Journal hebd français de la Dièlc d<~ Yaru i ie
pour premier but la conservation do l'intégrité de la Pologne, îc Roi n'en voit aucune utilité ni nécessité, cette intégrité se trouvant déjà suffisamment garantie par les derniers traités.
On ne saurait supposer queLL. MM. l'Impératrice de Russie, ni son allié l'Empereur des Romains, veuillent enfreindre les leurs.
Il faudrait donc supposer au Roi un pareil dessein, et diriger en conséquence contre lui cette alliance.
Sa Majesté n'ignore pas qu'on a pris à tâche depuis quelque temps d'imprimer une opinion sur ses vues relativement à l'intégrité des États de la République, aussi peu convenable à sa droiture qu'à la dignité de sa politique.
Le Roi peut plutôt provoquerai! témoignage delà partie saine et: éclairée de la nation polonaise, s'il n'a pas pris tous les soins possibles pendant la durée de son régne, de maintenir une bonne amitié et le meilleur voisinage avec elle, s'il est arrivé la moindre chose qui puisse faire juger ou soupçonner du contraire.
Le Roi ne peut donc pas se dispenser de réclamer et de protester solennellement contre le but de la susdite alliance, si elle doit être dirigée contre Sa Majesté, et elle ne pourrait la regarder, dans ce cas, que comme tendant à interrompre la bonne harmonie et le bon voisinage établi entre la Prusse et la Pologne par les traités les plus solennels,
Si en second, lieu cette alliance doit être dirigée contre l'ennemi commun, si l'on entend sous cette qualification la Porte- Ottomane, le Roi ne peut pas <c dispenser, par amitié pour la République du Pologne, de lui représenter que la Porte-Ottomane, ayant toujours religieusement observé la paix de Karlovitz, et ayant aussi soigneusement ménagé les Ktals de la République pendant tout le cours de la présente guerre, les suites les plus dangereuses ne manqueraient pas de s'ensuivre, tant pour les Etats de la République, que pour ceux de S. M. Prussienne, qui y avoisinent, si la Pologne venait à contracter des liaisons qui autoriseraient laPorte à avoir dans la Pologne un ennemi, et à l'inonder de ses troupes peu accoutumées a la discipline militaire.
Tout bon et éclairé citoyen de la Pologne sentira aisément combien il serait difficile, sinon impossible, de défendre sa pa-
me contre un ennemi aussi proche, aussi formidable, et aussi
heureux.
Il comprendra en même temps que par une démarche de cette Lime, les moteurs du projet d'une alliance contre la Porte senicm;.ussi ceux qui, selon le dispositif de l'article VI du Traité conclu ail 1773 entre la Prusse et la République, dispenseront le Roi de garantir à la République l'intégrité de ses Etats, les guerres entre la Pologne et la Porte-Ottomane étant expressélent exceptées dans ic susdit iraité.
L'alliance projetée ainsi entre la Russie et la Pologne entraînerait donc lu République, immanquablement et sans aucun but ni nécessité, dans une guerre ouverte ave-., un de ses meilleurs voisins, mais en même temps le plus dangereux ennemi.
Elle priverait la République de l'assistance et de la garantie du Roi, sans lui en présenter un • meilleure et plus suffisante.
Le roi ne saurait donc être indifférent au projet d'une alliance aussi extraordinaire, qui menacerait non-seulement la République de Pologne, mais aussi ses propres États aussi voisins de la Pologne, d'un si grand danger, et ne manquerait ras d'étendre le feu de ta guerre et de causer un embrasement général.
Le Roi ne trouve pas à redire que la République de Pologne augmente son armée < t mette ses forces militaires dans un état pins respectable, mais il donne a considérer aux bons citoyens de le Pologne, si l'on ne pouvait pas, dans les circonstances présentes, abuser d'une ai gmentation quelconque de l'armée polonaise, à entraîner la République, contre son gré, dans une guerre qui lui est absolument étrangère, et par conséquent amener des suit* : désagréables.
Le Roi se flatte que S, M. le Roi de Pologne elles Etats de la sérénissimo République, as; emblésdans lai. réseule Diète, voudront prendre en mûre considération tout ce que Sa Majesté vient de leur faire représenter, dans les vues e1 par les principes de la plus sincère amitié, ei pour le véritable bien et intérêt commun des deux ,;: ils si étroitement liés par des liens indissolubles d'alliance permanente et éternelle.
Sa Majesté espère de môme que S. M. l'Impératrice de Russie ne refusera pas son suffrage à des motifs aussi justes et aussi conformes au véritable bien- êti e de la nation polonaise ; cl elle
Éattend par inséquent avec confiance, qu'on fera abstraction de part et d'autre du projet d'une alliance aussi peu nécessaire, mais toujours très-dangereuse pour la Pologne.
Si, contre toute attente, on voulait procéder nuire à la conclusion de l'alliance souvent mentionnée, leRoi offre également lia sérénissirne République son alliam et le renouvelle « traités qui subsistent entre la Prusse el ï: Pologne.
Sa Majesté croit pouvoir lui garantir son intégi ité, ausj i : que toute autre puissance, et elle fera tout ce qui dépendra jfelie pou] j. îserver l'illustre natii ei polonaise de toute oppression étrangère, et particulièrement d'une attaque hostile do la Porte-Ouoiiiane. si elle veut suivre son conseil.
Si, contre toute attente, on ne voulait pas faire attention à toutes ces considérations ei offres amicales, le Roi, no voyant plus dans le projet de l'alliance susdite qu'un projet formé contre Sa Majesté, el celui d'entraîner la République dansuneguerre ouverte avec tes Turl.s, ci d'exposer par une suite inévitable à leurs incursions et hostilités, non-seulement les États de la République, maLs aussi ceux de Sa Majesté Prussienne3 elle ne pourrai! v .■■ dispensai de prendre les mesures que la prudenec. et sa propre conservation lui dicteraient pour prévenir des desseins aussi dangereux pour l'un et pour l'autre État.
Dans ce car non espéré, Sa Majesté invite les véritable: patriotes et bons citoy< m ù la Pologne de se joindre à elle pour détourner, par des mesures sages et communes, les grandes calamités dont leur palrii est menaci
Us peuvent s'attend; 2 fi rmcm< nt que Sa Majesté leuraccor-
dei ■ Lou! l'appui née» ssaire et l'assistance 3a plus eflicace pour
maintenir l'indépen Î3i - e. la liberté et la sûreté de la Pologne.
/.'" ùs dt Buckholtz, envoyé extraordinaire
de S. M. Prussienne.
\ ' diplomatique d< Van ur russe , Stackelberg , contre l'in-
troduction des réfonih ■, iclconqucs ei contre l 'établissement monarchique de l'hèrèàUc du irdnc en Pologne.
Varsovie; 25 octobre — ïj aovembre 1788 *> L'ambassadeur extraoïdinaire et plénipotentiaire de S. M. 1. Journal htbU. de. la Diète (en français).
L'Impératrice dé toutes les Russiés s'est imposé jusqu'ici le silence le plus absolu ei n'a fait aucune représentation à L'égard jiesdéterminati >ns lesiîlustresEtats assemblés, qui, quoiqu'elh s aient enfreint la constitution de 1770, concertée avec les trois cours, n'ont point porté directement atteinteà l'acte de garantie de 1775, Les ordres de S. M. l'Impératrice ont eu toujou parfaitement le caractère des sentiments d'affection de Sa Majesté Impériale pour la nation Polonaise, que lé soussigné eût désiré n'être jamais réduit à la nécessité fâcheuse de protester tontre les infractions à la forme de gouvernement, consacrée par l'acte de garantie solennel du traité de 1775.
C'est cependant l'idée contenue dans différents projets ayant pour objel une Diète permanente, et par conséquent une subversion totale au gouvernement, qui prescrit au soussigné de déclarer que S. M. l'Impératrice, en renonçant avec regret à l'amitié que;]'? a vouée à S. M. le Roi et à la République, ne pourra regarder que comme une violation au traite le moindre changement fait à la constitution de 1775.
Comte cl elberg, ambassadeur et ministre
plénipotentiaire de S. M. l'Impératrice de
toutes les Russies.
Discours du roi Stanislas-yiuguste. appuyant la note russe du 5 novembre, et conseillant à l.i Diète de tenir toujows avec la Russie, et de tout espérer 'dansia justice et la magnanimité deCalherim II.
Prononcé le G novnr.Lre 1788'.
Je désire être aimé de ma nation; mais aussi je veux
mériter que cet attachement soit constant et non momentané, tel enfin que la poslérit '• impartiale puisse dire de moi, quand je ne serai plus : « 11 osa et m sut tenir à .sa nation le la; de la vérité, comme un ] reà si s enfants, non pour les attrister ouïes contrarier, mais pou- les retenir, toutes les fois que la nation, quoique ani les motifs les plus nobles, quoi-
que unie par les meilleure- intentions, courait, par excès de zèle, au-devant de ca propre ruine.... » Nous désirons une forme de gouvernement non-seulement bonne, mais la meilleure pos-
J. Chodzto, Ânn.pol Sïs. (1788).
sible, et qui ne la désirerait pas?,.. Mais la raison, l'histoire, ! les faits arrivés dans les autres pays, tout en vous éclairant h cet égard, ne nous instruisent-ils pas aussi ? « Que ce n'est que par degrés qu'on peut passer de ce qu'il y a de plus mauvais h ce qu'il y a de meilleur possible; que les révolutions soudaines furent, toujours sujettes aux erreurs; et (pie le trop do précipitation ne manque jamais d'être suivi.de regrets tardifs. » Ayons, s'il est possible, tous nos voisins pour amis; rendons un hommage légitime aux qualités personnelles des souverains, dont le règne fait l'honneur des troues de notre siècle. 11 est cependant pour les nations une règle de conduite infaillible, qu'elles découvrent dans leur propre situation. Je dis expressément et hautement, qu'il n'est pas de puissance à laquelle nos intérêts soient moins contraires qu'à la Russie. Je rappelle à ma nation que c'est à la Russie que nous devons la restitution du moins d'une partie des pays qui nous ont été pris. Je rappelle que dans les vues de commerce., la Russie, nous présente les perspectives les plus avantageuses. Je rappelle que dans l'intention actuelle d'augmenter les forces de la nation, non-seulement la Russie n'y a porté aucun empêchement, mais qu'elle y a consenti le plus volontiers. Je dis donc, que nonseulement nous ne devons pas la provoquer contre nous, nonseulement lui témoigner aucune mauvaise volonté, mais aussi fâcher de maintenir avec elle la meilleure amitié possible. J'ajoute encore, parce que j'en suis convaincu, que faire connaître à S. M'. l'Impératrice de Russie que nous sommes bien disposés pour elle, est le moyen de parvenir bien plus facilement et plus sûrement aux améliorations et- règlements de l'intérieur du pays, tandis qu'au contraire ce serait élever à nos opérations des barrières, difficiles à surmonter, que de donner des sujets de mécontentement à cette souveraine magnanime.
A qui le salut de la patrie peul-il être aussi cher qu'au Roi?
Qui pourrait le désirer plus vivement?... Je conseille donc aux illustres États confédérés de ne procéder qu'avec la. plus mûre délibération, et avec les plus grands égards sur l'objet delà Moto diplomatique deM. l'ambassadeur de Russie. 11 viendra un temps où la raison me saura gré d'avoir mieux aimé
lui être vraiment utile, que de lui complaire pour le moment. Je demeurerai constant à cette détermination, parce que je me croirais transgresseur, au premier chef, envers la nation, si je pensais ou agissais différemment....
Jtàponse de la dicte à la Note diplomatique russe du 5 novembre 1788, relative aux réformes et à l'hérédité monarchique du trône de Pologne.
Varsovie, 17 novembre 1788'.
Les soussignés, par ordre exprès du Roi et. des États confédérés de la Diète présente, ont 1 honneur de remettre à S. E. M. le comte de Slackelberg, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de S. M. L'Impératrice de toutes les Russies, la réponse relative à la note remise 3e 5 novembre de l'année courante.
Ladite Noie, dont la lecture a été faite aux Liais assemblés le 0 novembre, paraît renfermer trois points distincts :
1° L'objection d'une infraction faite à la constitution de 1776 ;
2° La supposition des différents projets tendant à la subversion totale an gouv ornement de la République;
3° Une déclaration pressante de s'opposer au moindre changement à la cou; titulion de 1775.
Chacun de ces articles a fixé l'attribution et amené la réponse des États assemblés.
Quanl au premier article: Si l'objection d'une infraction faite par les États de la République à la constitution de 1770 (constitution entièrement étrangère à l'acte de garantie de 177b) est fondée sur la détermination prise par la République de rétablir la commission militaire, les États assemblés font observer que la L>I* te, de même que tout pouvoir législatif, indépendant dans sa souveraineté en faisant de nouvelles lois, en rétablissant ou abroj ut les anciennes, ne peut jamais être dans !.. cas de les enfreindre. L'expression d'infraction des lois nationales, i ripplicabie à la Dicte qui par sa nature est au-dessus de la loi, ne pi ut convenir qu'à, ceux qui, soumis à elle, osent lui désobéir.
Quant au second article: L'inquiétude témoignée sur l'idée
1. i'eri.i'jJ, les Trois dâneml/r. de la Pologne, t. II, p. 454.
d'une subversion totale du gouvernement de la République, suppose des projets contenant ces vues, agités devant les États assemblés. Rica ne peut davantage rassurer contre cette inquiétude, que la nation, que nul projet ne pont être considéré comme tel, sans avoir été lu et pris en délibération aux séances de la Diète, et qu'aucun projet de cette nature et sous cette ferme n'est parvenu aux États assemblés. Que si 1 inquiétude annoncée pouvail provenir de l'opinion générale dans la nation ior la Diète permanente, l'essence du gouvernement polonais, libre et indépendant, consistant dans la réunion des trois États , rend cette opinion générale exempte de tout reproche de subversion totale du gouvernement, puisque la durée du temps employé à la tenue des diètes serait le seul objet d'innovation.
Quant au troisième article: Si quelques changements dan? la constitution de 17 75 devenaient nécessaires au bien du gouvernement , les États assemblés ayant toujours la plus haute opinion de la magnanimité â des sentiments d'affection de S. M. Impériale , sont d'avance convaincus que cette auguste souveraine envisagera avec une nouvelle satisfaction la plus parfaite, existence de la République. Dans cette persuasion, la voie des négociations avec S. M. impériale, ainsi qu'avec les Cours voisines, paraît aux États de la Républi [ue le plus sûr moyen de parvenir à ce but. Les expressions inespérées delà Note ont excité la sensibilité de la nation. Tous les souhaits éloignent l'idée que S. M. Impériale veuille renoncer un jour à l'amitié qu'elle lui a vouée. Si ce jour pouvait arriver, il serait pour la République celui d'une affliction générale.
Stanislas-Nahncz Malachoioski, référendaire de la couronne, maréchal de la Diète et de la confédération pour les provinces de la couronne.
Kasimh Ycslor , prince Sapicha, général uartillerie , maréchal de îa confédération pour le grand-duché de Lithuanie.
Note diplomatique des Étals de la République de. Pologne, remise à
f Ambassadeur de Russie^ M. Stackelberg, pour V évacuation des
troupes moskonites.
Varsovie, 17 nov. 1788'.
Les soussignés, par ordre de Sa Majesté et de lasérénissime République, ont l'honneur de remettre la présente Note à S. E. M. le comte de Stackelberg, ambassadeur de Se Majesté Impériale de toutes les Russies, et de prier son auguste souveraine de donner une nouvelle preuve de l'intérêt qu'elle a toujours voulu prendre à ce pays, en donnant ordre à ses troupes de l'évacuer.
La sérénissime République, assemblée en États confédérés, ose espérer que S. M. Impériale voudra bien, avec sa bonté ordinaire, entrer dans leurs raisons, et sentira elle-même qu'une si grande année, telle disciplinée qu'elle soit, ne peut qu'être onéreuse au pays, et que son séjour d'ailleurs pourrait fournir une raison plausible à la Cour Ottomane, d'y faire aussi entrer ses troupes, et d'y établir même le théâtre de la guerre, chose qui occasionnerait immanquablement sa ruine.
La magnanimité et les sentiments d'humanité de S. M, Impériale, reconnus généralemeni de toute l'Europe, ne permettent pas de douter qu'elle ne s-: fasse un plaisir de saisir cette occasion pour prouver à la nation polonaise, que ceux qui ont recours à sa justice, sont toujours sûrs du succès; elle peut en même temps être assurée d'acquérir par là des droits sur la reconnaissance de toute la nation, dont les sentiments de vénération lui sont déjà connus.
Slanislas-Nalencz Malachowski.
Kasiinir-Nestor, prince Sapieha.
Universel de la Diète constituante, sur les révoltes politiques-religieuses suscitées par Catherine U en Lithuanie et en Ukraine.
Varsovie, 18 avril 1789*.
La tranquillité intérieure de l'Étal devant faire l'objet principal de chaque gouvernement, la prévoyance de Sa Majesté et