Archiva- d'' lo Diihilurc
ANNEF. laôO. 765
peu do jo'.irs, c'est-à-dire jusqu'à !a réunion des cham'nres' de la ch.iî|;c de DicUitcur.
Je rcmetlrai mon pouvoir aux mains des mandataires de la nation,
ra'o)cz, compaîiotes, que j'userai de ce pouvoir pour votre bien seulomenl. Vive la patrie/
Le dictateur : Chlopulri.
LcUre confidenliclle dudicta'.cwr Clitopiçkl à rcuipcrcur sXicoIas r',
lui ojfranl sa souhiission en dehors de la volonlc nationale.
Celte îellre fut portée parle colonel Tliaàc Wylezynski, le nonce Jeau leziershi et le juinislre des finances Xavier Liîberki.
Varsovie, le 10 lîccembrc 1S30-.
Sire,
L'Assemblée dclibcranle (Diète), malgré le talent et mémo la popularité de ses membres, est ^rop faillie iiour pouvoir ramener la tranquillité an miliei) de l'orage. Convaincu de cci'.e vérité. dViulanî plus rjne j'ai devant les yeux Vexpéricnce des jours de leneur qui viennent de s'écouler, j'ai résolu de réunir eu ma personne le pouvoir exécutil dans toute son étendue, aHn qu'il r.e devînt point la proie d'une foule d'agents provocateurs et de perturbateurs qui, timides à l'iieure du danger, possèdent copendanx l'art de tromper les masses par des mensonges, et de faire tourner ^ leur profit les nobics sentiments du peuple. Eiiiicirûdel'aiiàrcîiic, cprès avoir vu renverser par elle l.'-ois sortes de gc^vcrncnients, je rae suis proposé d'appuyer le gouvernement provisoire par une force organisée, de rendre i'aulorité à un seul homme, ea l'entourant du secours de l'armée et de l'obéissance du peuple.
Celte mesure, Sire, a déjà rétabli la tranquillité dans les e=p'ils; le soldat observe la discipline militaire, la populace retourne à ses occupations habituelles; tous conlicnt sans crainte ce qu'ils ont de plus cher à une autorité qui désire le bien public et qui atteindra désormais es noble bat. En u,i iuoi., les troubles ont cessé cl les traces de désoidre s'eiTacent.
Wais,Sire, ces sonlimcnts qui, dans le cours de quelques heures ont armé toute la capitale, qui ont réuni toute l'armée sous un même étei^.dard; ces seutiraenls qui, comme une étincelle électrique, pénètrent tous les palalinatr, et y produisent les mùues elTets; ces sentiments, dis-je, biillenl dans tous les cœurs, et ne s'éteindront qu'avec leur dernier soupir.
11 en est ainsi ., Sire. La nation entière veut une liberté modelée ; clic ne veut point en abuser: mais, par cela môme, elle veut qu'elle soit à l'abri do toute violation et de toute agression: elle veut une conslilulion applicable à la vie pratique. Par un concours inouï de circonstances, se trouvant dans une po^ilion pout-Ctre trop Inrdie, elle n'en csi pasuioins prêle à tout sacrifier pour h plus belle des causés, jicur son indépendance nationale. Cependant, Sire, loin d'elle est la pensée de rompre les liens qui l'unissaicnl à votre auguste volonté. Le gouver:;ement provisoire a déjà recoiinu la nJccssitc d'envoyer à Sainl-Pi-
1. La diète élatit convoquée i>our le 18 décembre. Archidcs de la I /Ut dure.
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Icrs'itotirp deux députes qui ont dlc cliargés do déposer aux pi:-ds du trône de Votre Majesté Impériale et Bdyaîc )'expres-i.'>)i des volontés et des désirs de la nation, que les provinces polonaises ancienncmciil incorporées à l'Empire fussent admises à la joi issance des mêmes lijierlés que le Royauinc.
Dait^ncz, Sire, jjar humanité et par égard pour les bicnf.iils /-lue vous avez répandus sur nou3, au commencement de votre règne, accueillir avec bonté les prières dont ils sont l'interprète. Que la Pologne déjà reconnaissante à Votre Majesté Impériale et Royale pour lei, lionnes intentions que vous lui avez toujours montrées^ que cette Pologne, dis-je. p>ii?sc vous entourer, Sire, de cet amour qu'elle conserve dans son cœur pour son auguste régénérateur; que notre destiné: s'accomplisse; et vous, Sire, remplissant à notre égard les pro messes de votre prédécesseur, prouvez-nous pnr des nouveaux bienfaits qu votre règne n'est qu'une suite non interrompue du règne de cei>ii qui a rendu l'existence à une partie de l'ancienne Pologne. Du re^te, la jouissance des li bcrlés qui nous sont assurées jiar la Charte n'c3t point une concestion que le trône nous fera, ce ne sera que la simple exécution d'un contrat j^assé entre le lloi et la nation , et confirmé par un serment réciproque.
Connaissant, Sire, votre magnanimité , je dois espérer qu'une déimlation qui n'a pour but que la paix, obtien'!ra l'effet qu'elle se propose; les travaux du gouvernement provisoire sont consacres à l'organisation intérieure du paya: ses ordonnances seront respectées comme les miennes propres, jusqu'au moment de la réunion du Sénat ei de la Chambre des nonces et des députés, auxquels il apjiartiendra de jirendre des mesures ultérieures.
Sire, en ma qualité d'ancien soldat et de bon Polonais, j'ose vous faire entendre la vérité, car je suis persuadé que Votre Majesté Impérla!e et Royale daignera 1 écouter. Yt'os tenez, Sire, dans votre main les desl'r'.pps de tout» l;i nation: d'un seul motvoas po\ivez la mettre au comble du bonheur, ou d'un seul mot la précipiter dans un abîme de maux.
Plein de confiance dans la rnagnanimilé de votre cœur, Siro, j'ose espérer qu'une effusion de sang n'aura pas lieu , et je me regarderai comme le plus heureux des hommes, si je puis atteindre au but que je me propose par la réunion intime de tous les éiémanls de bon ordre el de force.
Je suis, etc. .
Clllopirhl.
Appel (lu sênateur-castcJlan François Xahwashi, ovx liahiîanis du
palatinat de Ploçh, afin de secourir la pairie par tous les moyens
possibles.
Varsovie, le l-!i décembre 1830'.
La défense de notre bien- aimée patrie a appi.lé dans les rangs de l'armée tous les démissionnaires. Je suis constamment témoin del'empre.'isonKnt avec lequel ces guerriers, retrempés dans les anciens combats, accourent de no\iveau sous les bannières déployées de la liberté nationale; ils aliandonnent volontiers les êtres qui leur sont les plus chers : leurs fonnni:s et leurs enfants qui, pour la plupart, restent sans soutien. ÎJcaucoup de ces vaillants guen lors entretenaient parle travail agricole des mains, de nombreuses familles, qui, maintenant, privée:-, do leurs maris et de leurs pères, peuvent être exposées à la misère et au manque du nécessaire.
1, Chodzko. Ann. jiolon. Ms. (18r.()J.
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ANNKG 1850. 767
Au mo:nenl où notre gouvernement énergique est occupé exclusivrincnt des nioycn:- d'atlcimlre le grand bal national, il ne nous est pas pernus d'oublier celle vertu sacrée chez notre nation, celle d'accorder aide cl prolcciion aux jnalliPureuK. Le passé nous donne un exemple frapjiant de cette vérité. Lorsque du temps del'anciïînne l'ologue, les citoyens lesabre à la main icpoussaienvlns envaliisseurs do la patrie, des préposés dans chaque paiat'r.at et liislrict iiomrû6s woyski ulaient c!:argés de porter du secoi:rs aux épouses et aux enfants des combattants. De notre temjis. ])cndant la canipaj.;ne d'Autriclie de ISO'.), les épouses et les enfants des guerriers qui quitlaici.l Varsovie, tronvèrei.t ici La entretien et des secours ta raj^port avec leurs besoins. En 1812 et 1R1.1, îles collectes abondantes en faveur des hôpitaux et des prisonniers dn g-ierre, proiive-it combien le Polonais, à cC'tc de sa valeur, sait en rafjnic temps être bienfaisant.
C'est donc à vous, Conseils municipaux, qu'il appartient de trouver les moyens con\enable<, pour que ces épouses, ces enfants aban]o;;nés jiour ia cause du peuple, trouvent chez ce peuple un appui suffisant. Dc>ignez pour cela des citoyen;? dignes et connus par leur zèle, qui s'occupent de réunir l<^s offrandes nécessaires et doiniez satisfaction à ce saint besoin de l'hunianilc, à cette dette h plus chère que la patrie a contractée vis-à-vis de ses vaillant-; défenseurs. Déjà le Conseil palatinal de Ploçk, animé par un zèle patriotique, prend les meiurcs convenables pour subvenir aux besoins indispensables des épouses et des enfants et préparer un refuge à ceux qui, en combattant pour notre trèschère patrie, auront reçu de nobles cicatrices.
Aujoiird'liui c'est donc avec d'autant plus de conviction que j" puis m'adre^ser ci vous, habitants de la capitale, vous qui êtes connus par voire zéîe. par vos sonti'.ucnts nobles et éJevés d'amour de h patrie et de bienfai^anLe. c'est à vous, président de la ville, qui aviez partagé avec moi les lra\au.v et tes soins dans les moments des plus grands dangers de la patrie que je m'adres?e y arliculièremenl , lonsque nos chaînes ont été brisées dan? la mémorable unit du 29 novembre, et lorsq-ie l'élan populaire pouvait dépasser les iimites de l'ordre public, votre seul mol a su le ramener à cet ordre : aussi aujourd'hui voucscul mot suffira pour accoinidir le désir municipal et trouver les ressources fuffisautes pour secourir ies épouses et les enfanls des guerriers qui vont combattre pour la plus sainte des causes!
Quant à vous, nobles Polonaises, hâtez-vous de porter ce secours qui est si nécessaire aujourd'hui. Votre voix suffira pour réveiller l'enlhouslaîme des guerriers. Vos cœurs, votre zèle, suffiront pour assurer l'existence i leurs f.iuiilles. Ces guerriers rassurés par votre ùévouement bienfaisant, seront convaincus qje la seconde moitié de leur existence trouvera une tutelle conveni'.bie : que leurs femmes trouveront en vous des sœurs et leurs enfants des soins paternel^. Imitez en ccia vos mères, ce sont elles qui en ]70'i élevaient de leurs mains les fortincations de Pra&a, ce sont elles qiiien IKOO, 1S0<J, ISi'î et 1R13 soignaient les blesrés, et avaient e»; >icf, soins assidus pourlîs familles des guerriers morts sur le champ d'iionneur ou L'émissanl dans les prisons lointaines. Occupez-vous donc de cette fâche sublime, .'•i propre à vos cœurs et à vos scntinienls, cl c'est par là que vous pourrez contriliuer avec plus d'efficacité, à relever l'esprit, l'existence et la gloire de la patrie renaissante.
François Nahœashi, scnatcur-ca^lcllon.
Prûclamation de Vcmpcreur cl roi Nicolas l" aux Polonais. Saint- Pélers'uour^', le 6/17 dt'cenilire 1830'.
Polonais!
L'odieux atlenlat dont votre capitale vient d'être le théûtre, a trouille le. rc])OS de votre ]iays. Je l'ai ap[ajs avec une juste iiidignotion et j'en éprouve une profonde donlcur.
Des hommes qui déshonorent le nom de Polonais se sont conjurés contre la vie du frère de votre monarque, ont porté une jiartie de votre armée à ouhlicr ses serments et aveuglé le peu};le sur les plus chers intérêts de votre patrie.
Il est temps encore de réparer le passé, vous pouvez encore prévenir de grands malheurs. Je ne confondrai pas ceux qui abjureront l'erreur d'un moment avec ceux qui persisteraient dans le crime.
Polonois, préiez l'oreille aux conseils d'un père, obéissez aux ordres de votre roi !
Comme nous voulons vous faire connaître nos intentions d'une manière précise, nous ordonnons :
1° Tous nos sujets russes qu'on retient prisonniers seront sur-le-champ mis en liberté;
£" Le conseil d'adm.inistration reprendra ses fonction^^ pr-mitives, et l'auforilé dont nous l'avons investi par notre décret du 31 juillet (12 août) 1326;
3" Toutes les autorités civiles de la capitale et des palaîinaîs ])rêtcront une stricte obéissance aux décrets rendus en notre nom par le conseil d'adininistration, organisé comme nous venons de le dire, et ne reconnaîtront aucun pouvoir illégalement constitué;
4" Immédiatement après la réception des présentes, tous les chefs de notre armée polonaise seront tenus de réunir leurs troupes et de marcher yans délai sur Pinck, lieu (lue nous avons fixé ]i0ur point de réunion de notre armée royale;
5» Les chefs de corps sont tenus de nous envoyer sans délai des rapjiorls sur Pélat de leurs troupes;
C° Tout aimement organisé par suite des troubles de Varsovie, et se trouvant étranger à l'organisation de notre armée, est dissous dès à présent.
i. Archiics de Kumic,
Tir»ii> iriSj»
AKNÉE lanO. 700
En conséquence: les autorités locales sont chargées de veiller h ce que toutes les personnes qui ont pris les armes d'une manière ilk'^^alo les déposent à l'instant, et que ces armes soient mises sous la garde des soldats vétérans et des gendarmes de chcique localité.
Soldats de l'armée polonaise! de tous temps vous avez eu pour devise : Honneur cl fidélité. Notic brave régiment des chasseurs de la garde à cheval en a fourni une preuve à jamais mémorable. Soldats! suivez cet exemple : répondez à l'attente de votre souverain, qui a reçu vos serments.
Polonais! ceite proclamation dira à ceux qui me sont restés fidèles, que je sais compter sur leur dévouement comme je me confie à leur courage.
Ceux d'entre vous qui se sont abandonnés à l'erreur du moment apprendront également jnir cet appel que je ne les repousse pas s'ils se hltent de rentrer dans les limites de leur devoir.
IMais jamais les paroles de votre roi ne peuvent s'adresser à des hommes sanslidélitéet sans honneur, qui conspirent contre le repos de leur nation. S'ils ont osé, en prenant les armes, se flatter qu'ils obtiendront des concessions en réconq)ense de leurs crimes, leur espérance est vaine, lis ont trahi leur patrie. Le malheur qu'ils lui préparent retombera sur leurs têtes.
Nicolas, empereur et roi.
Le ministre secrétaire d'État, Comte Etienne Crabowslci.
Compte roula de rcnlretien dci> envoyés polonais du dictateur Clilopiçliiy avec les Q'-niraux Benhmdorfel Diebiisch, pendant qucVerapercur Nicolas se trouvait dans une pièce attenante.
Saint-Pétersbourg, le 19 dccemliro J830'.
LnlicutciK'ut-coloncl Wylezynski, porteur îles dépêches du dictateur pour Sairii-Pétersbourj^, après une courte entrevue avec l'empereur Nicolas, a ca roccasioiT de voir les généraux Dicb'itsch cl Benkondorf , initiés tous les ileux i h haute politi'pie de l'empire. Le yénoral Benkendorf dit, ca ï'adressûnt à Wylozynski :
« Eh bi^a, m(">ssieurs les Polonais! votre révolution n'a pas au moins le mérite de l'à-propos : vous vous êtes juslemeat soulevés au'moîiicnl où toutes le»