Arc) ives de Prusse. I
résulter dé la moindre désunion entre les parties contractantes.
V. M. Impériale n'ignore pas le résultat des soins que je me suis donnés pour cet effet. La Cour de Vienne a décliné le concert que je lui avais proposé, en insistant sur toute l'étendue de ses limites; elle a préféré d'en convenir préalablement avec la délégation polonaise et a soutenu que c'était la marche la plus conforme au traité de cession. J'ai combattu cette idée, j'ai exigé que nous nous concertassions entre nous et Y. M. Impériale, avant que de nous adresser à la République, mais toutes mes instances ont été infructueuses et je me suis vu obligé d'acquiescer, malgré moi, h un plan qui ne m'a jamais paru propre à terminer cette contestation.
Je n'ai rien de plus pressé que de donner part à Y. M. Impériale de ce qui s'est passé entre nous sur ce sujet. Je lui ai tout communiqué avec cette franchise que je lui dois. J'ai prévenu ses désirs sur les premières notions que j'ai eues de sa façon de penser à cet égard. Avant que d'avoir reçu la lettre qu'elle m'a fait l'amitié de m'écrire, j'avais déjà parlé au baron Van Switen pour engager sa Cour à apporter des modifications à ses limites, en l'assurant que j'étais prêt a. me relâcher dans la même proportion sur les miennes. Je dois attendre à présent la réponse de cette Cour. Il ne tiendra pas à moi qu'elle ne se prête à une ouverture que je lui ai fait faire. Mais si elle s'y refuse, si elle persiste à vouloir garder tous les districts qu'elle a fait occuper, je me promets aussi de l'amitié de Y. M. Impériale, qu'elle entrera dans les vues de son ami et de son allié, qu'elle fera valoir ses droits, et qu'elle soutiendra ce principe d'égalité qu'elle a adopté elle-même, et qui n'est pas moins conforme à ses intérêts qu'aux miens.
Je viens d'ouvrir mon cœur à Votre Majesté et je lui ai exposé la véritable situation des choses et des motifs qui m'ont fait agir. Je me flatte qu'elle y reconnaîtra ces mêmes sentiment? qui ont guidé toutes mes démarches, qui me feront agir toutes les fois qu'il sera question de sa gloire et de la prospérité de son empire, et qui doivent la convaincre de la haute considération et de l'amitié invariable avec laquelle je suis, etc. Frédéric.
Dépêche du baron François de Thugut, inlernonce d'Autriche, en Turquie, au Cabinet de Vienne, sur les intrigues et les perfidies de la Russie, qu'elle déploie pour obtenir tour, les avantages possibles, politiques, religieux et commerciaux, sur la Turquie, dans les Conférences de paix qui ont lieu à KouischouJi-Kalnardji.
Constanlinople, 18 juillet 1774 !.
.... L'affreux desordre qui règne ici et qui, depuis le commencement de ia guerre, n'avait jamais atteint le degré où l'administration insensée de Muhzun-Oghlu (Mouhsinzadé pacha) a conduit cet empire, l'imbécillité et la faiblesse du gouvernement, tout à fait incapable de choisir les moyens convenables pour réparer ses malheurs, la nature des futures négociations dont la direction est confiée au pusillanime grand vizir, subjugué d'avance par ia terreur que lui inspirent les armes russes, tout cela et d'autres causes encore n'admettent presque aucun doute que l'habileté connue des Russes saura cette fois pousser leurs exigences plus loin que jamais ; qu'elles forceront les Turks à leur céder Kertsch et Yenikalé, à leur payer une indemnité en i
argent, à leur accorder la ljibre navigation, et, en général, qu'eux seuls dicteront les conditions de la paix.
L'article relatif à la liberté des Tatars est; à mon avis, le seul dont la ratification présentera des difficultés, vu l'obstination des légistes qu'il ne sera pas si facile de vaincre; mais comme, au fond, il s'agit de la chose elle-même et non des paroles, il est à croire que ia Russie parviendra sans beaucoup de peine à mettre sur le tapis et à faire accepter une modification quelconque de cet article, conçue dans des termes qui, tout en évitant d'effrayer la Vode, lui garantisse la réussite de ses projets. D'un autre côté, je ne doute pas que, malgré les déclarations insignifiantes de Reïs-Efendi contre les prétentions des Russes, qui réclament le droit de protection sur leurs coreligionnaires grecs, les plénipotentiaires russes ne démentiront pas leur habileté et sauront parvenir à leurs lins par une stipulation plus ou moins claire du traite.
C'est avec douleur que je prévois les tristes conséquences qui résulteront de la supérioi ité de la religion schismatique pour la