‹ Recueil des traites, conventions, actes, notes, capitulations et pieces diplomatiques concernant la guerre franco-allemandeChapitre 6 sur 89 · LB COUTE DH BISMARCK A U. JULES FAVRE · texte numérisé non relu

LB COUTE DH BISMARCK A U. JULES FAVRE

{Télégramme,) Versailles, le 2 mars 4874, 7 b. 50 matin.

Pour effectuer la ratification du Traité, il sera indispensable de dresser un acte authentique reproduisant le texte du Traité et revêtu des signatures de M. Thiers et des personnes que T Assemblée nationale aura autorisées à signer pour elle.

Je vous prie de bien vouloir télégraphier au président du Pouvoir exécutif pour qu'il vous fasse tenir ce document et de me le remettre.

Je tiens à votre disposition l'acte de ratification pareil, signé par S. H. l'Empereur.

Signé : Bismarck.

JS» 1142.

M. JCLEb FAVRE AU COMTE DE BISMAUCE.

[Télégramme.) Paris, le. 2 mars 4874, 40 h. 40 matin.

A midi et demi, j'aurai Thonneur de remettre à Votre Excellence le proeès-verbal régulier de la ratification du Traité. Je la prie de vouloir bien me faire l'honneur de me recevoir.

Signé : Jules Favre.

LE COMTE DE BISMARCK A M. JULES FAVftK.

(Télégramme.) Yersailles, le t mars 4874.

Il est urgent de régler révacuation prévue dans le Traité préliminaire par une entente affable entre les autorités militaires respectives. Je prie, par conséquent. Votre Excellence de vouloir bien désigner bans retard des officiers français supérieurs qui aient à se mettre en rapport à cet effet avec Tétat-major général de Tarmée allemande.

Je vous attends, conformément à votre télégramme d'aujourd'hui.

Signé : Bisma&gk.

PROCLAMATION DE M. BRNBST PICARD AUX HABITANTS OK PARU, AO 8UIBT OK LA PRK8BNCB DBS TROQPBS PRUSSIBNMSS DANS L'iNTB- RIBUB DE PARIS.

Paris, le 3 mars 4874,

L'armée allemande a évacué ce matin à onze heures les quartiers où elle avait pénétré. Pendant son séjour, la tenue de Paris a été audessus de tout éloge ; partout, les lieux publics, les établissements industriels^ les magasins des commerçants se sont fermés spontanément.

Des cordons de ligne et de garde nationale, soigneusement disposés, ont formé, entre les troupes allemandes et la population, des frontières provisoires qu'ils ont fait respecter.

Les occupants laissés à eux-mêmes, ont pu comprendre que, si le droit succombe parfois devant la force, il n'est pas si facile de dompter les ftmes, et que la torture de la guerre ne domine pas seule lo monde .

Nous devons un juste tribut de reconnaissance aux habitants des arrondissements qui ont supporté la présence de l'étranger ; ils ont racheté leurs concitoyens, préservé la cité de malheurs imminents et conservé Belfort à la France.

Les municipalités du8«, du 16* et du 17« arrondissement ont fait

leur devoir avec autant de zèle que d'abnégation. Paris n'aura jamaia assez de respect pour ces magistrats dévoués, qu'il trouve auprès de lui à toutes les heures de danger et de douleur.

Le Gouvernement de la République les remercie; il comptera toujours sur eux, comme il compte sur la population, pour faire que Paris reste Tune des premières villes du monde.

L^ ministre de Vintérieur^

Signé : Ernest Picard.

N* li45.

LE PRINGB OR MBTTERNIGB AU COMTE DB BBUST, A BORDEAUX.

(Télégramme.) Bordeaux, le 3 mars 4874.

M. Thiersm'a donné à entendre, en termes fort courtois, qu'il serait

charmé de me voir continuer à représenter notre auguste maître. Il

est désolé de la démission de M. de Rémusat. il m'a prié de faire

ses excuses à l'empereur et de vous dire qu'il s'occupe activement

de nous envoyer un personnage digne des relations qu'il tient à éta*

blir avec nous .

Signé: Mettbrbigh,

LE COMTE DB BBUST AU PRINCE DE MBTTBRNICH^ A BOBOBAUX.

Vienne, le 3 mars 4874 •

Le comte de Mosbourg m'a donné lectured*une dépêche par la-* quelle il est chargé de notifier ici l'installation au pouvoir du gouvernement constitué en France par TAssemblée réunie à Bordeaux.

J'avais déjà prévenu Votre Altesse, par ma dépêche du 20 février dernier, que nous voulions nous empresser de reconnaître le nouveau gouvernement afin de donner à la France une preuve de nos sympathies amicales.

Les événements qui se sont passés depuis ne font que nous confirmer dans cette résolution. Aussi, sans attendre l'arrivée à Vienne (l'un représentant officiel de la République française, je vous envoie

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dès h présent les lettres par lesquelles S. M. I. etR. Apostolique vous accrédite comme son ambassadeur extraordinaire auprès de la République française.

En remettant ces lettres au chef du Pouvoir exécutif^ Votre Altesse voudra bien lui exprimer, en notre nom, combien Terape^ur et roi, notreauguste maître, et son Gouvernement ont à cœur d'entretenir les relations les plus cordiales avec la France. Ce sentiment est loin d'être altéré par les circonstances actuelles. Nous tenons trop à ce que la France garde son rang accoutumé parmi les nations européennes, pour ne pas lui témoigner, dans un moment d'épreuve, des égards particuliers et une constante amitié.

Nous serons heureux d'aider, autant que cela sera en notre pouvoir, le nouveau Gouvernement de la France à réparer les maux qu'une guerre aussi désastreuse a causés au pays. Nous avons, de plus, le ferme espoir qu'une habile direction des affaires, jointe aux immenses richesses que possède le peuple français, saura bientôt rendre à la nation la force et la prospérité que nous lui souhaitons.

En ce qui nous concerne, nous rechercherons, comme par le passé, à établir la meilleure entente avec la France dans les questions de politique européenne qui viendront à surgir. Nous nous félicitons de voir dès aujourd'hui un représentant de la France participer au règlement des affaires qui occupe la Conférence de Londres. Sans cette coopération, nous n'aurions pu regarder comme tout à fait satisfaisante l'œuvre des plénipotentiaires, et nous croyons que c'est un fait de bon augure pour l'avenir de voir l'importance qu'on attache^ même maintenant, à s'assurer de l'assentiment de la France dans une pareille question.

M. Thiers, je le répète, peut donc entièrement compter sur les bonnes dispositions qui nous animent tant envers lui personnellement qu'envers le pays qu'il gouverne. Nous ne demandons pas mieux que de les prouver à l'occasion, et j'espère que le Gouvernement français, de son côté, nous témoignera la confiance que méritent nos sentiments.

Veuillez vous énoncer dans le sens de la présente dépêche, dont Votre Altesse pourra d'ailleurs donner lecture à M. Thiers ainsi qu'à M. Jules Favre.

Recevez, etc.

Sioné: Beust.

DOCUMENTS BIPLOMÂTIQUSS 4S

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