‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 45 sur 106 · I- Archives de France · texte numérisé non relu

I- Archives de France

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l "1^ les affaires des petits Étals ses voisins, et d'y intervenir pour leur repos, l'An-

gleterre a donné le signnl des accusations et des jjlainles. La première elle a sonné l'alarme, et parce que quelques villes ou (juelqucs pays soumis depuis des siècles ^i l'innuence de la France y étaient encore soumis, elle a présenté la France comme menaçant l'indépendance des grands fUals. Êt;iit-ce sur des petits Etats, qui fussent soumis depuis des siècles à son iiiflaence, et comme entraînés dans sa sphère d'activité ? n'était-ce pas au contraire sur des États considérés dans tous les temps comme principaux en Europe, que l'Angleterre exerça ses violences, lorsque les puissances du Nord, qui s'étaient unies pour défendre les principes éternels de la neutralité, furent forcées de souscrire à ses prétentions monstrueuses et de sacrifier, avec leurs propres intérêts, les plus chers intérêts de la France? Alors l'indépendance des nations ne fut pas seulement menacée; elle fut attaquée, violée et, autant qu'il dépendait de l'Angleterre, anéantie. De quoi servit-il que l'Angleterre eût été obligée de reconnaître, par la convention de Pélersbourg, un petit nombre de principes que ni ses séductions ni ses menaces n'avaient pu faire abandonner? Immédiatement après, elle les foula ouvertement aux pieds ou les éluda, en abusant de la manière la plus tyrannique à-Ia-fois et la plus insensée , du droit de blocus. Ce droit ne peut, d'après la raison et d'après les traités, s'apj'liquer qu'aux places investies et en danger d'être prises. Elle prétendit l'étendre aux havres, à l'embouchure des rivières, à des côtes entières, et enfin à tout un empire. Certes, la France ne fut jamais investie et en danger d'être prise par l'Angleterre , et la France tout entièni a été déclarée en état de blocus. En agissant de la sorte, l'Angleterre n'annonce-t-elle pas hautement qu'elle ne reconnaît aucune loi; que les traités ne sont rien pour elle, qu'elle n'admet d'autre droit que celui de la force; et qu'elle répute légitime tout ce qu'elle peut impunément faire.

Le gouvernement de Russie, quand il devrait être occupé uniquement de vivifier ses immenses États, et d'expier parles bienfaits d'une sage législation, et d'une administration paterne. le, le crime qui fit en un jour descendre du rang des nations indépendantes une nation ancienne, nombreuse, illustre el digne d'un meilleur sort, convoite cl menace d'engloutir encore le vaste et superbe Empire des Ottomans. Les mêmes manœuvres qu'il employa contre la Pologne, il les emploie aujourd'hui contre la Turq\iie. Il soufflL' dans ses provinces l'esprit de sédition et de révolte; il excite, il arme, il soutient les Serbiens contre la Porte; il renouvelle sur la Morée les lenlatlves qu'il avait faites, mais sans fruit, en 1770. La Valaquie et la Moldavie étaient gouvernées par deux chefs infidèles et traîtres; la Porte les avait déclarés tels par un firman, et les avait déposés. La Russie, non contente de leur donner asile, a tall marcher des troupes sur le Dniester, el, menaçant la Porte de lui déclarer la guerre, elle a exigé leur rétablissement. La Porte a eu la douleur de se voir contrainte de remettre en place ses ennemis déclarés el de déposer les hommes de son ciioix. Ainsi son indépendance a été violée par un attentat qui blesse à la fois la dignité de tous les troncs. Du moment qu'elle n'a plus le choix de ses gouverneurs, elle n'est plus souveraine, elle est vassale, ou plutôt la Valaquie et la Moldavie ne lui appartiennent plus que de nom; et ces deux grandes el riches provinces, gouvernées par des hommes vendus à la Russie , sont devenues pour celle ci une véritable conquête.

Avec de tels ennemis, dont la modération de Votre Majesté n'a pu désarmer la haine, et qui, nonobstant ses victoires, marchent toujours à leur but,

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ri'écoutant qu« leur passion et ne respectant aucun droit, Votre Majesté n'est pas libre de suivre les mouvements de si génùrosité. Le penchant même qui la porte à désirer la paix lui fait une loi de ne ao dessaisir d'aucune de ses conquêtes que rindependancc entière et absolue de l'Emiiire ottoman, indépendance qui est le premier intérêt de la France, ne soit reconnue et garantie; que les colonies espagnoles, hollandaises et françaises, d ml la diversion opérée par les quatre coalitions a seule entraîné la perte, ne soient restituées, et qu'un Code général ne soit adopté, conforme à la dignité de toutes les couronnes, et capable d'assurer les droits de toutes les nations sur les mers.

La justice et la nécessité de celte détermination seront universellement senties" elle sera un bienfait pour les alliés de Votre Majesté et pour toutes les villes commerçantes de son Empire, qui n'ont été dépouillées qu'à la faveur de ces mêmes guerres dont les événements ont mis au pouvoir de Votre Majesté uni de vastes Etais. Dans tout autre système, les intérêts de ces alliés et de tant de cilés populeuses seraient abandonnés, le fruit des plus étonnantes victoires serait perdu, et la France au milieu de triomphes inouïs, après tant d'etploils qui l'ont agrandie et comblée de gloire, n'aurait aucune perspective de repos; elle n'entreverrait pas l'époque où elle pourrait <léposer les armes, se consacrer aux paisibles occupations de l'industrie et du commerce, auxquelles la nature l'appelle, et faire sur un autre théâtre des conquêtes moins éclatantes, mais plus douces , qu'elle n'aurait point achetées par l'effusion d'un sang qui lui est si cher, et qui, égalant son bonheur à sa gloire, ne coûteraient à l'humanité aucune larme.

Ch. Maur. Talkyrand, prince deBénévent.

Déclaration des habitants de la ville de Posen, adressée au général Dombrowski, en l'assurant qu'ils sont prêts à faire tous les sacrifices possibles, pourvu que la Pologne existe indépendante.

Posen, 15 novembre 1806.

Les assurances données à l'ancienne Pologne, que, conformément à la volonté de notre libérateur, l'invincible Napoléon, les forces de la nation seront réunis, et que S. Ex. M. le général Dombrowski a plein pouvoir de poser les foiidcraenls de notre puissance future; ce. assurances, disons -nous, données par une voix puissante, nous ont fait secouer nos chaînes et sorlir du néant politique où nous étions tombés; nous remettons, en conséquence, la déclaration suivante à S. Ex. M. le général Dombrowski. D'après la réjiartilion faite par la Chambre des finances, non-seulement nous offrons de mettre sur pied immédiatement et volontairement le nombre de recrues demandées, mais de donner en outre aux soldats qui entrent au service de la patrie, le drap nécessaire aux uniformes, les chemises et les souliers, ainsi qu'un mois de solde; et si nous étions hors d'état de fournir lesdits objets en nature, nous nous entendrions à ce sujet pour leur valeur avec M. Sokolnick', président du commissariat de Fosin. Ce léger sacrilice fera connaître nos sentiments à notre libcr.iteur, et lui garantira qu'après la sommation : Devenei Polonais! nous sommes prêts à remeltre e.itre sei> mains noire vie et noire fortune.

(Suivent de nombreuses signatures.)

Ordonnance du Foi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, autorisant les

autorités prussiennes civiles et militaires, à pendre ou fusiller

tous les nobles polonais gui cherchent à recouvrer leur patrie avec

Vaide de la France, et annonçant que les dénonciateurs seront

payés au comptant.

Osterode, 15 novembre 1806'.

;j| J'apprends, par des rapports dignes de foi, que des mouve-

) ments insurrectionnels se sont manifestés dans le dàparlement

des Chambres de Posen et de Kalisz. J'espère avec conliance, de la majeure partie de la nation, composant la Prusse méridionale, à laquelle le département de la Chambre de Varsovie donne encore, en ce moment, un exemple si touchant, qu'elle se souviendra de tant de bienfaits qu'elle a reçus de moi ; qu'elle n'oubliera point mes efforts continuels pour améliorer l'état du pays, pour l'élever à un degré de prospérité qu'il n'avoii point connu auparavant, et qu'elle restera fidèle à ses devoirs. 11 ne peut donc y avoir que quelques nobles du pays même et de l'étranger qui puissent profiter de l'état actuel de guerre, pour chercher, par toutes sortes de faux exposés, à former un parli pour l'ennemi, à exciter les habitants à l'insurrection et à retirer pour eux-mêmes, par le moyen des dévastations de la guerre civile, des avantages qui méritent d'être punis, parce qu'ils se sont souillés du sang de leurs concitoyens. On doit agir contre ces hommes pervers avec la plus grande rigueur. Je les livre en conséquence à la loi martiale, et j'ordonne, à toutes les autorités militaires et civiles, d'arrêter tout noblepolonais qui excite les autres à l'insurrection et qui prend une part prochaine ou éloignée à l'insurrection ; de le traduire devant le tribunal militaire le plus proche; j'ordonne, en outre, à tous les tribunaux militaires déjuger, dans les vingt-quatre heures, tout noble arrêté ; et lorsqu'il sera convaincu d'avoir pris part i l'insurrection, de le faire pendre ou fusiller sur-le-champ.

Ce n'est que pour les. individus au-dessus de la noblesse, , qui auraient pu se laisser séduire, que je peux permettre que l'on emploie les moyens ordinaires de douceur : ceux-ci ne doivent donc être jugés que d'après ce que prescrivent les lois

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