‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 3)Chapitre 56 sur 95 · ArcJiii'CS de ilnsaic · texte numérisé non relu

ArcJiii'CS de ilnsaic

aux aulorilL'S de la viilf; le temps et les moyens de ramer.er les égarés à l'aide des citojens bien ];ensants, et de tenir la Lridc aux malveillants.

Mais cet espoir ne s'est point accompli. Le conseil d'administration se trouva bientôt dans l'impossibilité de rétablir l'ordre, menacé sans cesse par les rebelles qui avaient chanjré sa composition et éloigné ceux de ses membres que nous avions nommés, pour leur en substituer de nouveaux imposés par les meneurs de la conjuration ; il ne lui resta plus qu'à supplier le césarévifsclî de lui renvoyer les troupes polonaises, qu'il avait emmenées de Varsovie pour proléger contre le pillage les propriétés publiques et privées.

Bientôt ce conseil fut entièrement dissous et le pouvoir suprême remis aux mains d'un général. Pendant ce temj.s la nouvelle de rinsurrcotion se l'épandit dans toutes les provinces du royaume de Pologne; partout les mêmes moyens furent employés : fraude, menaces, mensonges, tout fut mis en usage pour soumettre la paisible population du pays à une poignée do rebelles.

Dans ces graves et déplorables conjonctures, le césarévitsch jupen indispensable et urgent de céder au vœu au conseil d'administration, et permit au petit nonibre de ses Polonais fidèles de retourner à ^'arsovie pour veiller ?.utant qu'il serait possible à la sûreté àcs personnes et des propriétés. Quanl à lui il quitta le royaume de Pologne avec ses troupes russes, et ie 1/13 décembre il arriva aux villages de Wolynie.

C'est ainsi qne fut accompli un crime peut-ôîre médité depiiis longtemps. Après avoir joui du bienfait de la paix» cl goûté la prosijérité sous l'égide de notre pouvoir, le peuple polonais, éprouvé par tant de malheurs, se ])récipile de nouveau dans l'abîme des révolutions et de la misère, et quelques poignées d'insensés, quoique déjà saisis de terreur devant le châtiment qui s'appréîe, osent un moment rêver la victoire, et nous proposer des conr.iîions, à nous, leur souverain légitiuie!

Russes, vous savez que nous les rejetons avec indignation. Vos cœurs brûlant de zèle pour le trùiic, comprennent parfaitement les sentiments du nôtre.

Dès la première nouvelle de la traiiison , votre l'épcnse a

été le serment réitéré d'une fidélité inébranlable , et dans ce momenl nous ne voyons dans toulc l'étendue de noire vaste empire qu'un seul mouvement; dans l'àme de chacun, il ne règne qu'un seul sentiment, qu'un seul vœu, celui de ne reculer devant aucun effort, et de sacrilier sa fortune, ses jjropriélés et sa vio même pour l'honneur de son emiicreur, et pour l'inviolabililé de l'empire.

C'est avec une profonde émotion que nous Yû}ons ce maj,'ncinimc élan de l'amour du peuple pour nous et pour la patrie, et nous croyons que c'est pour nous un devoir sacré d'y répondre par des paroles rassurantes.

De nouveaux sacrifices, de nouveaux eiîorts ne deviendront point nécessaires. Dieu, le protecteur du bon droit, est avec nous, et la puissante Ilussie peut, d'un seul coup décisif, forcer à la i>ai?>: ceux qui osent la troubler. Nos fidèles troupes, qui, tout récemment encore, se distinguèrent par de fréquentes victoires, se réunissent déjà aux frontières occidentales de l'empire. Nous sommes j'rèls a jiunir le parjure; mais nous voulons distinguer les innocents des coupables, et pardonner aux faibles, qui, par aveut,lcinenl uu par peur, ont sui\i le iorrenî de l'insurrection.

Les sujets de notre royaume de Pologne et les habitants de Varsovie ne prirent pas tous part à la conjuration et à ses tristes et calamiîeux résultats; beaucoup d'entre eux jjrouvcrent par une mort glorieuse qu'ils connaissaient leur devoir; d'autres, comme nous l'apprenons par les rapports du grandduc, furent forcés de retor.rner, avec des larmes de désespoir, dans un jiays gouverné par des rebelles, lis forment sans doute, avec la partie de la population aveuglée et trompée, une grande majorité dans Tarniée et dans Varsovie; aussi nous nous adressions à eux par une proclamation du 5/17 de ce mois, dans laquelle nous témoignons notre juste indignation sur lepaijurc qui a été commis, et nous donnons ordre qu'on mette un l».'rnie à ces démonstrations de gouvernement indépendant , à ces arnjcm.ents insurrectionnels , pour tout rétablir sur l'ancien pied. C'est ainsi i^u'ils peuvent encore balancer le crime de leurs compatriotes et sauver le royaume de roiogne des terribles suites d'un coupable aveuglement.

ANNfiE 1800. 781

Nous J.'iiT indiquons par là jo seul moyen do .salut qui leur reste, cl nous faisons conriailre à tou? nos lidèles sujets cette preuve de notre comiuission ; ils y verront la volonté que nous avons de garantir rint'^'grité des droits de notre trône et de notre patrie, comme aussi le ferme dessein d'épar;^qior toutes les personnes qui ont été aveuglées et qui se repentent.

Russes! l'exemple de votre empereur vous servira de guide.

Justice sans vengeance, fermeté dans le combat jjour l'honneur et l'intérêt de l'empire, sans liaine pour les adversaires aveuglés; amour et estime pour ceux de nos sujets polonais qui restent fidèles au seiment qu'ils nous oiit prêté; marques de réconciliation avec tous ceux qui rentrent dans le devoir.

Tous répondrez à nos espérances comme vous y avez répondu jusqu'à aujourd'hui. Continuez à vivre en paix et à placer votre ferme conliance en Dieu, le bienfaiteur continuel de la Russie, et en un monarque qui connaît la grandeur et la sainteté de la mission qu'il a de maintenir intacte la dignité de son empire et la gloire du nom russe. Nicohi.^.

Pioclamalion da fdd-manchal comte, Vicbiisch-ZuhaUiamky avx Polonais.

Polonais , 20 décembre 1830. =:: l" janvier ir!31 '.

Sa Majesté l'Empereur ul Roi, notre aiigusle. souverain, m'a confié le comraaiuienieiit des troupes destinées à mettre un terme aux déplorables désordres qui ai'llij,'ent le royaume do Pologne.

La proclamalion de Sa Majesté Impériale et lloyale vous a déjà insli'uit^ que le souverain voulait, dans sa g.énérosité. distinguer les sujets luitlos qui ont ob.^îorvé leurs serments - des instigateurs coupabks qui sacrilienl à leur odieuse ambition les intérêts d'un peuple heureux et paisible. Bien plus, il veut étendre .sa bienveillance et sa clémence aux malheureux qui , par faililessc ou par crainte, se sont rendus les complices d'un déjiioralde at'enlat. Polonais! écoulez la voix de votre souverain, de votre père, du successeur de l'auguste restaurateur de votre patrie , et qui , comme lui , a toujours voulu voire bonheur. Mémo les coupables éprouveront lesellels de sa magnanimité, s'ils y ont recours avec confiance. Ceiix-là seuls qui ont trempé leurs mains dans le sang, et ceux qui , plus coupables peul-clri- encore, qui ont excité à ce crime alTreux, subiront les juste? peines portées contre eux par les lois.

Au moment où j'entre, avec les troupes que je commande , dans le royaume de Pologne, jo crois, de mon côté, devoir vous faire connaître les priîxipes qui guideront toutes mes dûmarclics. Soldat fidèle, cl exécuteur consciencieux des ordres de mon souverain, je ne m'en écarterai jamais.

J. .■1n'/iitf.< de Uusfie.

782 1>OLOCNE.

1° Les pai.^ibles lialtilânl.? qui nous recevront coniirc des frère? et des .-mis, Irouvcronl les mêmes seiilimenls dans les troupes placées sous mesonlrc?, et éprouveront de leur p'irt les efl'-l'. d'une parfaite réciprocité. Le soldat jiayera exactement tout ce qui lui sera fourni; et, si les cironstnnccs cxifreaient que les troupes reçussent des vivres des habitants . ou si Ton se voyait olili:é à des réquisitions (ce que l'on évitera cependant autant que possible), lesllal•:lant^: recevront en pAy^ment des bons iinpriuiés qui seront reçus h l'égal de l'articnt c^Miptint, dans les caisses du royaume, pour le payement des impôts. Le:; prix seront Jixcs pour les fournitures au taux légal existant dans les dilléreiits districts.

2° A l'approche des troujics russes, les habitants des villes et des villaires qui ont pris 1?3 armes, d'après les ordres du gouvernement illc^'p.lement institué, seront tenus de livrer leurs armes aux autorités locales, si ces dernières sont déjà rentrées dans le devoir. ]):ins le cas contraire, ils déposeront leurs armes aussitôt qu'ils auront appris l'arrivée des troupcî de Sa Majesté Impériale et Royale.

3" Tout habitant qui. au méj>ris de la fidélité qu'il doit à son souvernin, p-îrsévérera dans la révolte et sera pris les armes à hi main, aura à subir toute la rigueur des lois; ceux qui essayei'oiit de se liéfondrc contre les troupes seront traduits devant un conseil de {ruerre. Lci villes et les villaj;es qui oscTaient résister à Sa Majesté Impériale et Uoyale seront frapjjcs selon le degré de leur résistance d'une contribution extraordinaire plus ou moins forlc. Cette contribution sera principaloracnl à la charge de eux qui auront pris part à une défense coupable, soit en portant eux-mêmes les armes, soit en en excitint d'autres à ce crime. En cas de récidive et de rébellion .^or les derrières de l'armée, les endroits insurgés seront traités avec toute la rigueur militaire. Les jirir.cipiux instigateurs seront p.inis de mort, les autres exilés, mais on cherclicra toujours à ménager, autai\l que yossiUc ^ ceux qui n'auront p;is aucune part au crime.

4° Pour prévenir de pareils malheurs, j'invite toutes les autorités civiles, de même que les militaires qui se trouvent dar.s les villes et les villages, à envoyer dos députés aux chefs des (roujies r\i£scs lorsqu'elles s'approcheront. Ces dépvtalions porteront, en signe de soiimission à leur souverain léj;itime, un drapeau blanc. Elles auront à annoncer q\io les habitants si" livrent à la bienveillance de Sa îwaj'/sté Impériale et Uoyale, et que les armes ont été déposées dans un li€U qu'elles dési;^neronl. Les chefs militaires russes prendront alors les tujsures de sûreté néce-ssâires. Ils m.ainticndronl les autorités civiles qui exisiiient a^aut la révolte, de même que celles qui ont été instituées depuis, si elles n'ont pas pris une part active à la révolte. On maintiendra é.ialemenl la garde de vétérans sédontMires, si elle n'a pas ojipo.sé de résisUince ni donné des jirtuvcj manifeslej de trahison envers son souverain lé;:itinie. Toutes ces autorités, aussi bien civiles que militaires, devront renouveler leur serment de lidclité. Conformément aux ordres de .Sa Majesté Impériale et Koyale, une amnistie et l'oubli de ce qui s'est passé, seront accorués a tous ceux (|ui se soumettront sans retard cl reuijdironl les conditions qui ont été mentionnées ci-dessus.

5° Les commandants russes organiseront, selon que les circonstances 1 exigeront, aux endroits où iî ne reili^ra pas de çarnison russe, des gardes civiques ou commun.^les qui si;ronl choisies parmi les vétérans les plus fid-jies et les habitants considérés cl chargés de la police intéricuie ainsi que du maiiititn de l'ordre et de la tranquillité.

. G" L'organisation de l'administration des palatinats, arrondi.«scme:its et ccm-

ANNÉK ICÎÔO. 763

inonc'S, restera rur le m^me i.i»fi où elle était avntn l'insurrection; il en fera de jncTie de tous k-s impôts dir'îcls et indirects. Le personnel sera maintenu aussilôl qu'il 3i!r.) rempli ks conditions énoncées article /;. Dans le cas coiilraire, ou établira de nouvelles autorités, d'après le clioii des chefs de l'armée. Ce choix tombera principalement sur les individus qui joindront à la capacité nécessaire line moralité reconnue, et qui auront donné des preuves do fidclUé à leur légitime souverain. On exclura tous ceur qui auront pris, de c(ue!()v;e rnaricre que ce soit, part à la rébellion, ainsi que ceux qui, après l entrée des troupes russes dans le rcyaume , persisteront dans une opposition formelle contre Tordre lé^al.

7° Les iropriélaires de terre? et de maisons, qui resteront tranquilles dans leurs Jialiilations et se soumettront aux conditions ci-dessus énoncées, seront protégés dnns tous leurs droils, tant par les autorités locaiesque par les troupes russes. Daiis le cas contraire, on mettra scus le séquestre les biens de tous ceux qui resteront dans 1er. rangs des rebelles ou qui conserveront les fonctions que leur aurait conférées le gouverneinent illégitime , ou enfÎQ qui auront pris j-art ouvertement à la révolte.

Tels sor:t, Polonais, les principes qui dirigeront la conduite de l'armée que Sa Majci^lé a daigné confier à raon commandement. Vous avez à dioi'-ir entre les bienfaits que vous assure ur;e soumission entière à I3 volonté de notre magnanime souverain , et le maliiour que verserait sur vous un état de choses sans but coînme sans espoir. Je tiens à honneur d'avoir été appelé à vous faire connaître- ces résolutions éman'es des intentior.s généreuses de l'Empereur cl Roi. Je les exécuterai scrupuleusornent; mais je saurai également punir avec une inflexible Eévérit<5 une obstination criminelle.

Le maréchal comte ])icbitsch-ZabaJI;anshj.

ProclamoliGn du comlc Diébilsch-Zabo.lkanskij aux troupes polonaises.

20 décembre lS!;^û. — 1" janvier IsJl.

Gueniers polonais!

Il y a vin,';t-cinq ans, votre patrie fut impliquée dans les guerres qu'avaient allumées les plans gigantesques d"ua conquérant célèbre. L'espérauce, souvent réveillée et toujours déçue, d'utie régénération illusoire vous avait associes à sa fortune. Fidèles, quoique malheureux, vous répondiej; à ses proraosses t.-ompeuses par le sncriGce de votre sang. Il n'y a point de pays , si éloigné qu'il fût, qui n'ait été arrosé de celui que vous avez prodigué pour desiulércls étrangers au destin de votr,? patrie. De g-ands événements mirent enln un terme à une lutte à j unais méracrable, lutte dans laquelle la Itussie vous conapta pour en- Jiemis. L'empereur Alexnndre, d'auguste mémoire, voulut joindre à tous ses titres de gloire celui de devenir votre ré;^'cnéraleur. La Pologne réclama son vieu.x nom , et l'armée polonai-e reçut une nouvelle existence. Tous les éléments de prospérité et de repos vous furent donnés à la fois ; et quinze années ont démontré le pri.T de tous les bienfaits dont vous combla un magnanime souverain, si dévoué à l'accomplissement de l'oeuvre de votre régénération. Guerriers polonais! votre Kmpereiir et Roi croyait à votre fidélité. 11 n'y a paslo:v.:l;mps encore qu'il se plaisait à rendre jusSicc à votre zèle o.\ à votre dévouement. 11 L'avait 5>as oublié la brave conduite des ofljcicrs de votre armée qui ont par-

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