c) Interventions aux différents Ministères, au Gouvernement général et au Gouvernement local pour : le pèlerinage à La Mecque, la riziculture, la mévente du miel, la reprise de notre caoutchouc, la revalorisation de nos produits qui étaient bien bas, la défense des droits miniers et fonciers des Africains, de la banane française contre la banane étrangère, le retour des trois locomotives Mucado à la Guinée, contre le monopole de la route N’Zcrekoré— Monrovia et les abus des Eaux et Forêts et du service des douanes, l’amélioration de nos installations portuaires, création de coopératives de production et de transport, création de scieries modernes à N’Zérékoré, Macenta, Kissidougou, Ma mou, etc.
Nota. — Notre politique se résume en cette formule : traiter le sol à L'américaine, c'est-à-dire avec toutes les ressources que la science moderne met à notre disposition ; et traiter les hommes à la française, c’est-à-dire avec justice et bonté par l'application pure et simple de la devise républicaine de Liberté, d’Egaiité et Fraternité pour une Union française, plus humaine, plus heureuse, plus accueillante et plus forte.
Tache qui attend la nouvelle législature.
Continuer et intensifier l’œuvre commencée : parfaire l’équipement routier, portuaire, ferroviaire, aérien, radiotélégraphîque, agricole, industriel, électrique, minier, forestier, zootechnique, sanitaire, scolaire, administratif, judiciaire et social du territoire ; défende de nos produits contre les produits étrangers ; construction d’une assemblée consulaire à Konakry pour la Chambre d’agriculture et d’industrie et des Maisons du combattant dans les cercles ; application immédiate du Code du travail voté; adoption du statut des chefs coutumiers après les modifications indiquées et du texte définitif sur les assemblées locales ; création de communes dans les centres urbains; réforme électorale; solution rapide du bridant problème des anciens combattants et du régime foncier ; problème des habitations à bon marché et des logements à tous les fonctionnaires européens et africains ; adduction d eau ; urbanisme, lotissement et électrification de nos villes ; augmentation du nombre des boursiers en France ; statuts de la fonction publique avec promotions régulières et récompenses aux méritants ; organisation de l’inspection du travail pour les secteurs privés ; réforme de la législation pénale; crédits FIDES, régime forestier et douanier h modifier et adapter aux nécessités locales ; large octroi des prêts et des crédits agricoles aux cul il valeurs ; aide aux transporteurs ; soutien de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises; secours aux orphelins, infirmes et aux vieillards ; subventions aux écoles privées d'enseignement général et professionnel pour une plus large scolarisation du pays, etc,, etc.
Conclusions.
Voilà ce qui a été réalisé et ce qui reste sur le chantier. Loin de nous la pensée de nous délivrer un satisfécit. Nous savons que beaucoup de choses auraient dû être faites qui ne le sont pas encore en raison des difficultés rencontrées nées de la guerre, des
circonstances et événements mondiaux indépendants de notre volonté et aussi, il faut le dire, de certaines obstructions, de certaines incompréhensions, de certains esprits qui n’ont pas réalisé à sa valeur, la brusque montée des peuples jeunes, montée déjà pressentie par la conférence de Brazzaville et d’ailleurs inévitable si Ton s'en réfère au processus même de dévolution humaine à travers les âges, chez toutes les races et sur tous les points de la planète.
Qu’on le veuille ou non, une page de l’histoire est tournée, une transformation^ un bouleversement s’opère sous nos yeux. L’avenir s’annonce radieux, mais aussi terrible de responsabilité morale suivant l'orientation imprimée à notre marche en avant.
La première législature a été une période d’apprentissage, de rôdage, d’adaptation et de mise eu train.
L’expérience acquise au cours des cinq années écoulées sera notre guide, notre fit d’aria ne pour la prochaine législature afin d'éviter les erreurs et les tâtonnements inhérents à tout début, et d’accentuer rapidement le progrès dans tous les domaines.
Ainsi donc, nous vous demandons de nous continuer votre confiance et votre sympathie par un vote massif enthousiaste.
La Guinée ne pourra qu’y gagner par l’esprit de sagesse, de suite et de continuité si indispensable à la réalisation de notre idéal commun d’émancipation économique, sociale et cultureilej dans le cadre de l’Union française, car de nouveaux élus auraient à apprendre, à s’adapter, à recommencer et ce serait du temps perdu pour notre territoire.
Electrices et électeurs, pensez bien à ce point crucial en allant aux urnes et vous n’hésiterez plus un instant à voter en masse pour notre liste dans l’intérêt supérieur de notre cher pays, afin de nous permettre de poursuivre sans relâche le bon combat, dans l'honneur et la dignité, contre les abus et les iniquités d’où qu’ils viennent pour toujours plus de justice sociale, plus de bien être matériel et moral, plus de démocratie vraie sur notre sol.
Nous restons confiants en votre esprit de compréhension, en votre clair bon sens.
Vive la Guinée en l’Union française I Vive la République une et indivisible 1
Mamba SANO, Maurice MONTRAT, Far au TOU RÉ,
Député sortant. Conseiller de FUnion française. Médecin africain.