ANALYSE CHIMIQUE DE L’EAU D’UNE SOURCE DE
LA OAMBOA
L’eau de cette source a été prônée comme pouvant être utile pour combattre plusieurs états pathologiques .
Des travaux publics, nécessités par la création d'une gare au bord de la mer, ont rendu indispensable l’expropriation du terrain où était placée cette source, dont le propriétaire s’est cru lésé dans ses intérêts.
Dans ces conditions, M. le Dr. Ferreira dos Santos, professeur distingué à la Faculté de médécine, et moi avons été appelés afin de procéder à l’analyse de l’eau de cette source afin de vérifier, les propriétés médicinales, que quelques personnes s’obstinaient à v reconnaître*
Nous verrons que le résultat de notre travail, auquel nous avons consacré tous les soins possibles, a été malheuresement contraire à la constatation de certaines vertus médicinales qu’on avait à tort proclamées.
La source se trouvait dans un terrain de la chacam n. 2 B de l’impasse de la Gamboa au bord de la mer.
Nous avons visité quatre fois cet endroit, afin d’apprécier touts les circonstances essentielles et recueillir la quantité de liquide nécessaire à l’analyse chimique : voici le résultat de nos travaux d’analyse.
Origine de l’eau. — On ne connaît rien de positif à l’ég*ard de la véritable origine de. cette eau ; on ne sait guère la direction qu’elle suit ni la portion de terrain qu’elle parcourt.
Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’elle s’infiltre dans le sol adjacent et transude à travers le terrain pour s’accumuler en masse dans l’intérieur du dépôt destiné à la recevoir.
Description de la source. — Le souterrain où a été bâti le réservoir est situé à gauche de la partie donnant sur l’impasse de Gamboa.
Ce réservoir est placé à 4 mètres environ au-dessous du sol.
Un escalier de 20 marches en pierre, ayant chacune 0m,21 de hauteur et 0m,27 de largeur, conduit à l’enceinte où se trouve la source. L’escalier est limité de chaque coté par une paroi dont la hauteur augmente à mesure qu’on descend : l’intervalle qui sépare ces parois est de lm,195.
A la partie inférieure de l’escalier on rencontre une espèce de péristyle, dont le sol est en mosaïque de marbre artificial. Après avoir dépassé un arceau servant de portique à l’enceinte, on doit descendre deux marches avant de pénétrer dans le petit compartiment où se trouve la source. A peine entré, on voit de chaque côté une cuve creusée dans le sol, faite de brique et ciment, dans laquelle s’écoule d’un robinet en laiton de l’eau qui vient du dépôt et qui est amenée par un tube en plomb.
Ces cuves ont 0“',465 environ de profondeur, 0m,295 de largeur et 0m,445 de longueur. Dans la cuve du côté droit on remarque près de la paroi un conduit de plomb terminé par un tube vertical en verre épais, destiné à marquer le niveau de l’eau dans le réservoir.
En montant deux petites marches placées obliquement par rapport au plan moyen de l’enceinte, on rencontre un espace limité latéralement par des parois.
Cette enceinte, à parquet en mosaïque de marbre artificiel, est située deux centimètres plus haut que celui du péristyle ; elle présente au niveau du sol sept compartiments creusés dans l’épaisseur des parois latérales, trois de chaque côté, et un plus grand au fond : ils sont destinés à garder les bouteilles servant au transport de l’eau.
Les parois latérales ont 0m,88 d’épaisseur environ, 3m,379 de hauteur et 4m,605 de longueur; l’intervalle entre ces parois et par conséquent la largeur de l’enceinte est de 1™,84 à peu près.
Une couverture en bois tout-à-fait ouverte de tous côtés, protège cette enceinte.
La source est située au centre. Une grosse plaque de marbre, d’une longueur de 0,935 et d’une largeur de 0m,68, s’applique contre l’ouverture de la source.
Cette ouverture présente des dimensions inférieures à celles de la couverture (0m,725 sur 0m,475). Le fond du réservoir est en pierre, et les parois,
en brique et ciment, qui ont 0m,45 environ d’épaisseur offrant sept espaces creux correspondant aux compartiments décrits plus haut.
Ces larges fentes servent au passage de beau qui vient des terrains adjacents ; elles ont une hauteur de 0,m 19 ; celle du fond est un peu plus grande.
La longueur du réservoir est de 3m,43 environ, la profondité de 2m,65 etlalarg’eur de 0m,725. Du côté droit du fond part un gros tuyau de plomb, communiquant avec une pompe destinée à épuiser la source et à faire monter l’eau dans des dépôts en fer existant dans la pièce où se trouve une machine à vapeur. Cette eau est destinée aux bains.
Constitution géologique du sol. — Les terrains qui entourent la source appartiennent à la classe des terrains d’alluvion, ayant pour base le granité désaggrégé.
Propriétés physiques de l’eau. — Le niveau de l’eau était, lors de notre seconde visite, (7 Octobre) à 0m,28 au-dessous du sol de l’enceinte, c’est -à-dire à 4 mètres de profondeur par rapport au terrain environnant.
L’eau observée en masse dans l’intérieur du réservoir présente la couleur des eaux douces dans les mêmes conditions, c’est-à-dire une nuance bleuverdâtre sombre. Nous n’avons remarqué aucun dégagement gazeux dans l’intérieur de la source.
Limpidité Parfaite
Fluidité Moyenne
Couleur (sous un petit volume) Incolore
Odeur Nulle
Saveur Saline
L’eau n’a fourni aucuue impression particulière au toucher.
Température. — Le 7 Octobre, le thermomètre plongé dans l’eau a marqué 21°, la température de l’air ambiant à 1 heure et quart du soir étant de 23°, 5 et celle de l’atmosphère de l’intérieur du réservoir de 21°. Le 15 Octobre, l’eau a marqué 25°, 5, la température de l’air ambiant étant de 24°, 5 et celle l’intérieur du dépôt de 24.°
Provision d’eau pour l’analyse. — Il était impossible de recueillir l’eau dans le point même où elle jaillit ou dans un point quelconque de son trajet. Aussi, nous avons dû faire épuiser le
réservoir ; cette opération faite le 9 Octobre a été réalisée â l'aide du moteur placé dans le compartiment destiné aux bains.
On l’a commencée à 8 heures du matin, et terminée à 11 heures, mais il a été impossible d’obtenir l’épuisement complet du réservoir, parceque l’eau jaillit sans cesse du fond en traversant les ouvertures des parois latérales. Malgré cela, la masse d’eau a été réduite à la quatrième partie environ de son volume primitif et nous avons eu alors l’occasion de voir l’eau rentrer dans l’intérieur du dépôt par les ouvertures pratiquées sur les parois latérales. Il y avait un an que le réservoir avait été épuisé.
Quand nous sommes retournés à la source le 15 Octobre, six jours après celui où le réservoir avait été vidé, nous avons noté que le niveau d’eau n’avait pas encore atteint la hauteur que nous avons marquée à l’occasion des premières visites, (5 e 7 Octobre) .
Le volume de l’eau augmente assez avec la pluie ; il n’est pas subordonné à l’influence de la marée.
L’eau qui a jailli, après que la source a été vidée, était trouble ; mais excepté cette circonstance, elle offrait les mêmes caractères extérieurs de l’eau primitive.
Nous avons recueilli dix litres de cette dernière eau, que nous avons fait garder avec soin dans des bouteilles parfaitement lavées avec de l’eau de la source elle-même et bouchées avec des bouchons de liège préalablement trempés dans la même eau.
D’autre part, nous avons recueilli deux litres de l’eau trouble, destinés à une analyse comparative pour confirmer l’identité du liquide. Plus tard, nous avons rempli de celle-ci une dame-jeanne, pour l’analyse quantitative.
Nous avons aussi enlevé une portion de substances solides déposées au fond du réservoir et une concrétion rencontrée adhérente à la paroi latérale droite du même réservoir.
Ayant à notre disposition tous ces éléments, nous avons commencé le travail d’analyse chimique, que a présenté comme nous le verrons plus loin des résultats assez positifs à l'égard de la composition de Peau.