‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 41 sur 106 · VI · texte numérisé non relu

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Mémoire sur le commerce de la mer Noire et sur Vimportance que la France obtiendrait si la Pologne était rendue à son indépendance. { Communiqué au gouvernement et aux journaux de Paris par Pierre Maleszewski.)

Paris, 24 août 1802.

L^s productions abondantes et variées de la Pologne ne furent longtemps exploitées que par la mer Baltique. Dans les dernières années de l'existence politique de ce beau pays , les Polonais , fatigués de la taxe énorme des douanes du gouvernement prussien, commençaient à se persuader que la voie de la mer Noire serait, de toutes les manières , bien plus avantageuse pour leurs intérêts. L'ancien gouvernement de France, instruit de la fertilité des provinces méridionales de la Pologne et de l'importance tie leurs produits pour la marine et le commerce français, se préparait à encourager les Polonais dans cette nouvelle entreprise; mais ce ne fut qu'un aperçu, et le cabinet de Versailles ne l'eut que dans sa caducité.

Ces provinces forment presque la moitié de l'étendue de la Pologne. Trois grandes rivières les arrosent : le Dnieper ou Boryslhène, qui se décharge dans la mer Noire, au-dessus de Kherson; le Boh, qui aboutit à Otschakow, et le Dniester, qui a son emliouchure à Bialygrod ou Akerman. Ces trois fleuves parcourent une bien plus grande étendue de pays que le Niémen et la Vistule, seules grandes voies de commerce polonais par la mer Baltique , et les contrées qu'ils parcourent , malgré la culture négligée , pourraient être appelées, à juste titre, la terre promise pour les premiers besoins de l'homme.

Pour prouver l'abondance en denrées de ce pays, il suffirait de dire que l'Ukraine seule a pourvu à la .subsistance des armées russes pendant toutes les dernières guerres contre les Turks.

Les bois de construction se trouvent d'une fort grande ancienneté et en grande abondance. On pourrait s'en convaincre par les rapports du maître raâleur de Toulon , envoyé exprès pour visiter les forêts de ce pays. Des mdts arrives pnr Riga soutdix-liuit à vin?;t mois pour être transportés de ces forêts par la mer Baltique, tandis que par la voie de Kherson, ils sont arrivés en trois mois i Toulon, suivant l'essai que lit faire l'ancien gouvernement français; et le calcul de M. Anthoiiie a persuadé aritiimétiquemenl que, poui' des mâtures polonaises, la voie de Kherson est bien préférable à celle de Riga.

Les salaisuns d'Ukraine valant bien celles d'Irlande, et le Las prix du bœuf, ainsi que du sol de Mold.ivie et de Krimée, permet, suivant les expériences faites, de les livrer à Akerman et A Kherson à moit.é meilleur marché qu'on ne les achète sur les lieux en Irlande.

Le chanvre pour voiles et cordages, le crin, les laines communes, les toile» blanches et gri.es et celles d'emballage , les cuirs crus et tannés sont en grande quantité en ce pays.

Le salpêtre , le goudron le suif, les huiles de chanvre et d« lin , 1« miel , le

ANNÉE ia02.

Irftirre fondu , les graisses de cochon et autres, le linuhlon, la poix-résine, les caur*de-viede grains, y sont très-abondants.

I.(>, cires sont à si bas prix dans l'Ukraine, que les marchands autrichiens les font verir par celte province juscju'en Galicie, d'où ils les transportent é^-aletnenl par terre à travers la Moldavie et l'Autriche, jusqu'à Triesle, où ils les Tendent encore, malgré ces transports énormes, et toujours par terre, avec un L^.-icfice considérable.

Le tabac de l'Ukraine est excellent; on en a fait un essai en France, en 1757, et il fui trouvé presque égal à celui de Virginie. Les fermiers étaient môme sur le '■lûint d'entrer en traité avec un banquier de Varsovie pour une fourniture, lorsque la guerre survint et fit perdre de vue ce projet.

La poias?e et la védasse, qui depuis longtemps sortent de Pologne par les tkjtIs de Dantzig, Kœnigsberg et Elbing, sont encore des productions de l'Ukraine. Il est aisé de voir ce que la différence de transport par la Baltique et i..\r la mer Noire, doit mettre de didérence dans le prix.

Ces pays, qui présentent une si grande richesse en denrées de première né ■ ce^iiité, sont presque entièrement privés de manufactures, et le commerce franr-»;' trouverait par la mer Noire un débouché également avantageux aux deux jays, en draps, soieries, quincailleries, vins, huiles fines, liqueurs, sucre, cjf--, les épiceries, les drogues de médecine et de teinture, etc. Les tentatives àl-jh. faites avant la Révolution ont prouvé de quelle importance serait ce commerce pour la France et principalement pour les départements situés sur la Vltditerraiiée.

. Le pavillon français pourait même apporter toutes les marchandises du Le- ;»nt dans ce pays. Ce commerce ne se fait actuellement que par des juifs et des Arméniens, à travers la Moldavie, voie longue, coûteuse et sujette pour ces o.irchnnds à mille avanies.

La masse des exportations de ces contrées par la mer Noire deviendra pour lr< Français bien plus considérable que celle que les Anglais et les Hollandais obtiennent par la mer Baltique, comme aussi l'importation à faire de ce côlélA sera bientôt plus grande que du côté de Dant7ig , de Kœnigsberg et de Riga , [irce que les trois riviùrcs, le Dnieper, le Boh et le Dniester, une fois rendues ! ut à fait navigables, pénètrent plus avant dans l'intérieur du pays que le N:én.çn et la Wistule. Le canal duMuchawieç, qui jointdéjà la Wistule au Prypeç, ftclui d'Oginski, qui, amélioré, pourrait réunir le Borysthène au Niémen, fenient, par la suite, partager le cumnierce de la mer Noire à presque toute 1 ancienne Pologne, et joindre aux avantages du commerce de la mer Noire, iîcj.\ immenses, les avantages de celui de la mer Baltique.

La Russie, qui s'est adjugé ce pays en partage, commence à encourager le commerce de la mer Noire, qui lui offre réellement de grandes voies; elle vient n-.'me de construire un nouveau port, nommé Odessa ou Olgibia.

Ce comii.ercc peut devenir aussi pour la France une mine précieuse et toute nouvelle, dont rex[)loilation, due au génie et à l'activité du gouvernement françii., pourra être corn(.tee parmi ses glorieux travaux. Ce commerce, si la Poh::.c existait, peut servir de base solide à l'union intime des intérêts des deux \.->\*. Les Français n'auraient pas de ce côté-là, comme sur la mer Baltique, (■o'iimc partout ailleurs, ce peupL* rival qui cherche à s'emparer de tout le «ommercc, et qui, quant à pré>ent, et par ses capitaux , et par la nature de ses na.',iifactures, et par sa politique , toute basée, en dernière analyse, sur soa icmmcrce, forme des obstacles si souvent difficiles à surmonter.

La France, d'ailleurs, par SCS rapports nar son. rvî-, . ports de la Méditerranée, et par .a m.U.^, ' ^^ P'*o^""'»é de ,e,

plus propre pour faire ce comCce! ' '"'' ""^ ''"' ''' ^' "^^'on U

__^ Pierre Maleszcwski.

Premier rapport diploma^^^^^Z^^^à l'empereur Nn.m ' r

Sire, Mayence, le 3 octobre 1806'

■ pri^:: "ï';ei::^:T::ory:::^^^:^-^ - —-s de .

buer à un malentendu. Elfe espéra ol' ^ T ' ''^' '' P'"^ ^ '^^ ^"néclairci. et .u'aussitôt ces armements caseraient "'" ""*' P""^'^-"'

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guerre, elle la fait : par que nfot 3? j/r ''' " '" "' ^'"^ ^ '^^d'^^'" '^ aucun. ^ ^"'" "°"^'^ J« l'g"ore, et je ne lui en connais

^"^. P^""e eût eu quelque raison d'armer, se serait .11. .K.- • -, le ministre de Votre Majesté à Berlin „Vn , ' '"'^ '' ^" '''^'='

Knobelsdorn-n'aurail-ilp sétécharg 1 es fa r P'" ''' '"^^^^''^ ''■ '^^

■ M. de KnobelsdorfT n'a apportéà Vo reMat, ' '""T'^"' ''''''' ''''''^'''

et.l a reçu des assur^nc's également am? TV"'''' '" '°' fort amicale jesté. Le ministre de Votre MajesTfà Bedn ' . ' °"''' "^''"^'^^ ^«^^«^^al'arrosance s'accroître , les provo ati n V '" " ''''''''''' '' P°"--"e. Jes.é montait plus de modLt.on d'r^;^^^^ 1^ 'm'^^ -r: ^"^ ''''' '''' 1 pouvaient être les griefs de la Prusse 3 ''.^'''^'- .^^'^'^ ^ '' demandait quels

: donnait aucune explication; de sorte nL .. " ""°"'''" ^ucun, on ne lui

,,| Berlin; de sorte quH n'y était p lus qu'e e lérnTî" ""' '"'""^ '""^■'^ ^

;. contraires à la dignité de la France' ' P'""^*^^' '' '^' «"^^^res

■' En supposant que des bruits ab<;iir,l»o .«

'! dulite, eussent inspiré au C bin p^^s i'e„ ^ " "'" ""^ inconcevable cré-

qui avait tout fait pour les préven l " aU . .^'"^V"'™"' '''"' ''^^'^^^^

Dequels dangers la Prusse C ,' Z "' ^''' ^'''' '" ^^^'^^'ei.

nacer, ne lui avaUjamais donné Tle^pruSs'',' '^•'"""' '°'" ^^ ^^ à quels sacrifices voulait- elle se sou tn^erv! 'm "'"'"" '^ ^°" ^'°'^- = niandé; de quel déni de justice av"t eln I ^'"' .'''^'^'^ °e lui a rien dedemandé de juste, Votre Majest^é ait d, ' '' f^'"""'^ ^''"^ " ^"'^'ie eût fait aucune demande, parce lie evaU::': '" ''"^''''-^ "^'^ ^lie n'a

Est-ce rexisience de la Confédératio d. nV , ' ^'''''•

ont eu lieu da„s le midi de l'Allema Je n, '°"^-" ^^^ arrangements qui

. , armes? On ne peut pas même 'e t: r:;^^^^^^ n "T' ' '"'^''^ '"

n avait nen à objecter contre ces arrangements ku "^^''" ^ ^^<^'-«^ ^u'eUe

.on; elle s'est occupée à réunir avec elle drn: '■"°""" '" Coniedera-

les États qui l'avois.nent. ' ''"'' "''" confédération semblable.

Votre Majesté a déclaré, il est vrai, que les villes l.nn .. ■

que les villes l'anséatiques davaient rester 1. Archives de France.

ANNÉK laOG.

jjj ;^„ g„ja,ites et isolées de toute confédération. Elle a déclare encore que les mtros Éials du nord de l'Allemagne devaient être libres de ne cons'ilter que leur iiolilique et leurs convenances; mais ces déclaralions, fondées et sur la iusiice. et sur l'intérêt général de l'Europe, n'ont pu fournir à la Prusse un motif du- guerre, ni même un prétexte ciu'clle puisse avouer. La guerre de la part de la Prusse est donc sans aucun motif réel. Cependant les armées prussiennes ont dépassé leurs limites; elles ont envahi la Sixe; elles menacent le territoire de la Confédération du Rhin, de l'iiiviolabli'.c duquel Votre Majesté est garante. Les troupes mômes de Votre Majesté jont menacées; à peine arrivées devant nos avant-postes, les troupes prus- »i'?nnes ont fait le service de guerre. Elles ont refusé au.x officiers français l'entrée de la Saxe, et la guerre s'est trouvée commencée, sans que la Cour de Berlin ait fait connaître quels sujets de mécontentement elle prétendait avoir, uns qu'elle ait tenté les moyens de conciliation , sans qu'elle ait rien fait pour cviter une rupture.

Un silcace si obstiné, si peu naturel, si inconripréhensible d'une part; de iâutrc, une précipitation non moins inconcevable, prouvent assez qu'il ne faut point chercher de motif mênoe apparent, à ce qui n'est que le résultat d'une déplorable intrigue.

Deux partis, dont l'un veut la guerre, l'autre la paix, divisent depuis I.ngicmps la Prusse. Le premier, dont les tentatives avaient été constamment .;./juées, sentant qu'il ne pouvait réussir qne par l'artifice, n'a eu qu'une f n^ce, qu'un dessein, qu'un but; c'était d'e.xciler les défiances, de présenter c^mme nécessaires des mesures qui devaient forcer la France à en prendre de «onibiables; d'écarter ensuite toute explication, d'empé.her que les deux goutcrncmenls ne puissent s'entendre, el de les placer dans une situiilion telle, que la guerre en devînt une conséquence inévitable: projet malheureux exécuté ivcc un succès que ses auteurs eux-mêmes pourront être un jour forcés de nommer funeste.

Non, la guerre présente n'a point d'autre cause. Il n'en existe point d'autre r^MC ces passions aveugles qui ont égaré tant de Cabinets , dont la Prusse s'était longtemps préservée, mais dont il semble que la Providence l'ait condamnée à cire aussi victime , en la livrant aux conseils de ceux qui comptent pour rien les (.li^niilés de la guerre, parce qu'ils ne doivent point en partager les dangers, <l joni toujours prêts à sacrifier à leur ambition , à leurs craintes , à leurs préj'jp'cs, à leurs faiblesses, le repos et le bonheur des peuples.

Si toutefois ces passions ne sont pas l'unique mobile du Cabinet de Berlin, et M (juclque motif d'intérêt personnel lui a fait prendre les armes, c'est inconlosMllement et uniquement le désir d'asservir la Saxe et les villes hanséatiques, ri «l'écarter ou de surmonter les obstacles que les déclarations de Votre Maj'sl''- lui ont fait craindre de rencontrer dans l'exécuiion d'un tel dessein. La k'-A-rre alors, quels que soient les regrets que Votre Majesté éprouve de n'avoir P'j la prévenir, lui offrira du moins une perspective digne d'elle, puisqu'en licf'-ndant les droits et les intérêts de ses peuples, elle préservera d'une injuste •îcminalion des Étals dont l'indépendance importe non-seulement à la France et i i€s alliés, mais encore à toute l'Europe.

Ch. Maur. Talleyrand, prince de Bénévenl.

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Second rapport diplomatique, adressé à l'empereur Napoléon i", par le prince de Tallcyrand, ministre des araires étrangères sur les motifs de l'ouverture de la guerre déclarée par la Prusse et la Russie.

Mayence, le 6 octobre 1800 '.

Sire,

Lorsque, dans le rapport que j'eus il y a peu de jours l'honneur d'adresser a Votre Majesté, j'établissais que si la Prusse avait quelque raison d'intérêt personnel qui la portât à faire la guerre, ce ne pouvait être que le désir d'asservir la Saxe et les villes banséatiqucs, j'étais loin de prévoir qu'elle osât jamais avouer un tel motif. C'est néanmoins un aveu qu'elle n'a pas craint de faire et de consigner dans une Note que M. KnobelsdorfT m'a envoyée de Metz, et que j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté.

Des trois demandes que renferme cette Note, la première et la troisième ne sont faites que pour déguiser, s'il est possible, qu'on n'attache d'importance réelle qu'à la seconde.

La Prusse, après avoir vu d'un œil tranquille les armées françaises en Allemagne pendant un au, n'a pu s'alarmer de leur présence, lorsque leur nombre était diminué, qu'elles étaient dispersées par petits corps, dans des cantonnements éloignés, lors surtout que Votre Majesté avait solennellement annoncé qu'elles retourneraient en France aussitôt que les affaires du Callaro, cause de la prolongation de leur séjour en Allemagne, auraient été réglées par un accord fait avec l'Autriche, et que déjà l'ordre pour leur retour était donné.

La Prusse, qui parle d'une négociation pour fixer tous les intérêts en litige, sait bien qu'il n'y a point d'intérêt quelconque en litige entre les deux États; la discussion amiable qui doit fixer définitivement le sort des abbayes d'Essen et de Werden , n'a point été difTérée par aucune lenteur du Cabinet français. Les troupes françaises ont évacué ces territoires, que le grand-duc de Berg avait fait occuper dans la persuasion intime où des documents nombreux avaient dû le mettre, qu'ils faisaient partie du duché de Clèves, et qu'ils avaient été compris dans la ccs.=ion de ce duché.

Ainsi les demandes de la Prusse sur ces divers points et d'autres de même nature, et les prétendus griefs qu'elles semblent indiquer, n'offrent point h véritable pensée du Cabinet de Berlin. Il no la révèle, il ne laisse échapper soa secret que lorsqu'il demande qu'il ne soit plus î/ii'j de la part de la France aucun obstacle quelconque à la formation de la ligue du Nord, qui embrassera, sam aucune exception, tous les États nonnommés dans l'acte fondamental delà Confédération du Rhin.

Ainsi , pour satisfaire l'ambition la plus injuste, la Prusse consent à rompre les liens qui l'unissaient à la France, à appeler do nouvelles calamités sur le continent, dont Votre Majesté voulait cicatriser les plaies et assurer la tranquillité , à provoquer un allié fidèle , à le mettre dans la cruelle nécessité de repousser la force par la force , et d'arracher encore son armée au repos dont il aspirait à la faire jouir, après tant île fatigues cl de triomphes.

Je le dis avec douleur, je perds l'espoir que la paix puisse être conservée, da moment qu'on la fait dépendre de conditions que l'équité repousse et querhon-

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