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cours de toute espèce qu'ils leurs procurent si ces derniers ne se sont pas encore vus forc(;s de s'c^loigner.
1* Les autoiilés prussiennes fournissent aux Russes des subsistances des magasins de Thorn et des environs.
2" Des artilleurs prussiens ont été envoyés dans l'arrn'^c russe pour les employer contre nous,
3" L'armée russe reçoit dos mun'lions des forteresses prussiennes.
4" Les uniformes de plusieurs rtgin;!enls russes sont confectionnés en Prusse.
5" Un ingénieur prussien, de Marien-\vcrder (K^vidzyn) a été em])loyé à la construction d'un pont sur la Visiule, prés de Zlotorya, pour le passage des Russes; les matériaux nécessaires ont été également fournis par la Prusse.
Je pourrais rapporter cncoreune infinité d'aulrescirconslanccs qui équivalent h des commencements d'hostilités , mais je me confente de représenter h A'otre Majesté les faits précédoiits, persuadé qu'ils suffiront pour porter Votre Majesté à faire cesser l'élc^t dp choses ^clur-l, qu'elle i^por'^ sans doute, «rt qui est contraire à sa politique et à son équité.
Je vous prie, Sire, de me pardonner la liberté que j'ai prise de vous écrire, et vous supplier de prêter l'oreille à la voix de l'humanité, et d'avoir pitié dos faibles que les géants ne parviendraient pas à subjuguer, sans les secours que les autorités civiles et militaires prussiennes bsir fournissent clandostinfment.
]):iignez, Sire, agréer avec bonté l'expression des sentiments de la pins liante considération, avec Ijquclle j'ai riir-îminir d'être de Votre Majesté, etc., etc.
Le aciiéralissimc dc>, amùcs polonaises,
SlrzyncrJà.
Sepiiime circulaire diplomati/jue du joincrncmenl nalioiial dn Poluyne^ prhidé par A. G. Cznrtoryaki, adressée à ses (tyctits à l'étranycr , sur l'insurrcclion de la Wohjnic, de la J'udoUc cl de l'Ukraine; sur les combats soulcinis par le (jinîral Joseph l)u:C'i'' niçlii; cl sur la rnarclic du colonel Charles Hozyçhi.
Varsi.vie, le "20 juin 1.S3I '.
LaPodoIie, la Wolynic cl l'Ukraine ohI dig'iciii'nt itpoîidu auv cspcronces
1, Archives de l'ulo(jnc.
ANNÉE lar?!. 827
Vc k. patrie; le feu qui couvait depuis longtemps, a jâil'i avec force; lirsurrection s'est proitai^'ôe violcinincui.
CVsl bica à tort qu'on accusait nos dignes compatriotes de s'être déjà façonnés au jcitg de l'csclava^'e, d'avoir oublie et leur orij^iiie etleur indcpcnd.ince. Au delà, comme en deçà du r*ug, nous sonunes tous Polonais, tous rê.oius de conibaltre jusqu'à la dernière exiréniité, pour ccliappirau moins par la mort, à une bonleuse servitude, si les Cabinets de l'I/aroi'e ne se rcvcillenl, à la Ha, de leur apalliic, s'ils ne tendent la mnin à une nUion digne d'une rnuillcure destinée.
L'insurrection a, il est vrai, tardé d'éclater dans les provinces siuécs au deîàôuHug; mais en ne saurait nnllement l'iuiputcr à la tiédeur des babitunls. OuoM pèse .seulement tous les dangers qu'ils ont à .surmonter , et l'on s'étonnera bien plutôt de leur courage, de leir dévoui-nieut à la patrie. Nous avons fait uni révolution glorieuse, mais nous po.'"sé(ii'Jiis des armes, des canons, de ia poudre, une armée; nous avions une capitale, résolue às'enseveîir sous .ses ruines. plutL'tque ds se soumettre.
Nos frères, les Kutbéniens, manquaient de tout, ils n'avaient que Inur courage, et cependant leurs oppresseurs , dont les nombreuses armées les enveloppaient, con^me en un réseau de fer, redoutnient ces âmes Spartiates, et se hâtèrent, dès que Varsovie ieva l'étendard de la réfrénerai ion nationale, d'enlever et de i'ionger dans les cachots ou dans les déserts de la Sibérie, les citoyens les plus dévoués à la patrie. Ce qui restait, dépturvu d'arnu-s, de munitions, entouré d'une armée puissanie, uepo-ssédail point de ville a^sez considérable, pour devenir elle-même le centre et le soution de 1 insurreciion, et ne se laissa cependant pas aîlor au déconragcment : bien au contraire, on faisait, dans le silence le plus profond, tous les prcjiaratifs nécesr^irr-s pour l'i.isorrection; ou attendait scnbment ouc les armées rus.=cs pns.sassenl en Pologne et qu'un corps volarit polonais, vînt donner le signal di l'incendie général. Le calme apparent qui régnait duns ces contrées n'était que ie précurseur de l'orage et dès que le brave Dweraiçki po.^a le j.ied sur un sol trop loiiglcrnps asservi, les patriotes ne surent plu:i modérer leur impatience; ils =e levèrent sur plusieurs points, se réunirent en partie à nos soldats, et en partie conibaitircnt par corps volants détachés. Cependant le corps d'armée de Ho;b quitta la Bessarabie. La Russie dégarnit sa frontière de ce côté: eMe était aasez gardée par le sommeil léthargique de l'empire Ottoman. Roth s'av.Tiici à niarcl>es TM-cécs pour se joindre à Rudiger, et attaquer la petite armée polonaise. Les Uusses, quoique avec des forces quadruples, ne doivent qu'à une lâchctc un succès acheté au prix de l'infamie: ils ont viole un territoire neutre et force par li Dwerniçki à .se retirer en Galicie. La malheureuse issue de son expédition n'abattit jKîint le coura'^e oes insurgés. Existence, fortune, patrie, tout était de l'enjeu. Ils puisèrent de nouvelles foices dans kur desespoir et combattirent longtemps avec succès.
Ils vainquirent les Russes d.Tus plusieurs renCMUlres, leur enkvèrciit une quantité de prisotiniors . entre autres deux généraux: ils s'emparèrent de plusieurs c-inons, coupèrent des transports de vivres, et lirent sentir à leurs oppresseurs qu'ils n'avaient pascc.^sé d ."ire Polonjis. Mais les forces russe.s étaient trop considérables pour qu'ils lu.-^se-nl Uur tenir tèlc en rase campagne. L'action de plusieurs oislricls était pnr.ilysée p.ir la présence de l'eiiiienii et les insurgés, attaqués ]iar l'ariiiéc re-guliore de Uolh, éprouvèrent un échec, à la suite duquel quelques centaines dss leuis passèrent en Galicie; et le ie>le,
après s'êlro divisé en corps de porlisans, liarcela sans cesse l'ennemi. Ils altaquèreril les Iransjiorls (l- vivres rt (Je inuiiilions, et dernièrement encore, iis ont délruil à six Jicues de Zytoniicrz un corps de AOnoUns^es, auquel ils ont enlevé un convoi très-copsidéntlilc de [.oudre. Vu dctachcinc-nt de 300 cavaliers, commande î<ar Charles riczyçki, vient de francliir 130 lieues de pays, au milieu des armioï ennemies, en livrant presque journellcmcnl quelque combat, il est arrivé à Zamosç, chargé de dépouilles.
Les Russes se veni;ent d'une manière a'roce sur un jicnple dont le se'il crime est de n'avoir point dégénéré ilc se.-: iières, d'aimer toujours s;; jiûtrie raec idolàtri':. La pjunjc se rcluse à tracer tontes Ic^ horreurs <lontces malheureuses contrées sont maintenant le tliéàlrc. dn égorpe les vieillards, on hrûl" tcut vifs, dans leurs maison", les femmes et les enfants; on envoie dans l'exil des déserts ou sous la hache du bourreau tmit ceux qu'on soiijiçonne d'être prt: ioles; on exerce lus recrues à tirer contre les mallieuroux prisonniers. On r''lc, on dévaste les châteaux et les villaj.'t\<-, on veut dépeupler ce pays, car nos oppresseurs savent bien qu'ils con:ptent autant d'ennomis que de Polonais. Ces défenseurs des troues, ces sujets du cIhI de la ssinto-alliance excitent le.> paysans à se soulever contre leurs seigneurs , à les égor-rer , à brûler leur }iropriélés : ils forajiitenl la jilu?. horrible des révolutions sociales. Non, ce ne sera pas en vain quo tant de courage, de persévérance, de dévouemeiit auront étonné la terre! Les provinces ruibénienncs ne peuvent jamais devenir moskovites-, leur indéjiendance est un drol et un fait scellé du sang de milliers de martyrs; ce commun accord à chercher les dangers les plus terribles, cette intrépidité qui lus leur a fait braver pour rccon.jUt'trir la liberté, tout cela prouve une nationalité bien prononc-c, une nécessilé d'existence politique.
Tout ce qu'il y avait de ]ilns distingi^é dans es provinces, par la naissance et le mérite : les lîernatov.icz . le; liizozowki . les Cz..çki , les Czaykov.^ki, les Dobek, les Doraaradzki , les Dunin, les (iodcbski , les Golynski, les Knatovvski, les Jelowiçki, les Jlinski. les Kol\i.ko, îe.< Korzeniowski, les Krasiçki , les Krzyzancxv.sk 1, les .Malill0^v^ki, lesMochorl, IcsNagurniczewski, les Olizar, les Ostaszewski, les Pilcliowski, les Podlior^ki, les Polocki, les Rzewuski, les Sabbalyn , les Sobanski , les Skowronski , lesî^ieçki, les Stempovvski , les Toiûaszexv>ki , les Trypolski, les Tyszkiewicz, les Wertszczynski . les AVorcell, les Wylezynski, les Zakaszuvvski, ! .^Zapolski, les Z.irczynski , etc.. tous ont élc les premiers à saisir les armes. Ce n'est jias ^■eulemcnl la noblesse qui a pris part à l'insurrection, les j.aysans mcine, quoiqu'ils professent ie rite grec, suivent leurs seigneurs et combattent vaillamment à leurs côtés. L'amour de la patrie anime également tous, les cœurs; cette vie nouvelle, puisée dans !e dévouentenl pour la cause nationale, efface toute di..tinction de rang, comme la vie éternelle qui nous attend au delà du tomleau.
La violence li j.Ius odii'iisc. les indignes partages, ne sauraient jamais constituer un droit, et quand le sentiment de l'indépendance jaillit avec une telle indépendance, il n'y a rien qui pui'^'^e le réprimer, si ce n'est l'ancanlissemcnt total de la patrie. Lcï insurges ont tout sacritié; ils n'ont maintenant à choisir qu'entie une mort glorieuse ([ui peut cn^'ore procurer h liberté à leurs concitoyens, et l'écliafaud, levii et les cachots. Ils ne balanceront pas. unv telle alternative ne peut que relrr-mptr leur courage, quo les exciltr ;i de nouveaux elforts. Que les Russes n'espcrcnt plus aucune soumission de leur part. Trop de sang vorsé, trop de cruautés séparent les oppresseurs des op[iriniés. Les chuices de succès augmcnltnt tous les jours, pour ces dernier.s. Ricnlùt nous pourrons
ANNÉE la.'ll. 829
leur ten-lre les liras, nous pourrons ensemble alleiinJre noire but uniijuc : Vall'ranchissemcvt dp lo pairie!
Andi'f- lloroâyshi.
Dccicl du (jouverncriicnt national polonais, relatif à la convoctUion de l'urrièrc-ban ou pospoUtc-rmzenic.
Vaisovie, le 21 juin 1»<:;1 '.
î.e gouveriiemenl nalional voyant !a iiécessilé «remployer tontes les Torccs du pays, afin d'expulser les env.-ihisscurs mo.>koviles, arrête ce qui suit:
Art. I". La 'lernière ré crve, en vertu île notre dûcrel du 17 février dernier, Cîl appelée comme arr^ère-ban.
Art. II. Tous les hommes ùgés de 17 à .'<0 ans. nobles ou non-nobles, sont appelés; ceux qui peuvent avoir un cheval, fornieroiU la cavalerie: tous le» autres fermeront rinfanleric. Le cavolier se muiiira d'une lance, diui sabreou d'un pistolet, le fantassin sera anhé d'une faux, d'une pique et d'un fusil, s'il peut.
Art. III. Le gouvemninenl national nomme un chef dans chaque pahlinat, et celui-ci nomme les chefs d'arrondissement, du district ou des paroisses. Ces nominations se feront selon les ordonnances îles 2, 3 et 7 décembre 1S30.
Art. IV. La commission de guerre indiqu'jra des officiers de l'armée résulière , coinme aides et instructeurs , aux chefs d'arn mlisscraents et de districts.
Art. V. Dans chaque arrière-ban des iiaroi.^scs . il y aura un curé ou un vicaire du lieu, qui rempliront leur mission rcligieu?e.
Art. VI. Les Israéii'cs ne sont point exejnjits de co service, et ils fraterniseront avec les aut;es habitants.
.\rt. VU. I.'^rrièro-^in ^e réunir^ dr»'is les lieux que les chefs respectifs lui assigneront d'avance.
Art. VIII. Toiilbutm pris suri'ennemi appartieaJrnà celui qui s'en emparera.
Art. IX. Tous ceux qui se distingueront daiis les ran^^s de l'arrière- ban, qui seront blessés, ou ([ui succoinleronl, en iaiïsant des veuves, auront droit au.v mêmes prérogatives et aux méme« récompenses (pie les militaires de l'armée régulière.
Art. X. l'out homme appelé à rarrière-bar. . devenant ainsi soldat, sera passible des peines du code militaire. O-iiconquese soustraira au service, sera regardé comme déserteur, et rera passible des fÉines militaires.
Art. XI. Tout homme appelé à l'arrière-ban, devra avoir avec lui pour huit jours de vivres.
Art. XI!. La commission de gue»re prescrira les iîijtruciions nécessairesdaus le but de <iéve!oppcr ultérieurement l'aclici de larrièrc-ban.
Art. XIII. Un décret spécial sera publié j)lus la:d . quant k l'arrière-ban de la ville de Varsovie.
Toutes les auiorili^s compétentes donn<iont la plus L'raij'.e publicité au présent décret, et p irticulicremcnl son exécu;ion e^t confiée aux ministres de l'intérieur , de h police et de la guerre.
Le président .1. Czarinnjdi.
Le soci'ctairx' André Pi'chta.
Le ministre île la guerre, François Moraushi.
Le secrétaire /irlin.^i.i, coloneL