Nakwaski H. p
les a rcrus. sont n idcmmcnt opposds aujourd'hui aux intérêts^ ù la drfcnse f( à la consrnation de votre pnys.
Je sni3, Mcssiciir;:, que d'autres motifs encJmîncnt encore voire zèle et l'nclivilc aiixciiicis, je n'en doute pns, voire conviction vous porlcrail. DépositHJrcs de riioniieur de vos armées cl de celte confiance nationale (juc vous ont aciiuis de beaux faits d'armes, dans une cause clièro à vos conriioycns, vous vous , considérez comme comptables envers eux de toutes vos démarches , et vous dé-
sirez une garantie qui vous justilie à leurs yeux , dans le cas où l'objet de votre attente ne serait pas rempli. Messieurs, de puissantes raisons et les intérêts mèmcsde votre existence peuvent exipcraiijourd'liui que Sa Majesté rp'mpereur * n'établisse pas publiquement encore la forme qu'il destine à votre pays, et
pleins de confiance en sa sagpsse et dans ses intentions, nous devons respecter ' les motifs de son silence. Mais quelle garantie plus puissante pouvez-vous exiger
• j que celle que l'ICmpereur vous ofîre par sa conduite à votre égard? Vaître de
ij votre pays, il respecte les formes de son administration, mainlient les em-
■' } ployés de l'État et établit un comité civil, chargé de pourvoir à un ordre de
' choses qui satisfasse à vos besoins et à vos opinions.
, i 11 en confie en partie l exécution à vos propres mains: maître de vos troupes,
j ^ il les renvoie libres dans le pays, et pouvant les faire prisonnières, il les traite
!' H en amis et en alliés. Les principaux membres de voire gouvernement ont été
ï l'objet de ses bontés à Paris; j'en appelle à vous-mêmes. Messieurs, ainsi que
fj des espérances que Sa Majesté Impériale vous a permis de concevoir. Certes, ce
> . 1 n'est pas lorsque vous ne pouviez plus lui résister qu'il eût cherché de vous
; égarer, en supposant un moment qu'une pensée aussi opj.osée à sa magnani-
t mité et sa loyauté eût pu naître en lui. L'amnistie accoidCe à tous les Polonais
',■; ses sujets n'est-elle pas une preuve que Sa Majesté Impériale est disposée à ne
.jj point condamner un patriotisme qui ne doit plus être en opposition avec ses
intérêts ; enfin , rétablissement d'un Comité militaire , dans la vue de créer une armée toute nationale, ne sont-ils pas des garanties qui annoncent à la fois et ! une confiance illimitée et un plan fortement arrêté; elles sont telles que la pru-
dence, la sagesse, la politique et les intérêts de votre propre existence permet- •'} tent de les accorder. Mais quelles que soient celés que les pactes les plus
authentiijues puissent y ajouter, persuadez-vous, Messieurs, qu'il ne saurait j exister de garanties plus solidement établies que celles qui prennent leur .-ource
'< dans le vœu et la parole de l'Empereur.
iJe me permets maintenant de vous demander, à mon tour, Messieurs, quel est le gage que jusqu'ici vous avez donné à Sa Majesté Impériale de la pureté de vos intentions , de votre fidélité à son égard , de la reconnaissance qu'à si justes titres a dû vous inspirer une clémence aussi inespérée de sa pan ? Quoi , Messieurs , i l'Empereur vous rend votre honneur, votrcliberté , vos fortunes, et vous élevez
! I des doutes, et vous vous demandez si vous combattrez pour lui? L'Empereur
! défend aujourd'hui votre cause devant les puissances qui s'alarment de votre
existence et convoitent le partage du reste de votre patrie, tandis que voui semblez, par votre inaction, d'accord avec ceux qui s'opposent aux biens que l'Empereur vous destine; vous paraissez en quelque sorte justifierd'avance l'ar- ,1 gumenl qu'on pourrait opposer à Sa Majesté Impériale, que les Polonais sont
eux-mêmes peu disposés à seconder ses vues à leur égard. Il ne tiendra pas à vous, Messieurs, que l'Empereur ne se le persu.ide, si l'inaction dans laquelle vous me semblez vouloir vous retrancher , pouvait se prolonger. L'hoooeur que vous invoquez, Messieurs, prend sa source dans les vertus dont la reconnais-
sance est le mobile , et à celte reconnaissance Sa M,ijeôté Impériale a des droits sacrés. Cette reconnaissance n'est pas celle de quelques-uns d'entre vous; elle est celle de la nation enlière; et lorsque l'Empereur la comble de bienfaits en tout genre, c'est à elle à aller au devant de ses vœux et à justifier son généreux intérêt. Ce ([u'il est peut-être contraire à la délicatesse de l'Empereur d'exiger des Polonais, c'est à eux de le lui offrir et à fixer de cette manière une bienveillance dout l'Empereur pourrait se lasser, si vous continuez à n'y opposer autre chose que vos doutes et votre inaction.
Mais ce que l'Empereur ne croit pas vous demander , c'est à moi , Messieurs, comme dépositaire de sa confiance, comme président de ce Comité, à l'exiger de vous. Depuis trois mois que nous sommes asscmble's, nous ne sommes encore arrivés à aucun résultat positif. Lorsque l'Empereur nous a donné une preuve si éclatante de sa confiance , qui est celle de l'organisation de son armce . je pense que l'honneur exige de nous que nous répondions pleinement à l'objet de ses vœux, et que nous ne lui offrions pas le spectacle honteux de guerriers qui, appelés tous les jours à jouir de ses bienfaits, liésitent er.core à se dévouer pour lui. Il est peut-être temps de prouver à votre tour à l'Empereur que les bienfaits qu'il vous a accordés ne sont pas perdus pour son intérêt et pour sa gloire; il serait peut-être utile de l'intéresser à votre sort par un dévouement qui provoquerait sa générosité.
C'est à vous d'examiner maintenant, Messieurs, comment vous répondrez au compte que vous devrez à la patrie, si elle peut vous reprocher un jour d'avoir négligé son salut, par des considérations et par un excès de délicatesse que la sagesse et la prévoyance n'auront pas justifiés.
Je me résume, Messieurs, et je vous liemande s'il est juste que l'Empereur supporte seul le poids de votre défense, et (jue vous ne fassiez rien pour lui?
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Constantin, grand-duc de Ilussie.
Lettre du général Zaïonczck au grand-duc de Russie, Constantin- Pavlovitsch, enjoignant les opinions de chacun des membres du Comité militaire polonais, sur les notes du Comité et sur la réponse du grand-duc Cojistanlin, relatives à la réorganisation de l'armée
polonaise.
■Varsovie, le 4 décembre 1814'.
Monseigneur, Le Comité a reçu avec des sentiments de respect et de la plus vive reconnaissance l'écrit que Votre Altesse Impériale a daigné lui adresser en date du 3 décembre. Après une milre délibération, chacun des membres a cru devoir émettre son opinion par écrit.
Je m'empresse de transmettre à Votre Altesse Impériale le résultat de la séance.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect , etc.
Zaïonczek.
Le général prince Sulkowski est d'avis qu'on organise l'armée polonaise du duché de Varsovie sous la protection de Sa Majesté l'empereur Alexandre,