‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 90 sur 244 · LOIRET · texte numérisé non relu

LOIRET

Liste du R. G. R. du Loiret . . M. Pierre Dézarnaulds (R. S,)

M. Pierre Chevallier (ILD.S.R,).

Liste du M.R.P . - . M. Pierre Gabelle (M.R.P,)*

Liste du Parti socialiste S, F ,1.0 . M* Pierre Segelle (S, F. LO,).

Liste du R, G. R. du Loiret ..,,*. . . . , M. Pierre de FéUce (R. S,),

Union du rassemblement des gauches républicaines du Loiret,

En 1946, les électeurs du Loiret ont affirmé sur les noms des docteurs Dézarnaulds et Chevallier le succès du Rassemblement des gauches républicaines. Ayant obtenu 20.000 voix de plus que les autres listes républicaines dans notre département, le R, G. R. est donc le lieu de ralliement utile et nécessaire de tous ceux qui veulent défendre à la fois la patrie et la liberté.

Tout justifie ce renouveau de confiance que vous lui accorderez. L’union des radicauxsocialistes et de l’U*D,S,R. a porté ses fruits. Elle a été réalisée, dans ce département, par deux hommes également fidèles à une République laïque et tolérante, largement ouverte à tous les progrès sociaux, par deux hommes conscients de la gravité de l'heure, assez indé^ pendants enfin pour ne pas tolérer que les droits de la personne humaine soient soumis à des mots d’ordre massifs.

Depuis cinq ans bientôt, nos deux élus ont lutté côte k côte, face à la crise Arès grave qui fait notre angoisse à tous.

En effet, La paix du monde est en grand danger. Sur des fronts lointains, ^impérialisme agressif du communisme russe a déclenché la guerre. Encore localisée, la catastrophe risque de s'étendre* L’Europe se sent directement menacée. Si la puissante armée rouge se ruait sur les nations occidentales, ce serait l’invasion, l'occupation, la fin de nos libertés, la destruction d'une civilisation, La plus barbare, la plus policière, la plus mortelle des tyrannies régnerait sur nous* Une génération tout entière serait anéantie*

A l’intérieur des nations ainsi menacées, une cinquième colonne, aux ordres de Moscou, cherche à saboter la défense nationale, à compromettre le relèvement économique, à miner partout le régime pour préparer la dictature des Soviets*

C’est pourquoi, dans le monde entier comme en France, à Paris comme dans la moindre commune du Loiret, F ennemi nù t est le parti communiste. C’est à cause de lui que nous avons accepté, dans le cadre d’une loi électorale d’ailleurs discutable, l’apparentement avec tous les partis républicains et démocrates contre la poussée des extrêmes.

Car le communisme n’est pas le seul danger.

À la droite de l'opinion, un homme qui fut le symbole de la libération française s'est laissé aller à des rêves de pouvoir personnel. À la tête d’un parti qui s'inspire des principes bonapartistes, il menace lui aussi les institutions démocratiques. Son succès risquerait d+ amener la guerre civile et servirai t, en fin de compte, les projets de Staline.

L’impuissance parlementaire dont nos élus ont été les premiers à souffrir est due à l1 obstruction des agents de l'étranger. Elle est due aux erreurs d’une Constitution contre laquelle Dézarnaulds et Chevallier avaient d’ailleurs voté. Elle est due aux méfaits du scrutin proportionnel qui rend les assemblées ingouvernables et livre les démocraties à la décomposition. Nos deux représentants (notamment le député-maire d'Orléans qui a défendu son propre projet à la tribune de l'Assemblée), ainsi du reste que Pierre de Félice au Luxembourg, ont réclamé en vain 3e scrutin d'arrondissement, seul conforme aux aspira™ lions et aux intérêts du pays.

La tâche est lourde. Dézarnaulds et Chevallier, au cours de ces quatre ans et demi, ont participé à l'effort d'assainissement. Ils ont été de ceux qui ont permis d’éliminer les communistes du Gouvernement, de stabiliser l'Inflation, de redonner à la France les moyens de se défendre, dans le cadre du Pacte Atlantique. Ils ont affirmé la volonté de voir fonder rapidement Punifé européenne, dont Pierre de Félice s’est fait, à Strasbourg le champion inlassable, et qui est le seul moyen de résoudre les problèmes économiques et sociaux dont nous sommes obsédés, d'assurer l'indépendance de l'Occident et 'la paix générale.

Mais de grandes réformes restent à accomplir :

La réforme de la Constitution, indispensable au fonctionnement normal du régime.

Une réforme du statut des entreprises nationalisées, auxquelles il faudrait permettre a l’épargne privée de participer.

Une réforme administrative, qui rendrait à nos services publics l'autorité et l'efficacité qu'on leur a fait perdre dans l'incohérence d'une bureaucratie coûteuse et mal conçue. Cette réforme concerne notamment la sécurité sociale dont le principe est excellent. Le sort des vieux travailleurs et des familles nombreuses, la santé publique sont pour nous, comme pour les docteurs Dézarnaulds et Chevallier, bien placées comme médecins pour connaître la souffrance humaine, un souci constant et primordial. Mais le système actuel coûte trop cher. Le pays ne saurait être écrasé sous des charges qui dépassent ses moyens. Ces charges pèsent en fin de compte sur les épaules de tous les travailleurs à qui l’on retire d'un côté ce que ion donne de l'autre. Elles handicapent au surplus la nation sur le marché mondial.

Une réforme fiscale ensuite. L’impôt dévore l’impôt. Nous ne sommes pas de ces démagogues qui promettent de supprimer les contributions. Mais nous voulons que l’effort demandé à tous les citoyens soit équitable et qu'il ne paralyse pas l'économie de la France. Il faut que le taux des impôts soit diminué. Il faut une organisation du crédit pour faciliter la trésorerie des entreprises. Nous demandons en outre la suppression des droits de succession entre proches (mari et femme, parents et enfants). Nous voulons enfin que l'argent du peuple ne soit pas gaspillé en dépenses inutiles.

Un plan d'acüon agricole s'impose, La parité entre les prix industriels et les prix agricoles doit être établie, Gest en augmentent la production et en diminuant les frais d'exploitation qu'on obtiendra des cours plus rémunérateurs. L'équipement des campagnes sera poursuivi : électrification des écarts (déjà commencée grâce aux efforts de Pierre Dézarnaulds et Claude Lemaître au Conseil général), adduction d’eau, habitat rural, etc.

Entre les trusts et la démagogie, il appartient aux forces démocratiques de gauche, à ceux qui veulent la liberté sous toutes ses formes et dans toutes ses conséquences, de rappeler le pays au bon sens. Le Rassemblement des gauches est seul capable, c’est l'évidence même, de fournir demain à la démocratie son pivot gouvernemental. Les traditions républicaines les plus àûres, le désir le plus ardent, mais aussi le plus raisonnable d'émancipation, ne peuvent être bien servis que par lui.

Voilà pourquoi il faut lui assurer le succès qui, dans ce département comme ailleurs, pourra sauver la France du naufrage. Tous les travailleurs, tous les éléments vivants de la

nation* ceux qui produisent* ceux qui ont épargne et qui voient chaque jour s amenuiser un avoir péniblement gagné, bref tons ceux qui se sentant menaces dans leur existence uniront leurs suffrages pour affirmer la victoire du R, G, R. Ils auront ainsi concouru à cette oeuvre urgente dont dépend notre salut-commun ;

— Faire l'Europe sur des bases démocratiques ;

— Rendre à la France sa santé morale, économique et sociale ;

— Remettre de Tordre dans les affaires publiques ;

— Sauver la liberté humaine.

Vive la France I

Vive la République I

Vive le département du Loiret I

La Fédération radicale et radica le-socialiste du Loiret,

Le Comité directeur de FU, D, S, R. nu Loiret,

Le Rassemblement des gauches du Loiret.

Docteur Pierre DÈZARNAULDS*

Député sortant. — Ancien ministre.

Président du Conseil général du Loiret. — Maire de Gien,

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