CH2— OH =C— OH
Or, l’expérience démontre que lorsqu’un alcool se transforme en un acide, l’oxygène qui intervient entame l’hydrogène qui se trouve dans le voisinage de l’hydroxyle.
Donc, il n’y a aucune raison pour ne pas admettre le même mécanisme lorsque l’oxydation se limite à une deshydrogénation. La différence consiste à-peine dans la proportion d’oxygène en action. Si ce n’est qu’un atome d’oxyg*éne, il se forme une aldéhyde, car cet oxygène s’empare des deux atomes d'hydrogène du groupe CH2— OH, qui n’ap-
partienent pas à l’hydroxyle. Mais, si les atomes
d’oxygène en action, sont au nombre de deux alors il se constitue un acide ; car, outre l’atome qui s’unit à deux hydrogènes du même groupe CH2 — OH; il reste encore un autre pour substituer ces deux atomes d’hydrogène éliminés à l’état d’eau.
On voit de suite que les caractères delà réaction productrice de l’aldéhyde acétique ordinaire diffèrent essentiellement de ceux qui nous avons exposés plus haut pour le P — aldéhyde, son isomère.
Il reste à découvrir un troisième acétaldéhyde, qu’on puisse rapporter à la formule d’un oxyde d’étliylidène
CH
Tôt ou tard un corps semblable sera découvert.
(3) Son groupement le distinguera aisément de son
autre isomère, l’oxyde d’éthylène, dont la structure est :
(3) Quelques chimistes regardent l’acétaldéhyde ordinaire comme un oxyde d’éthylidène: nous ne partageons leur manière de voir.
Et Ton expliquerait d’une façon satisfaisante la formation de l’aldéhyde oxyde d’é thylidène, en admettant la perte des deux atomes d’hydrogène dans le radical éthyle et dans l’hydroxyle à la fois.
De même que pour le cas du P -aldéhyde, une deshydrogénation semblable ne se ferait qu’indirectement ; la deshydrogénation directe utilise toujours les deux atomes d’hydrogène du voisinage de rhydroxyle.
Ces divers composés formeraient ainsi cette série naturelle :
=C-0 H Acétaldéhyde ordinaire ou a —
yeéril ’ 'h 1 J. ’
CO
Acétaldéhyde gazeuse ou (3-acétaldehyde (hydrure).
Aldéhyde éthylidénique ou ^ — acétaldéhyde (oxyde).
Ceci montre le pouvoir de la théorie, qui précédant souvent la pratique se confirme et se complète par elle .
Et ne faut-il pas rendre des actions de grâce à la théorie atomique, source si féconde de semblables progrès ?