‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 3)Chapitre 57 sur 95 · Ardincs de Russie · texte numérisé non relu

Ardincs de Russie

taçîé Ic^ )v-incs et les fatigue; de la guerre contre les Turks. Nous tous, nous nous livrions à la joie de voir ainsi resserré entre nous le lieu de telle confraternité d'armes. Les plus brillaules espérances devaient iialurcllemoDl se raiiacher à celle pensée commune, fondée sur ce que l'honneur luili'.uire a de pius sacré.

Ces esi)érances viennonl d'èlre cruellement trompées. Une poi;;néc de jeu:, es gens qui ne connaissent pas même les dangers du comliat, déjeunes officiers qu'on ne vil jamais sur le cliamp de bulaille, des recrues, ont ébranlé la fidélité des vieuv guerriers. Ces derniers ont vu consommer dans leurs rang.s le plus crand des crimes, le meurtre de leurs chefs, et ils n'ont p;is emj)êché l'insurrection contre leur lcg)time.souverain.

Quel est donc le maliieureu.x aveugiemerit qui a pu porter de braves vétérars à comn)ettre de pareilles atrocités, et à seconder des masses altérées de sang" Serait-il possible que l'amour de la patrie fiit le prétexte et la justilication d'une pareille conduite? Mais cette patrie, elle est là ])Our vous dire que jamais elle n'avait été plus heureuse; elle avait tout à espérer du maintien de l'ordre, et vous livrez tout au ha.sard en la jetant dans une lutte inégale contre un souverain dont elle connaît l'énergie, et en provoquant une puissance que personne ne provoque impunément.

Guerriers polonais! l'insarrectiou imprimera la tache de la honte sur voi fronts. Arrachez-vous à une pareille ignominie. 'L'hisloirc dira un jour que, dans l'espoir de servir voire pairie, vous aviez clé lidèles à l'homme (lion-iparte) qui vous promit tout et qui ne tiril rien. Doil-elle dire aussi que, payant d'ingratitude et d'infidélité le souverain qui vous accorda tout et ni: ions dciail rien, vous avez livi-é votre jiays à de nouvelles calamilés, el vous-mêmesà une honlj ineffaçable? Si vous avez des griefs, ne vous fiez-vous pas assez au caractère do votre souverain pour les lui faire parvenir jiar les voies lé^xales. Et moi îiussi, Polonais, je parle comme un soldat; je ne connais pas d'autre langag?. Docile aux ordres de mon souverain, je vous répète ce que .sa clémence vous a annoncé dans sa proclamation du 17 décembre. L'Empereur a vu yvcc une vive satisfaction la fidélité des chasseurs à cheval, d'une parlie des grenadiers et des enseignes de cavalerie; il ne doute pas que le plus grand nombre d'entre vous ne désirât resler fidèles ;» leur serment et que beaucoup d'autres n'aient été délournJs de leur devoir q'ie par une impression du moment.

Que les uns et les autre? s'emprcs-enl de se soumettre à la proclamation de leur souverain; et s'ils avaient oublié leur devoir dans de.s circonst uices iirpié- Tues, que ra[)proche d'une loyale et fidèle armée les y fasse rentrer au plus vite. Les troupes sous mes ordres n'entrent \ ,13 en ennemi.^; elles feront respecter l'ordre et la loi; elle trailcront comme des frères les officiers civils et mililnires qui i entreront dans le devoir, mais elles sauront vaincre, avec le courage cl la constance qu'elles ont montré.^ en toute occasion, la résistance que voudraient leur opposer des factieux qui, f<tu>nni aux ]>itds la aniutcli' des serments et di'v lois, ont sacrifié tous les intérêts de leur patrie i leurs criminelles enlrepiiscs.

Générau.x cl colonels de l'armée! c'est à vous que je m'adresse avec confiance, moi qui vous ai toujours considérés comme des frères; revenez d une erreur momeniaiiée qui vous a fail faire cause commune avec des rebelles, dans l'espoir insensé de servir votre jaL-ie : rcxpéricnce a dû vous désabuser ; rendez le boniuHir à votre pays j.ar votre retour à vos devoirs. •La clémence de noire auguste Souverain vous est connue : appelcz-eu à celte

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clémence avec conHancc; et 50iv;c?: à l'efîroy.'iblo re&pons&bililô que ferait peser sur vous une crirnindie opiaiâiiclé.

llcunisscz-vous à vos frères d'armes; montre', que vous êtes ettcoîç les chofs de CCS lroii|ics que votre souverain avait confiées à votre liimn'-ur. Je vcusle rcjuhle : vous serez reçus comme des frères; on vous (,'.iranlit l'ounli .!u pasiû! Les soldats s-ojs mes ordres accompliront avec 1 yaiu6 les ordres ue leur Erajicteur, elle uposdc votre pairie sera le prix de votre retour à v^s devoirs, b'i! se trouve p;irmi vous des hommes assez é^'arés pour ne pas fe fier à la ç:énérosité de leur maître, parce qu'ils ne comprennent pas le sentiment d'où elle émane, nous décliirorons avec eux tous les liens de lu fraternité d'armos, et la main du Tout Puissant, protecteur de 'a justice, fora tomber sur leurs tètes le ciiâtiment que leur conduite a mi^-riiô.

Le maréchal likbUsch-Zahalhaiiahv.

Ordre du jour du fdd-marêchal cotnic Dlehilsch-Zahalhnmhj ,

adressé à Vannée russe , au moment d'entrer en campaf/ne contre

les Polonais.

GroJno, le 1/13 janvier 1831 '.

La faveur de notre auguste* monarque m'a appelé pour la seconde fois au commandement supérieur de l'armée active. }.Ie reposant entière meal sur la protection du Toul-Puissaiit , dans la lutte la plus juste, je reçois avec respect celte preuve flatteuse de la corifiance de notre auguste maître. La main du ToutPuisranl bénira vos cfTorls, illustres guerriers!

Une expérience de trente ans, dans vos rangs, m'a appris à avoir pleine confiance en vpp''. Je sais q'.i'un clipf nui v'us r>irop. niii n?: pe"il jamais ('<> vue ses obligations , et voiis sert d'exemple dans l'eNcrcice rigoureux des devoirs du soldat , pput compter sur votre amour et votre confiance.

Nous entrons dans une lutte que n'aurait jamais dû soupçonner le co:ur des fidèles Russes. Nous allons soumettre des audacieux qui ont soulevé le royaume de Pologne, contre notre adoré souverain , qui av;iit surcharge ces ingrats d'innoml râbles Ijifrufaits, et avait accorlé, il y a peu de temps, le pardon le plus généreux, à un grand nombre d'entre eux. Les projets criminels de ces rebelljs ont môme menacé la vie de l'auguste frère de notre monarque qui avaii été, pendant quinze ans, leur chef ei leur protecteur.

La baïonnette russe leur prouvera que Icir tralii?on est aussi vainc (jue cri niinelle; la discipline et le courage russes feront de nouveau rentrer dans l'ordre leur légèreté et leur licence révoltante.

Mais tout en punissant avec .sévérité les rebelles qui persévéreront dans le crime, n'oublions pas que le repentir, le retour à l'ordre, en fo:it de nouver^j nos frères; el que même le ciiâtiment du criminel le plus opiniâtre du n omeat qu'il est désarmé, n'appartient plus à aucun de nous, mais à la loi.

L'iiabilaiit pacifique qui nous recevra sans inimitié, ne doit pas trouver en nous seuiemciil des amis et des défenseurs, mais il doit être convaincu par noire conduite, que nous sommes les enfants d'un père généreux, qu'animés de sa bienveillance et de ses scntiroi-nts, nous sommes appelés à être les protecteurs des faibles contre les conjurés, qui caclieiit leurs vues intércstées et l'odieux de leurs vices, sous le nom de liberté.

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