‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 93 sur 106 · Journaux de Moskou de · texte numérisé non relu

Journaux de Moskou de

Proclamation de Rostoptshine aux Finançais.

Moskou 1/13 septembre 1812'.

Messieurs les Français de Napoléon,

J'ai été huit ans à embellir ma maison de campagne, et j'y ai vécu heureux au sein de ma famille. Les habitants de ce domaine, au nombre de 1720, le quittent à votre approche, et j'ai mis le feu à ma maison, afin qu'elle ne fut pas souillée par votre présence.

Français, je vous abandonne mes deux maisons de ville, avec un ameublement valant un demi-million de roubles, mais vous n'y trouverez que des cendres!

Français, vous voulez tâtcr de nos bazars, de nos femmes et de nos richesses; eh bien! au lieu d'eau-de-vie, vous aurez du punch brûlant; si vous aimez les chaudes amours , vous en aurez aussi , dans nos climats bien froids ; si vous aimez l'or, vous l'aurez tout fondu, il est plus facile à emporter en lingots; si vous aimez le bal, vous l'aurez aux flambeaux, et je réponds que vous y verrez clair; si vous voulez savoir enfin comment l'on danse en Russie, vous y ferez des sauts comme nul n'en sait faire; enfin, Messieurs les Français, je veux faire mentir votre almanach , qui dit qu'il fait froid en Russie.

Rostoptschine.

Discours du président Jean Borcyko-Chodzko, àV occasion de V adhésion des Lithuaniens et des Ruthcnicns à la confédération du Royaume de PologjiCj ainsi que des victoires des armées gallo-polonaiseSy remportées sur les Russes. Ce discours a été prononcé à Minsk-Litewski, le 2k septembre 1812*.

Citoyens Polonais,

Un siècle et demi s'est écoulé depuis que la nation polonaise, jadis si redoutable à ses ennemis, a penché vers la décadence, par les abus de la liberté, par l'orgueil des magnats , et par la perfide avidité des puissances voisines. Dans ce laps de temps, malgré son héroïsme armé, malgré des preuves des vertus incontestables et malgré son ardent amour de la patrie, elle n'a pas pu échapper à sa fatale destinée: elle n'a pas pu arrêter* les progrès de l'anarchie fomentée par l'étranger. Mais, quand vint la dernière heure de la chute, lesPolonais montrèrent encore leur héroïque dévouement, et surent mourir en braves. Ainsi se perpétuaient les souvenirs de leurs suprêmes sacrifices.

Dans cette chute déplorable, notre patrie fut déchirée par l'avidité de nos voisins; elle perdit son nom; elle semblait morte au monde politique : mais les dernières étincelles de sa vie nationale se réfugièrent dans les cœurs de ses enfants: de Dombrowski, de Kniaziewicz, de Rymkiewicz, de Jablonowski, do Kosinskietde tant d'autres guerriers qui, sans pouvoir relever la patrie, sur les bords de laVistule, du Niémen etdu Dnieper, ont su sauver, à l'étranger, l'honneur militaire et combler avec leur sang précieux la triste interruption du chaînon des Annales polonaises.

Après les dix-huit ans d'oppression et d'humiliation; après la perle de tout ce qui est véritablement polonais , une nouvelle aurore s'élève pour notre in-

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