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Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne

Ayant pris connaissance de ce mémoire que vous m'avoz transmis en dernier lieu, j'ai juq'î t\^(:(:v-mt<: qu'il y Uii f/iit r/;pon5€', tant pour r/:[uU:r quelque=i assertions p<;u solides qui s'y trouvaient consignées que pour donner une nouvelle preuve de la pureté de mes intentions et de l'honorabilité de mes principes.

J'espère, mylord, que cet envoi fera la clôture de cette correspondance particulière, vous priant de faire passer vos papiers d'office par la voie habituelle. Alexa^idre.

Première note politico-militaire adressée par le comité miiitaire

polonais au grand-duc de Russie, Constantin-Pavlovitsch, sur la

réorganisation de l'armée polonaise.

Varsovie, 27 novembre 1814'.

M. le général de division Zaïonczek, autorisé par Son Altesse Impériale Mgr le grand-duc a communiqué au Comité militaire la conversation conûdentielle que Son Altesse Impériale a bien voulu avoir avec lui le 2G novembre.

Son Altesse Impériale a dit : « Sa Majesté le roi de Prusse vient d'occuper la Saxe; il a incorporé les troupes saxonnes dans les siennes. Sa Majesté rp>rapereur,avec autant de droit de procéder delà même manière avec les troupes polonaises, leur a, au contraire, donné des preuves éclatantes de sa générosité et de sa confiance. Comment répondrez- vous à cette délicatesse, et que feriezvous en cas de guerre, n'ayant pas de troupes organisées? »

Le Comité militaire, jaloux de mériter l'estime de Son Altesse Impériale et la bienveillance de Sa Majesté l'Empereur, a cru, vu l'importance de l'objet, devoir avec franchise et loyauté soumettre ses idées par écrit ;

Le Comité sent, avec la plus vive reconnaissance, toutes les grandes obligations que Sa Majesté l'Empereur a imposées à la nation polonaise , par la manière magnanime .généreuse et bienveillante dont elle a traité jusqu'à ce jour son armée. Mais en imposant ces obligations à la nation polonaise, Sa Majesté l'Empereur luia permis de croire qu'elle lui conserverait jusqu'à la fin la seule source d'une vraie et sincère reconnaissance , savoir son caractère national et son honneur.

L'armée polonaise n'existe et ne peut exister sans la nation, et si elle est restée fidèle à Napoléon, c'est qu'elle en avait pris l'engagement envers sa patrie que Napoléon avait relevée et soutenue.

1. A cette lettre est annexé un nouveau iicmorandum que nous ne croyons pas utile de reproduire, parce qu'il ne se rattache qu'incidemment à la question qui fait l'objet de la présente publication. - 3. Nakwaski Henri, U grand-duc Constantin à Varsovie, p. 7.

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^ et

L'amour de la patrie, l'honneur et la gloire nationale, le désir du bien général de son pays, voilà le3 grands mobiles du Polonais qu'il est impossible de détruire, et qu'il sera aussi toujours utile qu'avantageux de regarder comme des vertus.

Les sentiments de la nation et de l'armée polonaise sont connus à Sa Majesté l'Empereur; elle a daigné les apprécier et les approuver. Pourraient-elles conserver son estime par d'autres voies que par celles qui la leur ont acquise?

Le Comité s'est conduit jusqu'à présent d'après l'esprit et le caractère de la rjafioji, seul moyen de servir utilement le souverain que la Providence lui destine; il a cru, il croit, il désire que ce soit Sa Majesté l'Empereur; il serait heureux de pouvoir lui témoigner, par sa fidélité et son zèle, son attachement et sa reconnaissance. Mais si Sa Majesté l'Empereur croit devoir diiïérer à te déclarer, que peut faire une nation abandonnée, une armée désorganisée, un comité éventuel, dans l'ignorance absolue de leur destinée et l'incertitude des événements?

Dans celte ignorance et cette incertitude, le poids de leurs engagements envers le roi de Saxe s'appesantit doublement sur eux, en les paralysant pour le bien de leur patrie, ou en les exposant au reproche d'une lâche défection. Dans celte alternative, tout Polonais sent que l'honneur ennoblit et adoucit les plus grands malheurs.

Il n'y a qu'un seul moyen d'arriver promptement à l'organisation de l'armée polonaise ; il est dans l'esprit , dans le caractère , et , si l'on veut, dans les préjugés de la nation; c'est de la confcddrcr dans le but de maintenir et de défendre l'existence de son pays et d'un gouvernement cnnstilutionncl, sous la protection de Sa Majesté l'Empereur. L'initiative que l'armée prendrait dans ce cas ne serait que le résultat de la position où se trouve la nation; elle repondrait aux circonstances politiques du moment, et déciderait les efTorts que la nation ferait pour servir sa pairie. Alors seulement les Polonais se croiraient dégagés de leurs obligations envers le roi de Saxe, qui, comme duc constitutionnel, ne peut s'opposer à leur existence qui basait sa souveraineté. Alors seulement les Polonais pourraient reconnaître dans Sa M.ijeslé l'Empereur leur protecteur, leur bienfaiteur et leur souverain légitime, puisque c'est lui qui leur aurait accorde l'existence politique et les moyens de la maintenir- et toutes leurs affections, tout leur zèle, tout leur dévouement se tourneraient vers lui; Sa Majesté l'Empereur n'aura pas de sujets plus fidèles, la nation russe n'aura pas d'alliés plus sincères et plus utiles, etl'auguste Alexandre, appuyant et soutenant la cause la plus juste, s'assurera, à côté d'une gloire immortelle l'amour d'une nation qu'il aura fait renaître.

C'est le seul moyen, le Comité n'en voit pas d'autre, pour exécuter avec honneur et loyauté les vues bienfaisantes de Sa Majesté l'Emperenr. Joseph Zaïonczek, Jean-Henri Dombroioski, ^ Joseph SieraJcoivski,

Stanislas Woyczynshi, ) généraux de division. Joseph Wielhorski, Charles Kniaziewicz, Antoine prince Sulkoivski, - Fraiiçoi^ Paszkowski, général de brigade, secrétaire.

ANNÉE lan. 629

Deuxième note politico-militaire , adressée par le Comité militaire polonais, an yraml-duc de Russie, Constantin- Pavlovitsch, sur la réorganisation de l'armée polonaise.

Varsovie, le 30 novembre 1814'.

Monseigneur, Le Con:iité militaire sent trop bien tous les avantages qui résulteraient pour la Pologne d'une liaison intime et indissolul.'le avec la couronne de Russie, pour prêter l'oreille à toute autre proposition. Loin de lui toute idée d'indépcndnnce absolue qui entraînerait à sa suite la soi-disant libre élection des rois et replongerait le pays dans cet état dont presque un siècle n'a pu parvenir à le tirer.

A côté d'une constitution qui conservera notre caractère national , qui alimentera dans nos âmes l'amour sacré de la patrie, et qui éternisera notre dévouement envers notre libérateur, il nous faut un appui, il nous faut un protecteur. La politique, la raison, nos cœurs toujours ardents pour le bien de notre pays, tout enfin nous indique Alexandre. L'empire russe est la seule colonne sur laquelle nous puissions appuyer notre existence nationale, non pas' celle existence qu'un souffle fait naître et détruit, mais une existence éternelle , basée d'une part sur l'intérêt, la magnanimité et la loyauté; de l'autre, sur la reconnaissance et le besoin inné d'être Polonais. *

Mais, Monseigneur, nous avons déjà eu l'honneur de vous le dire, que peut une nation abandonnée, un Comité provisoire dans l'ignorance absolue de son sort et des événements qui l'attendent?

Dai;^nez, Monseigneur, vous mettre un moment à notre place. Sans aller fouiller les fastes de l'histoire, comment avons-nous été traités depuis l'aidnemenl de S(anislas-Au(iuste art, trône de Pologne? Les événements sont trop récents pour ne pas rappeler à chaque Polonais, dans les circonstances actuelles, combien nous avons été victimes de l'intérêt de nos voisins.

Maintenant nous nous trouvons au milieu d'un vaste océan, sur une faible nacelle, sans voile ni gouvernail; Sa Majesté l'Empereur nous invite, il est vrai, à débarquer, mais sans nous rien promettre. Après avoir été si souvent les victimes de notre confiance, ne nous serait-il pas, Monseigneur, permis d'hésiter? Et malgré la grande âme de Sa Majesté l'Empereur, les circonstances ne peul vent-elles pas le forcer à nous faire trouver des fers, là où nous cherchions noire

I salut? Celte crainte n'a-t-elle pa? le droit de nous arrêter, quand il nous reste

; encore une chance, celle de nous noyer avec honneur?

• Daignez , Monseigneur , nous vous le répétons , vous mettre un instant à notre

\ place, et décidez sur notre conduite.

La franchisa, la loyauté, l'iionneur, voilà les bases de toutes les démarches

du Comité. Ces motifs nous portent à déclarer , que la confiance entière que nous

avons dans le caractère personnel de Sa Majesté l'Empereur , nous donne la

certitude qu'elle daignera approuver la conduite d'une nation loyale, et qu'ac-

I cordant sa politique avec les mouvements généreux de son grand cœur, elle

I trouvera dans son âme la volonté, dans sa sagesse les moyens de reconstruire

un État qui n'aurait jamait dà disparaitre. I C'est uniquement cette confiance, Monseigneur, qui nous a portés à proposer

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