Ghodzko, Ann. pol. Ms
canormer mon Château de Nieswiez, dans la vue de m'en chasser, lors môme que je me félicitais de vivre en paix; cl cela, sans avoir été préalablement inquiété, ni cité en justice par ajournement personne), suivant l'usage entre concitoyens. Je fus informé, en môme temps, que coite famille et ses proches avaient, posté des gens en différents lieux sur la route, enfin de guetter ma personne, et de me forcer à retourner sur mes pas, comme j'en fus bientôt convaincu après a Térespol, ville appartenant au comte de Flemming, grand trésorier de Litvanie, où je trouvai les chemins garnis de plusieurs mille hommes en armes. La prudence et ma propre sûreté ne me permettaient pas qu'environné de ces troupes, je les laissasse à dos; et, pour échapper au danger dont elles me menaçaient de toutes parts, je me vis contraint de les désarmer, sans bruit et sans la moindre violence.
Je prends Dieu à témoin, que cette démarche n'eut pour but aucune voie de fait, et qu'elle ne provint seulement que d'un principe de défense naturelle : j'en jure la vérité devant tGUte la République, à laquelle j'offre de répandre mon sang pour la défense de ses lois et la conservation de ses libertés. Je fais la même déclaration aux puissances souveraines, et proteste à tous mes concitoyens , de la manière la plus solennelle, que mon unique souhait est de me réunir à eux, d'employer toutes mes forces à maintenir nos lois, de défendre la noblesse contre toute oppression, et de garantir nos libertés de toute atteinte. Au reste je me réserve le droit de changer le présent manifeste.