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jsfetér.fcaatw'Sife ■r'^iéiàw^L>^.i»^,i^''M-*u'lA.uViiÊiilit^Kh^ r*^-tnratîrrf tf7-«r> irjiffe«i.'a^^<j ^
j'iatieiises que noos firent concevoir certains Cal)iiicts. Non, nous ne pomons l>a5 supposer qu'ils aient surpris notifi boiinR foi et noire confiance, pour régler des intérêts d'nr; ordre inférieur, et ])our nous précipiter drins l'idjime, après les avoir roules. Nous nous eiForcions enfin de ciiercher nos consolations dans j'iO.ce qu'il est impossible qu'ils ne nous tiennent point compte de tout notre sang répandu, de notre persévérance et de tous les services que, dans un court espace de ten:p^, nous avons déjà rendus à TEurope. EnefTft . une guerre générale, meiiaçaitrr.uropc: la Pologne Paanètôe cl en asonienu tousl.s maux. Une froideur menaçante entre les Cahin-Hs ôp Saint-!'éterslio;iig et du l'alsislloyal eiî était l'av.Til-courcur. La î-iueire de l'olo-'ne h;"ila l'envoi des pren\ièr .'S lettres de créance de l'amli^ssa leur russe ;'; l'aris, et rapprocha les deux Cabinet':. Bienlôt l'empertur Nicolas, d'u!<e j an, devi .1 plus coulant dans ses anangements avec la Turquie; de l'autre, cédant aux désirs de la Conféreni'.e de I-ondres, il consent à reconnaître l'indépendance des Beiges, contre lesquds ses troupes avaient déjà l'ordre de marcher. Qui j-cul prévoir les chances qu'une ^'ucrre générale aurait alors amenées? Mais i! e.-t :ùr que la contagion dont la l'ologne e>t aujourd'hui le ihêalre, serait, .'i l'heure qu'il est, déjà établie au sein de l'Kuropt, ctawrait portéses ravages jus.juedans le Midi.
Pour de tels service^ que î:i Pologne, à peine ressuscité;.', a déjà rendus, comment en est-elle récoropensée?
Nous n'avons point oublié les assurances d'inlérct que donna, à plusieurs reprises, le Cabinet anglais à nos agents à Londres ; nous nous rappelons toutes celles que vous nous avez rapponées d"ji;« vos dépêches. Le Cabinet français nous fit des promesses plus flatteuses encore. Au mais de juin, il nous assura qv.c no'.'-c cause était sauvée, et le ministère anglais (it aussi entendre derparoles semblables. On rous demamla de tenir encore un mois, puis dei.v mois ; et nous fîmes ce qu'on nous do-manda. On nous promit à Paris et à Londres, qu'on s'occuperait sirieuscmenl de nos .-dTaires. dc.5 que celles ds 1? Belgique seraient arrangées; on se servit même de nous pour en hâter le dénoùinenl, et, aujo ird'hui que les Belges eux-mêmes on*, dtolaré que c'est pour nous sauver qu'ils oi;t reno.icc volontairement à leurs prétentions, que la question beige est résolue, et qu'on peut s'occuper de la Pologne : on l'abandonne, on la livre h ses bourrenux !
L'Angleterre et la France ne nous auraient donc employés par l'ûccôsioa, qu« comme un instrument propre à servir le courant de If.irs jnlé:èt<. L'kvgletsrrc ne nous rirait bercés de quehjues illusicîs que pour avoir un moyen de plus d'établ'r l'inÙLpeiwhiice de la lîeiuique; et la France no nous au'ail fait des promesses que pour gagner la majorité dans lesChaaibres. 1,;-. foi seraitelle donc entièrement bannie djs Cal.inots. et les jiaroles d'un ministre anglais et français r.c seraicnt-eîb s que des sons dénués de toute valeur? Quoique nous connaissions toutes les s'nuosilés d'une politique tortueuse . nous nous sommes cf pendant résignés, avec confiance, sur la noblesse et la générosité des gouverneTucnts français et an;.^lais. Nous n'avons jias jin s-.'pposfi- qu'un peuple «jui se souleva coiitr.- un ennemi dix j'ois plus fort, pour !a défense de la pius sninle des causes; (|u'ui! peuple infortuné, accablé de toutes les calamiles, qui eut k lui ter contre des forces supéiieures, contre h disette contre les fureuiTi d'un^^ conla','ioii mnirlrièie, contre la ncuu alité r'quivoquede deux voisins puissants; ipie ce peuple, dis-je, eût encore à se méfier de !r, sincérité de ceux o'ii se disaient ses amis, <;l qu'il eût à comba'uc la cruelle dissimulatioi'. de leur pûlili|Uo!
ANNÉE laSl. 853
Si la France el l'Angl'jt'irre nous ib'in.ionnent aujourd'hui et ne rértllsent en rien le? esj.érancçs qu'elles nous ont données, ce ne sera point ici l'acliarnenenl de la Russie, ni l'inimitié de la Pï U5se, ni l'indifiérencs de l'Autriche, co sera soi-disant la sympathie quela France et l'Angleterre nous ont montrée, qui aura caanc notre ruine. Si ces deux puissances avaii nt repoussé avec vigueur, 'Jrs !e commencement, nos demandes; si elles nous avaient déclaré clairement, sans jamais cliaii^er de langage, même dsns ces derniers teiniis, si elles nous avaient dit r.e'iert.cnt :
« Nous ne vous recourerons pas. quand môme vous auriez, pendant sept mois, résisté k tout l'empire russe; quand même vous auriez détruit le prestige qui Je rend si fort; nous ne vous sccourerons pas qiiani même vous auriez évôijlé les iympalh':s de toutes les ualinns: quand nirrac vous auriez g'ai'né les louanges exaltées de rKuronc, par votre courage: quand môme vous m.ériîc- TÎez l'estime des Cabinets par votre modération; nous ne vous secourerons pas quand même tous les Polonais soumis à la dominiîion russe auraient révélé leurs senliraents patriotiques et leur devouem^nl héroïque; nous ne vcu? seccurerons enfin, ni par des motifs d'humanité et de justice, ni par ceux d'une politi lue sage et généreuse! »
Kn entendant ces paroles, nous aurions reconnu tout le positif de la détermination des Cabinets de Paris et de Londres; nous ne nous serions pas laissé bercer par des illusions fune>tes, et nous aurions eu recours à d'auires moyens de salut qui, peut-être, auraient assuré nos succès! Mais nous nous sommes reposes sur la noblesse et la sagesse des Cabinets, et, en nous y fiant, nous n'avons pas tiré parti do toutes les re~~ïourccs qui s'offraient à nous intérieurement et extérieiirt-iuent , pour gagner lapprobaiion des Cabinets, pour mériter leur conilance; pour nous assurer de leur appui, nous avons subordonné notre marche au désir de les satisfaire el nous ne nous sonimes jnmais ecarlos de la ligne de la plus iti icte modération, qui, peut-être, a paralysé bien des eiïorls qui nou:^ aurait secondés. Et même, dans ces derniers temps, sans les promesses des Cabinets, nous aurions déjà peut-être frappé un coup ùécifif.
Mais on nous demanda deux mois d'existence, nous crilmes qu'il fallait temporiser, ne rien laisser au hasard. Et nous nous persuadons aujourd'hui qu'il n'y o que le hasard qui peut nous sauver ! Mais non, notre salut dépend enco^-e des puissances européennes. Notre positioii est critique; elle n'est point désespérée. Nous sommes, il est vrai, pressés par un ennemi formidable. D'un côlé,' sur la rive gauche de la Vistuie, le maréchal l'askévitsch avec les forces principales de Icnnemi , se trouve en présence de nos troupes; de l'autre. !c général Uudiger. avec .son corps, manœuvre pour opérer sa jonction avec la grande armée russe. Sur la rive droite, des ccrps russes arrivés du fond de la Lithuanie s'avancent vers Pultusk; le général Kosen pousse ses avant-] ostes jusqu'à Praga.
Mais nous ;ivons encore une armée forte de soixante mille hommes, avec une bonne artillerie, et iiniinée de l'enlliousiasme le plus vif, mais notre levée en masse menace les derrières el les communications de l'ennemi; mais l'msurrcction est loin d'être étouffée dans les anciennes provinces polonaises. De nouveaux C(">rps d'insurgés s'y organisent; les matières combustibles s'y accumulent, et un incendie général y éclatera de nouveau, au premier moment favorable! Enfin, .si nous sommes obligés de nous retirer sous les murs île Varsovie, d'un côté, nous avons les ouvrnges de Pr.iga, rpii nous défeiidnnt contre les attaques de l'ennemi: de l'uutro. un triple rang de retranchements,
-. A^ fcr'rffci-f ifc jtfWr hr- x^êl»fi6»m.à^^.uii<r\'^^tS■A}t T tr
85'i POLOGNC.
où n'iuE opposerons une résistance opiniâtre, eu appelant aux arrnes Ja population de Vnrsovi»;. Cu;""*' rntiiic rcniieni .'liliiqviciail la ville, nous pourrions encore tenir jusqu'à ia fin de septembre. Ce n'tsl fasTenneiui i;ue nous craignons, il n'oscri' pas mime nous attaquer • c'est la famine.
Si k.« puiïsaucei einopécnres ne vienne:}! point à notre secours, nous cpui.'.erc/cs nos dernières ressources; nou-s ipanquerons l>icn!ô: de moyens de sul.'ïistance et nous périrons a'rôs avoir tenté tous les nioyciis de salut sug;;crcs p.'ir le désespoir. .Si les frandcs j^iii-sanccs veule;,! nous sauver, elles le peuvent enccie. leur faire l'cnuiiK'/alion de tous les avanla^'es que celte conduite noble et généreu.'<e leur l'=;.til recueiliirne serait quo répéter ce qui a été dil tant de fois; mais il f.i'it b-jr faire observer fjue l'abandon. baiLnre dans lequel on nous laissera, sans i>-ajd pour tous les pu'ci-ptes de la justice et do la prudence, ne nstcra pas inipu;ii. el nous pourrons prophétiser dune voix mourante que des ?uerr«-y et des maux terrible-; .«^'élèveront de notre icmbeau sur l'Luiope, dtsastrcs dml elle aurait été sauvée par notre exisier)ce.
Comment veut-on penser à un désarmement général, dont le discours du roi des Krr.ncais fait mention, sans avoir réj/Ié ks iiiïaires de la I^olo-iie el assuré sûii indépendance? Au re.ste, déiai^sés par loul le monde, nous nous céfeuiirons jusqu'à la dernière extrémité. Kt qui peut prévoir 1 avenir? Le désespoir est fécond en résultats; Dieu esi loul-pui sant, et les miracles du courage et du dévouement ne sont pas épuisés pour un peuple qui va à la mort.
Si queique érénemenl imprévu vient à jiclre ScCOurs: si, après cous être convaincus du pcj de conipte que les pui^ .mces font de noire confian.e : qui sait si la l'ologi.e, après avoir éveillé les nouvelles aSrections des peuples, et en cherclianl de nouveaux alliés, ne.se meltra pas, peut-être, forcement eu opposition avec les intentions des Cabinet.'..
D'un auire c^'ité, si la Pologne succon.l e, 1 .Tvenir le plus sonilre lui est préparé ! La mort, la desirnction et toutes b-s vengeances d'un enncrai iOipiacable la rncnaceiit. L'Europe pourrriil-ell-j donc contempler saus éinoiioù un. sjtecl;icle si déchirant ï Non ct-rles, les gémi.-sciûcats de tout un peuile mourant le'enliront longtemps dansions le-, cœurs généreux, et ce peuple trouvera ses vengeurs comme il a trouvé ses bourreaux.
Nous vous avons fait connaître notre sitU'Uon actuelle; nous vous avens fait pressentir noire avenir. Adresse.'.-vou3 sur-lc-tiump au Cobinel Irançai» pour lui ccmmuniquer les rtnstignemenls que nrus venons de vous dountr; faiteslui sentir la nécessité où nous nous irouvoui d avoir une connaissance exacte de ce que nous avons à espérer de son appui: demande/, des réponses catégoriques et claires, et, si ou nous refuse tout î'pjnii , qu'on ne nous laisse plus au moins dans le doute: la vérité, toute triste qu'oL'i sera, ne pourra p.^s .rrousétre aussi nuisible que les illusions, .^i les ilal'i;i •t'; n'ont pas eu le courage de nous secourir, qu'ils aient au moins celui d'avouer leur barbaie indiiitrcnce pour nùtr<j caiise, et s'ils oru nieconnu le devoir <;iicb.i)r impo.aicnt la j ratlcnce, la morale et l'iiunan'lé, ica Polonnis sauront suivre celui que leur pre^crirent la sainteté ib: leurs droits et l'amour de leur pilrie.
A. Çzartorijxlii^ ])rd.«;id''!it (.lu gouverncmcnl ; Audir I!ôrij(hjsl:i , iniiii^tfo des aflairt.-' ôtroni-'ères; Le gL'itéral ('hurles K.iiaza-uicz, el Loiiic- Platcv, envoyés di* Pologne ei». rraiicc.
BJNDING SECT. Fçg j