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néreuse de sa puissance, une perspcctlvp. flalieuse du rétablissement de SCS libertés, de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité. Des citoyens vertueux , déterminés à préférer la moit à l'esclavage, ne balancèrent poiiit k adhérer à des vuer. aussi consolajîîes pour leur patrie; tandis que d'autres, retirés dans leurs foyers et cédant aux circonstances, n'attendaient qu'un instant favorable que tout leur présageait. La déclaration de la Cour de l'étersbourg assurait aux Polor^ais leur République, un gouvernement libre, l'indépendance nationale, et l'intégrité de leurs domaines. La paix et la liberté devançaient les bannières des troupes russes, qui entraient sur le territoiie de la République, en amies et en auxiliaires. Cependant, l'eirqiloi abusif des forces nationales, en opposant une résistance irréfléchie, lit bientôt gémir tout citoyen vertueux, à la vue du sang de ses frères prodigué indiscrètement.
Mais enfin le règne de l'erreur et du désordre disparut : un penchant de fraternité rapprocha tous les esprits. Le roi, l'armée, la nation entière, adhérèrent au nœud de la confédération, formée à Targowiça, le 14 mai 1792. Alors le trouble et la consternation firent place aux épanouissements de re«pé''annc et de la joie. Le calme rétabli dans l'intérieur, l'assistance d'un appui externe, la confiance motivée dans la justice de la cause, et dans la bonne volonté des voisins, tout concourait à écarter les inquiétudes : le caractère national interdisait toute idée de persécution. Aussi la personne et les propriétés des individus les plus conmis ]iar leur oj. position aux nucs s;;li;!aire.< delà confédération , furent-elles lesncctées; Les troui-'Cs russe"., cantonnées dans les diverses iirovinces, observaient partout une discipline exacte; et si j^ufois quelques citoyens curent à essuyer des vexations, ces avanies isolées, dont, au sein mémo de la i)aix, on nV-st pas entièrement à l'abri, de la i)art du soldat national, ne furent que l'ouvrage de quelques commandants subalternes , et se trouvèrent aussilèl réjirimées que coiiiiues.
l)éjà la conféi'.ération se croyait près d'atteindre son but; déjà ses travaux, lenilanl à la l'égénéralion du guuvcrneinent républic.iin, aliaii-nl as.surer la liberté du citoyen et allermir l'amitié cl Ki bnimc lj:irmonie avec les Llats voisins; déjà la
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République touchait au moment de goûlci-, an sein de la jiaix, les fruits du zèle actif des citoyens qui avaient eu le courage de saisir le timon des aiïaires, dans une crise difficile : la pureté de leurs intentions dévoilée lit disparaître les nuages de la prévention; et la nation attendait avec confiance le résultai des travaux entrepris pour la félicité publique.
Tel était l'état des choses en Pologne, lorsque' la dccJaraiion de S. M. le roi de Jh'usse vint glacer tous les cœurs d'effroi et de surprise. Les motifs y développés, de l'entrée des troupes prussiennes sur le territoire de la République, ne pouvaient manquer de faire naître des soupçons inquiétants dans resjirit du Polonais, aussi loyal dans son caractère qu'ouvert dans sa conduite.
Effrayé du ])rétendu i)rorjrh du dêmocralisvw cv Pologne, et plus encore, de la naissance des clubs deslincs à le projiagcr, le roi de Prusse, à la veille d'ouv)iri'.ne seconde campagne, n^a pas cru, est-il dit dans cette déclaration, devoir laisser derrière lui î<n ennemi doal il avait toul à craindre. îl a regardé, en conséquence, conune une précaution indispensable, de faire cnirer une partie de ses troupe; sur le territoire de la répuldique. Une corresi^ondance suivie entre les commandants militaires, les confédérations palalinaies, les magistratures civiles et la confédération générale, ayant mis celle-ci à môme de s'assurer qu'un calme paifait régnait d'un bout du royaume ù l'autre , toutes mesures de précaution cxtraorùinaii es lui avaient paru jusqu'à cejorir-l;i suj-erHues.
A la vue de !a déclaration de S. M. prussienne, quoique étonnée seulement des assertions y énoncées, et nullement convaincue de ia réalité de leur oi^jet, la confédération générait^ avait satisfait à tous les égard.s (ju'cllc croyait dûs à son voi.sin, <'i un ami, à un allié. Klle déclara dans sa réponse « qu'aucune espèce d<'. iroutOe ne se manifestait dans le pays, que tous les clvbs rcvolulionnaii-rs y étaient jnoscrits; (ju'au reste la force ]uil.li()Ufi, ajijuijéc de la juésenco des troujies russes, él.ul jilus que suilisante j)0ur ré|irin,er tous les mouvements. » Klle demandait tu conséquence h S. M. prussienne» de révoquer les ordres (Kuwiés pour l'entrée d'un cor|ts de ses Irouiies sur le lerritoije de h llép.ubliqne. » V.n suite de celte réponse, la
conic(]i5râtion gûi^rale , ôAiévaul plu'ôt à rinqii:;itn(!ti m:im- n-
fcstée de S. M. ht roi de j.'russft, qu'à la réalité du beûOic, a îr>
envoyé des ordres ]jn'cis h tous les corps de troupes de fie tenir toujours prèb- ù se porter pa.rlout où le moindre indlrc de pc
fermentation pourrji.it exiger leur présence. q:
Ces déniarchcy elieetuées ne laissaient aucun doute à. la con- <3f
fédéroiion géné]-ale, à la nation entière, que S. M. pnisFienne. -v.
rassurée par tan- de motifs, feinit arrêter îa 'ijarche de ses (\-
troup'es. Cette défétcnce paraissait également analogue aux !-y
lois du bon voisinage eî à la dignité d'une naiion libre. Cepen- P
dant, nonobstant toutes ces assurances solennelles, nonobslanî v
l'évidence des faits aliégaés poi:r les appuyer, l'armée prus- J"-
sienne avanea, et un de ses détacnenienls parut sous les murs V
de Tborn ; ses habitants, iidèles à leur devoir, lui ayant refusé *
l'entrée, essuyèrent une attaque ouverte; les canons furent braqués, la porte enfoncée, ia garde municipale délogée de ses ' postes; et une ville sans défense offrit le spectacle d'une place ^ emportée d'assc'ut : les régiments prussiens y tirent leur entrée, en remplissant î'air de cris de joie. Aucun soldat de la [lépubbqiif». n'éiait là pour opposer une résistance : la ville se reposait de sa sûreté sur la ici publique, et celle-ci fut viob'-c. A la même époque, diilereiits détacbcments polorjais, répartis dans la Gniridc-i^ologne, se trouvèrent assaillis et délogés de leurs postes par des forces supérieures.
Pleins de confiance dans des engAgen)cnls solcnvK is, dans la religion des traités, pouvions-nous jamais croiic avoir à redouter des surprimes, ou une viob-nce ouverte là où tout devait nous .irarantir de ne trouver que de l'amitié et des secours? aussi le peu de troiqv.'s caiitonut'us sur C(:tte froutière, n'ayant d'autre dcslinatif.'n que de surveiller la tranquilbtc inleiicure, loin d\)Uo snnis.inir.ient armées on guerre, étaient même dépouj vues de canons.
)a baute idée que imus ;iuus S'jmrnes forniée de la justice et de la magnanimité de .S. M. lu roi de l'russe, nmn i il toujours notre attente qir.ice prince, éclairé ])nr notre répou.<^o, arrêtera IcL- suites de sa jiremièrc jés(duti('ii; rpi.,-, bioi Icin tle vouloir donner de l'apiaii a la violation déjà ellcctuée du leiritoirî Pob.nais, il aiu.: i lu! i! à rreur de convaincre la naiion p'olo-
iiBbniri
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naise de sa cr-nslanle bionveitlanco , en faisant évacuera ses troupes les domaines de la ilcnubiiqne.
Nous reposant sur la borit6 de noire cause, nous n'avons point à craindre aucune espèce de prétentions k la cluuge de quelques parties des Ktals de la Réiuibliquc, garantis par tant de Irailés, et notamment par celui de 1775 qui lie S. M. prussienne, comme les deux autres Cours voisines. Fidèles en conséquence à nos serments, fidèles à notre attachement aux prérogatives antiques de nos ancêtres, lidèîes à notre vocation, nous protestons de la manière la {lius solennelie, à la face de l'univers, cojilre toute usurpation de la moindre partie des Etats de la Piépubliquc. Nous déclarons iiaulement que nous n'entrons pour rien, ni en aucune manière, dans tel concert que ce soit, tendant à la détraction de quelque portion de domaines polonais; qu'au contraire, nous soinuîes luéls à sacriller jusqu'à la dernière goutte de notre sang à la défense de notre liberté, et de l'intégrité de noire territoire.
Nous espérons, au resie, que les deux Cours impériales, liées par une garantie, deménîe que toutes les puissances, par une suite d'une communaulé d'intérêt national, ne verront point d'un œil indilléicnl l.i. violation manifeste du droit des gen--, des atteintes graves portées à ia tranquillité d'un Ktat voisin et ami , ainsi que ^in^asion ouverte de ses domaines.
Nous attendons surtout que l'auguste souveraine en qui nous avons placé toute notre confiaiice, et qui, à la face de l'Europe, nous a voué sa bienveiliance, ne laissera j)oini faiblir, l'éclat de sa renommée, et trouvera plutùl analogue à sa grande Ame d'ajouter à cette foule de faits mémorables qui l'ont immortalisée, celui non nu-ins gioiicux de iirèler, dans des momenls criti(iups, un(! Jiiain secoural/ie à une nation libre, digne, à tous égards, d'(îX(itcr i'inli'réî géïK'! a!.
l'^n manilèslant aussi toute la pureté de nos iiil{Mitions, nous déclarons cnlin qu'aucune autre vue n'anime i!Os etforls que celle de Iransmctlre h nos ni:vi>ux ur,o répuhliijue bien organisée, lihi'C et indépendante, il que celle républiijue (pie nous aurons r('gén(''n'e , ou nous la < onserverons intègre, ou aucun de nous ne survivra à son désastre.
r.>i..>:-^i>.>-.:i:>-,>.j^--.i>.>.<:^jit-:.i;--- . - ,.;--, ^ — ^-.~-.;- ,-> ■-^..rrj.'Tmr'aar"-"^ ■'Hj'-Vi''r'i^^'M^,TTi,,> -
Fait à Grodno, à la séance do la confédération générale des deux nations, le 3 février 1793.
S!anisJas-Félix Pclorki, grand maîlre d'arlillcriect ma-
réclial de ]a confédération générale de la couronne.
Alexandre, prince Sapicha, grand chancelier de Lillnia-
nie et maréchal de la confédération du grand-duché
do Li{hiianie.
Manifeste du roi de Prusse en s'cmparanldc la ville de Danizig.
Berlin, i'i février 1793'.
Les ménias raisons qui ont ol.)îigé S. M. le roi de Prusse à faire occnper un disîrict de la Grande-Pologne par un de ses corps de troupes, lui imposent aussi la nécessité de s'assurer de la ville de Dantzig et de son territoire. Sans parler des dispositions hosliles que cet(e ville entretient contre la Prusse depuis une suile d'années, elle est devenue actuellement un dos points de réunion de cette secte rebelle qui marche de crime en crime, et cherche à s'imjdanier, j)ar le concours pernicieux de ses adhérents et de ses affiliés. Un de ces maîf?j'te'jrs, après avoir, en vain, essayé de répandre le poison de sa doctrine au sein d'une nation heureuse et fidèle, a été publiquement reçu à Dantzig même, et et; n'e-^t qu'à force do remontrances qu'on a pu l'au-acher des mains de se^ défenseurs. Ce récent exemple, d'auties abus fréquents d'une libei té mal comprise, les relations intimes que les populations entreticiinciit on France cl en Pologne avec un parti qui, h l'aide de l'audace de ses principes, domine la majorité des citoyens l)ien intentionnés, et enfin, la facilité que trouve l'ennemi connnun h se procurer, grûce au secours de ses adhérents h. IJanlzig, des provisions de toute sorte, cl particulièrement du blé ; lelks sont les différentes circonstances qui ont ajqiclé l'allcntion du roi snr cette ville, et l'ont décidé à lin' imposer un frein nécessair(!, et à veiller à la sécurité et à la tranquillité d'-s provinces jjrussiennes limitro|dies. A ces lin.>^, Sa Majesté, aj)rès s'être entendue avee les puissances co-intérc?sées, u chargé .'^on lieutenant général M. de llaumer, d'occu]ier, avec un corjis de troupes suflisani, la vilh. et le terriloiie de