Oginski, Mémoires, t. II, p
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n'ont pas eu de part directe. à l'attentat commis contre notre i/ existence.
i;j 2" Que nous nous regardons dès ce moment, chacun en par-
||,; ticulier et tous en général ci-après soussignés, réunis par un
;.'iJ lien indissoluble. Qu'au premier appel de cette généreuse nation,
'; j" nous sommes prêts à tout sacrifier, biens, existence et tout ce
qui est en notre pouvoir; promettant de nous porter en masse
■ •: ou séparément partout oii, d'après un système combiné, notre
j >* présence sera nécessaire.
3° Déclarons en outre que nous reconnaissons notre députation établie à Paris, et les agents qui en dépendent, comme légalement constitués.
, 4° Comme les circonstances dans lesquelles nous nous trou-
^■^; vons et les précautions que nous sommes obligés de prendre
>'•/;! ne nous permettent pas de donner à cet écrit, par un plus grand
'^d nombre de signatures et par sa publicité, toute l'authenticité qui
pourrait le marquer au sceau de la volonté générale de la nation, nous répondons de toutes les autorisations que ces mômes circonstances nous empêchent de rendre publiques actuellement, et qui paraîtront aussitôt que nous pourrons donner à cet acte toute la publicité nécessaire.
5° De plus, nous nous réservons pour lors de donner une autre déclaration et d'exposer aux yeux de l'Europe entière tous les genres d'oppression que nous ont fait essuyer nos ennemis, r et la perfidie qu'ils ont mise dans l'infraction et la violation de j leurs traités. 1
É 6° Nous nous proposons en môme temps de réclamer l'appui
I .;'< ^^ toutes les nations qui, dans l'anéantissement de la nôtre, se
Èf trouvent menacées du môme sort par l'ambition démesurée de
f|| ces puissances, dont la politique consiste à se jouer des traités
' ' les plus sacrés.
En foi de quoi nous signons le présent manifeste, dont un exemplaire sera conservé dans notre protocole et l'autre envoyé j; ,| . et communiqué partout où besoin sera.... (Suivent de nombreuses
' 'I signatures.)
Conforme à l'original,
Fr.-Xav. Rym/iicwicz , général; Wladislas Jablonowski , nii colonel, députés de la Galicie.
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Lcltrc du citoyen Michel-Clcophas Oginskit rcpréscn-lant de l'cmvjra-
lion polonaise en Turquie, au général Bonaparle, commandanl en
chef t armée d'Italie, en faveur de la cause polonaise.
Conslantinople, ce 23 thermidor an IV, (10 août 1790'.) Citoyen général ,
S'il ne fallait qu'illustrer la gloire du nom français par des victoires et des conquêtes, s'il ne s'agissait que de vous rendre digne du titre de défenseur et de citoyen bien mérité de la patrie , et si votre ambition , citoyen général , se bornait à terrasser l'ennemi et à vous faire admirer et respecter de toute l'Europe, vous pourriez déjA mettre un terme à vos exploits et vous reposer à l'ombre de vos lauriers.
Votre carrière, aussi brillante que périlleuse, vous mériterait dès à présent une place distinguée à côté de ces hommes illustres dont les fastes de l'antiquité nous ont transmis la mémoire, et vous trouveriez dans le soin de votre patrie et de votre famille une bien douce récompense pour un héros qui n'a combattu que pourassurer la paix à l'Europe et consolider le bien-être, la gloire et la puissance de la France.
Mais il est encore, citoyen général, des soins bien dignes de vous : votre cœur, que les succès n'ont pas rendu sourd au cri de l'humanité souffrante, gémit sans doute au seul souvenir de tant d'êtres malheureux qui attendent encore leur salut de la France.
Quinze millions de Polonais , jadis indépendants, aujourd'hui victimes de la force des circonstances, fixent leurs regards sur vous. Ils voudraient percer cette barrière qui les sépare de vous pour partager vos dangers, pour vous couronner de nouveaux lauriers et pour ajouter à tous les litres que vous avez acquis celui de père des opprimés.
Ne perdez point de vue, citoyen général , cette nation que ses malheurs rendent intéressante, et qui ne souffre que pour avoir voulu assurer la liberté et l'indépendance de son pays. Vous êtes im de ceux dont la position doit ouvrir aux Polonais une voie pour secouer le joug odieux et avilissant qu'ils supportent avec impatience. Vous trouverez, comme citoyen français, des motifs bien puissants pour les tirer de l'oppression, et votre zèle patriotique, secondé de vos talents militaires, franchira les obstacles qui s'y opposent.
Non, il ne sera point dit que les Polonais soient condamnés à porter les chaînes de l'esclavage aussi longtemps que la France existera.'... Si l'identité des sentiments qui rapprochent les deux nations ne nous garantissait cette certitude consolante, l'amitié et la confiance que nous portons aux Français ne nous mériteraient-elles pas leurs soins fraternels et leur puissant appui?
Ilàtez-vous, citoyen général, défaire connaître à l'univers entier que la France fait consister sa gloire à proléger les faibles et à assurer le bonheur des peuples qui réclament sa protection ; hàlez-vous de combler nos vœux et nos espérances; rétablissez l'équilibre en Europe en rendant la liberté et l'indépendance aux nations qui en ont été privées, et faites en sorte que, depuis le centre de l'Italie jusqu'aux sources du Boryslhène, les peuples rentrés dans leurs droits chérissent en vous l'ami de l'humanité et respectent le guerrier vainqueur.
Michel Oginski.