‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la PologneChapitre 35 sur 61 · Archives d'Autriche · texte numérisé non relu

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pour la patrie, et comme un modèle des devoirs qu'ils amont à remplir quand les circonstances permettront de faire valoir les droits de la République contre des actes arrachés par la force, par la violence ei. par l'oppression.

Gomme, enfin, la sérénissime Porte-Ottomane a bien voulu reconnaître en nous ses fidèles alliés, qu'elle, continue de soutenir les droits et l'intégrité de la Pologne par ses armes victorieuses, et que c'est de ses efforts généreux que nous attendons le salut de la République, nous déposons l'acte présent de nos protestations entre, ses mains, en la priant très-instamment de le recevoir et de le conserver comme une preuve de notre, fidélité à nos engagements et de notre reconnaissance pour son puissant empire.

Michel-Jérôme^ comte Korwin Krasinski, maréchal-général de la confédération générale du royaume de Pologne.

Michel-Jean Poe, maréchal-général de la confédération du grand-duché de Lithuanie.

Jfïice dans celte affaire. Je ne fais donc que suivre mes premiers sentit! i nts en priant V. '■'. [mpériale d'entrer, avec i etl : |onté el cette équité qui lui sont naturelles, dans les représentations «le la l"'j)i.,i»V;4U3.

Le souvenir des maux qu'elle a soufferts, jusqu'au momenl où les trois Cours ont entrepris sa pacification, et la crainte que lagitation actuelle de tous les esprits et l'espèce de désespoi où ils sont ne tes replongent dans de nouveaux malheurs, sont lien capables de toucher V. M. Impériale. L'intérêl de l'humanilé en est un si puissant auprès d'elle, que. je ne craindrais pas de 3ropposer aux avantages qui peuvenl résulter pour une monarchie aùs^i puissante que la sienne, de l'étendue du pays entre le Serai e et le Zbrucz, si j'avais autant de droit de lui en |arler que j'ai do eonliaoce en ses vertus. Je ne dois offrir à sa considération que Pintérêl d'un concert qu'elle a formé comme conforme à ses vues do bon ordre, d'équilibre eî de paix celle partie de l'Europe, é>i .je loi dis que, de mon côté, je n'ai rien de plu? cher que cette grande alliance des trois Cours, que je regarde comme le chef-d'œuvre de la raison et l'ouvrage le plus salutaire pour l'Europe, elle approuvera ma délicatesse sur co qui me paraît, quoique dans nue perspective éloignée, en pouvoir borner la durée.

' Si la Pologne n'obtient rien des démarches qu'elle fait acti il lement auprès des trois Cours, il est une résolution que Je désespoir lui a suggérée et qu'elle réalisera, c'est de rompre toute négocii ;i:>;> et de protester. En cel états les trois Gours restent en présence Tune de l'autre, s'étant garanti leurs acquii itioos, mais n'étant pas bien décidées cuire elles sur l'étendue des pays garantis. Le lieu le plus propre à perpétuer la bonne harmonie et la bonne union enirc elles ! este imparfait et pourra être d'autant plus vivement attaqué par des intérêts étran . qu'on 3e jugera moins indissoluble, qu'on le. respectera moins, Je remets aux lumières de Y. M. [mpériale à déceler jusqu'où de telles appréhensions peuvenl être fondées. Les lui exp •.-■ r, c'est lui il'to: combien je suis fermement intentionnée de rejeter loin de moi tout ce qui pourrait tendre à les réaliser, et je, me flatte qu'elle ne croira pas moins à. celte assurance avec I iquelle, etc.... Catherine.

Lettre confidentielle de Catherine 77 à Frédéric //, sur la conduite de l'Autriche à l'occasion du premier partage de la Pologne.

Tzarskoé-Siélo , 15/2G mai 1774 '.

Monsieur mon frèi e,

Une alliance aussi intime, une amitié aussi éprouvée que celle qui m'unit à Votre Majesté, a banni toute contrainte, même toute réserve entre nous, quand il s'agit de nous expliquer et de nous entendre sur nos intérêts mutuels. Je n'en met! roi donc aucune à la confiance avec laquelle je vais lui parier sur l'état de nos affaires avec la Pologne.

Il lui est bien connu, avant que je lui dise que la mission du comte Branecky à ma Cour n'a d'autre objet que d'obtenir une modification aux limites que Votre Majesté et la Cour de Vienne prétendent donner à leurs acquisitions. C'est le même motif qui conduit les deux autres envoyés de la République à la Cour de Votre Majesté et à la Cour impériale et royale.

Ni moi ni Votre Majesté nous ne saurions trouver mauvais que la Pologne se plaigne; ses souffrances la justifient et. quoiqu'en pouvoir de ia faire taire, c'est avec répugnance que nous y emploierons la force et la violence. De tels moyens , aussi éloignés de notre caractère qu'opposés à la marche que nous avons voulu tenir pour rendre légal et authentique notre accord avec la République, vont redoubler la haine et l'envie de toute l'Europe contre le concert des trois Cours et le partage qui en a été la suite. Les Polonais, je le veux croire, ne seront assistés de personne et n'auront, dans leur faiblesse, que des protestations à nous opposer, mais c'est toujours un désavantage que de laisser ainsi une porte ouverte à de nouveaux troubles et de nouvelles contestations.

La moindre circonstance défavorable pour l'une ou l'autre des trois puissances ira s'appliquer à un état déjà tout préparé pour elle, sans qu'on puisse prévoir de quelle nature ni de quelle conséquence en pourrait être l'événement. Je remets aux lumières supérieures de Votre Majesté, si c'est là la position dans laquelle notre concert s'est proposé d'établir les choses? Quant à l'extension des frontières en elles-mêmes, je la laisse

l. Archives de Prusse. f

ANNÉE 1774. JC1

également juge, si l'esprit et la base première du partage n'en sont pas altérés au môme point, si ce qu'elle acquiert de nouveau et ce que la Cour de Vienne s'est donné au delà de Podhorcé, tel qu'il était entendu dans noire convention, la Russie se bornant à ce qu'elle a, n'est point contraire à l'accroissement proportionnel de puissance de chacune des trois monarchies.

Si je sacrifie mon intérêt, ou va rue supposer des motifs et des considérations qui ne seront point sans inconvénients pour la dignité de ma couronne. Et si, en vertu ou d'explications du traité, ou des droits nouvellement allégués, je recule mes fron- Kères au pair avec les deux autres Cours, j'accrois le désespoir des Polonais, la négociation est abandonnée par eux et elle reste iniinissabie. Je sais que toutes ces choses, Votre Majesté se les représente aussi fortement que je puisse le faire, et j'aurais d'autant plus lieu de compter sur une condescendance de sa part aux plaintes et aux demandes de la Pologne, qu'elle ne s'est portée à sa nouvelle démarcation que pour n'être pas en arrière vis-à-vis de la Cour de Vienne, (''est donc à cette Cour que je porte plus particulièrement mes instances, et je viens d'écriie à cet effet à l'empereur Joseph II et à i'iropéralrice-reine Marie-Thérèse. Comme, à coup sûr, il n'y sera point pris de résolution sans avoir pressenti auparavant les sentiments de Votre Majesté, je lui demande, au nom de cette amitié qui. nous unit, que ces sentiments soient favorables aux Polonais et que, les montrant tels au ministre de la Cour impériale près d'elle, elle fasse entendre et assure, selon la gradation que la chose aura, qu'il ne tiendra point à elle de câliner les nouvelles alarmes de cette nation, en consentant de sa part à rétablir la démarcation de ses frontières, qui a subsistée lors du ti aité, si, de son côté, la Cour de Vienne acquiesce à se contenter du l'odhorcé ou Sereth, au lieu du Zbrucz.

Je ne suis dans cette intercession que les dispositions connues de Voice Majesté, et la condition sous laquelle je la fais lui manifeste qu'il est loin de mou intention de. chercher à retrancher de ses avantages en laissant subsister ceux sur lesquels elie s'est jugée en droit de les proportionner. Catherine.

Réponse confidentielle de Frédéric II à la lettre de Catherine V, du 26 mai. relativement à l'extension des frontières lors du premier

'parlai;,? a\ la Poln

Potsdam, 24 juin 1714*.

Madame ma sœur,

L'amitié et l'alliance de Votre Majesté me sonl trop chères pour qu'aucun aulr< objet puisse jamais prévaloir sur le désir que i'ai de m'assurer la conservation. C'est un sentiment qui doit lui être connu, qui a éel; té dans plus d'une occasion et qui a dirigé en particulier tontes mes démarches dans l'importante négociation qui nous occupa depuis quelques années.

V. M. Impériale se rappellera que l'égalité dos possessions :tives fut mise pour base de cette négociation. C'est en conséquence de ces principes el d'après les termes mêmes du traité qui m'adjugeaient la Netzeen entier, que je fis valoir mes droits sur tout la cours de celte rivière el sur toutes les sinuosités qu'elle forme. Quelque fondée que me parût cette interprétation, j'appris que V. M. Impériale l'envisageait sous une l'ace difl'érenîe et qu'elle souhaitait que je donnasse moins d'étendue à la démarcation de mes limites. C< ito -ouïe considération l'emporta sur mus intérêts et je ne balançai pas à déférer à ses désirs, dan? la persuasion que la Cour de Vienne en ferait autant de son côté. Je me vis trompé dans mon attente par la fermeté de cette Cour. Elle soutint invariablement que l'extension de ses limite? jusqu'au Zbrucz était fondée sur le traité, et toutes les représentations de V. 3M, Impériale ne purent l'engager à se désister de cette prétention. Ou ne fut qu'alors que je me crus autoi isô à Lire revivre tous mes droits. Il me parut non-seulement que le maintien de l'équilibre le demandait; mais que V. M. Impériale en sentait elle-même la nécessité en exigeant de la Cour de Menue qu'elle se concertât préalablement avei moi sur cette matière. J'entrai d'autant plus volontiers dans cette idée, que l'objet de cette extension respective, beaucoup moins importante par elle-même que les Polonais ne voudraient le faire ci oire, n'étaii pas d'une nature à devoir diviser ies intérêts communs des trois puissances et qu'un accommodeme amiable m'a toujours paru préférable aux suites qui pourraient

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