‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 91 sur 106 · Chodïk.0 , Ann. polon. y J/f · texte numérisé non relu

Chodïk.0 , Ann. polon. y J/f

celte infortunée patrie succomba sous la supériorité de puissances qui avaient juré d'anéantir le nom Polonais, vous répandîtes courageusement votre sang. Quand votre patrie renaît pourriez-vous montrer moins d'énergie que vos pères? Se consacrer au bien-être de sa patrie était le caractère distinctifdu peuple tatare. La patrie ne doute pas que vous ne suiviez l'exemple de vos ancùtres. Déjà plusieurs d'entre vous ont témoigné le désir d'entrer dans le régiment qui doit être formé de vos frères, .\ccourez, braves Tatars. jour vous réunir à l'aigle polonais. Puis-ient les hordes talarcs prouver qu'elles n'ont point dégénéré des Korycki, du temps de Jean Sobieski, des Azulewicz et de plusieurs autres personnages célèbres dans l'histoire, qui, plus d'une fois, ont répandu la terreur de nos armes dans le pays des ennemis delà Pologne. La patrie vous appelle et elle a la ferme confiance que vous remplirez ce saint devoir. Pour répondre dignement à ce but nous comptons que vous ou vos chargés de pouvoirs annonceront vos intentions à la division militaire.

Bomuald, prince Giédroyç, général de division, faisant les fonctions de président de la division militaire.

Quinzième bulletin de la Grande-Armée.

(Extraits relatifs à la Pologne.)

Slawkowo, 27 août 1812.

Le général Za'ionczek, commandant une division polonaise au combat de Smolensk, a été blessé. La conduite du corps polonais a étonné les Russes, accoutumés à les mépriser : ils ont été frappés de leur contenance et de la supériorité qu'ils ont déployée sur eux dans cette circonstance. Au combat de Smolensk et à celui de Valoutina, l'ennemi a perdu vingt généraux tués, blessés ou prisonniers, et une très-grande quantité d'officiers. Le nombre des hommes tués, pris ou blessés dans ces diiïérentes aiïaires peut se monter de vingt-cinq à trente raille hommes.

Le vice-roi d'Italie manœuvre sur la gauche, à deux lieues de la grande route; le prince d'Eckmùhl sur la grande route; le prince Poniatowski sur la rive gauche d'Osraa.

La prise de Smolensk paraît avoir fait un fâcheux effet sur l'esprit des Russes. C'est Smolensk la sainte; Smolensk la forte; la clef de Mnskou, et mille autres dictons populaires. Qui a Smolensk a Moskou, disent les paysans.

La chaleur est excessive : il n'a pas plu depuis un mois.

Proclamation de Napoléon à l'armée, au moment de la bataille de

la Moskoiva.

Borodino, 7 septembre 1812.

Soldats!

Voilà la bataille que vous avez tant désirée! Désormais la victoire dépend de vous; elle nous est nécessaire; elle nous donnera l'abondance, de bons quartiers d'hiver et un prompt

retour dans la patrie 1 Conduisez-vous comme à Austerlilz, à Friedland, à Witebsk, à Smolensk, et que la postérité la plus reculée cite avec orgueil votre conduite dans cette journée; que l'on dise de vous : Il était à celle grande bataille sous les murs de Moskou! ^ Napoléon.

Rapport du prince Joseph Ponialoioski, adressé au major-gcnérat Alexandre Dcrtliicr, prince do Wagram et de Ncufchdlcl, sur la part que les Polonais ont eue à la bataille de Dorodino ou de la

iloshowa. . , , .„.„

Au champ de bataille, le 7 septembre 1812,

à 10 heures du soir'.

Monseigneur,

J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse Impériale de la journée d'aujourd'hui.

A cinq heures du matin le cinquième corps s'est rais en mouvement, en faisant le tour du bois. Nous arrivâmes sur la vieille route de Smolensk à Moskou. Nous poursuivîmes cette route, et au débouché du bois, dans la plaine, nous apercilmes une forte colonne d'infanterie près le village de Passarewo. Je fis établir une batterie de plusieurs pièces de six et de douze sur un mammelon à gauche de la roule ; et ayant fait battre pendant quelque temps la colonne, je fis avancer rapidement mon infanterie et enlever de vive force le village de Passarewo, et, par une seconde attaque, le petit bois qui se trouve en avant du village.

Le pays était extrêmement fourré depuis le petit bois jusqu'au haut du mamelon qui domine toute la plaine et qui était fortement occupé par l'ennemi. Je fis jeter trois bataillons en tirailleurs dans les broussailles, qui étaient remplies d'une grande quantité de chasseurs à pied russes. Une vive fusillade s'engagea de suite, ainsi qu'une canonnade des plus fortes, qui a duré jusqu'à midi. J'ordonnai qu'on prit le mamelon d'assaut. Les premiers bataillons parvinrent, après (le grands eiïorts, à le couronner; mais, quoique soutenus par d'autres bataillons, il leur devint impossible de soutenir contre une force infiniment supérieure. Nous fûmes repoussés du mamelon; mais nous par- . vînmes à nous maintenir dans le taillis, selon l'ordre que nous avait donné Sa Majesté, et je fis continuer à battre de mes batteries le sommet du mamelon, où l'ennemi avait douze pièces de gros calibre.

Nous restâmes dans cette position jusqu'à deux heures du soir, où, m'étant aperçu qu'on faisait des progrès considérables sur le centre, j'ordonnai uoc nouvelle attaque sur le mamelon, laquelle fut secondée par la cavalerie, qui arriva par le revers du mamelon, presque au même instant que l'infanterie, et nous parvînmes à nous y établir. L'ennemi fit des eiïorts pour le reprendre, mais non-seulement il fut brusquement repoussé, mais je le poursuivis vigoureusement avec de l'infanterie et de la cavalerie à plus d'une lieue. La cavalerie fit plusieurs charges sur l'infanterie, qui éprouva de grandes perle». On ne fit que peu de prisonniers , car la cavalerie sabra tout ce qui lui tombi

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