‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 42 sur 106 · Àrchivet d« France · texte numérisé non relu

Àrchivet d« France

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ncur repousse également, proposées, comme elles le sont, avec un ton et des formes que le peuple français n'endura dans aucun temps et de la part 'd'aucune puissance, et qu'il peut moins que jamais endurer sous le règne de Votre Majesté.

Ch. Maur. Talleyrand, prince de Bénévent.

JKessage de l'empereur Napoléon I" au président et aux membres du Sénat français, en leur annonçant les motifs de l'ouverture dé la guerre déclarée par la Prusse et la Ru-ssie.

Au quartier impérial, à Bamberg, 7 octobre 1806'.

Sénateurs,

Nous avons quitté notre capitale, pour nous rendre au milieu de notre armée d'Allemagne, dès l'instant que nous avons su avec certitude qu'elle était menacée sur ses flancs par des mouvements inopinés.

A peine arrivé sur les frontières de nos Etats, nous avons eu lieu de reconnaître combien notre présence y était nécessaire, et de nous applaudir des mesures défensives que nous avions prises avant de quitter le centre de notre Empire. Déjà les armées prussiennes, portées au grand complet de guerre, s'étaient ébranlées de toutes parts; elles avaient dépassé leurs frontières; la Saxe était envahie, et le sage prince qui la gouverne était forcé d'agir contre sa volonté, contre l'intérêt de ses peuples. Les armées prussiennes étaient arrivées devant les cantonnements de nos troupes. Des provocations de toute espèce, et môme des voies de fait , avaient signalé l'esprit de haine qui animait nos ennemis, et la modération de nos soldats, qui, tranquilles à l'aspect de tous ces mouvemenls, étonnés seulement de ne rerevoir aucun ordre, se reposaient dans la double confiance que donnent le courage et le bon droit.

Notre premier devoir a été de passer le Rhin nous-méme, de former nos camps et de faire entendre le cri de guerre. Il a retenti au cœur de tous nos guerriers. Des marches combinées et rapides les ont portés en un clin d'oeil au lieu que nous leur avions indiqué. Tous nos camps sont formés ; nous allons marcher contre les armées prussiennes, et repousser la force par la force.

1 ■ Àrchivei du sénat.

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Toutefois, nous devons le dire, notre cœur est péniblement affecté de cette prépondérance constante qu'obtient en Europe le génie du mal, occupé sans cesse à traverser les desseins que nous formons pour la tranquillité de l'Europe, le repos et le bonheur de la génération présente, assiégeant tous les Cabinets par tous les genres de séductions, et égarant ceux qu'il n'a pu corrompre, les aveuglant sur leurs véritables intérêts, et les lançant au milieu des partis sans autre guide que les passions '('•' I qu'il a su leur inspirer.

Le Cabinet de Berlin lui-même n'a point choisi avec délibération le parti qu'il prend; il y a élé jeté avec art et avec une malicieuse adresse. Le roi s'est trouvé tout à coup à cent lieues de sa capitale, aux frontières de la Confédération du Rhin, au milieu de son armée et vis-à-vis des troupes françaises dispersées dans leurs cantonnements, et qui croyaient devoir compter sur les liens qui unissaient les deux Étals, et sur les protestations prodiguées en toutes circonstances par la Cour de Berlin. Dans une guerre aussi juste, où nous ne prenons les armes que pour nous défendre, que nous n'avons provoquée par aucun acte, par aucune prétention, et dont il nous serait impossible d'assigner la véritable cause, nous comptons entièrement . sur l'appui des lois et sur celui de nos peuples, que les circonstances appellent à nous donner de nouvelles preuves de leur amour, de leur dévouement et de leur courage. De notre côté, aucun sacrifice personnel ne nous sera pénible, aucun danger ne nous arrêtera, toutes les fois qu'il s'agira d'assurer les droits, l'honneur et la prospérité de nos peuples.

Napoléon.

Par l'Empereur, le minislre secrétaire d'État, H. B. Maret.

Proclamation de Jean-Henri Dombrowski et Joseph Wybiçki aux Polonais.

Polonais ^"^'"' ^ °°^^"^'"'= '^o^'-

. Napoléon le Grand, l'invincible, entre dans la Pologne avec unearmée detrois cent mille hommes. Sans vouloir approfondir les mystères de ses vues, tâchons de méritersa magnanimité.

l- Monileur françaif.

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c Je verrai, nous a-t-il dit, si vous méritez d'être une nation. Je m'en vais à Posen ; c'est là que mes premières idées se formeront sur votre compte. »

Polonais ! il dépend donc de vous d'exister et d'avoir une patrie; votre vengeur, votre créateur est là.

Accourez de tous les côtés au-devant de lui, comme accourent les enfants éplorés à l'apparition de leur père. Apportez-lui vos cœurs, vos bras. Agissez, et prouvez lui, que vous êtes prêts à verser votre sang pour recouvrer votre patrie. 11 sait que vous êtes désarmés ; il vous fournira des armes.

Et vous, Polonais, forcés par nos oppresseurs de combattre pour eux et contre votre propre intérêt, venez! ralliez-vous sous les drapeaux de votre patrie.

Bientôt Kosciuszko, appelé par Napoléon le Grand, vous parlera par ses ordres. En attendant, recevez ce gage de sa haute protection. Souvenez-vous que la proclamation par laquelle on vous appela pour former des légions en Italie, ne vous a pas trahis. Ce sont ers légions qui, méritant les sulfrages de l'invincible héros de l'Europe, lui ont donné le premier indice de l'esprit et du caractère polonais.

Fait au quartier général de Berlin ce 3 novembre 1806. Dombrotoski. Wybiçki.

Lettre confidentielle de Napoléon I" au maréchal Davout en lui ordonnant de marcher en avant en Pologne et de ménager les

Polonais.

Berlin, 7 novembre 1806'.

Mon cousin , ♦

J'ai lu votre lettre du 5 au prince de Neuchâtel (.\lexandre ilcrthier). A'^ous recevrez l'ordre de vous diriger sur Posen, avc". votre corps d'armée. Faites suivre, comme vous pourrez, 3000 fusils, afin que vous puissiez les distribuer aux Polonais, à Posen. Des lettres du 30 octobre, interceptées, paraissent prouver que les Russes ne sont pas encore à Varsovie. J'imagine que vous serez le 9 ou le 10 à Posen, Toutefois mon intention est que vous n'engagiez aucune affaire sérieuse, surtout avec les Russes, s'il en était arrivé sur la Wistule. Le maréchal Auge-

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