‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 67 sur 244 · ILLE-ET-VILAINE · texte numérisé non relu

ILLE-ET-VILAINE

Liste du Rassemblement du peuple français . .

Liste d’Union M.R.P., P.R.L. et Républicains indépendants .

Liste indépendante des Républicains d'action .

Liste d’U. R. R. et antifasciste .

Liste du R. P. F .

Liste d’Union M. R. P., P. R. L. et Républicains indépendants .

Liste du Parti socialiste S . F . I . O ....

M. Pierre de Benouville (R. P. F.).

M. Pierre-Henri Teitgen (M.R.P.) .

M. Guy La Chambre (R.I.).

M. Emmanuel d’Astier de la Vigerie

(Rép. prog.)

M. Francis Samson (R. P. F.).

M. Alexis Mehaignerie (M.R.P.).

M. Albert Aubry (S.F.I.O.).

Liste du Rassemblement du Peuple français. '

( Apparentée à la Liste indépendante des Républicains d’action investie par le Centre national des indépendants.)

Electrices, électeurs,

A un moment solennel de la vie du pays, nous venons, face à la nation, prendre les engagements qui guideront notre action demain.

La France est menacée. Des forces redoutables s'affrontent dans le monde d’aujourd’hui. Notre pays doit contribuer à maintenir la paix, refuser d'être submergé par le flot soviétique. Pour cela il nous faut changer, il nous faut construire.

Que devons-nous changer?

Le désordre et la gabegie de l'Etat ; la faiblesse gouvernementale qui, dans l'imposisibilité d’équilibrer le budget et d'obtenir la confiance des épargnants, entraîne par l’inflation’qu'elle déclenche la montée constante des prix, c’est-à-dire la misère des salariés, des pensionnés et des économiquement faibles et écrase les producteurs sous l’impôt.

Nous devons mettre fin à l'antagonisme entre les classes ; aux querelles également périmées de l'écolejibre, de l’amnistie ; à la menace que font peser sur la France et l'Union française, l'insuffisance de notre défense nationale et la défense qu'entraîne cette insuffisance vis-à-vis de nos alliés.

La réélection des partis, ce serait la continuation de cette impuissance et de cette division. Le péril communiste deviendrait alors insurmontable. Or, la victoire des séparatistes ferait de tous les Français des serfs. Ils devraient subir la tyrannie d'une bureaucratie économique et administrative, La dictature policière régnerait de Brest à Moscou, La guerre deviendrait alors inévitable; la guerre, c'est-à-dire la destruction par les bombes américaines, l'installation soviétique sur les côtes de France appelant automatiquement la même parade que l'installation des Allemands sur ces mêmes côtes en 1943-1944, Notre civilisation s'enfoncerait dans la nuit.

Pour éviter cela, nous devons construire. Que devons-nous construire?

D'abord un Etat solide. Pour cela, d'une Constitution remaniée sans délai doit sortir un exécutif qui gouverne, contrôlé par un Parlement qui fasse les lois ; les pouvoirs étant séparés et non point comme à présent confondus dans les partis ; l1 arbitrage national du chef de FEtat ayant à y veiller et au besoin à consulter le pa}'s.

Ainsi et ainsi seulement pourront être assainies les dépenses de l'Etat, Par là et par 1 appel à l’épargne sera réalisé l’équilibre du budget, sans fiscalité excessive, condition indispensable de la stabilité des prix. La stabilisation de la monnaie deviendra possible*

L Etat ainsi renforce devra mettre la nation en condition de se défendre contre tous les périls :

Contre le péril extérieur, par une défense nationale rénovée^ adaptée aux besoins modernes., conjuguée avec les délenses voisines, tout en conservant l'autonomie nationale nécessaire ;

Contre le péril intérieur qui vient de la lutte des classes, en réalisant l'apaisement social qu'apportera l’association entre actionnaires, cadres et travailleurs; tous les producteurs devant être intéressés directement au rendement de l'entreprise.

Pour que cette grande réforme puisse se développer dans le climarnécessaire, les syndicats devront etre affranchis de la tyrannie des partis politiques.

Cette productivité renforcée servira à réaliser nos besoins essentiels : {'édification de logements neufs et la modernisation de la France.

A l'apaisement social doit correspondre l'apaisement spirituel, L'allocation-éducation, c'est-à-dire le bon scolaire, qui peut être appliqué sans délai, mettre fin à la querelle de 1 ecole libre. Une large amnistie votée aussitôt est également une condition nécessaire de l'apaisement national.

C'est en s'appuyant sur cette France rassemblée, rénovée et décidée que nous pourrons défendre l'indépendance nationale et l'intégrité de F Union française.

C'est ainsi que nous pourrons unir FEnrope autour de la France pour la consolidation de la paix pour la mise en commun des ressources du continent, Cest ainsi que nous pourrons peser de tout notre poids dans l'alliance du monde libre. Alors la force montante des démocraties permettra d'assurer la paix, l'élévation du niveau de vie de tous, le maintien de la liberté.

Pour atteindre ces objectifs, nous appelons le pays tout entier à s'unir autour du Rassemblement du peuple français et du général de Gaulle auquel nous devons déjà la libération de la France dans la victoire et la restauration de la République,

L’œuvre commencée ensemble en 1940 et que l’obstruction des partis avait suspendue en 1946, tous ensemble, du même cœur, nous allons pouvoir la recommencer demain.

Les candidats :

Général P. de BENOUVILLE

Compagnon delà Libération. - Chevalier de la Légion d’honneur. - Croix de guerre. Médaille de la Résistance, — Membre du Conseil de Direction du R, P* F, — Editeur,

Francis SAM SU N

Chevalier du Mérite agricole. — Agriculteur exploitant, — Maire de Ssint-Méloir-deÉ-Ondes, Président départemental de la C.G.À.,

Administrateur des Caisses des allocations familiales et des assurancee sociales.

Emile NEUMÀGER

Conseiller général. — Premier adjoint ati maire de tiennes, — Agent général d’assurances.

Adolphe DORGÈEE

Adjoint au maire de Vitré, «— Membre correspondant de la Chambre des métiers. Ancien vice -pré si dent de ladite chambre, — Artisan.

Edmond VILLORY

Ancien prisonnier de guerre, — Mutilé à 100 0/0* — Employé,

Henri RENARD

Médaille de la Résistance. — Membre de la Chambre de commerce de Saint-Malo,

Juge au Tribunal paritaire agricole. «— Industriel agricole, — Arboriculteur*

Andrée RÉCIPON

Chevalier de la Légion d’honneur, — Croix de guerre, — Médaille de la Résistance. Medal of Freedom, — Exploitante agricole.

Liste du Rassemblement du peuple français-

(Apparentée d la Liste indépendante des républicains d'action foltéftie pur le centre national des indépendants )* Françaises, Français,

La liste du Rassemblement du peuple français vous présente les objectifs qu’avec le général de Gaulle, elle veut atteindre pour le salut de la paix et la prospérité nationale.

Nous voulons :

l6 Un Etat juste et fort, ce qui ne veut pas dire un Etat intervenant partout, mais bien un Etat dont le chef échappe aux combinaisons partisanes et préside vraiment à la vie de la nation. Pour cela, un tel chef doit avoir le moyen de recourir, dans certains cas, à la décision du peuple, par exemple par un referendum.

Donc, mie Constitution nouvelle assurant la séparation des pouvoirs et une loi électorale permettant effectivement aux électeurs de choisir leurs élus ;

2* Un Gouvernement responsable et cohérent, qui ne soit pas, comme aujourd’hui, responsable devant les partis, mais devant le Parlement;

3° Deux Assemblées qui s’équilibrent, — Or, aujourd’hui, on en compte quatre, Deux Chambres suffiraient, mais encore faudrait- il qu’elles soient nanties l’une et f autre de prérogatives eflieaces : initiative des lois, vote du budget, contrôle de l’exécutif. La seconde Assemblée devrait être formée de trois sections assurant la représentation des circonscriptions locales : départements et communes, celle des éléments économiques, sociaux et intellectuels, celle des territoires divers de l1 Union française ;

4o Un pouvoir judiciaire indépendant. — La Constitution actuelle soumet en effet 3e pouvoir judiciaire aux partis. Le Conseil supérieur de la magistrature qui intervient dans la nomination et le contrôle des magistrats, se trouve composé de 14 membres, dont quatre seulement sont élus par le corps judiciaire. Le reste dépend des partis* li faut modifier le mode d’élection de ce Conseil, le séparer de l’exécutif et du législatif si l’on veut assurer la vigueur du pouvoir judiciaire ;

5° Une administration rénovée. — L’actuelle administration souffre de l’ingérence des dans. partisans (à commencer par les communistes) et de Fabsence de coordination. Dans certains cas, elle doit être décentralisée (pour la gestion des collectivités locales par exemple), dans d autres, au contraire, elle doit être centralisée ;

G* Une fiscalité moins lourde. — Il faut réduire les impôts indirects qui pèsent si lourdement sur la production et font monter les prix (En 1938, ces impôts indirects rapportaient 29 milliards à FEtat, aujourd’hui ils lui rapportent 1.300 milliards, c’est-à-dire qu’ils ont augmenté 40 fois). Il faut orienter l’ensemble du système fiscal vers le développement de l’épargne ;

7° Une sécurité sociale moins onéreuse et plus directe. — En faisant rentrer celle-ci dans le cadre du Ministère de la Santé publique, en reconstituant pour les petites maladies les anciennes mutuelles, la Sécurité sociale : 1" pourrait couvrir intégralement les frais de maladies graves et de longue durée ; 2° permettrait — ses charges étant moins lourdes — — de réduire le montant des cotisations et d’améliorer ainsi les salaires ;

8 La réorganisation des entreprises nationalisées. — ■ Les entreprises qui ne sont pas d intérêt public et ont été nationalisées du fait de la guerre, doivent être rendues an secteur privé. Les autres doivent être complètement réorganisées : 1» en dépolitisant les conseils d’administration; 2° en modifiant leur structure; 3" en rendant leurs ■administrateurs autonomes et responsables ; 4° en intéressant les travailleurs à la marche de leur service par l'association ;

94*Des entreprises privées où les travailleurs seront associés. — L'association du capital et du travail permettra d’améliorer la situation de l’ouvrier et d’accroître la productivité française pour le plus grand bien de tous ;

10° La modernisation de l’agriculture. — Une politique d’exportation efficace, l’abandon des importations incohérentes et injustifiées de denrées déjà produites en France doivent relever notre agriculture. II faut aussi un crédit élargi, un plan de modernisation des campagnes, l’électrification, l’adduction des eaux et l’amélioration de l’habitat rural. La juste rémunération de la production doit être assurée par Tinterprofession organisant les marchés et la propriété doit être défendue;

11° L allocation-éducation, — Les parents ont le droit et le devoir d’envoyer leurs enfants à l’école de leur choix. Dès lors, il est insensé de penser que les deux millions d enfants qui fréquentent I école libre sont à la charge de celle-ci, qui est sans ressources, alors que le budget scolaire prévoit leur entretien dans les établissements publies où ils né vont pas. Par conséquent, il est nécessaire de doter chaque père de famille d’un bon allocation-éducation qu’il aura le droit de remettre à l’école à laquelle il confiera son enfant et qui percevra ainsi les ressources qui lui sont nécessaires ;

12“ Le renforcement de l’Union française. — L’évolution sociale et politique des habitants d’outre-mer est liée au développement économique des territoires. Des centres de formation professionnelle doivent être créés, un plan économique doit stimuler la production. La condition des travailleurs peut être améliorée par des mesures sociales. Enfin,

1 Union française doit être pourvue d’une organisation constitutionnelle de caractère fédératif, assurant l’autonomie administrative, économique et culturelle de chaque territoire.

Si vous votez pour les sortants, sachez bien que le désordre, l’anarchie et la misère vont continuer.

Pourquoi des hommes qui pendant quatre ans ont été incapables de mettre sur pied un programme de gouvernement, pourraient-ils s’entendre demain, après les élections où ils ne s’unissent que pour sauver leurs sièges?

Françaises et Français,

Le communisme c'est l'esclavage*

Le régime des partis c’est l'impuissance.

Entre ces deux extrêmes votez pour le Rassemblement du peuple français. Donnez sa chance à la France*

Vu :

Les candidats.

Liste d'union M*R.P.S P.RX, et Républicains indépendants

La sauvegarde de la paix intérieure et extérieure ;

Noire commune intention de défendre les libertés familiales, scolaires et professionnelles ;

Notre volonté d’assurer pleinement la j ustice sociale ;

Les vœux exprimés par un très grand nombre de nos concitoyens de voir se réaliser l’union que réclame une politique de stabilité et d’efficacité;

nous ont fait un devoir de constituer, en toute indépendance et en toute clarté, une liste commune (M.R.P., P*R*L,, Républicains indépendants} dont voici le programme général, loyalement exposé.

Politique économique , agricole , sociale, commerciale et artisanale*

Les ruines de la guerre, qui se chiffraient en 1946 à 8,000 milliards de francs, î’urgente nécessité d’outiller et de moderniser notre industrie et notre agriculture, abandonnée jusqu’en 1939, ont obligé la France, depuis la Libération, à un immense effort de reconstruction et d’équipemenL

Déjà les premiers résultats sont acqpis.

Nous voulons poursuivre cette politique d’expansion et de productivité, qui, seule, peut apporter à tous la sécurité et la prospérité; elle doit notamment permettre d’obtenir ;

Pour l'agriculture „

La garantie des prix essentiels; T augmentation des exportations de produits agricoles; le développement de l’équipement rural (électricité, adductions d’eau, chemins, etc.}, la restauration de F habita t ; la protection de l'exploitation familiale, l'application loyale des règles fondamentales du statut du fermage.

Pour les salariés :

Le maintien et l’amélioration de toutes les conquêtes sociales; l'élévation progressive des salaires, qui doivent augmenter avec la productivité de l'entreprise; la conciliation et l'arbitrage des conflits du travail.

Pour les sinistrés ;

L’application sincère de toutes les dispositions de la loi du 26 octobre 1946 ; l’mslitution du « titre de créance » au sinistre; rétablissement du plan de financement des dommages de guerre; P accélération du rythme de la reconstruction et de ses payements afin qu’elle soit terminée en 1960*

Pour l’industrie, le commerce et l'artisanat ;

L'abaissement des frais généraux ; la simplification des impôts; une meilleure justice fiscale; le desserrement de restrictions souvent injustifiables qui sont encore imposées au crédit.

Pour les vieux :

Une nouvelle revalorisation de la retraite des vieux et des rentes viagères*

Pour les victimes de la guerre et les anciens combattants :

La juste application des règles qui garantissent leurs droits*

Pot tr tous :

Une grande politique du logement par le développement des primes à la construction (système Bidault-Claudius Petit) et par l'institution de l’éparg ne-loge ment.

L'égalité, à réaliser par paliers, des régimes urbains et ruraux de sécurité sociale et d’allocations familiales, la suppression des abus et des fraudes étant rigoureusement poursuivie.

Le vote de la loi fixant les règles de la gestion et de P équilibre des entreprises nationales.

Libertés professionnelles, familiales et scolaires.

Profondément attachés aux libertés professionnelles, syndicales, mutualistes, familiales et scolaires nous voulons — - sans jamais opposer renseignement privé à renseignement public, qui méritent, Pun et l'autre, la sollicitude nationale — assurer l'existence des écoles libres et l'exercice pratique de la liberté d’enseignement*

Nous sommes résolus à demander et à obtenir, pour les écoles et les collèges libres, des exonérations fiscales, la liberté de subvention des collectivités locales, la participation de PEtat au payement des traitements des maîtres de renseignement privé.

Réforme constitutionnelle.

Pour renforcer l'autorité de l’Etat, pour assurer une plus grande stabilité au Gouvernement, pour faciliter le travail des assemblées parlementaires, pour moderniser notre administration,

Nous voulons, entre autres réformes :

— la suppression de l’exigence d’une majorité constitutionnelle pour la désignation du Président du Conseil,

— l’élargissement des pouvoirs du Conseil de la République,

— la priorité pour le vote du budget,

— le rétablissement du décret de clôture de la session parlementaire ,

— l’adoption d’une procédure simplifiée pour le vote des lois déjà approuvées en commission à une forte majorité.

La paix.

Nous la considérons comme le bien le plus précieux :

À 31intérieurî nous défendrons la paix, en nous opposant, non seulement aux sabotages communistes, mais aussi à toutes Violences et à toute aventure qui, provoquant la reconstitution du Front populaire, rendraient au Parti communiste les chances qu'il a maintenant perdues,

A l’extérieur, nous défendrons la paix, face à la menace soviétique :

— en soutenant nos vaillants combattants d'Indochine et de Corée;

— en consentant à l'effort nécessaire d’armement ;

— en bâtissant aussi l’Europe Unie et en développant, dans le cadre du Pacte Atlantique, la solidarité des peuples libres, sans jamais négliger pour autant îa moindre chance de négociations pacifiques avec la Russie et la Chine.

C'est pour servir cette politique que nous voulons l'union, Fanion pour la justice, 3a liberté et la paix.

Vive la France I

Vive la République !

P. -FL TEITGEN

Député sortant.

A, MEHAIGNERIE

Député sortant,

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