‹ Recueil des traites, conventions, actes, notes, capitulations et pieces diplomatiques concernant la guerre franco-allemandeChapitre 7 sur 89 · A BORDEAUX · texte numérisé non relu

A BORDEAUX

{TèlégramTne). Paris, le 4 mars, 4 h. du matin.

Si vous avez une division prête, envoyez-la moi, car un mouvement insurrectionnel sérieux s'organise publiquement. Les gardes nationaux de Montmartre, La Chapelle, Belleville, Mouflfetard désarment les gardiens de la paix, pillent les munitions et canons de rempart. L'effectif est trop faible pour attaquer ou protéger efficacement.

Signé: Yinot.

M. TBiBRS A M. JULES FAVRE ET AU GÉNÉRAL VINOT.

(TéUgramme.) Bordeaux, le 4 mars 4874, 4 h. matin.

Le général d'Aurelles de Paladines est parti hier, et doit être à Paris maintenant.

Trois divisions, représentant 35,000 hommes, sont en marche sur Versailles, les unes par Nantes, les autres par Chartres.

Obtenez l'évacuation de Versailles; l'Assemblée ne voulait pas revenir à Paris et ne le veut pas encore, mais elle ira, s'il le faut, à Versailles, tout en préférant Fontainebleau. Or nous ne pouvons pas nous séparer d'elle sans de grands périls pour elle et pour nous, et sans manquer à tous nos devoirs.

Lorsque les événements seront plus clairs^ nous la ferons partir et nous la suivrons. Nous allons vous renvoyer Picard et un ou deux de nos collègues.

Signé : Thiers.

AHCH. DIPL. 1873. — L

46 DOGtJMENTS DIPLOMATIQUES

M. lULR» PAVRB AU COMTE DE BISMARCK.

{Télégramme.) Paris, le 4 mars, 44 ^. matin.

Paris est menacé d'une grave collision. Les désordres de pillage de munitions et d'attaques de postes, qu'ont amené les excitations de quelques agitateurs, au moment de l'entrée des troupes allemandes, continuent et s'aggravent.

Le général Vinoy est impuissant, n'ayant qu'une division ; il a fait demander du secours au ministre de la guerre à Bordeaux. Celui-ci lui répond qu'il lui envoie des troupes du Havre, de Cherbourg, de Laval, de Poitiers, de Châteauroux, de la Rochelle; elles parcourront les lignes de l'Ouest-Normandie^ l'Ouest-Bretagne et l'Ouest-Orléans à Bordeaux et Âgen.

Je prie Votre Excellence de vouloir bien donner des ordres pour que le passage ne soit pas refusé aux trains qui les portent. J'ignore au juste leur effectif; il ne doit pas dépasser vingt mille hommes, qui, avec les douze dont nous disposons, formeront une trentaine de mille, chiffre inférieur à celui qui est stipulé dans la convention pour la garnison de Paris

Je reçois un télégramme m'annonçant que le gros des troupes vient par Versailles; je serais reconnaissant si Votre Excellence pouvait obtenir de l'état-major des ordres immédiats pour leur passage.

Signé : Jules Favbe.

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