‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 53 sur 106 · Archives du ténat · texte numérisé non relu

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j 1 • \ quante années, la Saxe garantie par le traité de Posen, a cessé

1 d'être province prussienne.

Le duc de Saxc-AVeimar, 'sans déclaration préalable, a embrassé la cause de nos ennemis. Son sort devait servir de règle aux petits princes qui, sans être liés par des lois fondamentales, se mêlent des querelles des grandes nations; mais nous avons K • \l cédé au désir de voir notre réconciliation avec la maison de

■ : :| Saxe entière et sans mélange.

' ' il Le prince de Saxe-Cobourg est mort. Son fils se trouvant

' ' M dans le camp de nos ennemis-, nous avons fait mettre le sé-

■ il questre sur sa principauté.

.*. '|| Nous avons aussi ordonné que le rapport de notre ministre

■ ' 1*4? des relations extérieures, sur les dangers de la Porte-Ottomane

{ fût mis sous vos yeux. Témoin, dès les premiers temps de notre

. .'^|i jeunesse, de tous les maux que produit la guerre, notre bon-

• ,• % heur, notre gloire, notre ambition, nous les avons placés dans

!l' ■ •] les conquêtes et les travaux de la paix. Mais la force des cir-

i -S^ constances dans lesquelles nous nous trouvons, mérite notre

principale sollicitude. Il a fallu quinze ans de victoires pour donner à la France des équivalents de ce partage de la Pologne, qu'une seule campagne, faite en 1773, aurait empêché.

Eh ! qui pourrait calculer la durée des guerres, le nombre de campagnes qu'il faudrait faire un jour pour réparer les malheurs qui résulteraient de la perte de l'empire de Constantinople, si l'amour d'un lûche repos et des délices de la grande ville, l'emportait sur les conseils d'une sage prévoyance? Nous laisserions à nos neveux un long héritage de guerre et de mal- \ heurs. La tiare grecque, relevée et triomphante depuis la Bal-

tique jusqu'à la Méditerranée , on verrait de nos jours nos provinces attaquées par une nuée de fanatiques et de barbares : et si, dans cette lutte trop tardive, l'Europe civilisée venait à périr, notre coupable indifférence exciterait justement les plaintes de la postérité, et serait un titre d'opprobre dans l'histoire.

L'empereur de Perse, tourmenté dans l'intérieur de ses États, comme le fut pendant soixante ans la Pologne, comme l'est depuis vingt ans la Turquie , par la politique du Cabinet de Pétersbourg, est animé des mômes sentiments que la Porte,

3 pris les mûmes résolutions, et marche en personne du côté du K.iukase pour défendre ses frontières.

Mais, déjà l'ambition de nos ennemis a été confondue, leur armée a été défaite à Pultusk et à Golymin, et leurs bataillons (épouvantés fuient au loin à l'aspect de nos aigles.

Dans de pareilles positions, la paix pour être sûre pour nous, doit garantir l'indépendance entière de ces deux grands empires. Et, si par l'injustice et l'ambition démesurée de nos ennemis, la guerre doit se continuer encore, nos peuples se montreront constamment dignes par leur énergie , par leur amour pour notre personne, des hautes destinées qui couronneront tous nos travaux ; et alors, seulement une paix stable et longue fera succéder pour nos peuples, à ces jours de gloire, des jours heureux et paisibles. Napoléon.

Par l'Empereur, le Ministre Secrétaire d'État, ___^ //. D. Marcl.

Proclamation de Napoléon I à Varmée, après la bataille d'Eylau.

Prussisch-Eyiau, le 16 février 1807.

Soldats ,

Nous commencions à prendre un peu de repos dans nos quartiers d'hiver, lorsque l'ennemi a attaqué le premier corps, et s'est présenté sur la Vislule. Nous avons marché à lui. Nous l'avons poursuivi l'épée dans les reins pendant l'espace de quatre-vingts lieues. Il s'est réfugié sous les remparts de ses places, et a repassé le Prégel. Nous lui avons enlevé aux combats de Bergfried, de Deppen, de Ilof, à la bataille d'Eylau, soixante cinq pièces de canon, seize drapeaux, et tué, blessé ou pris. plus de quarante mille hommes. Les braves qui, de notre côté, sont restés sur le champ d'honneur, sont morts d'une mort glorieuse : c'est la mort des vrais soldats. Leurs familles auront des droits constants à notre sollicitude et à nos bienfaits.

Ayant ainsi déjoué tous les projets de l'ennemi, nous allons nous rapprocher de la Vistule, et rentrer dans nos cantonnements. Qui osera en troubler le repos, s'en repentira; car, au (Ifli de la Vislule, comme au delà du Danube, au milieu des frimas de l'hiver , comme au commencement de l'automne, nous serons toujours les soldats français et les soldats français de la Grande-Armée. Napoléon.

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Ordonnance du gouvernement Autrichien, siégeant en Galicic, ari~ nonçant quil punira sévèrement tous ceux d'entre les Polonais, habitant la Galicie, qui se rendraient dans les armées gallo-polonaises, pendant la campagne prusso-russe de 1807.

Léopol, IG mal 1807'.

Considérant, que dans les circonstances actuelles, le devoir de tout citoyen, habitant la Galicie, est de rester dans ses foyers, témoin tranquille des événements qui se passent dans les pays voisins ;

Informé que cependant il existe des propriétaires qui ont abandonné leur patrie pour aller prendre du service étranger; que non contents de cette conduite coupable, ils se permettent encore d'encourager leurs compatriotes à suivre un aussi dangereux exemple soit par leurs discours, soit par des moyens pécuniers, soit enfin par des proclamations et des écrits publics.

Considérant, qu'une pareille conduite de la part des sujets n'est nullement compatible avec les principes de neutralité , adoptés par Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique, dans la présente guerre; que d'ailleurs, par l'efTet d'abus aussi criminels, la patrie s'affaiblit d'autant d'un certain nombre de citoyens, en état de porter les armes pour sa défense. i

Sa Majesté se voit obligée de mettre sous les yeux des habitants , propriétaires ' dans la Galicie, tous les dangers auxquels ils s'exposent par une conduite aussi coupable. Elle annonce en conséquence les dispositions suivantes comme étant ; sa volonté suprême : i

1° Le S 77 du Code criminel sera applicable dans toute sa force , et sans aucune exception à ceux des individus des provinces de Galicie, qui s'engageront au service des puissances étrangères et prendront une part active à la guerre. Ces individus seront saisis partout où ils se trouveront, et livrés au régiment!» plus proche, pour être jugés suivant les lois, et pendus, s'ils sont convaincus du crime;

2° Tous les individus galiciens qui sont présentement hors de leur pays, sin permission ou sans autorisation et qui ne seront pas de retour dans deux semaines, ou trois au plus, seront déclarés c'migrds et traités comme tels, dès } qu'il sera connu qu'ils ont pris un service étranger, soit dans le militaire soit ' dans le civil.

3° Ceux desdits individus qui ne rentreraient dans leurs foyers qu'après la • délai fixé de trois semaines, soil volontairement ou de force, seront traités dod- ■ seulement suivant les lois sur l'émigration, mais encore avec plus de rigueur, suivant les différentes circonstances;

4° Sa Majesté ordonne enfin que, si contre toute probabilité, des indiviJji étaient assez téméraires pour commettre quelque délit contre l'ordre public; et lî bien général, ces individus soient livrés sans grfice à toute la rigueur dsi dispositions contenues dans le chapitre vu, de la première partie du Code enminel.

Le comte Wiinnser, vice-président du Gouvernement.

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